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mardi 18 avril 2023

Un coup de soleil (Serena Giuliano)






Nationalité de l’auteur: Française

Editions Robert Laffont (9 mars 2023)

240 pages

ISBN-10:‎ 2221264479

ISBN-13:‎ 978-2221264478

Genre: Contemporain

Lu le: 7 Mars 2023

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

Six foyers, et un point commun : Eléonore, femme de ménage. Mais leur routine risque de se voir chamboulée...


Lundi, dottore Di Martino. Veuf au cœur brisé.

Mardi, signora Rizzo. La doyenne à l'esprit mal tourné.

Mercredi, les Ferrara. Culs-bénits, autoritaires.

Jeudi, signora Marino. Voyante : lit dans les cartes et les pensées.

Vendredi matin, signor et signora Landi. Aisés, bronzés, désespérés...

Vendredi après-midi, signor D'Amato. L'homme invisible !


À Salerno, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas pour Éléonore. Entre ses ménages et ses jumeaux ados, elle n'a pas le temps de goûter à la dolce vita.

Surtout, Éléonore ne parvient pas à oublier Marco, dont elle vient de se séparer.

Pendant qu'elle récure chez les autres, au moins, son esprit est occupé.

Mais en pénétrant dans l'intimité de ses clients, elle va s'apercevoir que les apparences sont trompeuses, et sa routine bien huilée pourrait se trouver chamboulée...

Son rêve de toujours deviendra-t-il réalité ?

Et si un hasard s'apprêtait à rebattre toutes les cartes ?

Mon avis:

        Je profite pour une fois pour découvrir le dernier livre de Serena Giuliano au moment de sa sortie. Dans "Un coup de soleil", l'autrice nous propose un tendre histoire et un récit lumineux. Il s'y dégage beaucoup d'humanité et de bienveillance et l'on baigne dans une sorte de cocon bien douillet. Il n'en reste que c'est livre extrêmement court qui se lit très rapidement. C'est un roman solaire, parfait à lire l'été à la plage, mais qui ne reste pas gravé en mémoire.

Merci aux éditions Robert Laffont pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

         Le voyage sous le soleil nous emmène à Salerno, en Italie. Et l'on va véritablement prendre le pouls de la ville en "visitant" six habitations différentes. Et c'est le personnage principal d'Eléanore qui va faire le lien entre tous ces personnages secondaires grâce à son métier de femme de ménage. Eléanore est une femme comme on peut rencontrer dans chaque coin de rue et en fait un personnage très réaliste, que n'importe qui peut connaître. Elle n'a rien d'une héroïne extraordinaire ou hors norme. Elle vit très modestement, elle se dévoue à son travail qu'elle apprécie et qui lui permet de vivre ainsi qu'à ses jumeaux et n'a pas le temps pour la dolce vita ou pour rechercher l'amour d'autant plus qu'elle a du mal à oublier Marco... Eléanore est donc tout de suite attachante car on peut très rapidement d'identifier à elle. 

        Eléanore nous entraine avec elle dans son quotidien de femme de ménage ou plutôt dans sa semaine de ménage, puisque chaque jour est synonyme d'un client. Avec ce trait d'union qu'est Eléanore, Serena Giuliano tisse toute une galerie de personnages, des portraits croisés. On retrouve ainsi un docteur veuf, très humain mais au cœur brisé, une très vieille dame aussi piquante et vive d'esprit que peut l'être une jeune femme, un couple autoritaire et plein de dédain vis-à-vis de la femme de ménage, une voyante qui lit dans les cartes, un couple aisé mais qui sont dans un certain désespoir, et enfin un homme que l'on ne voit pas. Et c'est en pénétrant dans l'intimité de ces clients que beaucoup de choses vont changer et ces changements et les messages véhiculés peuvent être vus selon différents angles. Pour Eléanore, elle va s'apercevoir que les apparences sont bien souvent trompeuses et que sa routine va être progressivement chamboulée. Ses client vont devenir parfois bien plus que cela et chacun d'entre eux lui apprendra ou lui apportera quelque chose de différent. Pour ces clients, Eléanore ne va pas seulement être une femme de ménage et une femme de passage dans leur vie. Son métier lui confère déjà une certaine intimité vis-à-vis de ses clients qui vont aller plus loin que cela en trouvant une femme dévouée aussi dans l'humain. Et puis le lecteur aussi prend sa petite leçon d'humanité qui fait du bien et chaud au cœur.

