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lundi 9 février 2026

Le garçon éternel (Jérôme Loubry)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Calmann-Lévy (2 Janvier 2026)

Collection Noir

484 pages

ISBN-10:2702190758

ISBN-13:978-2702190753

Genre: Thriller

Lu le: 12 Janvier 2026

Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Une forêt en pleine nuit recèle bien des mystères. Ces deux adolescents partis chercher le succès en filmant leur aventure vont y trouver l’inimaginable : un cadavre de femme, mains et pieds coupés…

Sur place, l’inspectrice Manon Rousseau comprend tout de suite que le tueur a mis en scène sa découverte comme un rituel. Bientôt, la rumeur du retour du « garçon éternel » – une légende locale – surgit, alimentée par les réseaux sociaux.

Parallèlement, Cédric, journaliste rongé par le départ de sa femme, accepte de retranscrire les mémoires d’un vieil homme. Au fil des enregistrements qui lui sont fournis, il plonge dans la vie d’une mère dévouée à son fils, à la fin des années 1950. Mais si ce qu’il entend est vrai, quel terrible secret est-il en train de mettre au jour ?

Du passé au présent, des clochettes funéraires aux eaux silencieuses du lac, les disparus et les vivants sont liés par un fil longtemps demeuré invisible...

Mon avis:


        Dans la catégorie des thrillers aussi finement travaillés que complexe, tout en nous étonnant grandement à chaque fois, je demande Jérôme Loubry et "Le garçon éternel" ne déroge pas à la règle. Il faut être assez concentré en lisant cette histoire qui n'est pas toujours évidente à suivre, tant l'auteur multiple les axes. C'est ainsi que l'on va suivre l'enquête portant pour la découverte d'un corps en forêt, Cédric, un journaliste qui est dévasté par la disparition de sa femme et qui enchaîne les séances de psychothérapie et les mémoires d'un vieil homme que retrace Cédric. Le désœuvrement, la dérive et les fantômes du passé sont autant d'éléments qui vont entrer en jeu dans chacun des personnages. Ajouté à une légende locale nourrie de silences et de non-dits et vous obtenez quelque chose qui brouille parfaitement les pistes comme l'esprit du lecteur, qui est malmené et manipulé et qui se laisse ainsi porté par le récit jusqu'à ce que les nœuds se défassent. C'est ainsi que passé et présent s'entrelacent, se répondent et se dévoilent mais face à cette complexité et ces inextricables liens, je ne suis pas sûre d'avoir saisie toutes les ficelles. Le tout est pourtant finement travaillé et pensé par l'auteur et l'on se trouve pris avec passion et intérêt dans cet embroglio, dont il est difficile d'imaginer la sortie. J'ai beaucoup aimé la dimension liée à l'atmosphère très sombre et oppressante, parfaitement décrite et importante, avec le lac, la forêt, l'eau, le froid... C'est un thriller loin d'être simple, qui nous happe dans un dédale presque inextricable mais qui est finement maîtrisé par l'auteur qui joue une nouvelle fois avec nos certitudes. 


Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre!

lundi 30 septembre 2024

L'île (Jérôme Loubry)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Calmann-Lévy (28 août 2024)

400 pages

ISBN-10:2702180086

ISBN-13:978-2702180082

Genre: Thriller

Lu le: 31 Août 2024

Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Quel secret cache cette île aussi belle que ténébreuse ?


Au mois d’août 2019, Diane a mis fin à ses jours sur l’île de Porquerolles, dans le manoir où elle passait tous ses étés. Elle qui ne vivait qu’en musique a laissé derrière elle un grand silence pour ses proches.

Julien, son compagnon, sait bien que les amis de la jeune femme, présents lors du drame, lui cachent quelque chose. Alors quand l’occasion de retourner sur l’île avec eux se présente, il accepte. Peu importe que cinq ans se soient écoulés, il découvrira la vérité coûte que coûte.

Le soir de leur arrivée, au beau milieu d’une tempête dantesque, une femme en robe blanche est découverte morte et ensanglantée sur la place principale. Que se passe-t-il donc sur cette île dont les habitants redoutent les colères ?  

