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lundi 27 avril 2026

Nous qui avons connu Solange (Marie Vareille)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Flammarion (11 Mars 2026)

Collection Littérature Française

432 pages

ISBN-10:2080476416

ISBN-13:978-2080476418

Genre: Thriller

Lu le: 16 Mars 2026

Ma note: 18/20 





Résumé/4ème de couverture:


"Le jour où je suis devenue une meurtrière, j'ai cessé d'aimer les mirabelles."

Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l'attend aux champs.

Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées "déviantes".

Quel secret lie ces deux jeunes femmes ?

Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ?

Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l'irréparable ?

De la France de nos grands-parents jusqu'à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements.

À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l'extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

Mon avis:


          Marie Vareille m'avait déjà énormément surprise avec "Désenchantées" puis "La dernière allumette" qui avaient été deux coups de coeur successifs, des romans de très grandes qualités dans lesquels on a pu discerner un changement dans la plume et le style de l'autrice. Mais alors avec "Nous qui avons connu Solange"...!!! Je suis véritablement bluffée de constater à quel point l'autrice s'affirme, change encore de style et de thématique, pour nous offrir un roman qui est aussi bon, voire meilleur que les précédents. Elle place la barre plus haut de romans en romans et c'est à chaque fois aussi surprenant que magnifiquement réussi. Ce roman est donc une nouvelle fois un coup de coeur, qui aurait vraiment immense si j'avais été surprise par quelques rebondissements et révélations, ce qui n'a pas été le cas. Mais cette histoire est déjà tellement intense, marquante, impactante qu'on ne pourra pas l'oublier de sitôt! A travers les époques et sur 4 générations, nous suivons la vie et le destin de Célestine, Solange, et les autres... ; des femmes, autant marquées par les drames que par les secrets et l'héritage qui ont jalonné leur famille. Célestine m'a particulièrement et tellement touchée : comment de pas éprouver de tels sentiments envers cette femme totalement dévouée, qui a perpétuellement consacré sa vie aux autres en renonçant à ses rêves afin de se battre et porter à bout de bras sa famille, malgré toutes les embuches et les drames que la vie a mis sur son chemin. Les émotions sont aussi variées que fortes et nous ébranlent à chaque page, chaque chapitre et chaque partie du roman. Avec beaucoup d'intelligence et de savoir-faire, Marie Vareille tisse avec brio le portrait de femmes fortes, uniques, combatives et inspirantes. Cette fresque familiale est superbe : un magnifique et grandiose roman aussi beau que déchirant. Un immense bravo!


Merci aux éditions Flammarion pour l'envoi de ce livre!

lundi 12 août 2024

Le syndrome du spaghetti (Marie Vareille)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Pocket (1er février 2024)

310 pages

ISBN-10:2266335219

ISBN-13:978-2266335218

Genre: Contemporain

Lu le: 11 Juillet 2024

Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Léa a 16 ans, un talent immense et un rêve à réaliser. Entraînée par son père, qui est à la fois son modèle, son meilleur ami et son confident, elle avance avec confiance vers cet avenir tout tracé.

À 17 ans, Anthony, obligé de faire face à l'absence de son père et aux gardes à vue de son frère, ne rêve plus depuis longtemps.

Ils se sont croisés une fois par hasard ; ils n'auraient jamais dû se revoir.

Pourtant, lorsque la vie de Léa s'écroule, Anthony est le seul à pouvoir l'aider à se relever.

Leurs destinées s'en trouvent à jamais bouleversées.

Mon avis:

        Ayant reçu de nombreux prix (Prix Babelio et Prix des lecteurs Pocket 2024), il me tardait de découvrir ce titre depuis un certain moment, qui a mis un peu de temps à sortir en poche. Classé comme du young adulte lorsqu'il est sorti en grand format chez PKJ, c'est bien dans une catégorie adulte que l'on retrouve ce livre dans son petit format. Quoiqu'il en soit, il me tardait de découvrir cette histoire mêlant à la fois la maladie et le basket. Marie Vareille fait une nouvelle fois mouche, en nous proposant un très beau récit, aussi touchant qu'important. Elle explore à la perfection les différentes thématiques avec beaucoup de justesse émotionnellement parlant tout en mettant en avant des sujets peu communs pour illustrer ces thématiques. Un récit intelligent et prenant, beaucoup plus profond qu'il n'y paraît et qui sait surprendre, avec une héroïne extrêmement attachante.

