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lundi 11 septembre 2023

Psychopompe (Amélie Nothomb)





Nationalité de l’auteur: Belge

Editions Albin Michel (23 août 2023)

157 pages

ISBN-10:‎ 2226485619

ISBN-13:‎ 978-2226485618

Genre: Contemporain

Lu le: 7 Août 2023

Ma note: 13/20





Résumé/4ème de couverture:

"Ecrire, c'est voler"

Mon avis:

        Avec les livres de Amélie Nothomb, c'est un peu comme les chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Si ces précédents livres "Le livre des sœurs" et "Premier sang" m'avaient pleinement convaincus et dans lesquels l'autrice y dévoilait une partie de sa vie et de celle de sa famille, tout en ayant un certain cadre et ligne directrice qui l'empêchait d'aller dans des digressions diverses, "Psychopompe" est un retour loufoque et sans décousu de l'autrice. Je serais incapable de dire le sujet et le thème de ce livre. Je n'ai déjà pas adhéré au début du récit qui est plus posé mais encore moins à la suite qui part dans tous les sens. Une lecture très bizarre, dans laquelle rien ne ressort et un livre qui ne restera pas dans les annales de l'autrice.

Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Quand on commence un nouveau roman d'Amélie Nothomb, on ne sait jamais de quoi l'autrice va nous parler, quel sera le sujet principal du livre, ni même si cela sera plutôt une histoire inspirée largement par sa vie et/ou sa famille ou une histoire plus fictive. D'après la phrase d'accroche et la couverture, c'est le thème de l'oiseau qui semble ressortir de prime abord. Et effectivement, l'autrice va aborder ce sujet dans la première partie du roman. Elle va revenir sur son enfance, sur ses ressentis et sur son envie d'écrire, qui va lui permettre de mettre tout ceci en parallèle avec le monde fascinant des oiseaux et leurs (en)vols. On est donc clairement sur une histoire d'introspection personnelle, sur les réminiscences de sa vie. Mais si cet aspect personnel, voire intime, m'avait beaucoup plu dans  "Le livre des sœurs" et "Premier sang" , ici cela ne fonctionne malheureusement pas.

        Je n'ai de toute façon pas véritablement accroché à cette première partie, alors que celle-ci est plus ou moins structurée et que les idées de l'autrice sont claires, compréhensibles et que l'on arrive à suivre. Et puis mon intérêt et ma compréhension ont été anéanti au milieu du livre où l'autrice part dans des digressions concernant l'âge adulte, l'écriture, la liberté et la mort. Tout est décousu, il n'y a pas de structure et tout part à vau-l'eau. Je dois avouer que je ne sais pas ce que l'autrice a voulu faire passer comme message. On est clairement dans une forme d'introspection et le lien avec la nature, comme les oiseaux en particulier, peut être très intéressant puisqu'il permet de se poser des question sur le sens de la vie, sur la place de l'homme dans le monde et au fil de l'évolution. Mais le fait de donner sa vision très personnelle et intime sans forcément avoir certains détachements de temps en temps, pouvant générer des généralités et des doctrines que n'importe qui peut s'approprier fait en sorte que l'on se désintéresse de la vie de l'autrice.  

En bref:

        Avec les livres de Amélie Nothomb, c'est un peu comme le dit si bien Forrest Gump, c'est comme les chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Ses précédents livres, "Le livre des sœurs" et "Premier sang" m'avaient pleinement convaincus puisque l'autrice y dévoilait une partie de sa vie et de celle de sa famille, tout en ayant un certain cadre et une ligne directrice qui l'empêchait d'aller dans des digressions diverses. Mais "Psychopompe" est un peu un retour aux sources car on est de nouveau dans un récit loufoque et sans décousu de l'autrice. Il est question d'introspection personnelle dans ce livre, avec une première partie plus ou moins intéressante où le parallèle entre l'enfance et les oiseaux est effectué, de manière plus ou moins structurée et avec des idées claires, compréhensibles et que l'on arrive à suivre. Mais mon intérêt et ma compréhension ont été anéanti au milieu du livre où l'autrice part dans des digressions concernant l'âge adulte, l'écriture, la liberté et la mort. Tout est décousu, il n'y a pas de structure et tout part à vau-l'eau. Un livre qui ne restera pas dans les annales de l'autrice.

