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lundi 30 mars 2026

Malgré tout ce qui nous sépare (Sophie Tal Men)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Albin Michel (25 Février 2025)

304 pages

ISBN-10:2226507558

ISBN-13:978-2226507556

Genre: Historique

Lu le: 25 Février 2026

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

Peut-on s'aimer malgré tout ce qui nous sépare ?

Rose est sage-femme sur l'île de Groix. Dans le tumulte d'une guerre qui dure depuis trop longtemps, elle se donne corps et âme à ses patientes. Sa vie bascule en septembre 1944 lorsque son domicile est réquisitionné pour héberger deux officiers ennemis. Aussi révoltée qu'impuissante, Rose voit alors ses certitudes vaciller dans cette maison où chaque regard semble une menace, chaque silence un danger, et où les destins, pourtant, vont se nouer à jamais...

Mon avis:


        Qu'est-ce que je suis contente de retrouver Sophie Tal Men dans une histoire totalement différente de ce qu'elle a pu faire jusqu'ici et d'enfin sortir un peu de l'univers et des personnages de la série "Les yeux couleur de pluie"! J'attendais cela avec beaucoup d'impatience et c'est en plus avec un récit historique que l'autrice revient et elle nous confère là, une très jolie histoire avec tout ce que j'aime. On découvre ainsi l'île de Groix durant la Seconde Guerre Mondiale et j'ai beaucoup aimé cet aspect puisqu'on apprend qu'avec son cadre et son positionnement, l'île était un endroit particulier durant la Guerre et qui a encore beaucoup souffert et qui a dû faire preuve de beaucoup de patience après le Débarquement et la Libération. On suit Rose, qui est sage-femme sur l'île et qui est une jeune femme résiliente, courageuse et totalement dévouée aux gens qui l'entoure. On la suit accomplir son métier durant l'Occupation puisqu'elle peut circuler librement sur l'île de part son métier, ce qui lui permet de vivre le meilleur, comme d'être témoin du pire des horreurs humaines. La suivre ainsi sur une petite île permet de retranscrire pleinement l'aspect humain et c'est très agréable de retrouver plus tard les femmes et les bébés qu'elle a mis au monde. Entre l'histoire et l'aspect familial, l'autrice glisse en plus un peu de romance dans son récit : un mélange vraiment savoureux qui donne un joli roman touchant et sensible.


Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!

lundi 12 mai 2025

La tendresse des autres (Sophie Tal Men)



Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Albin Michel (5 Mars 2025) 
304 pages

ISBN-10:2226490175

ISBN-13:978-2226490179
Genre: Contemporain
Lu le: 17 Septembre 2020
Ma note: 17/20 





Résumé/4ème de couverture:

    Lorsqu’après un accident, son petit garçon se renferme sur lui-même et décide qu'il n'est plus capable de marcher, Lucie met son existence entre parenthèses pour tenter de lui redonner goût à la vie. Ce parcours de combattante soumet ses émotions, son couple, sa confiance et sa famille à rude épreuve. Mais un invité surprise vient bousculer leur quotidien et leur donner une belle leçon de vie.

Mon avis:

        "La tendresse des autres" c'est une histoire de résilience chez un enfant, confronté à une terrible épreuve de la vie. Pas facile d'aborder un tel sujet surtout lorsque l'on place un enfant au centre de son histoire, mais Sophie Tal Men, notamment par sa profession, a su véritablement bien faire les choses et nous proposer ainsi une très belle histoire. Et celle-ci n'est peut-être pas tout à fait inconnue, puisque l'autrice a développé l'histoire de "Tibo : la leçon de Nitch", un roman jeunesse publié en 2022. Ce roman version adulte permet donc d'approfondir cette histoire. Et c'est surtout sur le ressenti de Tibo et sur celui de sa maman que va se construire ce roman, et porté sur le fait qu'il faut parfois un coup de main extérieur, à deux mains ou à quatre pattes, pour pouvoir aider à surmonter une épreuve qui change la vie à tout jamais. J'ai beaucoup aimé voir Tibo s'ouvrir au monde et s'acclimater différemment à sa nouvelle vie. Cette histoire aurait tout de même mériter d'aller encore plus en profondeur, d'être plus développée en faisant notamment intervenir les ressentis du reste de la famille. Une histoire, tendre et touchante, comme seule Sophie Tal Men peut le faire.