        Dans cet esprit réaliste, ces tranches de vie décrites n'ont rien d'exceptionnels et ne présentent pas de grands rebondissements. Mais l'on apprend que derrière chaque vie présentée en façade, se cache des vérités, des blessures et de jolies leçons de vie. On est dans un récit chaleureux et humain, où veille la bienveillance, saupoudré de touches d'humour. Autour de la cuisine italienne qui n'est évidemment et heureusement pas oublié pour parfaire le voyage, les thèmes de la maternité, du dévouement, des rencontres, de l'amour et de l'amitié sont véhiculés de manière simple et touchante.

En bref:

         "Un coup de soleil" est une jolie mise en bouche à l'été. L'autrice nous emmène une nouvelle fois sous le soleil Italien, dans un roman court, mais qui tisse une jolie galerie de personnages. Avec Eléanore qui forme un trait d'union de part sa profession de femme de ménage, nous allons la suivre dans sa semaine de travail où chaque jour correspond à un client. En n'étant ni extraordinaire ni hors norme, Eléanore est une femme réaliste et attachante. Et en pénétrant dans l'intimité de ses clients, c'est différents messages qui sont véhiculés selon l'angle de vue. Eléanore va s'apercevoir que les apparences sont bien souvent trompeuses et que sa routine va être progressivement chamboulée. Pour ces clients, Eléanore va être plus qu'une femme de ménage définit seulement par son métier. Enfin, le lecteur prend aussi sa petite leçon d'humanité qui fait du bien et chaud au cœur. De jolies thématiques sont ainsi véhiculés de manière simple et touchante. L'autrice nous propose donc une tendre histoire et un récit lumineux dans lequel se dégage beaucoup d'humanité et de bienveillance. C'est un roman solaire très court qui se lit très rapidement, parfait pour l'été à la plage, mais qui ne reste pas forcément gravé en mémoire.

jeudi 13 avril 2023

Les mauvaises épouses (Zoé Brisby)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Albin Michel (1er mars 2023)

336 pages

ISBN-10: ‎ 2226479910

ISBN-13:‎ 978-2226479914

Genre: Historique

Lu le: 6 Mars 2023

Ma note: 17/20





Résumé/4ème de couverture:

Las Vegas, 1952 : Elvis, Marilyn, l'Amérique en pleine guerre froide. Summer et son mari vivent dans le désert du Nevada une base militaire chargée d'étudier la bombe atomique. A chaque lancer, ils sont aux premières loges et il n’y a que Summer pour ne pas savourer le spectacle. En bonne épouse, elle joue le jeu et organise des apéritifs atomiques.


Sa docilité volera en éclat avec l’arrivée d’une autre bombe sur la base, Charlie.

Elle est tout ce que Summer n’est pas : forte, indépendante et sensuelle…


Tandis que les hommes s’extasient sur le miracle de la science et la puissance de l'Amérique, Summer et Charlie décident de prendre en main leur destin.


Zoe Brisby signe un roman intense et palpitant sur deux femmes qui font un choix de vie : celui d’être libres.

Mon avis:

        Avec cette couverture qui n'envoie malheureusement pas du rêve, Zoé Brisby prend un petit virage dans le style de l'histoire avec "Les mauvaises épouses" comparé à ses précédentes histoires où le ton léger et l'humour étaient présents. Et c'est parfaitement réussi car j'ai été soufflé par ce livre, qui est un joli petit coup de cœur. L'autrice nous fait plonger avec facilité au cœur que la société américaine moyenne des années 50 et l'on retrouve des héroïnes flamboyantes en quête de liberté. Le récit porte sur l'émancipation féminine mais également les violences physiques et psychologiques. J'ai vibré avec ces femmes jusqu'à ce final inattendu mais tellement parfait! 

Points de vue/Critiques:

         Le récit nous entraine quelques décennies en arrière, dans les années et en plein cœur de la société américaine. Tous les clichés et les images que l'on peut s'en faire, à juste titre, sont retranscrit dans cette histoire et l'on visualise très bien le tout. Les femmes avec leur belles mises en plis et leur joli esthétique jusqu'au bout des ongles s'occupent quotidiennement de leur maison, de leur foyer et de leur maris en leur préparant leurs repas, en entretenant leur intérieur et en sortant de temps en temps afin d'aller dans certains clubs réunissant ces femmes et voisines afin de bavarder sur quelques cancans. On est donc clairement dans cette ambiance de voisinage et de proximité renforcé par le fait que le récit se déroule sur une base militaire où sont faites et testées les explosions atomiques. 