mercredi 7 septembre 2022

Le livre des soeurs (Amélie Nothomb)



Nationalité de l’auteur: Belge

Editions Albin Michel (17 Août 2022)

194 pages

ISBN-10:‎ 2226476369

ISBN-13:‎ 978-2226476364

Genre: Contemporain

Lu le: 1er Août 2022

Ma note: 15/20

 

 

 

 

Résumé/4ème de couverture:

"Les mots ont le pouvoir qu'on leur donne."

Mon avis:

        Avec cette absence de résumé de 4ème de couverture, on ne sait jamais à quoi s'attendre avec le nouveau livre d'Amélie Nothomb. Celui-ci a au moins le mérité d'avoir un titre clair et très informatif: il s'agira d'une histoire de sœurs. Ce n'est que ces dernières années où je découvre vraiment l'autrice donc je ne peux pas réellement comparé avec tous ses livres précédents, mais une nouvelle fois, j'ai beaucoup aimé ce livre, qui a su me happer et me toucher comme certains de ses tout derniers livres. Dans celui-ci on ne retrouve rien d'absurde et de loufoque et l'histoire de cette famille dysfonctionnelle, entre des parents indignes et des sœurs fusionnelles m'a pleinement convaincue.

Points de vue/Critiques:

         On ne sait jamais à quoi vraiment s'attendre avec les livres d'Amélie Nothomb, que ce soit à travers la thématique engagée dans son récit, et son contenu qui peut brusquement virer momentanément dans quelque chose de barré et de loufoque auquel on ne s'attend pas et qui déroute totalement. Mais je n'ai rien retrouvé de ce genre dans ce livre, puisque l'on sait d'ors et déjà qu'il s'agira d'une histoire de sœurs et que l'autrice est restée "droite" dans son récit. 

        L'histoire retrace donc la vie d'une famille très dysfonctionnelle par plusieurs aspects, mais c'est avant sur les sœurs que l'on va se concentrer. Celles-ci sont deux, et vont entretenir une relation extrêmement fusionnelle, jusqu'à créer une véritable sororité entre elles. Cette relation très particulière va notamment s'expliquer par leurs parents, totalement indignes, plus préoccupés par leur personne que par leurs enfants qui les gênent plus qu'autre chose, mais qui leur permettent simplement de répondre aux exigences familiales en vigueur dans la société. Heureusement que Tristane l'ainée, est une petite fille très intelligente, qui peut notamment compter sur l'appui et le soutien de sa tante. C'est elle qui prendra sa petite sœur Laëtitia sous son aile et qui l'élèvera à part entière. Sans cette intelligence et cette débrouillardise, on se demande vraiment comment aurait été la vie des deux fillettes... Nous les suivons ainsi toute leur vie, avec leurs évolutions au sein de ce foyer particulier, délaissées par des parents, mais sans jamais avoir reçu la moindre maltraitance, et soutenues par un entourage composé de leur tante et leur cousine. 

         L'amour entre les deux sœurs est infaillible, hors norme et va même jusqu'à défier l'amour de leurs parents. Leur relation va au-delà de la complicité et elles sont véritablement fusionnelles. On flirte parfois avec le malaisant, mais cela reste très subtil et savamment dosé par l'autrice. En reprenant une thématique phare qu'est la famille, Amélie Nothomb peint une nouvelle fois une famille aux psychologies complexes, et sans véritablement savoir ce qu'elle souhaite dénoncer, je me suis très facilement laissée embarquée dans cette histoire, en m'attachant rapidement aux petites filles. J'avais peur de la fin, redoutant un drame ou un évènement choquant qui permettrait de conclure cette histoire, d'autant plus qu'une fusion trop grande et importante entre deux être peut parfois atteindre ses limites, mais la conclusion m'a pleinement satisfaite. 