Merci à Sophie Tal Men pour l'envoi en avant-première de ce livre et aux éditions Albin Michel pour l'envoi!

Points de vue/Critiques:

         Tibo, c'est ce petit garçon de 10 ans que l'on connait déjà à travers son histoire dans le roman jeunesse "Tibo : la leçon de Nitch". "La tendresse des autres" est donc la version adulte et la version développée et approfondie de son histoire, et c'est tellement un petit garçon touchant, qu'il le mérite bien. Confronté à une épreuve terrible de la vie, Tibo doit réapprendre bon nombre de chose et vivre une nouvelle vie. Dans ce roman, nous le retrouvons à sa sortie du centre de rééducation. J'avoue que j'aurais aimé le retrouver d'ores et déjà avant l'accident, le suivre au moment du drame et surtout le voir durant son processus de réadaptation. Mais l'autrice a choisit de se concentrer sur l'après : comment vivre et reprendre une vie normale?

        Le roman va se concentrer sur Tibo et sur sa maman en alternant les chapitres relatant les pensées du petit garçon et en suivant le quotidien de la famille au jour le jour via la maman de Tibo. Celle-ci est tout simplement exemplaire. Elle a mis de côté son travail pour s'occuper de son fils dans le début de cette nouvelle vie, elle doit également s'occuper de Camille, la petite sœur de Tibo, sans oublier tout ce qui peut occuper une mère de famille et tout ceci sans véritablement compter sur le soutien du père, assez absent et finalement tout aussi désemparé. Elle affiche une façade gaie et enjouée pour essayer de porter et d'élever son fils vers une nouvelle lumière qu'il doit encore trouver, tout en ayant une tonne d'interrogations sur la manière de s'y prendre et tout en ayant aucune référence ou aucun code ou règles à suivre. Tibo lui est abattu, il n'a aucune volonté pour se réadapter. Son salut va venir d'une boule de poils à quatre pattes : le chien Nitch qui va lui redonner goût à la vie et lui permettre de vivre différemment. Mais cette intervention salvatrice est aussi à mettre sur le compte de son kiné, Mickaël, qui va également permettre à toute la famille de sortir la tête sous l'eau. Les relations entre Tibo et son chien et avec son kiné sont fortes, très belles et constructives. L'autrice montre ainsi que tout forme de résilience, que l'on soit la victime directe ou indirecte, peut se réaliser grâce à des aides extérieures, initialement insoupçonnés. 

En bref:

         "La tendresse des autres" c'est l'histoire de Tibo, rencontré dans le roman jeunesse publié en 2022 "Tibo : la leçon de Nitch" et que l'on retrouve ici dans une version adulte plus développée et approfondie. Tibo c'est ce petit garçon extrêmement touchant qui se retrouve confronté à une terrible épreuve de la vie et qui va devoir réapprendre à vivre différemment... Mais cette épreuve touche aussi indirectement toute la famille puisque le roman va nous permettre de suivre le quotidien de la maman, alterné avec les pensées du petit garçon. Face à une maman dévouée et exemplaire mais totalement désemparée, qui n'a aucune référence, code ou soutien, pas facile de tenir sa famille à bout de bras avec un petit garçon totalement abattu. Le roman montre que la résilience que l'on soit la victime directe ou indirecte, peut se réaliser grâce à des aides extérieures, initialement insoupçonnés. Les personnages de Nitch et de Mickaël sont salvateurs en permettant à toute la famille de sortir la tête de l'eau. Leurs relations respectives avec Tibo sont fortes, belles et constructives. J'aurais aimé que l'histoire soit encore plus développée en faisant notamment intervenir les ressentis du reste de la famille mais c'est bien l'après que l'autrice a choisit de mettre en lumière. Pas facile d'aborder un tel sujet surtout lorsque l'on place un enfant au centre de son histoire, mais Sophie Tal Men, notamment par sa profession, a su véritablement bien faire les choses et nous proposer ainsi une très belle histoire. J'ai beaucoup aimé cette histoire tendre et touchante, comme seule Sophie Tal Men peut le faire.

