Mes derniers avis ROMANS:

Mes derniers avis BD & Mangas

  Mes derniers avis BD et MANGAS:  

 

Affichage des articles dont le libellé est Anna McPartlin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Anna McPartlin. Afficher tous les articles

samedi 9 mai 2026

Les silencieuses (Anna McPartlin)



Titre original : The Silent Ones 

Traduction : Valérie Le Plouhinec 

Nationalité de l’auteur: Irlandaise

Éditions Le Cherche-Midi (16 Avril 2026)

408 pages

ISBN-10: ‎ 2749185572 

ISBN-13: ‎ 978-2749185576 

Genre: Policier

Lu le: 26 Mars 2026

Ma note: 16/20 





Résumé/4ème de couverture:

Comté de Kerry, 1980 : l'assassinat d'un innocent fait vaciller l'Irlande tout entière. Un portrait captivant d'une époque et d'un lieu.

Par un matin glacé de janvier 1980, sur une plage battue par les vents du Kerry, on découvre le corps d'un nouveau-né enfoui au creux d'une dune. La première à arriver sur les lieux est Mary Shea, jeune garda de la police locale.

Très vite, l'affaire prend une ampleur nationale : une équipe d'enquêteurs de Dublin est dépêchée sur place. Mais dans le Kerry, les secrets se taisent et les langues ne se délient pas facilement. Mary, qui connaît mieux que quiconque les usages de sa ville, parvient pourtant à convaincre certaines femmes de témoigner. Impressionné, l'inspecteur Matt Foley, chargé de l'enquête la plus décisive de sa carrière, demande que Mary l'assiste.

À mesure que l'investigation avance, les certitudes s'effritent. Dans cette petite ville où règnent les non-dits – chaque foyer semble abriter une part d'ombre, chaque habitant dissimule une vérité –, une question obsède Mary : qui a pu commettre l'impensable ?

Mon avis:


  Quel grand plaisir de retrouver un roman de Anna McPartlin, d'autant plus qu'elle nous fait la surprise de revenir avec, pour la première fois, un policier/thriller historique! Cette histoire se base sur un fait réel qui s'est déroulé comme le récit le précise : le corps d'un bébé sans vie a été retrouver sur une plage, dans les années 80, sur les côtes irlandaises. Si l'autrice s'est doté d'un dénouement à cette histoire, la véritable tragédie n'a jamais trouvé de résolution, même si les nouvelles technologies scientifiques et techniques permettent de faire avance l'affaire. Ce principe de reprendre une affaire policière criminelle non élucidé en Irlande va constituer une série de la part de l'autrice, avec l'inspectrice Mary Shea comme fil conducteur. En effet, cette héroïne est vraiment au coeur de l'intrigue puisqu'elle permet de mettre en avant la place de la femme dans la société irlandaise de l'époque. On assiste ainsi à de telles scènes de dénigrement et de misogynie que cela rend la lecture révoltante. Mary doit faire face à des comportement masculins parfois violents, des paroles virulentes, humiliantes et méprisantes. D'autant plus que ce très fort sexisme, qui s'ajoute à celui du milieu professionnel, ne se passe que récemment, dans les années 80, et non pas dans les années 50 comme on pourrait le penser. Cela montre à quel point la société Irlandaise très rigide et marquée par les traditions, avait énormément de retard à ce niveau. Mais Mary ne cède pas et son courage et son abnégation permettent non seulement de faire évoluer l'enquête au fil de sa logique mais également de faire bouger les lignes et évoluer certaines mentalités. C'est ainsi que j'ai beaucoup aimé la relation professionnelle et de respect qui s'instaure entre Mary et Foley. J'ai trouvé que cette condition féminine sociétale était si importante dans ce récit, qu'elle prend presque le pas sur la résolution de l'intrigue. L'autrice aborde aussi d'autres thématiques et caractéristiques de la société irlandaises comme les interdictions contraceptives, l'homosexualité, les poids des traditions familiales, l'enclavement géo et démographique... Quoiqu'il en soit, j'ai beaucoup aimé ce roman et cette alliance entre drame et dénonciation sociétale, dans ce contexte historique. C'est une lecture aussi forte que dérangeante, qui remue, qui ne laisse pas indifférent, qui soulève une colère sourde et qui rend hommage à ces femmes trop longtemps réduites au silence.