Mon avis:

        Depuis quelques années, Jérôme Loubry nous a habitué à nous mettre la tête à l'envers avec ses romans mais pas cette année avec "L'île", même si ce thriller reste très bon. En effet, tout en imaginant un scénario et un dénouement surprenant, l'auteur est resté quelque part dans le registre de l'histoire classique du thriller. Mais elle tire son épingle du jeu en matière de décor et d'ambiance puisque l'atmosphère lourde et oppressante de l'île de Porquerolles, en hiver, peuplée de ses habitants qui se connaissent et où sont véhiculés des croyances ancestrales, devient un personnage à part entière. En mêlant les mystères insondables de la Nature qui confère parfois un petit côté fantastique, avec ceux de la psyché humaine, on obtient un thriller prenant et oppressant, qui a su me surprendre.

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

         Le titre de ce roman est extrêmement bien choisi, puisque l'île de Porquerolles n'est pas seulement le lieu où va se dérouler cette intrigue. En effet, l'auteur a fait de cette île un personnage à part entière et qui a une place importante et omniprésente. Il en a fait une atmosphère sombre, angoissante et pesante puisque l'histoire se déroule en plein coeur de l'hiver avec ses tempêtes, la pluie et le vent qui balaie les rues sombres et désertes, ses habitants qui se connaissent tous mais dont chacun à ses secrets, sans compter toutes ses croyances et ses légendes ancestrales qui peuplent les lieux. Les descriptions de l'île sont minutieuses allant du ciel noir d'encre aux bourrasques menaçantes. Cela créer une tension palpable qui ne fait que s'amplifier au fil du récit et si l'on ajoute à cette lourde ambiance un manoir de style gothique, qui renferme lui aussi ses secrets, vous obtenez dés lors le cadre idéal pour qu'un bon thriller puisse se dérouler! En matière de décor et d'ambiance, on peut dire que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet créant ainsi une sorte de quasi huis clos insulaire redoutablement efficace. 

        Si l'île est d'une importance capitale, le récit se construit aussi avec cette bande d'amis, qui vont se retrouver sur l'île et dans le manoir, quelques années après que l'une d'entre elle ait mis fin à ses jours au manoir, afin de lever le voile sur cet évènement. Les adolescents de l'époque sont devenus des jeunes adultes mais construits sur les failles de leur passé. Chacun cache quelque chose et ses retrouvailles vont permettre de faire face à l'île et aux vérités tout en déjouant leurs anciennes fautes. A ces protagonistes centraux, on peut y ajouter le disquaire qui incarne la mélancolie d'une vie passée et le nouvel insulaire bien ancré dans sa nouvelle vie et Laurie, la policière qui vient de débarquer, qui n'a pas tous les codes de l'île et qui veut aller au bout de son enquête. En dévoilant les secrets des personnages par petites touches et en jouant sur les temporalités, l'auteur maintient le suspense à son paroxysme. Les retours en arrière permettent de comprendre les motivations de chacun tout en conservant la part de mystère nécessite pour happer le lecteur sans le perdre. Il est ainsi constamment emmené sur le fil de la réalité et du fantastique, sans savoir où est vraiment le point de bascule... Les non-dits, les secrets et les rebondissements sont donc bien présents et l'auteur a su me surprendre dans le dénouement puisque j'étais partie sur d'autres hypothèses. 

En bref:

        Depuis quelques années, Jérôme Loubry nous a habitué à nous mettre la tête à l'envers avec ses romans mais pas cette année avec "L'île", même si ce thriller reste très bon. En effet, l'auteur est resté quelque part dans le registre de l'histoire classique du thriller mais qui s'avère rudement efficace et qui tire son épingle du jeu en matière de décor et d'ambiance. "L'île" porte ainsi magnifiquement son titre car l'atmosphère lourde et oppressante de l'île de Porquerolles, en hiver, peuplée de ses habitants qui se connaissent et où sont véhiculés des croyances ancestrales, devient un personnage à part entière. Les descriptions minutieuses de l'île créer une tension palpable qui ne fait que s'amplifier au fil du récit. Si l'on y ajoute un manoir de style gothique et des adolescents qui ont grandi sur des mensonges et qui se retrouvent pour mettre à jour la vérité, on peut dire que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet créant ainsi une sorte de quasi huis clos insulaire redoutablement efficace. Les secrets des personnages se révèlent par petites touches et en jouant sur les temporalités, le suspense est maintenu à son paroxysme. Le lecteur est constamment emmené sur le fil de la réalité et du fantastique, sans savoir où est vraiment le point de bascule... Les non-dits, les secrets et les rebondissements sont donc bien présents avec un dénouement qui m'a surpris.

mercredi 15 février 2023

Le chant du silence (Jérôme Loubry)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Calmann-Lévy (4 janvier 2023)

Collection Noir

440 pages

ISBN-10:‎ 2702180078

ISBN-13:‎ 978-2702180075

Genre: Thriller

Lu le: 31 Décembre 2022

Ma note: 15/20


 

Résumé/4ème de couverture:

Lundi dernier, le père de Damien s’est jeté du haut de la baie des veuves, cette falaise d’où les femmes guettaient autrefois le retour des bateaux de pêche.