lundi 8 avril 2024

Les cœurs silencieux (Sophie Tal Men)





Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Albin Michel (28 février 2024)

320 pages

ISBN-10:2226490167

ISBN-13:978-2226490162

Genre: Contemporain

Lu le: 1er Mars 2024

Ma note: 16/20 




Résumé/4ème de couverture:


Après avoir perdu la parole suite à un AVC, Pedro réalise qu'il a encore beaucoup de choses à dire, d'excuses à présenter et de secrets à révéler. Il se demande comment renouer avec ses fils, qu'il a perdu de vue depuis longtemps. Avec l'aide de Sarah, la fille de sa seconde épouse qui lui propose d'être sa voix, tous deux partent à la rencontre de ses proches.

Mon avis:

        Pour ce neuvième roman, Sophie Tal Men nous offre un très beau livre qui a su me parler et me toucher. Il s'agit d'une belle histoire d'amour et de famille dont chaque thématique, pourtant très courante, a sa petite touche d'originalité. C'est un roman qui nous fait voyager entre la Bretagne et le Portugal et ces voyages associés au fait que l'on sort quand même plus du cadre hospitalier et des personnages que l'on a rencontrés précédemment, ont fait en sorte que j'ai beaucoup plus apprécié cette lecture, qui a résonné en moi. L'histoire est tantôt difficile, triste et tantôt plus drôle et légère. On n'est jamais dans le pathos mais continuellement dans la sensibilité qui m'a touché tout le long de ma lecture.

Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Cette nouvelle histoire est une fois de plus très humaine qui regorgent d'émotions et de sincérité. Il va être tout d'abord question d'amour dans ce roman avec l'amour paternel, maternel, filial ou encore envahissant, maladroit, timide ou hésitant. Et c'est notamment à travers le personnage de Pedro que j'ai ressenti beaucoup d'émotions et pour lequel j'ai été particulièrement sensible. Pedro est le genre d'homme élevé à la manière où il ne faut pas montrer ses émotions quand on est un homme et peu enclin et habitué à dévoiler ses sentiments. Si le fond est bien présent, la forme est très tarie. Ainsi avec son fils, il y a eu bon nombre d'erreurs, de malentendus et de non-dits qu'il n'a jamais osé éclaircir. Et l'on devine aisément à quel point il est conscient de n'avoir pas réussi à construire une relation digne avec son fils puisqu'il va essayer d'apprendre de ses erreurs avec sa belle-fille Sarah, qui contrairement à son fils, voit en lui un véritable père, aimant et présent dans sa vie. J'ai beaucoup aimé ce contraste de la paternité et Pedro est un personnage qui m'a beaucoup touché. 

        A travers lui, c'est aussi la question du pardon qui se pose. En étant au pied du mur, Pedro n'a d'autres choix que de reconnaître ses erreurs, essayer de tendre la main pour recoller les morceaux et faire un pas vers l'autre malgré toute la fierté personnelle que l'on peut ressentir. Si Pedro initie clairement cet élan de réconciliation avec son fils, celui-ci est beaucoup plus réticent et je l'ai trouvé un peu dur, notamment suivant les circonstances. Si l'autrice nous parle du poids de ces regrets, de la difficulté à pardonner et de cette volonté de réparer avant qu'il ne soit trop tard avec une certaine douceur et bienveillance, c'est au travers le personnage de Sarah que beaucoup d'humanité et de positivité passe. Sarah est une sorte d'ange gardien pour les personnes qui l'a côtoie. Elle prend le temps d'écouter, elle conseille, elle fait tout ce qu'elle peut pour résoudre des problèmes en se donnant corps et âme. Elle n'est jamais dans le jugement envers les personnes qu'elle rencontre, sauf parfois envers elle-même. C'est un personnage attachant et plein de douceur.