Merci aux éditions du Cherche-Midi  pour l'envoi de ce livre!

mercredi 14 avril 2021

Sous un grand ciel bleu (Anna McPartlin)



Titre original:
 
Below the Big Blue Sky 
Traduction: Valérie Le Plouhinec 
Nationalité de l’auteur: Irlandaise 
Editions Le Cherche-Midi (29 avril 2021) 
528 pages
ISBN-10: 274916687X 
ISBN-13: 978-2749166872 
Genre: Contemporain
Lu le: 25 Mars 2021
Ma note: 17/20 



Résumé/4ème de couverture:

Rabbit Hayes est morte, laissant derrière elle une famille brisée par le chagrin. Désespérée, sa mère Molly se questionne sur sa foi tandis que son père Jack s’enferme dans le grenier durant des heures pour se perdre dans ses journaux intimes. Et peut-être son passé.

C’est à Davey, son frère, qu’on confie la garde de Juliet, douze ans, que Rabbit élevait seule. Mais comment aider Juliet à surmonter son chagrin quand lui-même parvient à peine à faire face au sien ?

Il faudra du temps et beaucoup de courage aux Hayes pour réinventer leur vie ensemble. Mais le souvenir radieux de Rabbit et l’amour inconditionnel qui relie chaque membre de cette famille peu conventionnelle sauront leur faire traverser cette épreuve. Il y aura des sourires qui transperceront la tragédie et beaucoup, beaucoup de fantaisie pour que chacun profite pleinement de cette vie, comme Rabbit l’aurait voulu.

Mon avis:

            Découvrir que Anna McPartlin sort un nouveau roman et qu'en plus il s'agit de la suite du merveilleux "les derniers jours de Rabbit Hayes", c'est synonyme d'une double joie. Et malgré le temps et les années écoulées entre les deux parutions, l'autrice a brillamment réussi à garder toute la beauté et les caractéristiques de la famille Hayes pour en faire une nouvelle fois, une histoire belle et envoutante, en partant d'un postulat bien triste. 

Points de vue/Critiques:

            Si l'on suivait les derniers jours de Rabbit Hayes dans le premier livre, c'est sans surprise que l'on va retrouver la famille Hayes pour la suite de leur vie, mais sans la présence de Rabbit... Et entre le premier tome et cette suite, on ne retrouve pas de décalage temporel, il semblerait qu'il y ait même une petite superposition des faits. En effet, "Sous un grand ciel bleu" commence par les tous derniers instants de Rabbit. Puis vient l'après avec tout ce qu'il fait gérer en plus de la douleur, du chagrin et de la perte de l'être aimé, notamment l'organisation des obsèques. Entre le choix de la méthode d'inhumation, le déroulement de la cérémonie avec les lectures et chansons à choisir, le choix du cercueil ou encore le pot donné aux gens venus après la cérémonie, l'autrice montre parfaitement que bon nombre de choix et d'aspect sont à faire et à réfléchir car malheureusement, durant cette douloureuse période de deuil, la vie continue pour ceux qui restent. Ce n'est évidement pas des choses plaisantes à faire pour la famille et à lire pour le lecteur, mais je pense que ce sont autant d'aspects véridiques que Anna McPartlin n'a pas voulu occulté, afin de rester dans la justesse et dans la réalité des faits et des émotions.

