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lundi 12 août 2024

Capucine Ladouce (Ingrid Desjours)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Hauteville (5 juin 2024)

384 pages

ISBN-10:2381228535

ISBN-13:978-2381228532

Genre: Policier

Lu le: 8 Juillet 2024

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

TO DO LIST DE L'APPRENTIE MEURTRIÈRE :


Se forger une bonne couverture. Pour cela, accepter le premier job venu, même si ça consiste à tirer les cartes et qu'on a zéro intuition. Check.


Ne pas tomber amoureuse de son patron.

Je répète : ne pas tomber amoureuse de son patron.


Se fondre dans le décor et se rapprocher de ses nouvelles voisines, devenir leur meilleure amie. Check.


Empêcher un féminicide par tous les moyens. Ça se trouve, sur Google, le manuel du crime parfait ? Check.


Se trouver face à un adversaire encore plus redoutable qu'on ne l'imaginait. Check.


Craindre pour sa propre vie... Check.

Mon avis:

        J'avais hâte de retrouver Ingrid Desjours et plus particulièrement dans le genre du Cosy Crime, que je ne connaissais. Car le cosy crime se différencie du cosy mystery dans le fait que c'est le tueur ou la tueuse que nous suivons en tant que personnage principal et que ce n'est pas sa recherche qui est le but de l'histoire. J'ai donc passé un agréable moment avec Capucine Ladouce qui est une personne extrêmement courageuse et dévouée dans son entreprise, mais que dont on a envie de gratter sa carapace pour savoir ce qui se cache véritablement dessous. Cette jeune femme attachante reste elle-même très mystérieuse. J'ai beaucoup aimé toute l'ambiance digne de Desperate Housewives qui se dégage de l'histoire, dont l'amitié et la solidarité féminine sont de mises. J'ai été par contre gênée durant toute ma lecture sur le fait de ne pas avoir réussi à identifier correctement les personnages et les couples d'après leurs prénoms... Une carte du quartier placé en début d'ouvrage aurait été judicieux. L'angle pris par l'histoire de Capucine Ladouce n'est pas celle à laquelle je m'attendais mais j'ai passé un bon moment avec elle.

Merci aux éditions Hauteville pour ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Capucine Ladouce est une jeune femme très entreprenante que rien n'arrête puisqu'en ayant vu un message d'une mystérieuse C., victime d'un certain M., elle décide de commencer à enquêter puis de tout quitter du jour au lendemain pour s'infiltrer et sauver cette femme en détresse. Cette infiltration comprend une fausse identité, un emploi de voyante et tireuse de cartes et une vie dans un quartier huppé afin de se lier d'amitié avec les femmes présentes et identifier et sauver celle qui en a besoin. Dés le début, on s'étonne d'une telle entreprise pour sauver une inconnue. On se doute alors que Capucine Ladouce cache elle aussi ses secrets et qu'elle possède un passé non négligeable qui expliquerait cette rocambolesque et funèbre entreprise, puisque son objectif est clairement d'éliminer ce bourreau de M.

        Le cadre de l'histoire nous promet une ambiance à la Desperate Housewives et la promesse est clairement respectée. Dans ce quartier huppé, chaque habitation renferme un couple qui sont voisins mais également amis les uns avec les autres. Ils se connaissent tous parfaitement et se côtoie régulièrement. L'arrivée de Capucine et surtout son enquête va jeter une pierre dans cette mécanique bien huilée mais elle surtout permettre de mettre en lumière et de résoudre bon nombre de choses pour ces femmes et ces couples. Il en ressort une jolie solidarité féminine et c'est une belle ode à l'amitié puisqu'il n'est pas toujours question de jolis moments: c'est dans les instants de détresse que l'on se rend compte de qui est présent à ses côtés. Néanmoins, étant donné que les suspects côté victime et bourreau ne sont identifiés qu'avec la première lettre de leur prénoms, on se retrouve à côtoyer auprès de Capucine 5 couples qui possède ces initiales! Autant dire que pour avoir en tête les personnalités, les couples et les métiers de chacun d'entre eux, je n'ai pas réussi... Il m'a fallu prendre des notes ( ce que je déteste) et même avec cela, ça ne m'a pas permis d'avoir une lecture fluide, m'interrogeant toujours sur l'identité du personnage à chaque prénom rencontré. Je trouve vraiment dommage que dans une telle configuration, un plan du quartier qui identifie les couples dans leur habitation en début d'ouvrage n'est pas été fait. 