En bref:

        Pour ce nouveau roman, Sophie Tal Men nous offre une histoire très humaine qui regorge d'émotions et de sincérité. En nous faisant voyager entre la Bretagne et le Portugal et en s'éloignant un peu plus du cadre hospitalier et des personnages que l'on a rencontrés précédemment, j'ai pleinement apprécié cette histoire tantôt difficile, triste et tantôt plus drôle et légère. Il va tout d'abord être question d'amour dans ce roman avec le personnage de Pedro que j'ai particulièrement aimé et qui va illustrer l'impact des choix, les conséquences des non-dits et la volonté de réparer avant qu'il ne soit trop tard. Avec son fils Tomas, c'est aussi la question du pardon qui se pose avec le fait d'essayer de tendre la main pour recoller les morceaux et de faire un pas vers l'autre malgré toute la fierté personnelle que l'on peut ressentir. Ces thématiques et cette histoire sont abordées avec beaucoup de douceur et de bienveillance grâce au personnage attachant et sensible de Sarah. Ce roman est une très jolie bulle d'humanité pleine de sensibilité qui m'a touché tout le long de ma lecture.

mercredi 10 mai 2023

La promesse d'une île (Sophie Tal Men)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Albin Michel (1er mars 2023)

352 pages

ISBN-10:‎ 2226470220

ISBN-13:‎ 978-2226470225

Genre: Contemporain

Lu le: 26 Mars 2023

Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

Larguer les amarres pour mieux se reconstruire...


Alexis n'a plus rien à voir avec le jeune urgentiste passionné qu'il était : brisé par ses missions humanitaires, il a perdu goût à la vie et foi en son métier. Lorsqu'on l'appelle pour remplacer l'unique médecin généraliste sur l'île de Groix, en Bretagne, c'est à reculons qu'il s'y installe, ignorant tout des merveilleuses promesses que cette île lui réserve...Au contact de sa nature sauvage et de ses habitants haut en couleur, Alexis renoue avec le plaisir de vivre et un nouveau départ s'offre à lui...

Mon avis:

        Même si l'on commence à être habitué à partir en Bretagne, bien souvent sur l'île de Groix, et si l'on baigne encore dans la thématique de la médecine, j'ai beaucoup aimé "La promesse de l'île" qui m'a beaucoup touché et dont j'ai ressenti une certaine proximité. Les personnages de cette histoire sont particulièrement attachants, charismatiques et permettent d'aborder différents horizons. Entre la reconstruction, la bienveillance et la résilience, j'ai aimé retrouvé le côté entraide familiale des habitants de l'île ainsi que les questions du problème de succession, d'alcoolisme, d'isolement et de la nostalgie. Une jolie histoire profondément humaine.

Points de vue/Critiques:

         Après avoir été blessé et avoir vu quantité de choses en temps que médecin urgentiste en missions humanitaires, Alexis a besoin de revenir en France, au calme afin de panser ses blessures tant physiques que psychologiques. Et rien de mieux que l'île de Groix, un lieu isolé avec peu de monde pour se reconstruire. En remplaçant le médecin local, Yann, le temps d'une opération, Alexis garde ainsi le contact avec son métier et y trouveras bien plus que cela. Car malgré son côté isolé et minimaliste, l'île de Groix regorge de trésors et de ressources presque insoupçonnées en la personne de ses habitants. Et quand on est le seul médecin de l'île, il y a ce côté fédérateur indéniable. L'autrice a ainsi parfaitement su retranscrire ce côté familial, que j'ai adoré, avec toute la population de l'île: les patients fidèles au cabinet et qui viennent quotidiennement, les curieux et les septiques envers un nouveau médecin à qui il faut faire confiance, Jo l'original secrétaire et homme de confiance de Yann. 

        Tous ces personnages sont très intéressants à suivre et permettent chacun de mettre en avant une thématique secondaire mais bien précise. Yann est l'illustration même du médecin à l'ancienne, dévoué corps et âme à son métier et à ses patients, au point de ne pas prendre soin  de sa propre santé. Et avec lui se pose également la question du remplacement et la très difficile succession de médecin dit "de campagne". L'autrice s'est inspirée de son propre père pour ce personnage et toute cette humanité et cette dévotion se véhicule très facilement. Jo, sans oublier son chien Prozac est lui aussi très touchant, mais d'une différente manière. Son amitié et sa reconnaissance envers Yann et envers son métier de secrétaire qu'il tient à cœur sont très belles mais cache d'autres blessures: l'alcoolisme, les fausses apparences, la mélancolie et l'isolement seront ainsi mis en lumière. Jo est un personnage extrêmement touchant qui ne peut que nous faire fondre. Et puis il y a la touche féminine qu'est Olivia, la kiné et sa fille Rose. C'est une mère célibataire qui se focalise sur l'éducation de sa fille et qui n'est pas prête à laisser entrer du bonheur ou un peu de place à d'autres personnes dans sa vie. En étant un personnage plus "typique", Olivia m'a moins touchée.  

