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lundi 13 octobre 2025

Femmes en colère (Mathieu Ménégaux)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Le Livre de Poche (9 Mars 2022)

184 pages

ISBN-10:2253107344

ISBN-13:978-2253107347

Genre: Contemporain

Lu le: 20 Août 2025

Ma note: 18/20






Résumé/4ème de couverture:


Cour d'Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats (auxquels le lecteur n'a pas assisté) : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d'une femme, Mathilde Collignon. Qu'a-t-elle fait ? Doit-on se fier à ce que nous apprennent les délibérations à huit-clos, ou à ce que révèle le journal que rédige la prévenue qui attend le prononcé du jugement ? Accusée de s'être vengée de manière barbare de deux hommes ayant abusé d'elle dans des circonstances très particulières, Mathilde Collignon ne clame pas son innocence, mais réclame justice.

Son acte a été commenté dans le monde entier et son procès est au coeur de toutes les polémiques et de toutes les passions. Trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher. Doivent-ils faire preuve de clémence ou de sévérité ? Vont-ils privilégier la punition, au nom des principes, ou le pardon, au nom de l'humanité ? Avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ? Nous plongeons en apnée dans cette salle des délibérations d'un jury de cour d'assises.

Mon avis:


        Si je ne partais pas hyper confiante dans cette lecture du fait qu'elle parle de justice, il ne fallait pas oublier que c'est une histoire confectionnée par Mathieu Ménégaux et que tous ses livres ont toujours été des coups de coeur avec des claques magistrales prises à chaque épilogue. Et "Femmes en colère" ne fera pas exception à cette règle : qu'est-ce que j'ai adoré cette lecture, criante de vérités et d'actualité!! L'auteur a une nouvelle fois frappé très fort avec ce très court roman, mais tellement percutant que vous retenez votre souffle à chaque page, jusqu'à vous donnez l'assaut final par cette fin magistrale. Il arrive en plus, une nouvelle fois, à se mettre dans la peau d'une femme et à retranscrire parfaitement les émotions qu'elle peut ressentir. Aussi percutant que pertinent, ce court roman dans sa forme est un immense roman dans son fond.


Points de vue/Critiques:


        Assister à une histoire de délibération de procès ne me tentait pas plus que cela au début, mais j'étais bien loin du compte! Car ici il n'est pas question de prendre son temps pour parler de l'affaire et la décrire dans un premier temps, puis de passer au procès en revenant sur chaque étape et enfin terminer par les délibérations et le jugement tant attendu. Vous ne retrouverez donc pas ce genre d'histoire linéaire étant donné que les chapitres vont nous balader entre Mathilde qui attend son jugement et le jury en train de délibérer. Au début, nous ne savons donc pas quels sont les tenants et aboutissants des faits reprochés à Mathilde, si ce n'est qu'elle est jugée pour vengeance et barbarie. Ce n'est qu'entre les différentes pages du carnet dans lequel elle couche sur papier ses mots, ses émotions, ses peurs, ses espoirs, bref son témoignage et entre la plongée au coeur des avis, des convictions personnelles, des décisions et donc des délibérations des membres du jury, que l'on va véritablement et progressivement, tel un vrai fil rouge, dérouler les faits qui se sont réellement produits.


        Entre les deux salles, deux ambiances dans lesquelles se placent le récit, il est bien question ici de parler de victime et des violences faites aux femmes, en lien avec la justice, à l'heure actuelle où l'on prône la libération de la parole mais où de l'autre côté, il est parfois difficile pour les victimes, lorsque et parce qu'elles sont de sexe féminin, de vraiment se faire entendre. Et encore plus quand on va plus loin et que la justice est parfois mise à mal quand de tels faits et de telles victimes sont loin d'être écoutées et accompagnées comme elles devraient l'être. Mathieu Ménégaux met donc clairement les pieds dans le plat avec Mathilde, ou quand la victime se fait justice elle-même et devient à son tour coupable. 