        Pour la famille Hayes, on se rend compte que rapidement, rien de va plus pour tout le monde dés la mort de Rabbit. Si durant le premier livre, nous étions en présence d'une famille unie autour de Rabbit, la mort de cette dernière a fait voler en éclat leur unicité. On constate qu'en fait, chacun va s'enfermer dans son chagrin et dans sa manière de gérer son deuil. En comme il y a surement autant de manières que de personnalités, tout part à vau-l'eau et la famille semble se déchirer. Molly, la mère, semble déterminée à aller à l'encontre des volontés de Rabbit et s'enferme dans son entêtement tout en remettant en question sa foi; Jack, le père cherche au contraire une main tendue et c'est vers la foi et ses journaux intimes du passé qu'il essaie de faire face; Davey le frère, qui a la garde de Juliet, la fille de Rabbit, va continuer sa vie de musicien, partir en tournée aux Etats-Unis et se donner au maximum dans son métier au point de ne plus savoir communiquer avec Juliet; Grace, la soeur est la seule qui semble gérer au mieux et qui doit donc porter à bout de bras la famille Hayes en plus de sa propre famille et enfin Marjorie se questionne personnellement beaucoup sur son avenir et sa famille à elle. Chacun d'entre eux est cruellement touchant de vérité et de sensibilité, même si parfois leurs réactions peuvent énerver, choquer ou agacer. Mais c'est ainsi que l'autrice dépeint très bien à quel point la douleur peut se refléter différemment chez chacun. 

            Si l'on retrouve la famille Hayes juste après le décès de Rabbit, on va suivre leur processus de deuil à long terme. En effet, on va les retrouver 1 an, puis 2 ans et enfin 5 ans après la disparition de Rabbit. Et à la façon d'un roman chorale, on va suivre au gré des chapitres chacun des membres de la famille. Au fil du temps et des évènements de la vie, ils vont tous progressivement refaire surface, se souvenir de ce que Rabbit aurait voulu pour eux et ainsi retrouver leur personnalité d'avant et surtout retrouver l'unicité et la beauté de la famille Hayes. Même si la mort reste constamment en toile de fond de cette histoire, Anna McPartlin a la manière pour nous conter une histoire qui ne tire pas sur la tristesse et qui est plutôt emplie d'une douceur enivrante. On se délecte de suivre les aventures de la famille Hayes, comme si l'on en faisait partie.

En bref:

        Si "les derniers jours de Rabbit Hayes" était beau, touchant et enivrant, la suite du récit de la vie de la famille Hayes l'est tout autant, même écrit des années plus tard. En effet, Anna McPartlin a réussi à garder les mêmes ingrédients pour faire de ce nouveau roman chorale, quelque chose d'aussi touchant, pas porté dans le larmoyant et le dramatique et qui nous embarque dans une certain douceur, même si la mort reste toujours en toile de fond. Car cette suite nous fait partir des derniers instants de Rabbit Hayes jusqu'à bien des années plus tard. On va ainsi suivre chacun des membres de la famille Hayes, voir à quel point la disparition de Rabbit à fait voler en éclat la famille et les personnalités de chacun et voir également qu'il existe autant de manières différentes de gérer son deuil et de faire face à la douleur qu'il existe de personnes. Pour cela, l'autrice n'occulte aucune étapes afin de rester dans la justesse et dans la réalité des faits et des émotions. Mais peu à peu, avec le temps, du courage et le souvenir de Rabbit, la famille retrouvera son unicité et sa beauté. 

Autour du livre:

° Tome 1: Les derniers jours de Rabbit Hayes (<-- Chronique à retrouver ici)

mardi 9 février 2021

Du côté du bonheur (Anna McPartlin)



Titre original:
Somewhere Inside of Happy
 
Traduction: Valérie Le Plouhinec 
Nationalité de l’auteur: Irlandaise 
Editions Pocket (9 Mai 2019) 
numéro 17355
425 pages
ISBN-10: 2266288504 
ISBN-13: 978-2266288507 
Genre: Contemporain
Lu le: 20 Janvier 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Entre ses deux boulots, ses enfants et sa mère qui perd la tête, la vie n'est pas toujours facile pour Maisie. Mais, depuis qu'elle s'est décidée à quitter son mari violent, cette Irlandaise au caractère bien trempé retrouve peu à peu le chemin du bonheur. Jusqu'au jour où son fils Jeremy disparaît mystérieusement avec son meilleur ami.