Points de vue/Critiques:

        Avec une héroïne de l'âge de 16 ans, ce titre était initialement paru en grand format dans le genre du young adult, mais au vu de l'universalité et de l'importance des thématiques abordés, il est judicieux de l'avoir placé en catégorie romans contemporains adultes pour sa sortie poche. En effet, ce roman est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît au premier abord et au vu de l'universalité des thématiques abordées, ce livre a toute sa place en littérature générale. Avec une héroïne pour laquelle on se prend d'affection et qui est terriblement attachante, on vibre avec elle à chacune de ses émotions, donnant ainsi une histoire prenante et vibrante, mais aussi extrêmement intelligente. 

        Léa est ainsi une jeune adolescente de 16 ans, passionnée par le basket, une passion qu'elle partage étroitement avec son père et qui a un plan de vie et de carrière tout tracé, relatif à ce sport. Mais sa vie va voler en éclat du jour au lendemain lorsque son père décède brutalement et qu'elle apprend qu'elle est atteinte d'une maladie rare : le syndrome de Marfan, qui remet toute sa vie et ses plans de carrière à zéro. Avec cette étroite proximité qu'elle partageait avec son père, on ne peut qu'avoir le cœur serré pour Léa, mais encore plus quand c'est une double peine qu'elle se prend derrière la tête avec la détection de sa maladie. Difficile de ne pas se prendre d'affection pour la jeune fille qui se retrouve totalement démunie et sans aucun repères. On peut ne pas la comprendre parfois, la trouvée égoïste ou énervante, mais c'est parce qu'elle avant tout humaine et qu'elle est parfaitement retranscrite par l'autrice qui en fait un personnage vrai. On chemine donc avec elle sur l'évolution de sa vision des choses concernant notamment la détection de ce syndrome, à qui elle va devoir vivre toute sa vie : le déni, la colère, la distance, la peur et enfin l'acceptation. J'ai été particulièrement touchée par Léa par rapport à son rêve totalement brisé. Elle était tellement prête et déterminée que son désarroi total est compréhensible et profondément touchant.

        Marie Vareille illustre donc dans le récit le deuil, le deuil d'un être et le deuil d'un rêve et d'une carrière. Mais pour illustrer ces thématiques, elle utilise des sujets, comme le basket et le syndrome de Marfan, qui sont extrêmement rares en littérature et qui rendent cette lecture encore plus belle. Un pari osé mais extrêmement payant et merveilleusement réussi. Au final, ce livre montre ce qu'est l'apprentissage de la vie et qu'il faut parfois dévier de sa trajectoire pour pouvoir rebondir et se tracer une toute aussi belle mais différente vie.

En bref:

         Sous ses airs de roman young adult ou jeunesse, "Le syndrome du spaghetti" est un roman beaucoup plus profond et touchant qu'il n'y paraît. Avec Léa, une héroïne et une adolescente extrêmement touchante et de nombreux personnages tout aussi intéressants, on vibre d'émotions à chaque instant dans cette histoire qui a su me surprendre. On se prend d'affection pour elle et on chemine à ses côtés au gré de son évolution sur sa vision des choses, un personnage vrai parfaitement retranscrit. L'autrice aborde ainsi la thématique du deuil (d'un être cher et d'un rêve et d'une carrière) et de la maladie, mais elle a su les explorer à la perfection avec beaucoup de justesse émotionnellement parlant et tout en mettant en avant des sujets peu communs pour illustrer ces thématiques. Un pari osé mais extrêmement payant et merveilleusement réussi. Au final, ce livre montre ce qu'est l'apprentissage de la vie et qu'il faut parfois dévier de sa trajectoire pour pouvoir rebondir et se tracer une toute aussi belle mais différente vie.

jeudi 2 mai 2024

La dernière allumette (Marie Vareille)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Charleston (5 mars 2024)

336 pages

ISBN-10: 2368129537

ISBN-13:‎ 978-2368129531

Genre: Contemporain

Lu le: 26 Mars 2024

Ma note: 18/20




Résumé/4ème de couverture:

Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent en Bourgogne. Sa vie d’avant ? Elle l’a en grande partie oubliée. Elle est même incapable de se rappeler l’événement qui a fait basculer sa destinée et l’a poussée à se retirer du monde.