En bref:

        Larguez les amarres et voguez une nouvelle fois en direction de l'île de Groix en embarquant avec "La promesse d'une île". Même si l'on commence à être habitué à partir en Bretagne et de se laisser bercé dans les flots de la médecine, cette histoire m'a beaucoup touchée. Entre la reconstruction, la bienveillance et la résilience qui sont des thèmes chers à l'autrice, les différents personnages vont permettre d'aborder différents horizons comme l'alcoolisme, les fausses apparences, la mélancolie et l'isolement. Alexis, Yann, Jo et Olivia sont particulièrement attachants, charismatiques. Et en s'inspirant de son propre père, le personnage de Yann pose également la question du remplacement et la très difficile succession de médecin dit "de campagne". Une belle humanité et une forte dévotion sont très facilement véhiculées grâce à lui. Avec l'ensemble des habitants de l'île, il y a ce côté entraide familiale que Sophie Tal Men a parfaitement su retranscrire et que j'ai adoré. Et même en traitant des sujets dramatiques et profond, il se dégage beaucoup de douceur et d'apaisement dans cette jolie histoire, profondément humaine. 

jeudi 16 juin 2022

Des matins heureux (Sophie Tal Men)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Albin Michel (30 mars 2022)

289 pages

ISBN-10:‎ 2226470212

ISBN-13:‎ 978-2226470218

Genre: Contemporain

Lu le: 14 Mai 2022

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

Dans le quartier du Montparnasse à Paris, Elsa, Marie et Guillaume se croisent sans le savoir. Si le jour, leur quotidien les éloigne, le soir, tous trois affrontent une même peur de la nuit. 


Elsa se réfugie dans le bus pour éviter la violence de la rue, Marie, qui vient de quitter Brest, multiplie les gardes à l'hôpital pour combler son vide sentimental, et Guillaume retarde la fermeture de son bar afin de fuir la solitude. 


C'est au détour d'un Lavomatic, d'un irish pub ou par le biais d'une annonce sur Leboncoin qu'ils finiront par se trouver. Mais parviendront-ils, ensemble, à aller jusqu'au bout de leur nuit ? À se reconstruire ?


Des matins heureux est le roman des nouveaux départs, la rencontre de trois personnages blessés, touchants dans leur fragilité, inspirants dans leur force de résilience. 

Mon avis:

            C'est toujours un plaisir de retrouver le nouveau livre de Sophie Tal Men, surtout quand on sait que l'on va naviguer encore une fois autour de l'univers de sa trilogie "Les yeux couleur de pluie", puisque l'autrice reprend les personnages secondaires de cette série pour leur attribuer une histoire à part entière. J'ai beaucoup aimé retrouver le personnage de Marie, que j'avais beaucoup apprécié à l'époque, qui est charismatique et qui m'avais marqué. Et avec de nouveaux personnages qui vont finir par se croiser, on obtient une jolie histoire humaine dans laquelle les destins s'entremêlent et s'unissent.

Points de vue/Critiques:

         A part pour la trilogie "Les yeux couleurs de pluie" que j'avais adoré, les romans suivant de Sophie Tal Men ont toujours été de bonnes lectures, sans surprise, mais faisant passer de bons moments de lecture. Mais "Des matins heureux" a ce petit truc en plus qui a fait qu'il se démarque un peu et qu'il restera davantage gravé en mémoire. Cela tient avant tout par le personnage principal qu'est Marie. Je me souvenais parfaitement d'elle, puisque dans la trilogie, on découvre un petit bout de femme, énergique et pétillante, au service de tous ses amis et collègues, chef de file des internes et prenant soin de tout le monde. Du côté professionnel, on découvre une jeune femme sérieuse et investit dans sa spécialisation qu'est la gynécologie, prenant vraiment particulièrement soin des femmes qu'elle soigne. Le récit abordera ainsi la thématique du cancer du sein et plus particulièrement ce qui se passe après. C'est un aspect très intéressant auquel prête attention et s'investit Marie et j'aurais aimé le voir plus développé. 