Que s'est-il passé le soir du 1er janvier ? Avec l'aide de Fred, son chevalier servant, et de Lynn, sa fidèle amie, Maisie tente de reconstituer le fil des événements. Dans ce quartier populaire des environs de Dublin, chacun affronte les coups du sort avec humour et ténacité. Mais le terrible secret qu'elle va découvrir bouleversera à jamais le cours de sa vie.

Mon avis:

        Les romans de Anna McPartlin sont toujours de très bons moments de lecture qui ne m'ont jamais déçus puisqu'elle allie parfaitement la bonne humeur et l'espoir au cœur d'une histoire (aux débuts) tragique. Je ne sais pourquoi j'ai attendu aussi longtemps pour sortir "Du côté du bonheur" de ma PAL… Peut-être parce qu'elle n'a pas republié de livre depuis ou parce que je n'avais pas vu beaucoup de retours sur celui-ci? Toujours est-il que ce récit procure toujours autant d'émotions et qu'il a surtout su me surprendre par son atmosphère et sa thématique centrale que je n'avais pas vu venir!

Points de vue/Critiques:

        Les premières pages nous plantent clairement le décor du récit et elles nous font autant vibrer qu'elles nous happent. Car on est prévenu dés le début qu'un malheur, un drame s'est produit pour Jérémy, le fils de Maisie et qu'on ne le saura qu'à la fin... Il ne reste plus qu'à découvrir ce qu'il s'est passé pour lui cette fameuse nuit du 1er janvier. Et c'est en suivant les aventures de Jérémy durant cette nuit et en suivant le point de vue et le quotidien de sa mère et sa famille quelques jours après sa disparition que l'on va progressivement comprendre et savoir ce qu'il s'est passé. 

        Lorsque l'on suit la famille de Jérémy dans son quotidien, sans qu'il ne se passe grand chose, on est tout de même saisit par le récit. En effet, les membres de la famille de Jérémy sont exclusivement féminins et quelles femmes!! Attachantes, humains et faillibles, chacune a son caractère propre et pourtant, cela n'empêche pas leur unicité, leur force et leur amour familial bien présent. La mère, Maisie, revient de loin avec un ex-mari violent, qui a su faire preuve de courage et qui doit continuer de l'être pour de multiples raisons tout en portant sa famille à bout de bras financièrement et humainement parlant. Et sa générosité maternelle va bien au-delà de sa propre famille puisqu'elle prend naturellement sous son aile le meilleur ami de Jérémy. Valérie est l'ado en colère contre sa mère, contre tout le monde, qui ne sait pas comment s'y prendre avec sa grand-mère et qui a une sorte de dévotion envers son grand frère. Mais sous ce caractère typique d'adolescente, on devine très bien qu'elle n'a pas un fond de méchanceté et qu'elle ne sait tout simplement pas encore gérer ses émotions. Enfin, la grand-mère Bridie est une vieille femme dont la mémoire est largement vacillante et qu'il faut donc sans cesse surveiller… Cette famille semble instable et il semblerait que Jérémy permettait de maintenir à flots tout ce petit monde. Ils s'aiment et sont solidaires mais leur pudeur et/ou leur incapacité les freine et les empêche d'exprimer leurs sentiments. Cette fragilité est très touchante. Ces personnages ne sont pas tout blancs ou tout noirs, ils ont des défauts et des qualités et Anna Mc Partlin arrive parfaitement à mixer le tout pour créer des individus réalistes et intéressants. 

        En suivant les pérégrinations de Jérémy, et de son meilleur ami Rave, au cours de cette fameuse nuit du 1er janvier, on va progressivement avancer afin de savoir ce qu'il est advenu de l'adolescent. Et en étant dans la tête et la peau de Jérémy, cela va permettre de se rendre bien compte que ce qu'il traverse et ressent. Ainsi, il y a parfois des petites phrases qui m'ont étonné et qui m'ont fait interroger sur le chemin que pouvait prendre l'histoire et orienter la personnalité du jeune homme, sans vraiment croire que l'on irait dans ce sens… et pourtant! Et pourtant ce sujet et cette thématique est finalement le point central de toute cette histoire et qui explique la disparition de Jérémy. Même si j'ai pu pointer du doigts certaines petites allusions au préalable, cela ne m'a pas empêché d'être surprise et subjuguée par la façon dont l'autrice a amener cet aspect déterminant du personnage de Jérémy! 