En bref:

         A travers ce nouveau livre, Amélie Nothomb met en avant un de ses thèmes phare: la famille et plus particulièrement l'amour au sein de celle-ci. On y retrouve alors l'amour passionnel entre deux parents, leur désamour envers leurs enfants et surtout l'amour sororal entre deux sœurs. A travers le portrait de cette famille complétement dysfonctionnelle dont les portraits aux psychologies complexes sont bien dépeints, l'autrice met en lumière la relation extrêmement fusionnelle entre Tristane et Laëtitia. Nous les suivons ainsi toute leur vie, avec leurs évolutions au sein de ce foyer particulier, délaissées par des parents, mais sans jamais avoir reçu la moindre maltraitance, et soutenues par un entourage composé de leur tante et leur cousine. Cette sororité peut parfois flirter avec le malaisant, mais cela reste très subtil et savamment dosé par l'autrice. Je me suis très facilement laissée embarquée dans cette histoire, en m'attachant rapidement aux petites filles. Si une telle fusion peut faire peur à un moment et si l'on connait l'autrice pour ces instants abruptes virant dans le barré et l'absurde, il n'en ait rien dans cette histoire, dont la conclusion m'a pleinement satisfaite. 

mardi 17 août 2021

Premier sang (Amélie Nothomb)





Nationalité de l’auteur:
Belge

Editions Albin Michel (18 Août 2021)

173 pages

ISBN-10:‎ 2226465383

ISBN-13:‎ 978-2226465382

Genre: Contemporain

Lu le: 28 Juillet 2021

Ma note: 16/20

 



Résumé/4ème de couverture:

« Il ne faut pas sous-estimer la rage de survivre. »  

Mon avis:

            Découvrir le nouveau livre de Amélie Nothomb est toujours synonyme de l'ouverture de la rentrée littéraire. Toujours plus par curiosité que par pure passion pour l'oeuvre de l'autrice, j'étais une fois de plus intriguée de découvrir ce nouveau livre dont la 4ème de couverture est encore très mystérieuse en ne distillant qu'une simple citation. C'est donc sans savoir que j'ai découvert cette histoire qui m'a beaucoup surprise: l'autrice rend un très bel hommage à travers ce récit, qui est tendre, touchant, authentique et qui n'a aucune fioritures ou loufoqueries pour une fois. 

Points de vue/Critiques:

            Il va être difficile de faire cette chronique sans dévoiler le pot aux roses, afin de préserver le secret la surprise aux lecteurs. Dans "Premier sang", nous allons suivre un petit garçon, Patrick, qui a perdu son père et qui est confié à ses grands-parents maternels, sa mère étant plus occupé à suivre les mondanités qu'élever son fils. Afin de préserver le lien avec la famille de son père, Patrick est envoyé chez ses grands-parents paternels qui habitent dans un château. Le petit garçon va découvrir une toute autre vie que ce qu'il a l'habitude et c'est une vie de château bien différent que ce à quoi il s'attendait. Si l'édifice et le lieu est immense et magique pour le petit garçon, il y découvre également de nombreux oncles et tantes de son âge. Ainsi, sa solitude de petit garçon est comblée et il prend plaisir à jouer et vivre, même parfois durement, avec d'autres enfants. Car même s'il existe de nombreuses règles contraignantes, notamment en terme de distribution de nourriture qui est loin d'être abondante, Patrick va se faire une joie de retourner régulièrement au château des Ardennes. 