        Parce que l'époque le veut et que l'on est sur une base militaire, ce sont les femmes qui vont être mises à l'honneur dans cette histoire. Quelles soient jeunes ou moins jeunes, mariés ou non et d'où qu'elles viennent, elles ont toutes ce point commun d'être entrée dans l'armée de part leurs maris et que cela leur confère une empreinte indélébile mais également une sorte de carquois qui les rendent plus ou moins prisonnières. Ces femmes sont avant tout des épouses et des femmes de miliaires. Mais on découvre dans chacune d'elles, des espoirs et des rêves d'émancipation afin d'être femme simplement avant tout et d'aspirer à voir le monde extérieur. Charlie et Summer, les deux héroïnes principales sont les figures de tête de cette volonté et ce rêve de liberté, mais c'est au travers de toutes les femmes que l'on peut constater cette frustration et cette tristesses interne et quotidienne qui les envahit. Chacune d'elles est touchante, même les plus détestables comme Lucy car on les comprend très facilement. Si Summer est une femme passive et effacée, Charlie est elle tout l'inverse d'elle puisqu'elle n'a peur de rien et n'a que faire des jugements au point de conduire et de porter des escarpins rouges! Leurs personnalités sont si différentes qu'elles vont finir par se compléter et j'ai adoré cette idée!

        Si ces femmes dépeignent une façade faite de bonheur, de joie et d'équilibre dans leur vie, elles nous montrent aussi que c'est un ensemble de faux-semblants et que la réalité, une fois les portes de leurs maisons refermées, est tout autre. L'autrice explore ainsi les violences faites aux femmes, qu'elles soient psychologiques et/ou physiques, engendrées par leurs maris. Cette violence est atroce et révoltante et l'on a constamment peur tout au long du récit pour Charlie. 

        Et plus de ces personnages attachants et captivants, le côté historique de l'histoire est très prenant et présent. Outre l'aspect de la culture et de la société américaine de l'époque que j'ai déjà évoqué, il y a cette thématique des essais nucléaires. En effet, ces militaires sont présents afin de tester les bombes atomiques à quelques mètres de leur base et habitations. Une ville-test a été recréer où l'on étudie avec fascination les mannequins et les objets qui fondent sous la chaleur et qui sont bourrés de radioactivité ; les explosions atomiques sont fêtées et observées avec admiration et délectation lors d'évènements festifs et mondains : un contexte évidemment inouï et absurde pour notre époque, mais véridique pour la leur... Entre le contexte historique et sociétal et les personnages, ce livre n'est pas sans rappeler bon nombre de références comme Desperate Housewifes, Army Wifes ou encore au niveau littérature "Un long, si long après-midi" ou "La couleur des sentiments". Mais "Les mauvaise épouses" possède tout de même sa propre trame et signature, avec notamment une fin qui m'a époustouflé et qui m'a semblé parfaite!

En bref:

            Avec ce livre, Zoé Brisby amorce un virage différent et c'est une très belle réussite car "Les mauvaises épouses" est une jolie petite pépite. On est clairement dans un roman historique avec un récit fort, palpitant, révoltant où l'on vibre de bout en bout. Avec Charlie, Summer et toutes ces autres femmes de militaires vivant sur une base où l'on effectue et l'on admire les explosions nucléaires testées, c'est la condition de la femme à cette époque qui est mise en avant. Car en dehors de leur statut marital et de la façade qu'elles présentent au monde, leur vie est faite de faux-semblants et elles rêvent de liberté et d'émancipation. Avec ces héroïnes flamboyantes, l'autrice illustre les violences physiques et psychologiques. Entre ces femmes touchantes et le contexte historique prenant et très présent dans lequel on plonge avec beaucoup de facilités, notre cœur ne fait que palpiter entre joies, espoirs, surprises et peurs. J'ai adoré suivre ces femmes et vivre à leurs côtés jusqu'à parfois devoir retenir mon souffle devant l'ambiguïté de leur quotidien face à leurs rêves qui fait jaillir de la tension et de la peur. La fin de cette histoire m'a littéralement soufflée et est juste parfaite! Une conclusion idéale pour terminer en beauté cette pépite.