        A côté de cette thématique centrale, Anna McPartlin aborde de nombreuses autres choses dans ce récit: l'aspect sectaire, la précarité financière, la violence conjugale, l'amitié, la démence sénile, sans oublier les préjugés qui sont extrêmement tenaces dans le contexte d'une aussi petite communauté irlandaise du début des années 90.

En bref:

        Avec "Du côté du bonheur", Anna McPartlin livre une nouvelle fois une histoire aussi percutante que touchante. La disparition de Jérémy, un adolescent dans les années 90 et dans une petite communauté irlandaise, va mettre en branle bon nombre de choses. En suivant le jeune homme la nuit de sa disparition ainsi que sa famille dans l'attente de ses nouvelles, on va progressivement lever le voile sur la personnalité de Jérémy et sur ce qu'il s'est passé cette fameuses nuit. Même si j'ai pu pointer du doigts certaines petites allusions au préalable, cela ne m'a pas empêché d'être surprise et subjuguée par la façon dont l'autrice a amener cet aspect déterminant du personnage de Jérémy! A côté de cela, l'autrice met en lumière bon nombre de sujets comme l'aspect sectaire, la précarité financière, la violence conjugale, l'amitié, la démence sénile, sans oublier les préjugés. Et avec des personnages vraiment humains, réalistes entre leurs failles et leurs qualités qui les rendent touchants et intéressants, "Du côté du bonheur" s'avère être un roman engagé et émouvant.

samedi 1 septembre 2018

Mon midi mon minuit (Anna Mc Partlin)




Titre original: Pack Up the Moon
Traduction: Valérie Le Plouhinec
Nationalité de l’auteur: Irlandaise
Editions Pocket (5 Avril 2018)
numéro 17056
416 pages
ISBN-10: 2266278703
ISBN-13: 978-2266278706
Genre: Contemporain
Lu le: 27 Août 2018
Ma note: 17/20



Résumé/4ème de couverture:

C'était au début du mois de mars, un jour de pluie, mais un jour encore béni, comme beaucoup d'autres avant, dans la vie d'Emma. 
A 26 ans, la jeune fille amoureuse cohabitait avec le bonheur. Elle formait avec John, son amour d'enfance, un de ces couples unis et heureux, tissant une belle vie remplie de grands projets et de bons amis.
Jusqu'à ce soir de fête qui fait basculer son existence en un crissement de pneus et ce deuil qui menace de tout engloutir.
Commence alors pour Emma, aidée de ses amis qui font bloc autour d'elle, un long chemin pour que tout ne s'arrête pas là, pour qu'après la nuit revienne le jour.

Mon avis:

            Après l’excellent (et poignant) « Les derniers jours de Rabbit Hayes », je ne pensais vraiment pas que le prochain livre de l’autrice puisse être de la même qualité, mais Anna McPartlin m’a fait mentir et m’a prise au dépourvu puisque « Mon midi, mon minuit » est tout aussi excellent! Néanmoins, difficile de comparer les deux histoires puisque nous ne sommes pas du tout sur le même registre, même si les premières pages de « Mon midi, mon minuit » offre une atmosphère chargée et lourde en émotions. En effet, l’histoire offre une bouffée d’oxygène supplémentaire à chaque page tournée et s’oriente petit à petit sur un livre feel-good et/ou romance qu’il nous est difficile de quitter. Tout comme dans « Les derniers jours de Rabbit Hayes », même s’il y a un personnage principal, tous les personnages sont vraiment importants et attachants et portent aussi l’histoire qui ne serait vraiment pas pareil en leur absence. Ici, il est question d’amitié, mais celle-ci est tellement simple et sereine, que nous avons l’immersion d’être en présence d’une jolie petite famille recomposée. 
Bref, encore une réussite pour l’autrice qui ne cesse de me surprendre et qui me tarde de découvrir son troisième livre.