        L'entreprise de Capucine Ladouce est annoncée dès le début : elle veut tuer... encore. C'est ainsi que se caractérise la cosy crime. Il est vrai que je m'attendais à avoir beaucoup plus de crimes commis par le personnage principal, mais l'on reste dans un cosy et pas dans un thriller! L'histoire tient donc toutes ses promesses et j'ai adoré l'emballement final.

En bref:

    Capucine Ladouce est une belle découverte dans le genre du Cosy Crime, dont la caractéristique est de suivre le tueur ou la tueuse en tant que personnage principal. Si l'entreprise macabre et rocambolesque l'héroïne est claire dés le début, cela n'empêche pas l'histoire de restée dans l'univers du cosy. De plus, l'ambiance du quartier cossue et huppée à la Desperate Housewives est clairement bien présente et agréable à suivre. Il est dommage qu'une sorte de plan du quartier indiquant les personnages ne soit pas présent puisque ma lecture a été continuellement freiné par cette difficulté de resituer les couples et les suspects dans leurs identités. Mais Capucine Ladouce est une jeune femme aussi dévouée et pleine de volonté que mystérieuse qui a été agréable à suivre. L'amitié et la solidarité féminine se dégagent nettement de ce récit qui tient toutes ses promesses et dont j'ai adoré l'emballement final.

jeudi 21 mai 2020

Les fauves (Ingrid Desjours)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (13 octobre 2016)
Collection Thriller
448 pages
ISBN-10: 2266268988
ISBN-13: 978-2266268981
Genre: Thriller
Lu le: 6 Mai 2020
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! » À la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'État islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsqu'elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ?
Dans cet univers ou règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Mon avis:

            Voilà un thriller qui commençait vraiment à prendre la poussière dans ma PAL, le gardant sûrement comme valeur sûre puisqu’il s’agit d’Ingrid Desjours, mais aussi parce que ce livre traite d’un sujet qui a fait l’actualité il y a quelque temps et que je n’avais pas envie alors de m’y plonger encore plus dans un livre. L’autrice parle en effet de ces jeunes gens qui se font endoctriner et recruter par l’état islamique afin de faire le djihad. Pour étayer ce sujet, elle développe les personnes qui essayent de sauver ces jeunes endoctrinés et celles qui les condamnent d’office. Quoiqu’il en soit, sans rentrer dans la politique, on a ici un récit très dur en ce qui concerne les horreurs physiques et psychologiques. Tout est poussé très loin. Une lecture coup de poing, intéressante, presque dérangeante, bref c’est réussi!

Points de vue/Critiques:

            Avec un sujet d’actualité brûlant, Ingrid Desjours nous présente deux personnages principaux assez particuliers, deux écorchés de la vie. Nous suivons d’abord Haïko, une jeune journaliste aisée qui est à la tête d’une ONG visant à lutter contre le recrutement des jeunes par l’Etat islamique. Pour son combat et pour arriver à ses fins, la jeune femme y met toute sa personne, une réelle dévotion qui interroge tant elle prend des risques au point de flirter avec l’illégalité, au point qu’elle nous fait douter de ses agissements. Pour la protéger, elle emploie Lars, un militaire qui revient tout juste d’Afghanistan, ramenant avec lui de terribles souvenirs, déclenchant toutes sortes de troubles du comportement. Ces deux individus vont avoir une connexion spéciale, entre protégée et garde du corps, entre relation professionnelle et relation plus intimiste et entre méfiance et attirance. Lars et Haïko sont donc des personnages très complexes et leur psychologie est poussée à l’extrême. A tel point, qu’en tant que lecteur, nous n’arrivons pas vraiment à les cerner, à leur faire confiance ou non, on oscille sans cesse dans nos idées vis à vis d’eux. Aucun attachement n’est possible envers Haïko et Lars. Et même une fois l’histoire terminée, je n’ai pas réussi à véritablement me faire une idée précise et concrète sur chacun d’eux, impossible de dire si l’on peut les ranger dans la catégorie des gentils ou des méchants. Une psychologie exarcerbée et déroutante qui fonctionne parfaitement!
Dans l’univers de Lars et de son nouveau métier de garde du corps, nous faisons la connaissance d’autres gars avec le même profil, afin de constituer son équipe. Je dois avouer que j’ai eu du mal tout le long du récit à distinguer, non pas physiquement, mais dans les prénoms, Lars de ses collègues.