        Tout le récit est terriblement intense. L'auteur ne s'embarrasse pas de descriptions ou autres, il va à l'essentiel, c'est brut, précis, efficace et sans fioritures. Mais ce n'est pas pour autant que l'histoire est dépourvue d'émotions, bien au contraire! L'auteur arrive sublimement à se mettre dans la peau d'une femme et l'on comprend aisément tout ce que peut ressentir Mathilde, partagée entre son statut de victime puis de coupable, entre le fait d'avoir déjà fait 3 ans de prison et l'espoir d'être libérée, son rôle de mère face à ses enfants. Le système judiciaire n'est pas non plus détaillé mais l'auteur donne les infos nécessaires à une certaine compréhension de manière totalement juste et l'on comprend quelques trucs assez intéressants. De manière générale, le roman se lit quasiment d'une traite et surtout en totale apnée, et même à la fin, il est difficile de reprendre son souffle tant les dernières lignes vous assomme par une dernière claque magistrale. J'ai tout simplement adoré, coup de coeur pour ce livre qui mérite tellement plus!


En bref:


        Même si je ne partais pas hyper confiante dans cette lecture, "Femmes en colère" est un nouveau coup de coeur absolu signé par Mathieu Ménégaux. J'ai adoré cette lecture, criante de vérités et d'actualité!! L'auteur a une nouvelle fois frappé très fort avec ce très court roman qui parle de victime et des violences faites aux femmes, en lien avec la justice, à l'heure actuelle où l'on prône la libération de la parole mais où de l'autre côté, il est parfois difficile pour les victimes, lorsque et parce qu'elles sont de sexe féminin, de vraiment se faire entendre et à l'heure où la justice est parfois mise à mal. On ne retrouve pas une histoire linéaire et logiquement construite autour d'une affaire puis sa mise en justice, étant donné que les chapitres vont nous balader entre Mathilde qui attend son jugement et le jury en train de délibérer. Ce n'est qu'entre ces deux salles, deux ambiances que l'on va véritablement et progressivement, tel un vrai fil rouge, dérouler les faits qui se sont réellement produits. En allant droit au but dans sa plume, l'auteur livre un récit terriblement intense mais réussit parfaitement à se mettre dans la peau d'une femme et à retranscrire les émotions qu'elle peut ressentir. Le roman se lit quasiment d'une traite et surtout en totale apnée, et même à la fin, il est difficile de reprendre son souffle tant les dernières lignes vous assomment par une dernière claque magistrale. Aussi percutant que pertinent, ce roman, court dans sa forme est un immense roman dans son fond.

dimanche 18 août 2019

Est-ce ainsi que les hommes jugent? (Mathieu Ménégaux)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Points (9 mai 2019)
P5009
226 pages
ISBN-10: 2757875590
ISBN-13: 978-2757875599
Genre: Contemporain
Lu le: 1er Août 2019
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

Alors que Gustavo est à l'aube d'une journée déterminante pour sa carrière, la police fait irruption à son domicile. Placé en garde à vue pour homicide volontaire, questionné, bousculé, Gustavo s'effondre. Son épouse Sophie s'acharne à tenter de démontrer son innocence.

Mais comment rétablir la justice dans une société où les réseaux sociaux et le tribunal de l'opinion font désormais la loi ?

Mon avis:

            Pour avoir lu les deux précédents livres de l’auteur qui sont de véritables coups de poings tellement ils déménagent et ils envoient du lourd (pouvant même être classés dans le genre noir et qui ne sont pas à la portée de tout public), je m’attendais et me préparais encore une fois à quelque chose qui allait me retourner et me donner une claque. Sachant que l’histoire était portée sur le thème, presque récurrent, de la justice, j’avais une autre vision de l’angle pris par l’auteur et je ne m’attendais pas à ce genre d’histoire. Au final, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, moins coup de poing que les autres et qui plutôt porté vers la réflexion.