De loin, elle observe la vie parisienne de Gabriel, son grand frère, dont la brillante carrière d’artiste et l’imaginaire rempli de poésie sont encensés par la critique. Mais le jour où il rencontre la lumineuse Zoé et tombe sous son charme,


Abigaëlle ne peut s’empêcher de trembler, car elle seule connaît vraiment son frère…

Mon avis:

        Si Marie Vareille avait déjà placé la barre haute avec "Désenchantées" qui avait été une excellent lecture, elle a magistralement levé la barre encore plus haut avec "La dernière allumette" qui s'avère être magistral et exceptionnel. C'est un véritable ovni littéraire auquel on est pas préparé quand on le commence et l'on se retrouve embarqué dans une histoire puissante, vive, psychologiquement dure mais aussi émouvante et lumineuse. Que l'on sache ou non dès la lecture quel sera le sujet du récit ne change finalement pas grand chose, puisque c'est ce livre c'est bien plus que cela. Entre les personnages, le schéma narratif, les émotions bouleversantes en tout genre et les révélations fracassantes coup sur coup auxquelles on ne s'attends pas et qui peuvent faire de ce livre, un véritable thriller, c'est un gros coup de cœur pour ce roman magistral, qui restera dans les annales et les mémoires.

Merci aux éditions Charleston pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Difficile d'écrire à propos de ce livre sans rien dévoiler. Si déjà le thème principal de l'histoire, à savoir les violences conjugales et leurs répercussions sur les enfances, n'est pas forcément connu lorsque l'on commence cette lecture, le savoir en amont ne gâche rien, puisque l'on met vite les pieds dans le plat. Cette thématique n'est pas considéré comme un secret et est loin de constituer tout le sel et les surprises du livre.

        Avec les personnages de Gabriel, de Zoé et d'Abigaelle, on va naviguer entre leur passé et leur présent et apprendre à les connaître à travers leur vie. Le schéma narratif est très bien construit, de manière insidieuse, puisque ce puzzle va progressivement nous amener aux dernières pages où les révélations fracassantes s'enchainent, mais surtout il permet d'engloutir et d'orienter magistralement le lecteur vers des idées qui sont finalement loin d'être ce que l'on croyait. C'est ainsi que durant le trois quart du roman, on se demande vraiment où l'autrice veut nous emmener tant qu'on croit que ce l'on pense... Et puis, il y a aussi cette petite tension, ce suspense qui surgit progressivement et qui fait que l'on se retrouve à la fois soufflé et en apnée quand toute la lumière se fait. Car si les révélations sont fracassantes et bien loin de ce à quoi on pouvait penser, il y a en plus une succession de ces révélations! Marie Vareille nous surprend véritablement et nous désarçonne jusqu'au bout et ces éléments font en sorte que l'on pourrait tout à fait ranger ce livre parmi la catégorie des thrillers. 

        Les personnages sont extrêmement bien travaillés puisque l'on va au plus profond de leurs émotions et ressentis. Ainsi, on peut haïr certains personnages mais finir par les aimer et les comprendre au fil de leurs découvertes les plus intimes. L'histoire nous fait ainsi vibrer en émotions toutes plus fortes les unes que les autres. Car si l'histoire parle des violences conjugales, c'est aussi et surtout leurs répercussions sur les enfants qui va être largement évoqué. Ainsi, certains passages sont vraiment durs et douloureux à suivre, on retrouve également des moments poignants et lumineux. 