            L’histoire nous plonge dans l’ambiance qui a marqué la France après les attentats. Haine, retentissements, convictions et incompréhensions se mélangent, créant un choc entre différents milieux et différentes cultures aux idéologies distinctes. Alimenté par les médias et les réseaux sociaux, l’incompréhension et les amalgames s’ajoutent les uns aux autres sans pouvoir démêler correctement le tout. Ingrid Desjours dénonce tout ceci très bien, sans faire un seul instant de la politique, de la dénonciation ou de la moralisation. L’endoctrinement et le recrutement sont très bien détaillés et expliqués dans les faits. Pour ce qui est de la justification ou des jugements que le peuple peut en faire, entre Haïko et ses détracteurs, tous les points de vues sont représentés. A chacun et au lecteur de prendre son parti… si tant est que se soit aussi simple!
Quoiqu’il en soit, entre cette thématique lourde, malheureusement réelle et angoissante et des personnages aux aspects psychologiques très poussés, j’ai ressenti pas mal de malaise et de lourdeur dans l’ambiance dans cette lecture, qui m’a perturbée et dérangée. Avec des sévices psychologiques et physiques qui sont clairement décrits et relatés, et des personnages déviants incompréhensibles et incertains, c’est une lecture dure et difficile (qui n’est peut-être pas à recommander à tout le monde)… mais réussie!

En bref:

            Ingrid Desjours nous envoie un véritable coup de poing au plexus avec cette lecture de « Les fauves ». Habituée et aimant les thrillers glauques qui envoient du lourd, la lecture de celui-ci a été difficile, créant un certain sentiment de malaise. En effet, l’histoire nous replonge d’ors et déjà dans cette ambiance lourde et froide des attentats et de l’Etat islamique. Sans rentrer dans des digressions politique ou religieuse, l’autrice réussit à mettre en avant et à expliquer ce phénomène d’endoctrinement et de recrutement des jeunes, avec ses conséquences et surtout avec les différentes opinions que peut avoir le peuple en fonction de ses idéologies et de ses convictions. Sans compter, la place importante et sans doute pas bénéfique des médias et des réseaux sociaux… Les personnages qui sont deux véritables écorchées vifs de la vie, sont également deux êtres à la psychologie étrange, décortiquée et poussée à l’extrême qui nous laisse complètement incertains vis à vis de leurs intentions, même une fois le livre refermé. Ce livre a donc était une lecture dure et difficile, qui peut mettre mal à l’aise mais c’est très bien fait puisqu’est certainement voulu, donc c’est réussi! 

lundi 4 juin 2018

Kaleb, tome 2 (Myra Eljundir)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Robert Laffont (28 février 2013)
Collection R
319 pages (en imprimé); 242 pages (en ePuB)
ISBN-10: 2221126831
ISBN-13: 978-2221126837
Genre: Jeunesse
Lu le: 19 Mai 2018
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Magnétique et sensuelle, Abigail est l'arme la plus redoutable du réseau SENTINEL.
La jeune succube se nourrit de votre énergie vitale et vous consume dans l'extase.
Inutile de lutter : l'attraction qu'elle suscite est irrésistible.
Même si faire l'amour avec elle, c'est s'unir à la mort.