Damien se met donc en route pour régler les funérailles, tentant en vain d’éprouver de la tristesse. Durant l’été 1995, ce père qu’il aurait voulu aimer est devenu un meurtrier, les contraignant sa mère et lui à déménager à l’autre bout de la France car la ville entière maudissait leur nom. Damien n’est jamais revenu. La seule lumière dans ce pèlerinage douloureux est qu’il va revoir Oriane, son amour d’enfance.

Mais arrivé dans le quartier des pêcheurs désormais à l’abandon, Damien découvre dans la parka de son père une photo qui remet tout en question… Et si la vérité sur l’été 1995 était tout autre?

Mon avis:

        Les livres de Jérôme Loubry sont tellement haletants, percutants et surprenant que l'on se demande à chaque fois quelle claque on va recevoir. Mais dans "Le chant du silence", on change un peu de style puisque l'auteur va accorder plus d'importance aux personnages et à l'ambiance. L'intrigue en elle-même m'a un peu déçue puisqu'elle a du mal à décoller, on ressent une certaine lenteur et elle est surtout très simple et tout est facilement devinable bien en amont des révélations finales. Cela reste un bon roman noir, plutôt qu'un thriller, que sauront apprécier les amateurs de polars soft. 

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        "Le chant du silence" vous plonge dans une recherche intensive de la vérité aussi tenace qu'énigmatique. Car avec Damien qui est de retour dans on village natal, ce retour aux sources est surtout synonyme de recherche de la vérité. Confronté à la réalité, il va devoir remonter dans le passé et dans les souvenirs de chacun afin que les mensonges et les non-dits, qui ne peuvent résister au temps, se révèlent. C'est ainsi que toute l'ambiance du livre se déroule dans cette atmosphère où les silences en disent peut-être plus que les paroles. Et parce que le poids de ce silence est lourd, cela se ressent beaucoup dans le rythme et la dynamique de l'intrigue. On prend beaucoup de temps pour mettre en place tout le décor et toute l'atmosphère mais au niveau de l'intrigue qui vous saisit et qui vous happe en vous faisant retenir votre souffle, il faut passer son chemin ou du moins, attendre assez longtemps. Je dois avouer que je me suis pas mal ennuyée au début du livre, l'installation du décorum étant trop longue.

        Mais force est de constater que cette atmosphère est très bien retranscrite, d'autant plus que sa lourdeur contraste nettement avec l'insouciance des personnages lorsqu'ils étaient adolescents. Les descriptions de ce petit port de pêche sont parfaites pour comprendre à quel point ce monde, cette vie entre terre et mer, est très particulier et très renfermé sur lui-même. Il s'agit d'une philosophie de vie extrême qui se transmet de génération en génération et dont il est difficile d'en comprendre tous les codes et tous les enjeux lorsque l'on n'est pas de ce monde. L'auteur évoque ainsi le fait d'en perdre la raison, les relations familiales difficiles qui en découlent, la précarité du métier liée aux conjectures économiques et/ou climatiques. 

        L'accent est également mis sur le personnage de Damien dont la psychologie est bien décortiquée puisque l'on va avoir connaissance de tous ses sentiments. Entre la haine de son père et les émotions ambivalentes de l'adolescence qui remonte à la surface en même temps que les souvenirs, il n'est pas évident de faire la part des choses pour Damien comme pour le lecteur qui ne sait pas toujours sur quel pied danser. Les hypothèses ne sont pas finalement très nombreuses et étant un tant soit peu adepte des romans noirs et des thrillers, il est assez facile de comprendre les clés de cette intrigue, de manière précoce. 