        Dans cette histoire, l'autrice nous fait quitter la Bretagne pour s'installer dans le 14ème arrondissement de Paris. Parce que c'est un quartier que je connais bien, je n'ai pas eu de mal à imaginer tous les lieux décrits. C'est dans ces quartiers aux petits air de village, que Marie va croiser le chemin de deux autres personnes: Elsa et Guillaume. Si je n'ai pas accroché plus que cela à Guillaume, Elsa m'a en revanche beaucoup touché. Elle est farouche, craintive et sensible et elle va peu à peu être apprivoisée. Son évolution et son histoire sont touchantes. Ces trois personnages vont voir leur chemin se croiser au moment importun dans leur vie. Leurs doutes, leurs interrogations ou le coup de pouce nécessaire à modifier leur vie se trouveront donc dans la chance ou le destin qui a fait en sorte de les mettre sur le chemin des uns et des autres. Chacun d'entre eux permettra d'aborder plusieurs thématiques comme la violence, la vie dans la rue, la maladie, l'estime de soi, l'amitié ou encore l'amour.

En bref:

             Parmi les romans qui suivent la trilogie "les yeux couleur de pluie", "Des matins heureux" est sûrement celui qui se démarque et qui a su le plus retenir mon attention. En effet, on retrouve avec grand plaisir, le personnage de Marie, une jeune femme emblématique par sa gentillesse, sa dévotion et son professionnalisme dans sa spécialité de la gynécologie. Elle permettra d'aborder le thème de la reconstruction après un cancer du sein, très intéressant mais peut-être pas assez approfondi. Son chemin finit par croiser deux autres personnages et leurs destins vont s'entremêler et s'unir afin que chacun se relève face à leurs doutes, leurs interrogations ou leur passé. Chacun d'entre eux permettra d'aborder plusieurs thématiques comme la violence, la vie dans la rue, la maladie, l'estime de soi, l'amitié ou encore l'amour. Le trio de personnages nous offre ainsi une jolie histoire humaine et bienveillante sur la résilience et la reconstruction. 

mercredi 24 mars 2021

Là où le bonheur se respire (Sophie Tal Men)





Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Albin Michel (3 Mars 2021
288 pages
ISBN-10: 2226457372 
ISBN-13: 978-2226457370 
Genre: Contemporain
Lu le: 9 Mars 2021
Ma note: 15/20 



Résumé/4ème de couverture:

Pour Lily, apprentie parfumeuse, les parfums subliment la vie : ils nous construisent, nous éveillent et nous guident. Aussi, quand sa petite soeur Clarisse est hospitalisée à la suite d'une grave chute de cheval, Lily fera tout pour stimuler ses sens et lui redonner le goût de vivre. Sa méthode, retourner sur l'île d'Ouessant, berceau de leur enfance, à la recherche des odeurs chères à Clarisse.

A l'hôpital, seul Evann, externe en médecine, soutiendra son projet fou et un lien fort naîtra entre eux. Au fil du temps, les deux complices réaliseront que c'est leurs âmes blessées qu'ils cherchent à soigner, car prendre soin des autres, c'est aussi prendre soin de soi. 

Dans ce nouveau roman, inspiré de son quotidien à l'hôpital comme dans Les Yeux couleur de pluie ou Va où le vent te berce, Sophie Tal Men explore avec passion l'univers des parfums et nous fait prendre le large avec une bouleversante histoire d'amour et de résilience qui nous fait du bien.

Mon avis:

        Fidèle au rendez-vous de la dernière parution de Sophie Tal Men, c'est toujours un plaisir de retrouver ses histoires de vies et d'amour baignant dans une atmosphère médicale. Tous les ingrédients sont une nouvelle fois réuni dans "Là où le bonheur se respire" qui insuffle vraiment un vent d'air frais. Ce nouveau récit est peut-être un peu moins convaincant que les autres par une certaine simplicité qui s'en dégage et peut-être aussi par le fait que l'on aimerait plus de diversité maintenant de la part de l'autrice. 