Kaleb Helgusson est plus dangereux encore, car il porte désormais l'empreinte du Mal.
Quand leurs routes se croisent, Abigail a beau le repousser, l'empathe l'attire comme un aimant.
Au terme d'un affrontement passionnel sans merci, ils découvriront avec effroi ce que la combinaison de leurs dons peut accomplir.
Mais seront-ils capables de maîtriser leurs désirs les plus sombres ?

Mon avis:

            Le premier tome de la saga m’avait tellement happée, impressionnée et conquise avec ses nombreux rebondissements étonnants et hallucinants, que j’avais tout en tête en commençant ce deuxième tome, quelque mois après avoir lu le premier c’est dire! Comme souvent dans les trilogie, ce tome 2 a encore cette étiquette de tome de transitions, néanmoins, il a su rester à la hauteur, sur la continuité du premier en étant très intéressant et en apportant aussi ses petites surprises!

Points de vue/Critiques:

            L’intrigue de ce deuxième tome se précise et se complexifie en même temps, au point que parfois, il est peut-être difficile de tout bien suivre entre les sentinelles, les EDV et les enjeux de chaque clan et de chaque personnage. Mais en même temps, cette complexité à la limite de la perfidie est très jouissif et c’est précisément ce qui nous pousse à tourner davantage les pages! 
Cet aspect se retrouve notamment dans les personnages. En effet, alors que dans le premier tome, on pensait avoir clairement identifier qui était les méchants et les gentils, dans ce deuxième tome rien n’en est moins sûre. L’auteure arrive avec une maîtrise incroyable à nous faire douter en permanence. Alors qu’à un moment on pense que untel fait parti des gentils, au chapitre suivant, une petite révélation ou une petite suggestion qui pourrait passer presque inaperçue nous laisse penser tout le contraire. Cette alternance de point de vue au fil des chapitres se retrouve chez presque tous les personnages dans ce tome 2. On se sait plus qui croire mais cela sans nous faire perdre la tête et le fil de l’histoire: un véritable coup de maître!

Alors qu’au commencement, nous avons pu identifier que Kaleb était finalement quelqu’un de mauvais (chose originale mais qui a pu déplaire et rebuter certaines personnes à la saga), dans cette suite, il devient vraiment quelqu’un de nuancé. On pourrait même jusqu’à aller le qualifier de presque mou: il ne sait pus où il en est, qui croire, et devient peut-être plus faible et moins déterminé et catégorique qu’au début.
Le fait de plus centrer cette histoire sur le personnage de Abigail apporte une touche de fraicheur et surtout une véritable touche de féminité dans ce monde dominé par les hommes.
J’ai beaucoup aimé faire la connaissance de nouveaux personnages qui étoffent l’entourage de Kaleb et j’espère les retrouver dans le tome final. Je pense qu’ils peuvent apporter beaucoup à l’histoire (puisque l’on doute aussi continuellement pour savoir dans quel camp ils se trouvent) que se soit à travers leurs dons ou leurs décisions. 

En plus de nous faire considérablement voyager dans les contrées islandaise, on retrouve l’autre originalité de cette saga: son atmosphère brute, dure et crue dans laquelle les bons sentiments et les clichés n’ont pas leur place. 

En bref:

            Avec ce second tome, Myra Eljundir nous retourne complètement le cerveau et met à mal toutes nos certitudes du premier tome. En effet, nous ne savons plus du tout qui fait parti des méchants ou des gentils, tant les rebondissements et les petites touches de révélations se succèdent au fil des chapitres. On assiste véritablement à une sorte de ping-pong des idées concernant les personnages. Tout cela ne peut qu’inaugurer du très bon pour le final qui devrait nous remettre les idées en place mais qui risque de nous désarçonner!!

Autour du livre:
  • Tome 1 (<— chronique à retrouver ici)
  • Livre lu en numérique


lundi 26 mars 2018

La prunelle de ses yeux (Ingrid Desjours)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (12 Octobre 2017)
448 pages
ISBN-10: 2266278584
ISBN-13: 978-2266278584
Genre: Thriller
Lu le: 12 Mars 2018
Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie... Les années ont passé et l'aveugle n'a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant. Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c'est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions...