En bref:

        Magistral, époustouflant, exceptionnel et plein d'autres superlatifs pourraient s'appliquer à "La dernière allumette" tant ce livre est une véritable pépite et un ovni littéraire. Que l'on sache ou non d'emblée quel sera la thématique de l'histoire, cela ne change pas la donne puisque le sujet est rapidement annoncé et ne constitue pas tout l'essentiel du roman. Avec Gabriel, Zoé et Abigaelle, on va naviguer entre leur passé et leur présent et apprendre à les connaître à travers leur vie : un schéma narratif très bien construit et insidieux, une vraie toile émotionnelle dans laquelle nous piège l'autrice. Car si l'on se demande finalement où elle veut nous emmener, c'est pour mieux nous surprendre par des révélations fracassantes et coup sur coup auxquelles on ne s'attends pas et qui peuvent faire de ce livre, un véritable thriller. L'histoire est puissante, vive, psychologiquement dure mais aussi émouvante et lumineuse : on vibre d'émotions plus fortes les unes que les autres. Un gros coup de cœur pour ce roman magistral, qui restera dans les annales et les mémoires.

mercredi 29 juin 2022

Désenchantées (Marie Vareille)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Charleston (17 mai 2022)

303 pages

ISBN-10:‎ 2368128034

ISBN-13:‎ 978-2368128039

Genre: Contemporain

Lu le: 28 Mai 2022

Ma note: 18/20





Résumé/4ème de couverture:

        « Nous étions quatre. Angélique, qui, Dieu sait, n’avait rien d’un ange, Morgane, qu’on qualifierait aujourd’hui de “haut potentiel”, Jasmine, charitablement renommée “la fille de la femme de ménage” dans les journaux et le rapport de police, et Sarah Leroy. À moins que vous n’ayez passé les vingt dernières années à hiberner dans un igloo au Groenland, il est de toute évidence inutile de présenter Sarah Leroy. »

La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la vie de la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on avait ses convictions, on faisait des hypothèses sur ce qui lui était vraiment arrivé. Mais celles qui savaient se sont tues. Vingt ans plus tard, quelqu’un révèle enfin la vérité. Car ce n’est pas seulement l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi celle d’Angélique, Jasmine et Morgane ; c’est l’histoire des « désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes, des serments d’amitié, du chlore de la piscine municipale, des premières boums, des premières fois, et des plus lourds secrets.

Mon avis:

            Jusqu'ici je n'arrivais pas à trouver quel était mon livre préféré de l'autrice mais je l'ai dorénavant trouvé avec "Désenchantées". A la façon d'un cold case, cette histoire nous plonge dans un joli suspense et la plume travaillée mais extrêmement agréable de Marie Vareille fait en sorte que les pages tournent toutes seules. Autant nostalgique qu'émouvante, cette histoire palpitante à la construction intelligemment pensée permet de mettre à l'honneur l'amitié féminine.

Points de vue/Critiques:

         Avec "Désenchantées", beaucoup de choses sont réunies afin de faire en sorte que l'on est véritablement plongé au cœur de cette histoire palpitante dont on veut connaître tous les tenants et aboutissants. Tout d'abord, la construction du récit est intelligemment faite puisque l'on alterne deux processus différents. D'un côté, on retrouve un sorte de recueil, de journal intime dont on ne connaît pas véritablement l'identité de l'auteur mais qui va nous raconter l'enfance et l'adolescence des protagonistes et qui va planter le décor de la disparition de Sarah. De l'autre, on retrouve le récit à l'époque actuelle, soit quinze ans après la disparition inexpliquée de Sarah. On va ainsi suivre les points de vue de toutes ses amies, lesquelles constituaient une sororité amicale. Chacune va plus ou moins revenir sur ce qui c'est passé à l'époque, sur leur vérité et sur ce qu'elles sont devenues. Ensuite, les personnages sont forts et attachants car on les découvre adolescentes puis adultes. Angélique, Jasmine, Morgane et Sarah sont des gamines au début du roman mais elles vont montrer à quel point les liens d'amitié peuvent être fort. A celles-ci s'ajoutent d'autres personnages secondaires qui gravitaient autour de cette sororité et qui seront aussi mystérieux et suspicieux par rapport à la disparition de Sarah. Enfin, le sujet de cette histoire a tout pour nous happer. C'est en effet suite à la disparition de Sarah, totalement inexpliquée et qui soulève pas mal de questions, que le récit va se construire. On a donc une sorte de cold case, un fait divers fictif mais irrésolu que l'on va tenté de percé bien des années après. 

