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lundi 17 août 2020

Du rififi au Camboudin (Maude Mihami)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Nil (11 Juin 2020)
256 pages
ISBN-10: 2378910649
ISBN-13: 978-2378910648
Genre: Contemporain
Lu le: 25 Juillet 2020
Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

1974. Le Camboudin est un petit village breton bien tranquille. Mais l'arrivée de Désiré Diallo, un jeune médecin noir, va venir tout bouleverser. Entre le patois local qu'il ne comprend pas, une biquette en chaleur qui bêle toutes les nuits et une vieille ivrogne solitaire, il aura fort à faire pour trouver sa place ! Heureusement, il rencontrera Alfréd, un jeune garçon pas comme les autres, pourvu d'une imagination débordante et d'un courage sans bornes.

Mon avis:

            Après avoir découvert le petit Alfrèd et son vénérable papy dans le Camboudin dans le premier tome, puis suivi leurs amours dans le second tome, place maintenant au troisième et dernier tome de cette petite saga, tendre, rigolote et rurale. Dans ce clap de fin, on retrouve avec bonheur toute la bande de gais lurons, mais force est de constater que les au revoir avec Alfrèd sont presque amorcés dès le début du récit puisque c’est plutôt un nouveau personnage, tourné vers l’avenir et qui promet de belles surprises au village, que l’on va suivre. Une jolie manière de quitter le Camboudin et ses habitants, qui continuent de vivre avec les nouvelles générations.

Points de vue/Critiques:

            Dans sa trilogie, Maude Mihami dresse le portrait d'une petite communauté rurale dans les années 1970. Tous les gens que l'on rencontre au fil des pages ont une vie très modeste, ont une manière de s'exprimer bien à eux, ont la langue bien pendue, ont d’exécrables défauts que l’on ne cache pas et ont presque toujours un verre et une bouteille à portée de main. Mais derrière cette rusticité assumée et totalement véridique, on se rend compte que ce sont surtout des gens simples et honnêtes et qui ont le cœur sur la main. Même les personnages d’apparence les moins sympathiques finissent par devenir attachants comme tout le monde.

            L’univers d’Alfrèd pourrait regorger de plein d’autre histoires, tant la vie d’un village rural est finalement bien vivant, dans cette fausse ambiance de morosité, puisque la moindre nouvelle petite chose fait rapidement le tour du village, chacun allant de son opinion et de ses ragots. Mais le clap de fin s’abaisse avec ce troisième et dernier tome. Et pour mettre du piquant au Camboudin et amorcer une certaine transition vers une modernité, l’autrice a intégré un nouveau personnage, en la personne du nouveau docteur du village : Désiré Diallo. Sauf que celui-ci est noir et qu’il vient de la ville : autant dire que le Camboudin n’est pas préparé à ça et inversement ! L’arrivée de Désiré va non seulement apporter de jolies situations cocasses et bien drôles, mais un nouveau venu dans le village où tout le monde est soudé et se connait depuis des années, va apporter un vent d’air frais et faire, positivement, tout bousculer. Il va ainsi apporter de très belles choses à ces personnes à laquelle il s’attache aussi très rapidement, des villageois qui le lui rende bien également. J’ai beaucoup aimé constaté sa belle intégration.

            On va donc suivre essentiellement le personnage de Désiré qui apprend à connaître chacun des habitant du Camboudin et qui nous permet par la même occasion de les rencontrer une deuxième fois et de les redécouvrir. On laisse donc plutôt le personnage d’Alfrèd que l’on suit finalement comme n’importe quel autre villageois. Il fait dire aussi que Alfrèd grandit, qu’il affirme son caractère et exige maintenant des réponses à ses questions et découvrir ses origines et son enfance, sans compter que son vénérable papy commence à se faire vieux. C’est grâce à l’arrivée de Désiré que toute les famille d’Alfrèd va retrouver un certain équilibre sain et serein, et la prise de conscience et les agissements qui en découlent entrepris par la maman d’Alfrèd m’ont beaucoup touché. L’arrivée de Désiré va donc permettre à tout ce petit monde d’affronter l’avenir avec plus de sérénité, une belle façon pour nous lecteur, de les laisser s’en aller… Merci tout de même de nous avoir mis quelques pages finales pour savoir ce que le village et ses habitants sont devenus quelques dizaines d’années plus tard !