Mon avis:

            Lu en seulement trois jours en commun avec Instants de Lecture, « La prunelle de ses yeux » était entamé comme une valeur sûre! Ayant déjà lu « Echo », Ingrid Desjours s’inscrit incontestablement parmi les auteurs phares du thriller, pour lesquels il est rare d’être déçu. Dans ce livre, pour lequel j’ai beaucoup aimé sa construction, j’ai plutôt retrouvé de la surprise non pas dans le scénario en lui-même, mais plutôt du côté des personnalités des personnages. 

Points de vue/Critiques:

La construction du roman est très plaisant: le scénario est découpé en quatre parties, avec un morceau d’une expérience scientifique en lien avec le sujet de l’histoire en guise d’introduction et on navigue entre deux époques (début des années 2000 et au milieu des années 2010) où pour chacune d’entre elle, on suit soit le père Gabriel, soit le fils, Victor. Dés le début de la lecture, cela peut sembler très dispersif mais très rapidement, le cadre se met en place.

En terme d’intrigue même, il est vrai que je n’ai pas été surprise. Je pense que pour les adeptes du genre, le scénario reste assez classique. Ainsi, les habitués du genre ne seront sûrement pas surprise par la tournure des évènements qui restent assez prévisibles. En revanche, on ne s’ennuie pas pour autant, rien n’est gênant à la lecture, au contraire, celle-ci s’enchaîne à un rythme effréné puisque l’on veut absolument tout savoir!
Là où j’ai été plutôt menée en bateau, c’est en ce qui concerne les personnages qui lesquels je me suis totalement fourvoyée. Alors que dés les premières lignes, je n’arrivais pas à cerner le jeune Victor, pour lequel j’avais de très forts soupçons quant à sa culpabilité (sans savoir pourquoi il serait coupable), il s’avère que j’avais vu plus de mal qu’il n’y en avait. Au contraire, pour son père Gabriel, que je trouvais très flegmatique et presque désintéressé de son fils, il s’avère qu’il en est autrement, puisqu’après tout c’est lui le personnage principal de cette affaire, prenant donc une part importante dans l’action et le déroulement de l’intrigue. 

Au milieu de toute cette intrigue, Ingrid Desjours met encore une fois l’accent sur des sujets très sensibles. Cette fois-ci nous voyageons au sein des souffrances physiques dûes à une violence exacerbée (une scène où l’auteure détaille tout et de façon simple mais tellement percutante est même très dure à lire et est dérangeante!) ou encore du handicap suite à un choc psychologique. La violence, physique ou psychologique, pour différentes et par et envers différentes personnes est donc largement mise en avant. 
Et bien sur pour « illustrer » tout cela, Ingrid Desjours va énormément se documenter pour construire son histoire, afin de lui donner du coffre et de la consistance (tout ne se résume par à de la violence, pour faire de la violence). Ainsi, il est question de cécité de conversion (le fait d’être aveugle sans qu’il y ait la moindre cause physique, cette cécité est due à un choc psychologique), de l’expérience de Milgram de soumission à l’autorité et de la théorie de la résignation acquise (le fait de baisser les bras et de subir des choses par résignation). 

En bref:

            Même si les évènements majeurs de l’intrigue ne surprendront pas les adeptes du genre puisqu'ils restent assez prévisibles, les personnages ont une psychologie étonnante et les thèmes véhiculés dans l’histoire sont forts et très informatifs car bien documentés. Ajoutons à cela, la plume percutante et descriptive de l’auteure qui parfois peu mettre mal à l’aise, et vous obtenez un bon thriller!

Autour du livre:
  • Du même auteur:
    •  Écho (<— chronique à retrouver ici)

samedi 24 février 2018

Kaleb, tome 1 (Myra Eljundir)




Nationalité de l’auteur: Française
Editions Hugo Romans (14 Juin 2012)
Collection R
442 pages (en imprimé); 309 pages (en ePuB)
ISBN-10: 2221126823
ISBN-13: 978-2221126820
Genre: Jeunesse, Fantastique
Lu le: 16 Février 2018
Ma note: 17/20





Résumé/4ème de couverture:

C’est si bon d’être mauvais…

SAISON 1.
À 19 ans, Kaleb Helgusson se découvre empathe : il se connecte à vos émotions pour vous manipuler. Il vous connaît mieux que vous-mêmes. Et cela le rend irrésistible. Terriblement dangereux. Parce qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer. À la folie. À la mort.
Sachez que ce qu’il vous fera, il n’en sera pas désolé. Ce don qu’il tient d’une lignée islandaise millénaire le grise. Même traqué comme une bête, il en veut toujours plus. Jusqu’au jour ou sa propre puissance le dépasse et ou tout bascule… Mais que peut-on contre le volcan qui vient de se réveiller?