Points de vue/Critiques:

            Les romans de Mathieu Ménégaux ne sont pas à recommander à tout le monde, vu comment ses deux premiers romans sont durs, percutants voire dérangeants. En attendant la sortie poche de ce troisième opus, je savais que ce dernier roman n’était pas forcément dans la même lignée. Dans « est-ce ainsi que les hommes jugent » l’auteur focalise son sujet sur la justice, thème assez récurrent puisqu’on le retrouve en toile de fond dans ses précédents livres. J’étais partie dans l’idée que l’on allait se retrouver au cœur d’une affaire de justice donc dans un tribunal, ce qui n’était pas forcément quelque chose que j’avais envie de découvrir. Mais finalement, l’histoire est bien plus en amont que le tribunal : à travers une enquête policière, on va suivre comment Gustavo, un mari et père de famille sans antécédents va voir sa vie basculer après avoir été perquisitionné, arrêté et mis en examen pour une affaire de tentative d’enlèvement et d’homicide.

            Dans cette histoire, Mathieu Ménégaux nous questionne sans cesse et nous pousse à pousser loin notre réflexion. En effet, d’un côté nous suivons l’enquête policière avec ses preuves et ses témoignages portant à croire que Gustavo est coupable et de l’autre, nous découvrons un homme dont tout porte à croire qu’il est innocent. Alors qui croire ? Qui a raison ? Comment la police enquête et fonctionne ? Jusqu’où cela va aller ? Et quand les médias prennent le relais d’une telle affaire, le rouleau compresseur est activé : quel est le rôle des médias dans ce tribunal public ? Car lorsqu’on est un citoyen lambda, extérieur à une telle affaire, ne se repose-ton et ne juge-t-on pas uniquement sur ce que les médias disent et diffusent ? N’émettent-ils pas un jugement, une étiquette « coupable » ou « innocent » immédiatement sans connaissance du dossier ? Sont-ils dénués d’impartialité ? Ne sommes-nous pas manipulés ? Sans compter que les médias comprennent également les réseaux sociaux qui peuvent être considéré comme un véritable fléau lorsqu’il est question de justice… ou d’injustice. Les interrogations sur le danger de ces réseaux sont multiples et sont poussés à leur paroxysme par l’auteur. Cela est effrayant et l’on se dit que non seulement nous ne sommes pas loin de la réalité (la limite a sûrement déjà été franchie) et que l’on est pas à l’abri…

En bref:

            Pas aussi fort et dérangeant que ses deux précédents livres, le troisième opus de Mathieu Ménégaux reste tout de même percutant et se concentre sur la justice. L’histoire nous fait émettre sans cesse des questionnements sur la justice française, sur la crédibilité dans une enquête policière, sur l’implication des médias et sur les dangers des réseaux sociaux. Une fois immergé dans cette affaire, les évènements vont s’amplifier et se complexifier dans un crescendo émotionnel faisant en sorte que l’on ne peut pas lâcher le livre avant de connaître le fin mot de l’histoire et savoir de quel côté la balance entre justice et injustice va flancher.

Autour du livre:
  • Du même auteur:
    • Je me suis tue (<— chronique à retrouver ici)
    • Un fils parfait (<— chronique à retrouver ici)

mardi 12 février 2019

Un fils parfait (Mathieu Ménégaux)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Points (1 Février 2018)
numéro P4721
168 pages
ISBN-10: 2757869221
ISBN-13: 978-2757869222
Genre: Contemporain
Lu le: 3 Février 2019
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu'on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu'il a menti sur tout, tout le temps ? Qu'il va falloir se résoudre à affronter celui qu'on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

Inspiré d’une histoire vraie, le récit poignant du combat d'une mère contre la machine judiciaire.

Mon avis:

            Après avoir lu « Je me suis tue » de Mathieu Ménégaux, je savais à quoi m’attendre avec ce nouveau livre et j’avais pris mes précautions avant de le commencer. En effet, « je me suis tue » avait été si prenant et haletant (je l’ai lu d’une seule traite), et en même temps tellement foudroyant qu’il vous met mal à l’aise tout en vous insufflant une énorme claque, que je me doute que l’auteur va réitérer le genre, tout en sachant que cette fois-ci il est question d’inceste dans cette nouvelle histoire… D’où la préparation à la lecture de « Un fils parfait ». Au final, je crois que cette lecture m’a plus agacé que « plu », si tant est qu’on puisse dire qu’une telle histoire plait, tout comme celle de « Je me suis tue ». Heureusement que la toute fin m’a beaucoup plus, et même si l’on ne peut pas rester insensible à ce genre d’histoire, je n’ai pas apprécié les réactions (notamment celle de Daphné) qui sont trop disproportionnées, mal adaptées et pas nuancées.