        On va retrouver beaucoup de sujets divers dans cette histoire qui reste centrée sur la disparition de Sarah et sur cette amitié indéfectible qu'unit les quatre adolescentes. L'adolescence est ainsi parfaitement retranscrite: les fréquentations pas toujours bonnes, les charmes des garçons, les mensonges, les trahisons, le soutien parental et bien entendu les amitiés. Les liens amicaux sera le fil conducteur de cette histoire qui nous fait osciller à travers diverses étapes. Malgré le drame ayant touché Sarah, on ne peut qu'être admiratif et touché par la persistance des liens malgré les années et la vie écoulée. Et c'est ainsi que l'on vibre, rit, pleure et espère en voyant chacune d'entre elles essayer de comprendre la vérité et découvrir tous les secrets liés à la disparition de Sarah. On apprécie de vivre chacun de ces instants avec elles, même si certains sont plus difficiles à vivre. 

            Autour de la disparition de Sarah, je dois avouer que j'ai été sans cesse surprise et même si le final peut être aisément trouvé, je me suis tellement laissée embarquer par l'histoire, par ses mystères et par les liens unissant les personnages, que je n'ai rien deviné. Le passé va rattraper le présent car chacune des filles va remettre en question ce qu'elle pensait savoir et ce qu'elle prenait pour acquis. On se rend compte que chaque fait ou évènement peut prendre un sens différent suivant l'interprétation que va en faire une personne. Chaque personnage va aussi avoir son importance et c'est assez bluffant de voir à quel point l'autrice à merveilleusement bien ficelé tout cela. Tout va ainsi finir par se dénouer me laissant de plus en plus étonnée.

En bref:

            Un récit brillant, une histoire palpitant et une construction parfaite, c'est la recette du livre brillant et qui fait incontestablement de "désenchantées" mon livre préféré de Marie Vareille. A la façon d'un cold case, cette histoire nous plonge dans un joli suspense puisque l'on va tenter de découvrir ce qui se cache, quinze ans après les faits, derrière la disparition inexpliquée de Sarah, grâce au récit de ses amies de l'époque. En oscillant entre ces points de vue et les extraits d'un journal intime nous plantant le décor au moment du drame, la construction du récit est intelligemment conçue. Avec la plume travaillée mais extrêmement agréable de l'autrice, le suspense est palpitant et les pages tournent toutes seules. En abordant des sujets divers, l'adolescence est parfaitement retranscrite et c'est la sororité implacable qui est vraiment au cœur de l'histoire. Aussi nostalgique qu'émouvant, le récit permet de mettre à l'honneur l'amitié féminine avec des personnages forts et attachantes que l'on découvre adolescentes puis adultes. On se laisse tellement embarquer par l'histoire, par ses mystères et par les liens unissant les personnages, que l'on se retrouve étonné par le final et bluffé de voir à quel point l'autrice à merveilleusement bien ficelé tout cela. Ce super roman est enchanteur et n'a de désenchanté que le nom.

lundi 21 juin 2021

Ainsi gèlent les bulles de savon (Maire Vareille)





Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Charleston (19 Mai 2021)

368 pages

ISBN-10: 2368126155

ISBN-13: 978-2368126158

Genre: Contemporain

Lu le: 29 Mai 2021

Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

« Certains choix nous définissent à tout jamais, celui-ci en fait partie. À partir d’aujourd’hui, je peux bien écrire la neuvième symphonie, sauver le monde d’une troisième guerre mondiale ou inventer le vaccin contre le sida, on ne retiendra de moi que cet acte innommable : j’ai abandonné mon bébé, toi, mon minuscule amour aux joues si douces.

Puisses-tu un jour me pardonner. »

Trois pays, de vibrants portraits de femmes aux destins entrecroisés. Quel est le lien qui les unit ? Quelle est leur véritable histoire ?

Mon avis:

            Dans ce nouveau livre de Marie Vareille, c'est le sujet de la parentalité qui est au centre de ce roman, un thème qui semble assez récurrent en ce moment. J'ai beaucoup aimé ce récit: non seulement il est bien construit avec le fait de suivre trois femmes différentes qui nous procurent une certaine curiosité pour savoir quel est lien entre elles, mais en plus, les différentes idées véhiculées sur la parentalité sont très bien distillées, de façon aussi juste que divertissante et touchante. 