                C'est un vrai plaisir de suivre le petit garçon dans ces deux vies différentes suivant ses grands-parents. Ces existences sont vraiment paradoxales intrinsèquement, mais pas tellement différentes l'une de l'autre. Quoiqu'il en soit, on découvre un petit garçon touchant, toujours heureux et enthousiasmé malgré quelques difficultés. Il voit toujours le bon et le positif dans ce qui l'entoure et comprend parfaitement que ce qu'il ne trouve pas chez ses grands-parents, il le trouvera chez ses autres grands-parents. On va ainsi suivre Patrick durant toute son enfance, son adolescence, jusqu'à ce qu'il devienne un jeune homme. Entre la découverte de l'amour et ses études, son intelligence et sa culture va l'amener aux plus hautes fonctions de la diplomatie. C'est ainsi qu'on va le retrouver en dernier lieu, au Congo, en plein coeur de la guerre d'indépendance. Ce récit va donc se terminer sur un fait historique important et terriblement majeur pour l'autrice.

            Avec "Premier sang", Amélie Nothomb nous livre une histoire particulièrement intimiste et sincère qui a su me surprendre. Et avec une plume toujours franche et directe où les dialogues sont de mises et dynamisent intégralement l'histoire, les émotions véhiculées sont immédiates. Il faut aussi noter que dans cette histoire très personnelle, l'autrice n'a laissé aucune place à l'exubérance ou à la loufoquerie, que l'on pouvait habituellement retrouver. 

En bref:

            Cette année, dans "Premier sang", Amélie Nothomb nous livre un récit contemporain très intimiste et sincère avec toujours cette plume où les dialogues sont de mises et porteurs d'une transmission directe des émotions véhiculées. C'est au travers l'histoire de Patrick, un petit garçon qui va vivre entre ses grands-parents maternels et paternels et que l'on va voir grandir jusqu'à devenir un adulte aux hautes responsabilités qui l'enverront au coeur du conflit au Congo, que l'autrice rend un très bel hommage à sa famille. On assiste à un récit touchant, tendre et authentique qui a su me surprendre et dans lequel on ne retrouve aucune fioritures ou extravagances que l'on retrouve en général dans les histoires de l'autrice. Une très belle histoire contemporaine qui pourra tendre vers une unanimité, que l'on soit fan ou moins fan d'Amélie Nothomb. 

mardi 15 septembre 2020

Les aérostats (Amélie Nothomb)







Nationalité de l’auteur: Belge
Editions Albin Michel (19 Août 2020)
175 pages
ISBN-10: 222645408X
ISBN-13: 978-2226454089
Genre: Contemporain
Lu le: 11 Août 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

"La jeunesse est un talent, il faut des années pour l'acquérir"

Mon avis:

            Je ne peux pas dire que je suis une fan de l’autrice, mais en ayant lu ses plus grands succès, j’étais curieuse de découvrir son nouveau livre, puisque l’occasion m’en a été donné avec la rentrée littéraire d'Albin Michel. Même si je suis loin d’avoir lu tous ses ouvrages, je pense qu’il est toujours difficile d’expliquer l’histoire de chacun des romans et d’y émettre un avis, tant l’écriture et les thèmes abordés sont faits de manière particulière. A l’image du résumé de 4ème de couverture qui en dit très peu, « Les aérostats » ne déroge pas à la règle. Malgré cela et sans forcément avoir la capacité de le décortiquer comme il se doit, j’ai lu ce nouveau roman d’une traite et j’ai passé plutôt un bon moment. 

Points de vue/Critiques:

            Avec son très faible nombre de pages et sa typographie très grossière, on ne peut pas dire que ce nouveau roman soit très prolifique et dense. Je l’ai personnellement lu d’une seule traite, d’autant plus que l’histoire est quasi totalement faite de dialogues, ce qui donne encoure moins de corps au texte. 