mercredi 12 avril 2023

L'envol (Aurélie Valognes)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Fayard (1er mars 2023)

355 pages

ISBN-10:‎ 221372055X

ISBN-13:‎ 978-2213720555

Genre: Contemporain

Lu le: 3 Février 2023

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

        Entre une mère et sa fille, l'amour reste toujours fragile. Entre bienveillance et malentendus, envie d'être ensemble et désir d'émancipation, portraits croisés d'une mère célibataire et de sa fille unique. D'abord fusionnelle, leur relation se distend quand l'école puis l'ascension sociale de la fille viennent heurter les rêves plus modestes de la mère. Un roman touchant, beau et émouvant sur l'amour filial, qui interroge les différences de classes, les notions de réussite et de bonheur, et qui pose surtout la question que nous avons tous dû affronter : peut-on grandir sans trahir ? 

Mon avis:

        Dans son nouveau roman, l'autrice met une nouvelle fois une grosse part d'elle-même puisqu'elle sa s'inspirer de sa propre vie avec sa mère pour offrir un récit tendre sur la relation mère/fille. Entre l'éducation monoparentale, la différence de classes, le désir d'émancipation porté par un certain féminisme, il y a autant de thématiques qui relient ou qui différencient la mère et la fille. Et afin d'avoir le point de vue et la vision de l'une et l'autre, l'autrice emploie une narration basée sur le double emploie du "je", comme deux monologues. La relation entre les deux héroïnes est tendre mais à la fois très complexe. Si j'ai parfois était en connexion avec certaines situations, je n'ai pas réussi à m'attacher aux héroïnes et à véritablement comprendre leur étrange et complexe relation. Je pense être passée totalement à côté au niveau des émotions.

Points de vue/Critiques:

        Si l'autrice a déjà mis une partie d'elle-même ou s'est fortement inspirée de sa famille dans certains de ses précédents romans, "L'envol" est peut-être beaucoup plus autobiographique que les autres. Dans ce récit qui reste une fiction, elle imagine et retranscrit la relation que peut avoir une mère et sa fille, mais où chacune a des buts, des espoirs et des convictions différentes malgré cette amour et cette connexion filiale très forte qui les unit. Lili et Gabrielle vont être les deux seules protagonistes de cette histoire et vont composer à elle deux les membres de cette famille monoparentale. Et parce qu'il n'est pas uniquement centré sur l'une ou l'autre, le récit va équitablement permettre aux deux point de vue de s'exprimer. Pour cela, l'autrice utilise le double "je" dans la construction: la mère et la fille prennent tour à tour la parole, par le biais de très courts paragraphes, donnant ainsi une sorte de double monologues qui se succèdent pour raconter le même évènement mais selon les deux visions.

        C'est au travers des différentes grandes étapes de la vie de Lili, premiers mois de vie, entrée à l'école, crise d'adolescence, séparation pour les études, entrée dans la vie active, vie amoureuse, que va se mettre en scène la relation mère/fille. On y découvre ainsi une mère ultra possessive envers sa fille et à qui elle sacrifie tout. C'est une mère terriblement aimante mais pour laquelle je n'ai ressenti aucune émotion et que je n'ai jamais réussie à comprendre. J'ai trouvé son attitude malsaine, maladive et illogique. Car si elle lui souhaite que du bonheur dans sa vie, cela n'est pas compatible et logique avec le fait de vouloir à tout prix la garder près d'elle jusqu'à être réticence à la scolariser à trois ans ou l'empêcher de s'accomplir au niveau de ses études, de sa vie professionnelle et/ou amoureuse. 

        J'ai un peu plus apprécié le personnage de Lili qui a une force de caractère suffisante pour justement tenir tête à sa mère et pour prendre sa vie en main, comme elle, elle l'a décidé. On voit par son biais que la vie se charge de tester la relation parfaite d'avec son mère et qu'elles peuvent avoir des réactions et des espoirs différents malgré leur très forte complicité. A certains moments, par rapport à des réflexions et des pensées de Lili qui est très tournée vers son avenir, qui sait ce qu'elle souhaite, qui s'en donne les moyens et qui a une fibre féministe, je me suis retrouvée en elle. A contrario, elle devient pour moi extrême et incompréhensible comme dans le fait qu'elle a, certes, soif d'apprendre mais qu'elle veut être première en tout. Inévitablement, c'est une course infernale contre elle-même qui se met en route et il n'y a qu'elle pour être surprise à la fin lorsqu'elle se rend compte qu'elle s'épuise.