Points de vue/Critiques:

            Pour cette nouvelle histoire, Mathieu Ménégaux s’attaque encore une fois à un sujet très lourd et très grave, à savoir l’inceste. Et à travers ce très court récit, totalement immersif, on aborde tout ce qui découle d’un tel acte : la réaction de la mère, comment agir, l’innocence des enfants dans cette situation et l’interrogation quant à leur futur, les « motivations » du père qui apparait pour tous comme un père normal et aimant, la manipulation des enfants, la présomption d’innocence face aux accusations des enfants parfois manipulateurs, comment sortir rapidement de ce cercle infernal face à la lenteur juridique et face au long processus d’incrimination et de preuves, etc… Autant dire que tout va très vite, et que tout comme Daphné, la maman, nous sommes pris dans un engrenage monstre et tout cela est révoltant.

Une nouvelle fois, Mathieu Ménégaux se met donc dans la peau d’une femme qui va raconter toute cette sordide histoire à travers une lettre, une très grande lettre, adressée à la maman de son mari. Les réactions tellement fortes, tellement réalistes de ce personnage féminin sont assez bluffantes lorsqu’il s’agit d’un auteur masculin qui « incarne » un personnage féminin aussi bien. Néanmoins, je n’ai pas réussi à apprécier et à m’attacher au personnage de Daphné, tant ses réactions et ses émotions m’ont semblé disproportionnées et c’est là-dessus que l’auteur m’a déçu, ne faisant pas d’elle quelqu’un de plus sensée et de raisonné, surtout pour une maman ! En effet, à partir du moment où les faits d’inceste sont clairement établis pour elle, on peut dire qu’elle pête un câble : elle devient tout de suite hystérique pour la moindre chose, dans la rue, dans des situations banales, et en plus, Daphné ne prend à aucun moment la peine de « s’assagir » et d’expliquer tout ceci à ses filles, qui sont effrayées et qui prennent tout de suite aussi peur, voire plus, d’elle, que ce que leur fait subir leur père… (tout en sachant, aussi horrible que c’est-à-dire, qu’il n’y a pas pu viol techniquement parlant, à l’image de ce qui est expliqué dans le texte, mais terme qu’emploie Daphné). Vous me direz que concernant les réactions de Daphné, il y a de quoi devenir folle dans une telle situation, mais en étant une maman qui veut protéger ses enfants avant tout, ne doit-elle pas être plus réfléchie et plus posée afin de préserver ses filles au mieux et agir comme il se doit ? Le personnage de Daphné m’a donc passablement agacé, et au milieu du livre un sentiment de lassitude est venue, mais j’ai résisté à tout arrêté ou à passer pour savoir comment cette histoire finirait.

Heureusement, la toute fin m’a beaucoup plu et elle m’a surprise, et c’est ce qu’il fallait pour « conclure » un tel récit et surtout, pour moi, de ne pas être totalement déçue par ce livre.

En bref:

Tout comme son premier livre « Je me suis tue », Mathieu Ménégaux se met dans la peau d’une femme et il nous livre toutes ses pensées et ses réactions les plus intimes face à une situation sordide, l’inceste. « Un fils parfait » est une lecture coup de poing, qui énerve, qui agace, qui dégoute, qui met mal à l’aise, bref un livre qui ne peut pas laisser indifférent et dont on ne ressort pas tout à fait indemne. On est une nouvelle fois pris en apnée dans une histoire glaçante et qui finit par nous clouer sur place à la toute fin. Mais personnellement, le personnage de Daphné m’a agacé au vue de ses réactions disproportionnées et non nuancées qu’une mère réfléchie n’auraient pas eu, ce qui me confére un sentiment très mitigé sur ce livre.