            Dans cette histoire, Amélie Nothomb met en avant le pouvoir de la littérature qui peut fortement influencer la jeunesse. Pour cela, nous découvrons une jeune femme, Ange, qui sera appelée dans une famille bourgeoise afin de donner des cours particulier au fils de la famille, Pie, qui est dyslexique. On découvre dans ce dernier un jeune homme très mature, voire sûrement en avance sur son âge, presque un surdoué. Son discours, son élocution et ses réflexions sont très adultes et cette précocité soupçonnée coïncideraient avec le fait qu’il soit dyslexique et qu’il soit quasiment incapable de lire un livre. Avec sa manière de s’exprimer qui n’est pas criante de vérité, il est difficile de s’attacher à Pie qui serait presque un personnage auquel on ne peut pas croire. Mais avec son handicap et ses actions futures dans le récit, il y a finalement une certaine logique et l’on peut en conclure que l’on ne peut pas comprendre des esprits beaucoup plus développé (et peut-être trop) qui suscitent constamment des surprises. Là où j’ai eu beaucoup plus de mal à croire aux choses, c’est le fait que Ange donne un roman entier à lire à Pie pour le lendemain, sans aucune méthode ou apprentissage particulier et que Pie soit arrivé à lire le lire intégralement malgré sa dyslexie. Il est vrai qu’avec une histoire qui soit intéressante et/ou passionnante, la lecture est plus facile, mais face à un handicap comme la dyslexie, cela ne se fait pas aussi aisément et rapidement. 

            On retrouve donc dans cette histoire de nombreuses références littéraires, surtout classiques comme l’Iliade et l’Odyssée. Les réflexions qui en découlent entre Pie et Ange sont donc très intéressantes et l’on assiste presque à un vrai cours de littérature au confins parfois de la philosophie. Si cela peut faire peur, lorsque les sujets sont bien amenés au travers d’un échange et en prenant des oeuvres littéraires comme supports, tout ceci est beaucoup plus vivant et concret. 

En bref:

            Avec une plume toujours aussi nerveuse et incisive, Amélie Nothomb publie cette année « Les aérostats » qui fait la part belle à la littérature. En effet, à travers un duo de jeunes gens, professeur particulier et élève dyslexique, et par le biais moult dialogues très riches, l’autrice démontre le pouvoir des livres, la puissance de la lecture, et l’enrichissement que peuvent apporter des oeuvres littéraires classiques. Elle montre ainsi que la littérature peut être une véritable clé pour s’affranchir de soi et s’ouvrir au monde. Ces thèmes abordés font en sorte d’apporter beaucoup de réflexions très intéressantes que l’on attendrait d’un véritable cours de littérature. La précocité et la maturité de Pie est parfois déconcertante mais trouve une certaine logique. On notera tout de même une fin brutale et assez décousue difficile à expliquer. 

dimanche 15 mai 2016

Métaphysique des tubes (Amélie Nothomb)





Nationalité de l’auteur: Belge
Editions Le Livre de Poche (2 mai 2002) 
numéro 15284
156 pages
ISBN-10: 2253152846
ISBN-13: 978-2253152842
Genre: Contemporain, Autobiographie
Lu le: 11 Mai 2016
Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

            Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante.
L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube. Mais ce tube, c'est Dieu. Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant... Avec cette " autobiographie de zéro à trois ans ", la romancière de Stupeur et tremblements, Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999, nous révèle des aspects ignorés de sa personnalité et de la vie en général, tout en se montrant plus incisive, plus lucide et plus drôle que jamais.

L’histoire:

            Amélie Nothomb nous livre ici, une part d’elle-même et de sa vie, de 0 à 3 ans. Parce que depuis sa naissance, elle est totalement apathique, ne bouge pas d’un pouce, ne parle pas, ne pleure pas. Parce que dans ce laps de temps ses activités se résument à la déglutition, à la digestion et à l'excrétion, elle se qualifie de tube. Mais un jour, à l’âge de 2 ans et demi, sa grand-mère qui offre un morceau de chocolat. A partir de ce moment, Amélie est « née ». Elle va alors se mettre rapidement à parler (français comme jalonnais), à marcher, etc...