        Si la relation entre Lili et sa mère est très forte et restera ancré dans l'amour et porté comme un fil rouge, on voit petit à petit le fossé se creuser entre les deux femmes. C'est ainsi que la thématique de la différence de classes et l'évolution des traditions prennent tout leur sens. De manière globale, leur relation et leur personnalités, parfois changeantes, sont complexes. Si je n'ai pas eu d'attachements particuliers pour l'une et l'autre, je n'ai pas réussi à ressentir les émotions qui pouvaient passer, me faisant penser que je suis très certainement passer à côté de ce récit.

En bref:

        "L'envol" est peut-être beaucoup plus autobiographique que les autres. Dans ce récit qui reste une fiction, elle imagine et retranscrit la relation que peut avoir une mère et sa fille, mais où chacune a des buts, des espoirs et des convictions différentes malgré cette amour et cette connexion filiale très forte qui les unit. Pour avoir le point de vue et la vision de l'une et l'autre, l'autrice emploie une narration basée sur le double "je" dans la construction: on a ainsi une sorte de double monologue qui se succèdent. Entre une mère ultra possessive, terriblement aimante, qui sacrifie tout pour sa fille et cette dernière qui a soif d'apprendre et qui veut prendre sa vie en main, le fossé entre les deux femmes se creuse petit à petit. Leur relation fusionnelle montre que la vie va se charger de tester cette relation trop parfaite. Entre l'éducation monoparentale, la différence de classes, le désir d'émancipation porté par un certain féminisme, il y a beaucoup de thématiques et j'ai parfois était en connexion avec certaines situations. Néanmoins, je n'ai pas réussi à m'attacher aux héroïnes et à véritablement comprendre leurs personnalités parfois changeantes et illogiques et leur étrange et complexe relation. Je n'ai pas réussi à ressentir les émotions qui pouvaient passer, me faisant penser que je suis très certainement passer à côté de ce récit.

lundi 3 avril 2023

La délicatesse du homard (BD)




Scénario: Véronique Grisseaux d’après l’œuvre de Laure Manel

Illustrations: Alexandra Davis

Nationalité des auteurs: Française

Editions Michel Lafon (26 janvier 2023)

128 pages

ISBN-10:‎ 2749947154

ISBN-13:‎ 978-2749947150

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 26 Février 2023

Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture:

François, grand solitaire, dirige un centre équestre en Bretagne. Lors d'une promenade à cheval sur la plage, il découvre une jeune femme inconsciente au pied d'un rocher. Plutôt que d'appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. A son réveil, l'inconnue déclare s'appeler Elsa mais refuse de répondre à toute autre question. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l'autre... 

Qui est Elsa ? Quelle vie est-elle en train de fuir ?

Mon avis:

        "La délicatesse du homard" est sûrement un des premiers romans de laure Manel que j'ai pu lire et dont je me rappelle plutôt bien. Cette adaptation en bande-dessinée m'a permis de me replonger dans cette histoire avec plaisir et de le redécouvrir d'une autre manière. Le scénario adapté par Véronique Grisseaux est une nouvelle fois très réussi.

        Avec ces illustrations aux traits épurés et ces couleurs assez pâles et douces, on retrouve tout de suite ce sentiment de douceur, de pudeur, de fragilité et de délicatesse que l'on peut retrouver dans le scénario. On est facilement plongé dans une sorte de cocon. Pour le récit, l'adapter en bande-dessinée a tout de même nécessité pas mal de passages purement narratifs, en plus des dialogues classiques ou des passages purement visuels. Mais l'on se concentre surtout sur les sentiments et la psychologie des personnages. Elsa peut parfois agacer, être incompréhensible ou égoïste, mais son vécu est si douloureux que tout prend sens. Il peut également manquer un peu d'éclat et de luminosité visuellement et/ou narrativement lorsque cela est le cas, mais cette adaptation est très réussie et rend parfaitement hommage au roman.

Les extraordinaires (Julien Sandrel)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Calmann-Lévy (1er mars 2023)

388 pages

ISBN-10:‎ 2702183549

ISBN-13:‎ 978-2702183540

Genre: Contemporain

Lu le: 26 Février 2023

Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

Dans l’entourage d’Anna, tout le monde le sait : à 6 ans, sur l’estrade du spectacle de fin d’année, elle a clamé qu’elle voulait être astronaute. Quarante ans plus tard cependant, Anna est bien loin des étoiles : elle est médecin généraliste, et sa vie est trop sage, arrêtée net par un très grand chagrin. Mais ce soir, pour son anniversaire, ses proches lui ont réservé une surprise : ils l’ont inscrite en grand...  