En bref:

         "Le chant du silence" tranche un peu des autres livres de Jérôme Loubry puisque l'on n'est pas vraiment dans le thriller haletant, percutant et surprenant mais plutôt dans le roman noir. L'auteur donne une dimension sociale à ce roman en accordant plus d'importance aux personnages et à l'ambiance. Le monde d'un petit port de pêche avec sa philosophie de vie et tous ses enjeux est très bien retranscrit. Mais force est de constater que l'installation de ce décorum est longue et que l'intrigue en elle-même a du mal à décoller. Et parce que le livre porte bien son nom, le silence, qui en dit parfois plus que les mots, joue un rôle fondamental dans cette histoire. Les non-dits, les mensonges, les secrets de famille très lourds à porter ne peuvent résister au temps par leur poids et se doivent d'être révélés. Toute cette atmosphère se ressent dans la dynamique du roman qui m'a pas mal ennuyée au début. L'intrigue en elle-même est très simple et tout est facilement devinable bien en amont des révélations finales. Cela reste un bon roman noir, plutôt qu'un thriller, que sauront apprécier les amateurs de polars soft.  

jeudi 7 octobre 2021

Les sœurs de Montmorts (Jérôme Loubry)





Nationalité de l’auteur:
 Française 

Editions Calmann-Lévy (25 août 2021)

414 pages

ISBN-10:‎ 270218006X

ISBN-13:‎ 978-2702180068

Genre: Thriller

Lu le: 10 Septembre 2021

Ma note: 17/20





Résumé/4ème de couverture:

Novembre 2021. Julien Perrault vient d’être nommé chef de la police de Montmorts, village isolé desservi par une unique route. Alors qu’il s’imaginait atterrir au bout du monde, il découvre un endroit cossu, aux rues d’une propreté immaculée, et équipé d’un système de surveillance dernier cri.

Mais quelque chose détonne dans cette atmosphère trop calme.

Est-ce la silhouette menaçante de la montagne des Morts qui surplombe le village ? Les voix et les superstitions qui hantent les habitants ? Les décès violents qui jalonnent l’histoire des lieux ?

Et si nos amitiés d’antan devenaient en grandissant des miroirs de nos propres vertiges ?

Mon avis:

        J'avais découvert l'auteur avec "Les refuges" qui m'avait littéralement retourner le cerveau après avoir été magistralement manipulée par l'auteur. J'espérais donc retrouver toutes ces choses avec ce nouvel opus, et même en sachant que l'on est menée par le bout du nez tout le long du récit, cela ne m'a pas empêchée d'être soufflée par ce final impressionnant et époustouflant. C'est un roman avec une fin très efficace, même si avec le recul, on pourrait deviner certaines choses, surtout lorsque l'on est plutôt coutumier avec l'auteur. Au niveau de la surprise, ce roman se résume à "ça passe ou ça casse".

Merci beaucoup aux éditions Calmann-Lévy pour ce partenariat et l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

            Le début du roman nous place dans une ambiance de petit village qui se veut calme et paisible, où tous les habitants se connaissent, où le bar est l'endroit fédérateur et où il ne se passe pas grand chose au quotidien, encore moins au niveau de la criminalité. C'est ce que va découvrir le personnage principal Julien Perrault, le nouveau chef de la police locale, qui va être extrêmement surpris par la relative quiétude de cet endroit, ce qui le change radicalement de la délinquance urbaine auquel il était habitué. En tant que lecteur, on se retrouve ainsi dans la même position de découverte que le personnage. Et comme lui, on devient vite étonné de la gestion de ce village, qui roule sur l'or et où tout semble trop beau pour être vrai. Rapidement, des doutes émergent sur les habitants, sur le fonctionnement du village, sur ce qu'il cache et encore plus quand les rares mais sombres affaires resurgissent. Dés les premières lignes, on est donc pris dans un véritable piège, un joli traquenard qui nous entraînent dans bon nombre d'interrogations et dont on veut absolument connaître tous les tenants et aboutissants. 

        L'ambiance de l'histoire va être de plus déstabilisante puisqu'elle nous entraîne aux frontières du mysticisme avec l'émergence d'une légende mettant en avant les sorcières, ou encore l'apparition de voix chuchotant à l'oreille de plusieurs personnages. Et puis les personnages ont aussi de quoi nous désarçonner, car tout est fait pour que nos convictions apparentes soient ébranlées. Ainsi, si un personnage nous apparait sympathique, innocent et victime, l'auteur nous donne discrètement quelques éléments qui nous mettent le doute. Plus les pages défilent, moins on voit comment ces ficelles peuvent se dénouer. L'auteur maîtrise ainsi le suspense, du début à la fin, et dans chacune des lignes. Tout est savamment dosé et dompté d'une main de maître afin de mieux nous assommer avec la sentence finale qui vous retourne le cerveau et nous épate tant vous vous rendez compte que l'auteur a merveilleusement bien joué avec vous. Lorsque les révélations arrivent, on est littéralement soufflé. Pour le final, j'avoue même avoir pris le temps de bien lire afin de bien comprendre certaines phrases, à faire des pauses et à revenir partiellement en arrière. Non pas qu'elle soit véritablement complexe, mais elle remet beaucoup de choses en question, où il faut voir ce que l'on a lu depuis le début avec des perspectives différentes. Sur le moment et aussi avec le recul, même si j'ai été particulièrement estomaquée, je pense que certaines personnes pourront aisément deviner le twist final. Avec honnêteté, même si le tout fonctionne très bien, le tout s'éloigne un peu de la crédibilité et certaines choses sont assez tirées par les cheveux.  