En bref:

            Clap de fin pour la série aussi drôle que touchante qu’est celle d’Alfrèd, de son vénérable papy et de tout le village du Camboudin. Après s’être attaché à l’ensemble des personnages qui compose ce petit village rural du fin fond de la Bretagne, place à un nouveau personnage : Désiré, le docteur noir venu de la ville. Après quelques situations cocasses et bien drôles, son arrivée va créer un véritable chamboulement dans le village. Mais les liens tendres se font rapidement. Désiré va ainsi insuffler un vent d’air frais à tous et va permettre à bon nombre de personnes de retrouver un certain confort de vie et un équilibre familial serein. Pour Alfrèd, une nouvelle page vers l’avenir se tourne. Cette sérénité retrouvée au Camboudin nous permet de laisser tout ce petit monde continuer de vivre leur vie tranquillement et paisiblement même si l’on ne serait pas contre le fait de reprendre une petite trouspignôle non… ?

lundi 13 juillet 2020

Les amours d'Alfrèd (Maude Mihami)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (11 Juin 2020)
224 pages
ISBN-10: 2266306960
ISBN-13: 978-2266306966
Genre: Contemporain
Lu le: 23 Juin 2020
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

            1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, 10 ans, a toujours un prénom dont l’accent aigu lui déplaît mais désormais un chien dénommé Biscotte, une tante à qui emprunter de la lecture, une mère qui picole un peu moins et un grand-père qui tient toujours à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore autant traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie, que de faire des gâteaux avec Nénette. Mais le jour où une nouvelle institutrice, Mlle Annie, arrive à l’école, rien ne va pas plus au Camboudin : le cœur d’Alfréd s’emballe – et avec lui celui des autres habitants. Alfred-le-Vieux finira-t-il par déclarer sa flamme à Victoire ? Odette restera-t-elle célibataire ? Et quid de Roger, disparu il y a longtemps, mais dont l’âme semble être enfermée dans une urne au bistrot ? Quand l’amour se mêle à la trouspignôle, c’est toute la vie du village qui est chamboulée.

Mon avis:

            Pour ce deuxième tome des aventures familiales d’Alfrèd, dans la campagne bretonne des années 70, je pense que je pourrais faire un copier-coller de mon avis sur le premier tome, tant on reste sur la même longueur d’onde. On retrouve donc un récit drôle et pétillant, qui pose un regard tendre à la fois sur la vieillesse et sur l’enfance, le tout cette fois-ci dans les tréfonds de l’amour. 

Points de vue/Critiques:

            Que l’on soit jeune ou vieux, homme ou femme, il semble que Cupidon ait décidé de poser ses valises dans le village du Camboudin. Et c’est l’arrivée d’une nouvelle institutrice, Melle Annie, qui va être l’élément déclencheur de tous les émois du village. Comment Alfrèd va-t-il faire pour se démarquer amoureusement parlant aux yeux de l’institutrice? Alfred-le-Vieux finira-t-il par déclarer sa flamme à Victoire ? Odette restera-t-elle célibataire ? Et quand est-il de Roger, disparu il y a longtemps, mais dont l’âme semble être enfermée dans une urne au bistrot ?

            Dans ce second tome, la relation entre Alfrèd et son grand-père est plus distendue que dans le premier tome… à cause des émois de chacun! Si l’un essaye par tous les moyens de trouver le courage pour déclarer sa flamme, l’autre fournit d’incontestables efforts pour se faire bien voir, c’est-à-dire faire du sport et faire attention à son alimentation pour maigrir ou encore s’installer au premier rang et lire le dictionnaire chaque soir. Toutes ces petites attentions, quelque soit sa génération, sont vraiment attendrissantes. Et l’on ne se limite pas aux sentiments amoureux, puisqu’il est aussi question de l’amour filiale. En effet, la mère d’Alfrèd semble avoir pris conscience de ses piètres qualités maternelles et elle fournit alors de véritables efforts pour corriger cela: c’est très réconfortant et attendrissant. 

            Tout les personnages du village du Camboudin vont donc nous fournir une histoire ordinaire mais qui fait du bien. La seule petite chose déstabilisante, que l’on retrouvait aussi dans le premier tome, c’est le fait que l’on retrouve successivement beaucoup de personnages, et que parfois, on a du mal à se remettre qui est qui. 

En bref:

            Sur la même longueur d’onde que le premier tome, on retourne avec délectation en plein coeur de la campagne Bretonne, dans le Camboudin. Cette fois-ci, il semble que Cupidon ait décoché de multiples flèches, puisque l’amour a frappé le village, et ce, quelque soit la génération. Avec beaucoup de simplicité et d’authenticité, on retrouve un récit drôle et pétillant qui pose un regard tendre sur la vieillesse et sur l’enfance, mais dont le point commun est de vivre chaque petit bonheur simple de la vie. Entre humour et amour, on navigue de révélations en péripéties avec le sourire aux lèvres. 