Points de vue/Critiques:

        Pour ce nouveau roman, l'autrice reste fidèle à l'atmosphère, aux lieux et aux personnages mis en place depuis ses débuts avec la saga "Les yeux couleur de pluie". On reste donc en Bretagne sous ses embruns, prés du Gobe Mouche avec tous les internes en médecine. Cette fois-ci le personnage principal est Evann, le frère de X (qui était le personnage principal du roman précédent "Va là où le vent te berce"). A travers ses débuts en médecine et donc les patients qu'il est amené à côtoyé, c'est l'univers des parfums, des fragrances et des odeurs qui va se mêler à la médecine. Pour connaitre quelques histoires de patients comateux qui avaient une réaction (physique et cérébrale) uniquement grâce à une odeur particulière, j'étais avide de savoir et voir comment l'autrice allait mettre en scène cet aspect très intéressant, presque mystérieux mais véridique. Et je dois avouer que je ressors assez déçue par cette exploitation du domaine olfactif lié au domaine médical, qui se révèle finalement assez peu présent et déterminant. En revanche, les parfums et les odeurs sont davantage exploités en tant qu'ancrage personnel et souvenirs olfactifs, mais pas forcément liés au côté soins et guérison.

            Dans l'histoire de Evann et des deux sœurs Clarisse et Lily, force est de constater que l'on ne retrouve pas vraiment de grands rebondissements. J'avoue également que je n'ai jamais réussi à m'imaginer correctement l'état de santé de Clarisse, qui n'est finalement pas dans le coma comme je le pensais, mais qui est tout à fait éveillée, parlante etc mais pas vraiment tout à fait normale avec un rétablissement parfait de toutes ses fonctions. Avec la plume de l'autrice, très fluide, mais parfois (trop) simple, on se retrouve à lire quelque chose de vraiment agréable mais sans accroche particulière. Cette histoire m'a donc doucement bercée, sans péjorations et sans m'endormir non plus. On navigue dans une douce et simple histoire qui apporte son petit vent d'air frais. Après ces deux derniers romans, même si j'aime beaucoup l'univers qu'a su créer l'autrice, j'aimerai prochainement découvrir une toute autre histoire, qui permettrait de peut-être retrouver la flamme obtenue avec la trilogie initiale.

En bref:

        "Là où le bonheur se respire" insuffle un petit vent d'air frais en ce début du printemps. L'autrice nous emmène une nouvelle fois dans son univers familier composé des embruns de la Bretagne, des cocktails du Gobe-Mouche et de l'ambiance médicale. L'accent sera mis cette fois sur le pouvoir de l'odorat avec les parfums, les fragrances, bref toutes les odeurs ancrées à jamais dans la tête d'une personne, constituant un vrai bagage de souvenirs olfactifs. Si j'attendais de voir ce domaine se mêler beaucoup plus que cela  à celui de la médecine et voir une certaine résurgence sur l'état de santé ou de guérison, les odeurs restent tout de même une force de ce roman. L'histoire est peut-être un peu moins convaincante que les précédentes puisqu'il se dégage une certaine simplicité, douce, envoutante mais pas forcément enivrante. Si l'univers créer par l'autrice depuis ses débuts est un vrai plaisir, j'aimerai maintenant un peu plus de diversité et voir une toute autre histoire pour la prochaine fois.

lundi 28 septembre 2020

Qui ne se plante pas ne pousse jamais (Sophie Tal Men)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche (3 Juin 2020)
275 pages
ISBN-10: 2253262242
ISBN-13: 978-2253262244
Genre: Contemporain
Lu le: 31 Août 2020
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

Lorsqu'elle apprend qu'elle est malade, Jacqueline mesure plus que jamais le prix de chaque instant. Au crépuscule d'une vie riche d'expériences et de souvenirs, elle veut faire partager son goût du bonheur aux deux êtres qui comptent le plus à ses yeux. Alexandre, le garçon qu'elle a élevé, jeune interne en médecine, et Margaux, sa petite-fille, qui travaille dans l'illustre chocolaterie familiale. Tous deux ne sont qu'à la moitié du chemin et déjà happés par leur vie professionnelle ! Depuis les falaises du Cap Fréhel où la vieille dame les a réunis, elle met sur pied un projet un peu fou pour qu'enfin ils ne s'empêchent plus de rêver et écoutent battre leur coeur. Car savoir qui on est, c'est savoir où on va... sans redouter les obstacles qui vous font grandir !