En bref:

         En plongeant au cœur du petit village, d'apparence tranquille, de Montmorts, on ne s'attend pas à être immergé très rapidement dans une ambiance envoûtante qui devient de plus en plus oppressante. Les doutes autour du village et des personnages surgissent peu à peu, sans compter que l'on flirte régulièrement avec les frontières du mysticisme, puisque sorcières et voix étranges se mêlent à l'intrigue. Ce thriller devient vite haletant et au fil des rebondissement, nos convictions s'étiolent et l'histoire nous désarçonne ainsi fréquemment. L'auteur maîtrise son suspense d'une main de maître puisque tout est savamment dosé et dompté afin de mieux nous entraîner dans ce piège qui se referme petit à petit sur nous, faisant en sorte de mieux nous assommer et nous retourner le cerveau par la sentence finale époustouflante. Certains pourront plus aisément dénouer correctement les ficelles et être ainsi moins surpris, d'autant plus que, il faut l'avouer, certaines choses sont un peu tirées par les cheveux. Mais personnellement, j'ai été emportée par ce joli traquenard dont le dénouement m'a bluffé.

Autour du livre:

° Les refuges (--> chronique à retrouver ici
° Le douzième chapitre (--> chronique à retrouver ici

jeudi 6 février 2020

Le douzième chapitre (Jérôme Loubry)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche
Collection Thriller (4 Septembre 2019)
numéro 35545
360 pages
ISBN-10: 2253259926
ISBN-13: 978-2253259923
Genre: Thriller
Lu le: 19 Janvier 2020
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

Les souvenirs sont parfois meurtriers

Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. 

Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 

30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire.

Mon avis :

            Après la formidable découverte de l’auteur avec l’époustouflant « les refuges », il était évident pour moi de découvrir les premiers livres de Jérôme Loubry. Si on est loin de la claque et l’engrenage pris avec « Les refuges », « le douzième chapitre » reste un bon thriller, bien construit et bien ficelé, mais qui laisse peut-être un petit goût de trop peu. 

Points de vue/Critiques:

            Avec ce livre, Jérôme Loubry nous montre comment des adultes peuvent vivre, coupables de ne pas avoir su écouter l’enfant qui sommeille en eux. Ou plutôt comment des actions durant l’enfance peuvent avoir de terribles conséquences sur les adultes qu’ils sont devenus. C’est donc à travers trois personnages en possession d’un manuscrit identique sauf pour le chapitre 12, unique pour chacun d’entre eux, que l’on va naviguer entre passé et présent afin de découvrir ce qu’il s’est réellement passé ce fameux été 1986.

            Le suspense est présent tout le long de l’histoire, ce qui est du notamment à de multiples personnages, que l’auteur prend le temps de développer au niveau du caractère et des agissements semant le doute partout et tout le temps. Mais puisque le dénouement ne m’a pas subjugué, ces chemins tortueux m’ont finalement parfois assez ennuyée, il manque un brin de peps et de choses plus tordues et surprenantes. 

En bref:

            Avec « Le douzième chapitre », Jérôme Loubry livre un bon thriller, dans lequel il mêle la littérature mais surtout la part d’enfance que tout le monde garde en lui. Car entre passé et présent, l’histoire permet de s’interroger sur la lucidité que l’on peut avoir ou non lorsque nous nous tournons vers le passé et comment peut-on vivre emprunt de culpabilité pour ne pas avoir laisser sa part d’enfance s’exprimer le moment venu. Riche en personnages, le récit est plein de suspense mais ses chemins parfois tortueux et sa résolution peu surprenante m’ont quelque fois fait décrocher. 

Autour du livre:

Du même auteur:
   Les refuges (<— chronique à retrouver ici)