Mon avis:

        Après "La chambre des merveilles", on peut faire confiance à Julien Sandrel pour donner la même définition à son livre que le titre. "Les extraordinaires" peut suivre cette tendance puisque l'auteur nous offre une nouvelle fois, une histoire vivante, pleine d'humanité et d'émotions. Des personnages et des personnes ordinaires sont mis sur le devant de scène et ils deviennent extraordinaires et singuliers sous la plume de Julien Sandrel. Avec des sujets parfois graves, c'est la vie de manière positive qui est célébrée et sans jamais dénaturer ou édulcorer la vérité. Cette histoire illustre qu'il faut croire en ses rêves d'enfant, se donner les moyens pour y parvenir et cela nous met plein d'étoiles dans les yeux.

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

         Avec le souvenir d'Anna a une fête de fin d'année à l'école où elle répond à la célèbre question "Qu'est-ce que tu souhaites faire quand tu seras plus grande?", le récit va se développer autour du rêve d'enfant. J'ai adoré cette thématique qui est en plus, magnifiquement bien mise en scène par l'auteur à travers Anna. Car devenue adulte, cette dernière a certes continué de rêver, mais elle vit la vie que chaque adulte a, faite de travail, de responsabilité et d'objectifs de réussite. En grandissant, la vie nous fait remettre les pieds sur Terre, les rêves d'enfant sont mis dans un coin de la tête et font bien souvent sourire en se disant qu'ils sont totalement inaccessible et l'on ne prend plus le temps de rêver, hormis lorsque l'on dort. Mais il suffit d'un petit coup de pouce et de beaucoup de courage et de volonté pour tenter d'aller au bout de ses rêves de jeunesse. 

        Le rêve, fou, d'Anna, c'est d'aller dans l'espace et devenir astronaute. A travers celui-ci, c'est donc la thématique de l'espace, vu par des gens ordinaires, qui est abordée et j'ai également beaucoup aimé retrouver ce thème, trop peu souvent mis en avant et encore moins en le défaisant de son aspect scientifique. L'auteur imagine ainsi un programme où monsieur et madame tout-le-monde pourrait aller en mission dans l'espace, après d'innombrables tests certes, mais faisable et réalisable.  

        Les personnages de cette histoire sont tous formidables. Une fois de plus, Julien Sandrel nous offre une large palette de caractères, mais ont tous en commun ce sentiment tendre et affectueux que l'on peut éprouver rapidement envers eux. Leurs personnalités reflètent celles que l'on peut croiser réellement dans la vie courante. Il a ainsi l'art de transformer ces personnes ordinaires en personnes extraordinaires et singulières. Le personnage le plus solaire, éclatant et drôle est sûrement Nabila. Si son prénom et son apparence physique nous font tout de suite penser à des clichés et des préjugés, l'auteur nous montre qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. En effet, cette femme est incroyable, dotée d'une force et d'un caractère hors norme et qui va cacher ses secrets bien au fond d'elle-même. Ensuite, Diego est l'autre personnage phare du roman et il permet d'apporter une autre thématique à cette histoire: celui du handicap. Cette faiblesse physique va lui permettre d'avoir une force mentale incroyable et il est bon de retrouver une certaine hétérogénéité dans ces personnages et ce programme spécial, montrant qu'il n'y a pas de limites pour accomplir ses rêves. D'autres personnages secondaires alimentent ce récit et ils forment ainsi à juste titre "les extraordinaires". Ce groupe composé individuellement de blessures physiques ou morales va se révéler être une force pour chacun d'entre eux.

        Entre ces thématiques très intéressantes et ces extraordinaires personnages, on ne peut que passer un très agréable moment de lecture. L'histoire est captivante du début à la fin, peuplée de réelles péripéties et qui nous tient en haleine pour savoir si tout ce petit monde va pouvoir réaliser son rêve. Si c'est les montagnes russes au niveau de leur aventure, c'est aussi les montagnes russes au niveau des émotions pour le lecteur. On passe du rire aux larmes en quelques lignes et quelques secondes. 