Points de vue/Critiques:

            Même si « Mon midi, mon minuit » ne relate pas du tout le même genre d'histoire que « Les derniers jours de Rabbit Hayes », on peut tout de même retrouver quelques similitudes. L’aspect tragique et émotionnel retrouvé tout au long de Rabbit Hayes se retrouve uniquement dans les premières pages de « Mon midi, mon minuit » (à noter d’ailleurs, que cet évènement tragique est réellement survenu dans la vie de l’autrice, ce qui lui a donc permis d’être le point de départ de son livre). Et l’autre point commun c’est le fait de retrouver de nombreux personnages secondaires et d’instaurer à travers eux un esprit de famille très attachante. Alors que dans Rabbit Hayes il était vraiment question d’une famille, l’autrice a cette fois-ci mis en valeur cette notion à travers les liens de l’amitié. Autour d’Emma, de nombreux amis, hommes ou femmes, gravitent et même si pour certains leur vie semble toute tracée en ayant chacun personnellement sa famille, l’autrice met en lumière le fait que les liens de l’amitié puisse être tellement forts qu’ils peuvent apporter une seconde famille pour chacun des protagonistes. 

Alors que les premières pages nous offre une nouvelle fois un véritable ascenseur émotionnel (attention sortez les mouchoirs), petit à petit, au fur et à mesure qu’Emma arrive à se reconstruire, les émotions différent et ne sont plus aussi intenses. En effet, la première partie du roman se concentre sur le travail du deuil, sur les questions que l’absence de l’autre génère, sur les changements d’habitudes et sur les souvenirs que chaque objet du quotidien engendre. Mais parce la vie continue malgré tout pour les gens qui restent, il faut peu à peu se trouver un nouveau rythme et apprendre à vivre différemment. On va donc suivre Emma durant cette période, mais finalement, et c’est ce que j’ai aimé dans ce livre et qui m’a surprise, c’est que le roman ne va pas traiter entièrement du deuil. Progressivement, on va plutôt suivre les péripéties d’une bande d’amis. Mais il faut voir au-delà de cette légèreté, puisque l’autrice veut surement faire passer le message que les amis peuvent devenir une famille, essentielle lorsque quiconque vit des moments douloureux. 

En bref:

            Même si quelques similitudes peuvent être notées entre « Mon midi, mon minuit » et « Les derniers jours de Rabbit Hayes », on ne retrouve pas du tout les mêmes éléments dramatiques et cette atmosphère lourde et intense au niveau des émotions nécessitant d’avoir un mouchoir à portée de mains. La charge émotionnelle forte est présente en début de roman mais assez rapidement, l’histoire va s’orienter vers quelque chose de plus léger et positif, à travers les pérégrinations d’un groupe d’amis trentenaire, donnant plutôt un roman feel-good mêlé de romance. Derrière cette apparente légèreté, l’autrice n’oublie de faire passer son message à savoir que l’amitié peut donner lieu à la création d’une véritable famille de substitution. Encore une fois, avec génie, Anna Mc Patlin, arrive à instaurer ce fabuleux et parfait mélange d’humour et d’émotions et de tristesse et de joie. 

Autour du livre:
  • De la même autrice:
    • Les derniers jours de Rabbit Hayes (<— chronique à retrouver ici)

lundi 21 mai 2018

Les derniers jours de Rabbit Hayes (Anna Mc Partlin)




Titre original: The Last Days of Rabbit Hayes
Traduction: Valérie Le Plouhinec
Nationalité de l’auteur: Irlandaise
Editions Pocket (2 Février 2017)
474 pages
ISBN-10: 2266269291
ISBN-13: 978-2266269292
Genre: Contemporain, Drame
Lu le: 12 Mai 2018
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

Neuf jours. C'est ce qu'il reste à vivre à Mia Hayes, surnommée affectueusement " Rabbit ". Neuf jours, après plusieurs mois de combat – parce que Rabbit est une battante, une Irlandaise bien trempée. 
À son chevet, famille et proches se relaient en un joyeux ballet de souvenirs. Entre silences, gaffes et fous rires, toute la vie de Rabbit ressurgit alors : l'enfance, l'adolescence, Johnny son grand amour, et Juliet, sa fille de 12 ans – une certaine idée du bonheur... Au fil des jours, tous s'interrogent sur leur vie et accompagnent Rabbit dans un voyage émotionnel d'une grande intensité. Quel meilleur bagage pour partir vers la lumière ?