Mon avis...:

… Général:

Il n'y a pas d'intrigue, c'est vraiment l’évocation des souvenirs de l'auteure. Comme elle le dit elle-même dans le roman, c'est aussi pour garder une trace, des souvenirs précieux de ces premières années. Mais encore une fois, j’ai été agréablement happée par l’histoire de l’auteure. Elle nous entraîne sans ses pérégrinations, mêlées d’auto-dérision, ponctuées d’humour ciblé, tout en parsemant son récit de mot plus soutenus.

Jusqu'à ses cinq ans, elle vivra au Japon avec ses parents, son frère et sa sœur. Nous découvrons ainsi par petites touches la culture Japonaise, ce qui en fait une force surtout du point de vue d’une Occidentale (même si elle se considère comme Japonnaise). A travers ses yeux de jeune enfant, l’auteure nous entraîne avec elle dans ses pensées et ses pérégrinations.

… Sur les personnages:

Les personnages des deux gouvernantes sont assez charismatiques pour moi. Nishio-san est celle qui s’est prise d’affection pour la petite Amélie, qu’elle considère comme sa fille. Par contre, la plus jeune des gouvernante, Kashimo-san, jeune femme riche déchue de ses fonctions, se retrouve non seulement gouvernante, mais en plus, chez des Occidentaux, c’est-à-dire des partisans des Américains qui leur ont déclarer la guerre! Elle est ainsi fainéante mais surtout méprisante envers Amélie et sa famille.

Ces relations entre Amélie et les gouvernantes, ainsi que le caractère de chacune d’entre elles, m’a tout de suite fait penser au film « Mémoires d’une Geisha » avec les personnages de Sayuri et la méchante Hatsumomo. Il y a vraiment beaucoup (trop?) de similitudes à mon goût. Alors, où se situe la fiction…?

Point de vue - Critiques:

            On peut être frappés par son arrogance: elle se prend pour Dieu, ceux qui l'entourent doivent presque se prosterner devant elle et pour son plus grand plaisir sa gouvernante Nishio-San lui voue un véritable culte. Mais cette arrogance est finalement enfantine, de celle que l’on peut retrouver chez n’importe quel gamin. 

J’ai aimé la partie autobiographique de l’auteure de 2 à 3 ans, à partir de sa « naissance », dans laquelle on se plonge et où on vit à côté de l’auteure.

Mais concernant sa vie avant ses 2 ans, je doute beaucoup de la véracité de ses propos, psychologiquement parlant. Un bébé qui ne crie pas à la naissance? Un immobilité totale jusqu’à ses 2 ans, sans parler sans bouger sans même ciller? Une quasi inaction des médecins? Des parents quasi sadiques qui ne s’inquiètent pas plus que ça et qui ne font rien pour améliorer son état? Et d’un coup à sa « naissance » elle arrive quasiment de suite à parler et à marcher sans avoir était pleinement située avant?

J’ai encore un doute à la fin, lorsqu’elle a 3 ans et qu’elle se suicide… Même si l’époque elle ne connaît pas le mot, un enfant de cet âge n’a pas cette notion de pouvoir et de vouloir en finir avec le vie, puisqu’il est déjà difficile pour des enfants de cet âge à savoir ce qu’est la mort en elle-même!!!!

Et au final, pour résumer mes doutes de façon générale, la question est: comment peut-on se rappeler de nos faits, pensées et gestes durant notre toute petite enfance, sans qu’une tierce personne nous en ait fait le récit..?

En bref:


Bonne lecture dans laquelle on se plonge dans la vie de l’auteure qui nous entraîne totalement à ses côtés, même si de nombreuses interrogations surviennent une fois le livre terminé. Parce qu’il s’agit d’un livre court qui se lit très vite, la lecture reste agréable, ce qui ne serait peut-être pas le cas s’il s’agissait d’une autobiographie complète où l’on risquerait de s’ennuyer.