Merci les éditions Charleston pour cet envoi!

Points de vue/Critiques:

            Ce sont trois femmes, donc trois histoires distinctes que nous propose Marie Vareille. On va tout d'abord faire la connaissance de Claire, qui est une jeune femme lambda et qui apprend avec une joie immense qu'elle est enceinte. C'est pour elle le début d'une nouvelle vie qui l'enthousiaste grandement, sa grossesse se déroule à merveille et aucune ombre ne vient noircir son horizon. Il y a ensuite Océane, une jeune américaine qui commence des études de médecine pour faire uniquement plaisir à son père, alors qu'elle est irrémédiablement attiré par la littérature. Et puis, au travers d'une sorte de carnet, nous suivons la vie d'une jeune femme, mystérieuse et non identifiée, qui semble avoir fuit à l'autre bout du monde après avoir abandonné son enfant. C'est notamment à travers cette dernière que les interrogations sont nombreuses. On sait que ces trois destins vont s'entremêler mais durant une bonne grosse partie du roman, on ne sait pas comment. On cherche ainsi sans cesse des pistes dont plusieurs tombent à l'eau au fil de la lecture. Se connaissent-elles? Y a-t-il un effet passé/présent? Est-il question des plusieurs générations? Seront-elles amenées à se rencontrer? Marie Vareille a réussi à très bien construire son histoire pour avoir cette pointe de suspense constant tout le long du roman, et n'arriver qu'à la fin pour lever le voile.

                Ces interrogations sur les liens entre ces trois femmes m'a immédiatement happé et m'a peut-être fait passer à côté des émotions véhiculées par chacune d'elles au début. Mais progressivement, parce que leur histoire est attachante et qu'elles ne sont pas des personnages lisses et inintéressants, on s'attache à elles au fur et à mesure. C'est ainsi que l'on se retrouve brutalement confrontée au désarroi et à l'appel à l'aide de Claire alors que l'on ne l'avait pas forcément vu arrivé, ou que l'on se retrouve tantôt soucieux, tantôt révolté par tout ce que vit Océane qui se retrouve chancelante face aux visions des uns et des autres l'entourant. Pour la troisième femme qui reprend pied, on apprend peu à peu à la connaître, mais de nombreuses choses restent encore sous silence, ce qui fait que l'on a beaucoup plus de mal à la cerner et à s'y attacher. 

                Ce n'est que vers le final du roman que les liens nous sont dévoilés. Et l'on se dit, "ha ouais, bravo, je l'avais pas envisagé". Dés lors, l'attachement et les ressentis empathiques se retrouvent multipliés, comme si lever les derniers voiles permettaient d'accéder pleinement à la sensibilité de chacune. Et pour ces trois femmes, cela permet de tirer définitivement un trait sur le passé et permettre de se tourner vers l'avenir grâce aux échanges des unes et des autres. Grâce à ses personnages, Marie Vareille ose mettre en avant le fait que la maternité n'est pas toujours synonyme de joie, bonheur et émerveillement, et ça, on dit bravo!

En bref:

                Dans son nouveau roman, Marie Vareille va aborder le thème de la maternité, qui est souvent aborder ces derniers temps, mais pas forcément de façon classique et édulcorée puisque l'autrice va mettre en avant le fait que cette période dans la vie d'une femme n'est pas toujours l'apanage de la joie, du bonheur et de l'émerveillement. Et c'est avec l'histoire de trois femmes, de trois destins différents que l'on va arriver à cette conclusion. La construction narrative de ces destins croisés nous entraîne dans un jeu de pistes excitant, d'autant plus qu'il finit par nous surprendre que dans le final du roman. Ces nombreuses interrogations initiales et cette levée de voile tardive font en sorte que l'attachement à ces femmes et le ressenti des émotions véhiculées ne sont que progressifs. Une fois les mystères de l'intrigue dévoilés, la lumière sur ce qu'elle ont vécu, leurs sensibilités et notre empathie sont décuplées. Un roman fort dans un écrin de douceur, aussi frais, léger et explosif qu'une bulle de savon!