Une histoire pleine de générosité, fraîche et optimiste. Sophie Tal Men nous invite à savourer la vie, à la croquer à pleines dents, comme une tablette de chocolat !

Mon avis:

Sophie Tal Men fait partie de ces auteurs et autrices pour lesquels j’achète leurs livres sans vraiment savoir ce quoi parlera l’histoire, tant je les considère comme une valeur sûre. Et pour ce nouveau livre, j’étais d’autant plus contente de retrouver l’autrice dans une histoire qui se déroule en dehors de son univers « Les yeux couleur de pluie ». Dans cette histoire où il est question de grand-mère et de transmission, on attend de la beauté, de la tendresse et de belles émotions, et Sophie Tal Men réussit une fois encore a véhiculé tout ceci dans son récit porté sur l’optimisme et la générosité.

Points de vue/Critiques:

Jacqueline est une vieille dame malade pour qui les jours sont comptés. Si ce point de départ paraît très et logiquement défaitiste, ce n’est pas sur ce ton que naviguera toute l’histoire. Car Jacqueline s’est fixé un objectif avant de quitter ce monde. Et même si cet objectif n’est pas clairement énoncé par la vieille dame, on sait très bien de quoi il s’agit et ce mystérieux secret, qui n’en ait pas un pour le lecteur, l’est quasiment pour les protagonistes en question qui se voilent, volontairement ou pas, la face sur les intentions de Jacqueline. En effet, Alexandre et Margaux qui se connaissent depuis leur plus jeune âge, vivent des vies différentes et sous leurs airs de fausses disputes et chamailleries, se cache sûrement des sentiments plus profonds comme semble le penser Jacqueline, très lucide sur la situation et bourrée d’humour. Grand-mère adoptive pour le premier et grand-mère légitime pour la seconde, elle va profiter de sa situation pour faire en sorte que chacun des deux s’échappe en premier lieu à leur quotidien étouffant et pour qu’ensuite, ils se rendent compte de certaines choses qui échappent seulement à leurs yeux à eux. Cet espèce de jeu mené par Jacqueline et ce semblant de cécité de la part d’Alexandre et de Margaux est assez amusant et bien dosé puisque cela ne tombe pas dans l’agacement ou le nian-nian.

Cette histoire est donc centrée sur les personnages et sur les sentiments. Points de péripéties ou de rebondissements à gogo. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Alexandre qui semble prendre plus conscience de l’état de Jacqueline, qui semble plus proche physiquement et affectueusement que Margaux, alors qu’ils n’ont pas de liens de sang. Ainsi, a contrario, je n’ai pas compris la semblante désinvolture de Margaux par rapport à sa grand-mère : je ne sais pas si elle ne se rendait pas réellement compte de l’état de santé de sa grand-mère ou si cela n’était qu’un déni. Quoiqu’il en soit, ces trois personnages sont tournés doivent prendre conscience du présent et se tourner vers l’avenir. La fin de vie est donc abordée avec lucidité générosité le présent avec amour et tendresse et le futur avec optimisme.

En bref:

Dans « Qui ne se plante pas ne pousse jamais » Sophie Tal Men nous dévoile une nouvelle fois une histoire tendre, à la fois touchante et drôle. Et c’est au travers de Jacqueline que sera véhiculé une histoire de fin de vie mais surtout une histoire de transmission tournée avec optimisme vers le bonheur et le futur. Cette grand-mère va se révélée être la seule personne capable de faire n’importe quoi pour les gens qu’elle aime, pour les aider, leur faire ouvrir les yeux, leur apporter le bonheur et leur faire prendre conscience de profiter de chaque instant présent ainsi que des liens qui les unit. Un petit coup de pouce à donner à la jeunesse comme dernier salut.