Autour du livre:
  • Du même auteur:
    • Je me suis tue (<— chronique à retrouver ici)

samedi 14 juillet 2018

Je me suis tue (Mathieu Ménégaux)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Points (12 janvier 2017)
144 pages
ISBN-10: 2757860097
ISBN-13: 978-2757860090
Genre: Contemporain
Lu le: 29 Juin 2018
Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s'ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s'expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

Mon avis:

            Haaa quelle claque ce livre! Mais ce n’est pas une claque que vous prenez avec le sourire, c’est le genre de claque que vous prenez en grinçant un peu des dents, par dérangement! En effet, je savais qu’il fallait s’accrocher avec ce livre qui envoyait du lourd, mais à ce point, on ne peut pas l’imaginer! Et parce qu’il est tout petit, on s’attend  à ce que l’histoire soit concentrée, directe et intense et c’est tout à fait le cas. Ajoutez à tout cela, de l’horreur et des frissons et vous obtenez une histoire décapante et explosive, qui ne pourra pas vous laisser tout à fait indemne à la fin de sa lecture. Et dire que ce roman est classé en littérature blanche!!! brrrrrr *frissons….

Points de vue/Critiques:

            Dans ce livre, Mathieu Ménégaux se place dans la peau d’une femme, Claire qui nous expose sa terrible histoire, son calvaire la faisant passer de victime à coupable, alors que son statut initial n’est connu de personne. C’est donc dans sa cellule, avant son évasion, qu’elle va se confier à une seule et unique personne: son journal intime, et donc nous, lecteurs. Elle va y livrer son histoire du début à la fin, et progressivement nous comprenons et cheminons avec elle à travers son calvaire. Elle va donc passer par toutes une myriades d’émotions, de questionnements, de doutes, d’enjeux etc… Et parce que toute la psychologie de Claire est tellement bien retranscrite (puisque toutes les sortes d’émotions arrivent au lecteur), on ne peut qu’être bluffé par l’empathie féminine dont Mathieu Ménégaux a réussi à s’emparer.

A travers une écriture directe, l’auteur nous expose les faits et les actes qui n’appartiennent qu’à Claire  tels qu’ils sont, sans jamais émettre le moindre jugement ou sans jamais lui donner raison ou tort. Et c’est ce qui fait toute la dimension de ce roman psychologique, puisque le lecteur est laisser libre cours à ses propres pensées: on la juge tantôt coupable, tantôt victime suivant l’évolution de sa situation, on se demande ce que l’on aurait fait à sa place, si on aurait réagi de la même façon, etc… 
Je pense que l’on s’imprégne encore mieux de cette ambiance lourde, pesante et très psychologique si on lit ce livre d’une seule traite comme je l’ai fait (en même temps, je pense qu’il doit être très difficile de reposer ce livre et encore plus de ne pas le reprendre tant l’histoire vous marque et vous trotte dans la tête). Et bien sûr, avec le final de ce livre qui vous souffle encore plus s’il était encore possible de le faire, vous découvrez que le titre du livre est la petite cerise sur le gâteau! Effet scotchant et désopilant à souhait! 

En plus de vous donner une claque, ce livre vous fournit une impression dérangeante remplie de frissons, peut-être parce qu’aussi cette histoire, contrairement à des thrillers ou des polars plus complexes et poussés, peut parfaitement s’ancrer dans la réalité, puisque l’on se dit qu’elle peut être à l’origine de certains drames médiatiques connus. Quoiqu’il en soit, par comparaison, je préfère lire des thrillers violents, durs et sanglants que ce genre de livre donnant un étrange sentiment!

En bref:


            Avec un si petit livre, Mathieu Ménégaux nous livre ici un livre géant en terme de ressentis! C’est une véritable claque à sa lecture, qui ne pourra laisser personne indifférent. « Je me suis tue » est une histoire contemporaine très psychologique mais qui est tellement sensationnelle en terme de frissons que parfois un bon thriller noir et sanglant vous fait moins ressentir cette presque gêne. Il faut dire aussi que cette histoire effleure la réalité: l’âme humaine y est totalement exposée et le lecteur est laissé comme seul juge. Elle nous démontre que tout n’est pas blanc ou noir, qu’un seul choix peut avoir des conséquences dramatiques, que le jugement n’est pas si simple et qu'une succession d’actes manqués n’aurait pas eu lieu si… Mais avec des si...