En bref:

        "Les extraordinaires" est un livre qui porte parfaitement son titre! Dans cette histoire, on retrouve une nouvelle fois un récit vivant, plein d'humanité et rempli d'émotions. L'auteur part de cette thématique qu'est le rêve et l'histoire illustre qu'il faut croire en ses rêves d'enfant, se donner les moyens pour y parvenir et cela nous met plein d'étoiles dans les yeux. Entre la volonté farouche d'Anna, l'incroyable Nabilla qui montre qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture et Diego qui apporte une superbe hétérogénéité et une force mentale hors normes, les personnages sont tous formidables. Composé individuellement de blessures physiques ou morales, ce groupe d'extraordinaires va devenir une force pour chacun d'entre eux. L'histoire est captivante du début à la fin, peuplée de réelles péripéties et qui nous tient en haleine pour savoir si tout ce petit monde va pouvoir réaliser son rêve. Si c'est les montagnes russes au niveau de leur aventure, c'est aussi les montagnes russes au niveau des émotions pour le lecteur. On passe du rire aux larmes en quelques lignes et quelques secondes. Bref, extraordinaire!

L'aventure bénie du sac toxique (David Zaoui)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Eyrolles (2 mars 2023)

250 pages

ISBN-10:‎ 2416008447

ISBN-13:‎ 978-2416008443

Genre: Contemporain

Lu le: 24 Février 2023

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

        Richard Belmondo, dit Richou, est un trentenaire ordinaire enchaînant les petits boulots. Dans le quartier de banlieue défavorisée où il a toujours vécu, le trafic de stupéfiants fait des ravages et la solidarité entre voisins ne fonctionne plus vraiment. Mais un jour, un événement inattendu va définitivement changer sa vie. Par un curieux hasard, Richard se retrouve en possession d’un sac de sport rempli de billets : l’argent de la drogue ! Sur les conseils avisés de son voisin, le rabbin Meyer, lui-même épaulé par l’imam et le curé de la ville, il va redistribuer le pactole pour rénover le quartier, lui redonner une âme. Dans le même temps, le gang des trafiquants lance leurs troupes, à la recherche du sac perdu… C’est le début d’une extraordinaire aventure humaniste. De situations cocasses en drames domestiques, David Zaoui nous embarque joyeusement dans une quête captivante, motivée par l’espoir d’une vie meilleure.

Mon avis:

        Toujours déjantés et drôles, les romans de David Zaoui sont une vraie bouffée d'humour qui dénote, qui fait du bien et qui se démarque grandement dans la sphère littéraire contemporaine. Le titre de ce dernier opus annonce encore clairement la couleur de l'humour avec de forts indices parmi lesquels la religion, un sac-trésor et l'illégalité. Cette histoire déjantée et hautement cocasse qui nous entraine dans les malversations des banlieues montre une autre facette de ce milieu où entraide et humanité vont rejaillir. Un livre aussi drôle que plein de bonté, qui fait passer un bon moment de lecture.

Merci David Zaoui et les éditions Eyrolles pour l'envoi de ce livre

Points de vue/Critiques:

        Avec Richard, alias Richou, nous allons pénétrer au cœur d'une banlieue avec tout ce que l'on peut imaginer : les trafics de drogue, le découragement des policiers ou leur mauvais accueil, les tags et les dégradations permanentes, les jeunes sans avenir qui s'ennuient dans leur quartier, le manque de considération et de distractions pour l'ensemble des habitants, la peur régnante et la perception d'un avenir et d'une sortie difficile de la cité. Dans cet environnement où règne bien souvent la pauvreté qui amène vers une survie peu légale, Richou fait parti de ces habitants calmes et discrets qui ne font pas de vagues. Bien qu'il ait une vie socialement stagne, voire banale, on voit qu'il ne l'aime pas mais qu'il ne cherche pas vraiment à la changer. C'est alors que le trafic de drogue va lui tomber littéralement dessus en la présence d'un sac rempli d'argent. Le point de départ et le coup du destin pour que Richard imagine, idéalise certaines choses et passe à l'action.

