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mardi 27 juillet 2021

Le tournesol suit toujours la lumière du soleil (Martha Hall Kelly)




Titre original: Sunflower sisters

Traduction: Géraldine d’Amico et Laurence Videloup

Nationalité de l’auteur: Américaine

Editions Charleston (19 Mai 2021)

736 pages

ISBN-10: 2368126686

ISBN-13: 978-2368126684

Genre: Historique

Lu le: 6 Juillet 2021

Ma note: 17/20

 


Résumé/4ème de couverture:

Au printemps 1861, les États-Unis sont au bord de la guerre civile et la Confédération comme l’Union intensifient la conscription chaque jour un peu plus.


En ces temps troubles où chacun joue sa liberté dans un pays sur le point de s’effondrer, les destins de trois femmes exceptionnelles s’entremêlent.


À New York, Georgeanna Woolsey va à l’encontre de toutes les attentes de la société mondaine et s’engage comme infirmière. Lorsque l’armée de l’Union passe par la plantation du Maryland où elle est esclave, la jeune Jemma est déchirée : doit-elle abandonner sa famille ou renoncer à la liberté? Quant à Anne-May, en charge de la plantation familiale depuis que les hommes ont rejoint les troupes confédérées, son ambition dévorante ne tarde pas à l’exposer à un sort terrible. 

Mon avis:

            C'est le clap de fin pour la série "Les femmes Ferriday" avec ce troisième tome. Le premier tome avait été un coup de cœur, la deuxième une bonne lecture mais sans plus. Et pour clôturer la série, on s'approche du coup de cœur, c'était une excellente lecture que j'ai rapidement dévoré malgré ses 700 pages. Comme l'on remonte de plus en plus dans le passé au fur et à mesure des tomes, c'est au moment de la guerre de Sécession que se déroule ce récit, où l'on retrouve une nouvelle fois, trois femmes d'horizons différents. Par ce biais, l'autrice réussit à dévoiler tout un pan de l'histoire des Etats-Unis en l'abordant sous différents angles. Le tout est prenant, intrépide et passionnant!

Points de vue/Critiques:

        Puisque cette série des "femmes Ferriday" apparaît dans un ordre antéchronologique, l'histoire de ce troisième tome va se dérouler dans les années 1860, aux Etats-Unis, en plein cœur de la guerre de Sécession. Et l'autrice conserve son schéma narratif, à savoir faire un roman chorale avec 3 femmes de différents horizons, dont l'une est plus ou moins à catégoriser dans la case des méchantes. C'est autant de points de vues différents qui enrichissent complétement le récit, donnant ainsi une vision assez large de ce pan historique et qui en fait quelque chose d'extrêmement complet. Et même si ces femmes sont d'extraction différentes, elles gardent ce point commun d'être des femmes fortes et courageuses. L'autrice peint encore une fois une magnifique fresque fémino-historique.

            Les trois femmes que tout oppose vont aborder ce conflit de manière bien différentes, et cela selon leur condition et niveau social. Mais c'est aussi au travers de leur idéaux et de leurs actions que l'autrice va nous plonger au cœur de cet affrontement étant donné qu'elle a su rendre compte de la guerre uniquement à travers leurs regards. On fait tout d'abord la connaissance de Anne-May Watson Wilson, une riche propriétaire d'esclaves et de plantation de tabac dans le Maryland, un état frontière. Etant veuve, elle va tout faire pour maintenir à flot sa propriété ainsi qu'assouvir ses passions futiles que sont la bonne nourriture et les beaux vêtements. Pour cela, maintenir l'esclavagisme de manière dure et méchante sur ses terres est quelque chose d'indispensable pour elle, au point d'aider les troupes Confédérées. Anne-May est évidemment une personne détestable, mais l'autrice apporte tout de même quelques petites nuances dans sa personnalité qui font que l'on peut essayer de la comprendre, à défaut de l'aimer et de s'y attacher.  La deuxième figure féminine est Georgy ou Georgeanna Woolsey, qui fait partie d'une riche famille New-Yorkaise abolitionniste. Tout comme ses nombreuses sœurs à la personnalité affirmée et à la vie active, sa condition de femme aisée ne fait pas d'elle une femme inactive restant sur ses acquis. Elle est non seulement érudite et maîtresse de son destin. C'est une femme d'action qui milite pour ses idéaux et qui ne va pas hésiter à s'engager comme infirmière de guerre durant la guerre. C'est un personnage que l'on apprécié immédiatement par sa bonté et sa volonté d'acier qui ne l'empêche pas d'aller au bout de ses convictions. La troisième femme de ce récit permet de faire un lien entre ses deux précédents personnages puisque Jemma est une jeune esclave de la plantation d'Anne-May qui va trouver refuge auprès de Georgy et de sa famille. Tantôt vendue, échappée ou réquisitionnée, Jemma n'est pas libre et c'est à travers elle que l'on aura le point de vue des esclaves. 

          Ces trois femmes permettent donc d'avoir une vision très large de la guerre de Sécession, avec le point de vue des esclaves, des abolitionnistes et des propriétaires d'exploitations. De plus, on rentre de temps en temps au cœur même du conflit, sur la champs de bataille auprès des soldats et des infirmières de guerre. Politique, stratégies, liberté, émancipation de la femme sont aussi des sujets que l'on retrouve. Suivre ces trois destins de femmes durant cette période historique forte est très prenant, intense et passionnant. On ne voit pas les pages défiler tant le rythme est assez trépidant avec des rebondissements et des actions les unes à la suite des autres. Quel qu'ils soient, on vibre et on retient son souffle pour tous les personnages.

            Le lien de ce récit avec la famille Ferriday n'est pas évident et pas explicitement présenté. Il ne faut pas chercher ce lien en abordant cette histoire car l'autrice révèle les tenants et aboutissants dans ses notes en fin d'ouvrage. On apprend ainsi que c'est en fait avec la famille Woosley, leurs ancêtres, en racontant toutes les actions que celle-ci a menées en faveur de l'abolition de l'esclavage qu'elle a voulu creuser l'histoire de la famille Ferriday. Les notes de l'autrice sont impressionnantes et sont tout aussi intéressantes, d'une autre manière, que le récit. En effet, non seulement on constate à quel point le travail de recherche de l'autrice est faramineux, mais aussi à quel point la part de vérité est fragrante, même si nous sommes dans une fiction. Elle nous enseigne ainsi que tous les membres de la famille Woosley ont réellement existé et elle nous renseigne sur ce qu'est devenu chacun d'entre eux. 

En bref:

            Ce troisième et dernier tome de la série de la famille Ferriday, conclue en toute beauté cette trilogie. Avec son ordre antéchronologique, cette série se conclue dans les années 1860, au Etats-Unis, en plein cœur de la guerre de Sécession. Et c'est toujours avec le point de vue de trois femmes, venant d'horizons divers, que l'autrice va nous peindre une magnifique fresque historique et féminine. Car malgré leurs différences, ce sont avant tout des femmes fortes et courageuses au destin exceptionnel. Toutes les trois, par leurs idéaux et leurs actions, vont permettent d'avoir une vision large de ce pan de l'Histoire américaine avec le point de vue des propriétaires d'exploitations et d'esclaves, des abolitionnistes, des infirmières de guerre, des soldats ou encore des esclaves eux-mêmes, sur fond de liberté et d'émancipation de la femme. Suivre le destin de ces femmes à travers ce récit est prenant, intense et passionnant!

Autour du livre:

Tome 1 : Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux (<-- chronique à retrouver ici)
Tome 2 : Un parfum de rose et d'oubli (<-- chronique à retrouver ici)

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