vendredi 8 mai 2020

Je peux très bien me passer de toi (Marie Vareille)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Charleston (13 Janvier 2017)
Collection Poche
339 pages
ISBN-10: 2368121218
ISBN-13: 978-2368121214
Genre: Chick-Lit
Lu le: 23 Avril 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Chloé et Constance sont bonnes copines, bien qu’elles n’aient en commun que leurs vies sentimentales catastrophiques. Un soir, les deux jeunes femmes décident de prendre leur vie en main en concluant un pacte. Chloé, séductrice dans l’âme et Parisienne jusqu’au bout des ongles, devra s’exiler en pleine campagne avec l'interdiction d’approcher un homme pendant six mois. Constance, incorrigible romantique, s’engagera à coucher le premier soir avec un parfait inconnu. Des vignobles du Sauternais à Londres en passant par Paris, cet étrange pacte entraînera les deux amies bien plus loin que prévu…

Mon avis:

            Pour une lecture fraiche, pétillante et girly sous un beau soleil printanier, « Je peux très bien me passer de toi » est le candidat idéal. Deux jeunes femmes très différentes mais tout aussi loufoques l’une que l’autre nous font passer d’agréables moments pleins d’humour! Une lecture légère et divertissante, sans accrocs, qui remplit parfaitement son rôle!

Points de vue/Critiques:

            Par une passion commune qu’est celle de la lecture, Constance et Chloé vont se lier d’amitié alors que tout les oppose de prime abord, sauf leur vie sentimentale commune, c’est-à-dire compliquée, chaotique et en bordel. Si l’une est radicalement une grande romantique qui rêve de rencontrer son Mr Darcy et qui s’installe dans un « no sex land », l’autre est au contraire quelqu’un qui ne doute pas de ses charmes et qui rentre rarement seule quand elle veut. En faisant un pacte pour changer les choses, elles vont échanger leur mode de vie et tenter de respecter ces promesses. 

            Aussi différente l’une que l’autre, Chloé et Constante sont pourtant toutes les deux aussi attachantes, drôles et intéressantes l’une que l’autre. N’ayant pas du tout le même caractère, on s’identifie forcément plus à l’une, mais l’autre n’est pas pour autant détestable ou fade. On en apprend petit à petit plus sur leur personnalité et leur passé ne faisant pas d’elles des personnages sans profondeur et collant au cliché de la fille légère sans cervelle qui n’est pas que pour divertir. Si l’on alterne dans le récit entre les deux filles, il est vrai que les parties concernant Constance, à travers son journal intime, sont beaucoup plus brèves et c’est dommage d’avoir un tel déséquilibre entre les deux points de vue. Chloé que l’on suit donc majoritairement, connaît tellement de déboires et commet tellement de gaffes qu’il est vrai qu’elle fait davantage rire, du début à la fin. Sa spontanéité et ses répliques qui font mouches sont assez tordantes!

            L’histoire en elle-même est assez prévisible mais elle remplit parfaitement, de manière satisfaisante son rôle puisque l’on n’attend pas non plus des choses abracadabrantes, qui n’auraient ni queue ni tête. L’intérêt d’une telle histoire de check-list réside donc dans ses personnages et dans son cheminement. Si le premier point est rempli avec des filles drôles et sympathiques, le deuxième point est lui aussi réussi car Chloé et Constance cheminent progressivement vers une nouvelle vie avec ses quelques péripéties et rebondissements qui ne sont pas extraordinaires mais au moins, qui ne perdent pas de crédibilité.  

En bref:

            « Je peux très bien me passer de toi » est un roman frais, pétillant et drôle qui remplit parfaitement son rôle divertissant et agréable de livre chick-lit, idéal en période de beau temps. Avec deux héroïnes, Chloé et Constance, que tout opposent mais qui sont toutes deux très intéressantes et attachantes, on rigole littéralement du début à la fin en suivant et en alternant leur point de vue respectifs, à travers leurs péripéties qui rythment leur changement de vie après le pacte qu’elles ont scellées ensemble. Avec une histoire assez prévisible mais qui remplit parfaitement son rôle, un agréable moment de lecture est assuré! 

Autour du livre:

   Premier prix des lectrices Confidentielles 2015