Mon avis:

            La lecture du premier tome de « Kaleb », sur laquelle je suis partie sans aucune intention ou idée en tête, s’est révélée être très captivante et m’a beaucoup plu. Cette série est considérée comme jeunesse, mais son histoire est poussée et suffisamment bien alambiquée pour ne pas la considérée comme une lecture axée pour les plus jeunes dans la catégorie jeunesse! Le côté fantastique est parfaitement bien dosé et s’immerge complètement dans un univers réaliste. Cette lecture fut donc une belle surprise, mais quand on sait que c’est Ingrid Desjours qui se cache sous le pseudonyme de Myra Eljundir, ce n’est pas vraiment surprenant! 

Points de vue/Critiques:

            A l’image de ses fabuleux thrillers, on retrouve ici aussi tout le talent de l’auteure pour merveilleusement bien construire son intrigue. En effet, en plus de suivre plusieurs personnages à côté de celui de Kaleb, ayant chacun une vie plus ou moins mystérieuse, l’auteure nous tient parfaitement en haleine en concluant chacune des parties du roman par une tellement grosse révélation qu’elle vous laisse pantois, tant on ne l’avait pas vu venir! 
Tout est super bien calculé et maîtrisé. C’est pourquoi ce roman peut-être considéré comme poussé et pas vraiment axé pour un jeune public.

Tous les personnages de Kaleb sont tous assez mauvais et perfides, de façon plus ou moins grossière et importante selon leur caractère et les situations auxquelles ils font face, néanmoins ils ne sont pas pour autant détestables. Selon son niveau de sensibilité, on adhère ou pas, et c’est peut-être pour cela que certaines personnes n’ont pas apprécier « Kaleb ». Cependant, pour moi j’ai aimé cette complexité de caractère des personnages, puisqu'on devine tout de même une part de bonté dans leur caractère et que cette balance peut à tout moment s’inverser et/ou basculer suivant les choix et les actions qu’ils devront faire à un moment ou à un autre. Et l’auteure va même plus loin, puisque selon qu’ils vont vers le bien ou le mal, des évolutions physiques se font ressentir. Non seulement, j’aime cette logique mais en plus, cela prouve toute la « complexité » de l’histoire où rien n’est laissé au hasard! Tout au long de l’histoire, on essaye toujours de comprendre petit à petit les rouages de leur esprit torturé et chacun pique à sa façon notre curiosité. C’est très intéressant, ce côté de l’humanité que l’auteur a choisi de nous montrer. 

Et pour rendre le tout encore plus palpitant tout en ayant une petite originalité dans le texte, l’auteure a fait en sorte d’introduire le passé dans l’histoire en incorporant une sorte de journal à propos de jumeaux. Leur histoire est vraiment saisissante, amène encore plus d’hypothèses et ils semblent être une pièce maitresse qui risque encore de nous surprendre par la suite. 

En bref:

            Avec un personnage principal original aux portes de «l’anti-héros » qui a en commun cet aspect de méchant avec tous les autres personnages, Myra Eljundir arrive à ne pas nous les faire détester mais même plutôt les apprécier, et savoir quelle sera leur évolution et leur dilemme face au fait de savoir vers quel côté de l’humanité ils vont se diriger est vraiment intéressant. En nous égrenant régulièrement des révélations qui arrivent comme de véritables bombes , l’histoire est fabuleusement bien construite et est vraiment poussée et suffisamment complexe pour satisfaire un public pas si jeunesse que çà!

Autour du livre: 

  • Livre lu en numérique