Mon avis:

            Acheté à Saint-Maur en poche en 2017, voilà presque 1 an que « Les derniers jours de Rabbit Hayes » attend patiemment sa sortie dans ma PAL… L’arrivée du prochain Saint-Maur en poche ainsi qu’un défi ont fait que c’était le don moment pour lire ce livre, que j’ai lu avec Ingrid du blog Les instants de lecture. 
Encore une fois, nous avons eu toute deux les mêmes réactions et les mêmes ressentis. Le résumé de 4ème de couverture vous annonce clairement la couleur: il s’agira d’une lecture assez particulière, très touchante et sensible avec un sujet très douloureux et difficile. La boîte de mouchoirs est donc clairement conseillée. Néanmoins, la construction du récit et tous les personnages formant cette incroyable famille apportent véritablement de la légèreté, de la douceur et font en sorte de ne pas avoir une atmosphère lourde plombante et larmoyante en permanence même si le fond de l’histoire est triste.

Points de vue/Critiques:

Le titre du livre, ainsi que son résumé, sont tout à fait révélateurs de ce que va raconter le livre: on va suivre Mia « Rabbit » Hayes durant ses derniers jours de vie, étant donné qu’elle s’éteint d’une récidive de cancer. Alors oui évidemment, le sujet est lourd, grave et triste. Néanmoins, une bouffée d’humour et d’espoir porte cette histoire tout au long du livre.
Cela est notamment dû aux nombreux personnages qui composent la famille et les amis de Rabbit. On retrouve ses parents, son frère, sa soeurs, son beau-frère, ses neveux, sa meilleure amis, les amis d’enfance de son frère dont Johnny et bien sur sa petite fille Juliet. Et la construction du livre fait que l’on ne va pas uniquement suivre le point de vue de Rabbit, mais celui de chacun des personnages, à tour de rôle! Tout ce petit monde forme une véritable famille formidable! Chacun a son caractère propre, ses espoirs, ses attentes, sa vie, ses coups de gueules et ses coups de coeur mais ils tissent entre eux des liens très unis. L’auteure aborde les réactions de chacun avec pudeur et beaucoup d’émotions sans jamais juger. Voir et suivre cette famille (dans laquelle est inclue en toute logique les amis) réunie autour d’un drame commun mais dont chaque membre garde leur humour et leur amour, est vraiment la chose qui apporte un élan positif qui fait que l’histoire est finalement pleine d’espoir faisant en sorte de ne pas avoir quelque chose de pesant et larmoyant!

Parmi tout l’entourage de Rabbit, on suit notamment Johnny, le copain de son frère, dont elle a toujours été amoureuse. Avec Johnny, nous faisons ainsi la connaissance de Rabbit en tant qu’adolescente puis jeune femme puisque nous suivrons leur histoire uniquement à travers le passé. Le personnage de Johnny apporte non seulement cette touche légère et belle de romantisme mais il nous permet aussi de mieux cerner la Rabbit adulte, avec ses décisions qui ne semblent pas toujours compréhensibles pour toute personne extérieure à elle.

En bref:

            Par son titre et son résumé « Les derniers jours de Rabbit Hayes » nous annonce clairement la couleur: l’histoire va s’avérer douloureuse et difficile. Certes, cela va peut-être toucher plus ou moins intensément les lecteurs, néanmoins, tous les personnages composant la famille et amis de Rabbit, formant un noyau intime solide, font en sorte d’apporter une touche d’amour, d’humour, de fraîcheur et d’espoir qui permet de relever nettement un plafond initial lourd, plombant et larmoyant.

Autour du livre :
  • Livre dédicacé au Salon du Livre de Saint-Maur en Poche 2017