Autour du livre:

Tome 1: Les dix voeux d’Alfréd (<— chronique à retrouver ici)

mercredi 24 juillet 2019

Les dix voeux d'Alfréd (Maude Mihami)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (2 Mai 2019)
numéro 17450
224 pages
ISBN-10: 2266289845
ISBN-13: 978-2266289849
Genre: Contemporain
Lu le: 8 Juillet 2019
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

1970, Le Camboudin, petit village breton. Alfréd, neuf ans, a un prénom dont l’accent aigu lui déplaît, une mère qui picole trop et un grandpère qui tient à lui comme à la prunelle de ses yeux. Il adore traîner au bistrot avec ses copains, une joyeuse bande de vieux qui lui apprennent la vie. Avec l’aide de son Vénérable Papi, il va décider de passer le cap de ses dix ans en établissant une liste de voeux à réaliser avant le grand jour. Rencontrer un vrai cow-boy, boire de la trouspignôle ou encore conduire un tracteur marqueront le début d’une série d’aventures aussi rocambolesques que réjouissantes. De voeux gâchés en moments de pure félicité, il va vivre l’année la plus incroyable de sa vie.

Mon avis:

Merci une nouvelle fois aux éditions Pocket d’avoir mis en lumière Maude Mihami parmi les autrice présentées lors du deuxième rendez-vous des héroïnes, car c’est une découverte très sympa et qu’il aurait été dommage de passer à côté de cette chouette, drôle et tendre histoire contemporaine.

Points de vue/Critiques:

            Lorsque l’on constate que cette histoire, racontée par un petit garçon, est celle d’une relation privilégiée entre grand-père et petit-fils, elle n’est pas sans rappeler d’autres histoires de ce genre. Mais différents petits détails font en sorte d’apporter une singularité au récit. Le vocabulaire et les expressions des anciens sont quelque choses de très particulier qui donnent vraiment de l’authenticité à l’histoire. Retrouver le patois, les mots très particuliers et les mots à moitié mangés est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié, me faisait me retrouver en plein cœur de la campagne, profonde mais vraie, authentique avec s simplicité et ses valeurs. Et ce langage pas tout à fait usuel n’est aucunement un frein ou une gêne durant la lecture, puisque tout coule de sens (à moins que l’on soit un citadin bien enraciné !!!). De plus, tout le récit est axé sur un ton drôle et tendre qui vous porte constamment le sourire aux lèvres, sans jamais tombé dans un humour potache (qui aurait été bien cliché avec les gens et la vie à la campagne !).

            Qui dit campagne, dit forcément beaucoup de personnages, car dans un tel milieu, la notion de communauté est à prendre au pied de la lettre, le fait de connaître tout le monde est monnaie courante. Et tous les personnages rencontrés sont attachants et apportent tout le charme au récit. Chacun possède son propre et gros caractère, ainsi qu’une histoire que l’on est avide de connaître. Bien campés dans leurs bottes, ils sont heureux et fiers de vivre leur vie comme ils sont et cela fait du bien de retrouver des personnes simples (dans le bon sens du terme), sans prise de tête, où chaque décision ou petit caillou dans la chaussure ne vient pas perturber et remettre tout en question comme on peut, trop souvent le voir dans notre société actuelle. Il faut parfois se satisfaire de ce que l’on a et de ce que l’on est. 

            La relation et surtout l’admiration qu’entretient Alfréd pour son papi est tellement belle et touchante qu’elle vous donne des papillons dans le cœur. Parce qu’il n’a jamais connu son père et que sa mère semble abandonner son rôle, Alfréd n’a d’yeux que pour son grand-père, la seule et véritable figure parentale et adulte. Et parce parfois la différence de générations fait quelques étincelles dans leur relation, on voit immédiatement que ces petits conflits touchent les deux parties, petit-fils et papi sont tristes chacun de leur côté, prouvant l’intensité et la force de leur relation.

En bref:


            Grâce aux « Dix vœux d’Alfréd » de Maude Mihami, nous faisons surtout la connaissance d’un petit garçon heureux de vivre avec ce que la vie s’est contentée de lui donner. Il déborde d’optimiste et de fraicheur qui font du bien au coeur. Mais c’est surtout sa relation avec son papi, tellement tendre et touchante, qui donne tout le charme à cette histoire. Et si l’on ajoute de nombreux autres personnages, aussi attachants et authentiques les uns que les autres, et cette petite singularité de langage propre à cette atmosphère de bourgade campagnarde, on obtient véritablement une famille de cœur pas comme les autres qui nous entraine avec bonheur dans son sillage.