        C'est à partir de cet instant que l'humanité et la bonté de Richou va prendre tout son sens, car il va véritablement réfléchir à l'utilisation de cet argent, là où d'autres en aurait profité et/ou en prenant la poudre d'escampette. Il va être pris d'un élan de générosité et diffuser largement mais pas de manière lointaine cet argent en le mettant au service des habitants de sa banlieue. Entre leur offrir une certaine sécurité, refaire vivre les commerces de proximité, redonner un coup de neuf pour un environnement plus esthétique ou encore leur permettre d'accomplir certains rêves, Richou va se transformer, dans la plus grande discrétion en un bon samaritain. Et il va être aider dans sa quête par trois religieux: un curé, un imam et un rabbin.

        Les "morales" et les messages sous-jacents à cette histoire aussi drôle que loufoque sont bien évidement présents et sont particulièrement bien amenés. Il y a tout d'abord cette notion à la Robin des Bois avec en premier lieu, l'idée d'utiliser l'argent "du mal" pour faire "du bien" et en deuxième lieu, d'en faire profiter un maximum de personnes. Et puis cette générosité est purement fortuite et désintéressée: elle s'effectue sans aucune arrière pensée personnelle pour d'éventuels bénéfices ou retours, sans attentes particulière hormis la satisfaction de faire plaisir aux gens et de changer la vision et le quotidien d'une cité. Richou montre ainsi qu'avec un (sacré) coup de pouce, changer les choses positivement, c'est possible et réalisable. Mais c'est aussi l'occasion de montrer que les différentes religions peuvent également être amies et fédératrices. Avec ces trois religieux hors du commun, j'ai adoré ce message où les différentes confessions prônent finalement des points communs. Car si ces homme de foi ont des croyances distinctes, on se rend bien compte que leurs idéaux sont similaires avec des valeurs fondamentales identiques. Même si l'on est dans une pure fiction, on aimerait transposer cela dans la réalité. 

        On retrouve beaucoup d'humour et de vivacité dans les dialogues. Si les personnalités, notamment celles des trois religieux, sont hors normes, elles sont en plus très cocasses, tout comme certaines situations. C'est loufoque, souvent pas très réalistes, mais c'est surtout drôle et c'est cela que l'on cherche à avoir tout au long de la lecture. C'est donc une histoire hors du temps, un très bon moment de drôlerie où il se trouve de beaux messages et de belles valeurs sous-jacentes. 

En bref:

         La signature littéraire de David Zaoui est une nouvelle fois au rendez-vous dans "L'aventure bénie du sac toxique" puisque l'on retrouve une histoire drôle et déjantée, qui nous fait passer un très agréable moment de lecture. Quand le destin frappe notre héros Richou, c'est toute sa générosité purement fortuite et désintéressée qui va construire ce récit. Cela permet d'apporter et de véhiculer les "morales" et les beaux messages sous-jacents particulièrement bien amenés, à cette histoire sous ses airs de loufoquerie. On peut ainsi voir qu'avec beaucoup de moyens et un peu de bonne volonté, la vision et le quotidien d'une cité de banlieue, avec tous ces clichés plus ou moins vrais, peut radicalement changer et que des hommes de foi aux confessions religieuses différentes peuvent s'entendre et s'accorder car leurs idéaux sont similaires avec des valeurs fondamentales identiques. On retrouve beaucoup d'humour et de vivacité dans les dialogues et les situations, très cocasses. C'est donc une histoire hors du temps, un très bon moment de drôlerie où il se trouve de beaux messages et de belles valeurs sous-jacentes. 

dimanche 2 avril 2023

Bilan de Mars 2023

 Bilan de MARS: 13 romans (4 231 pages) + 3 BD


Romans:


L’envol de Aurélie Valognes

Les mauvaises épouses de Zoé Brisby

Un coup de soleil de Serena Giuliano

Les femmes du bout du monde de Mélissa Da Costa

Hurlements de Alexis Laipsker

Le manège de la vie de Delphine Giraud

Les disparus de Blackmore de Henri Loevenbruck

Km 930 de Valérie Fayolle

Némésis de Agatha Christie

La promesse d’une île de Sophie Tal Men

Le dernier sommeil de l’ourse de Sophie Jomain

Et puis la foudre de Sophie Rouvier


Sagas:


Les thés meurtrier d’Oxford, tome 6 : les entremets tueurs de H.Y Hanna


Bandes dessinées:


Le temps est assassin

Poltron Minet, tome 1 : la voie Romane

Les sauveurs d’esprits, tome 2 : Guy


Challenges:


Challenge XYZ : 17/26

Challenge des 12 thèmes : 3/12

Challenge 120 mots pour 120 livres : 59/120

Défi Lecture 2023 : 30/100