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lundi 7 février 2022

Le guerrier de porcelaine (Mathias Malzieu)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Albin Michel (12 janvier 2022)

230 pages

ISBN-10:‎ 2226470379

ISBN-13:‎ 978-2226470379

Genre: Historique

Lu le: 9 Janvier 2022

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

En juin 1944, le père de Mathias, le petit Mainou, neuf ans, vient de perdre sa mère, morte en couches. On décide de l'envoyer, caché dans une charrette à foin, par-delà la ligne de démarcation, chez sa grand-mère qui a une ferme en Lorraine. Ce sont ces derniers mois de guerre, vus à hauteur d'enfant, que fait revivre Mathias Malzieu, mêlant sa voix à celle de son père. Mainou va rencontrer cette famille qu'il ne connaît pas encore, découvrir avec l'oncle Emile le pouvoir de l'imagination, trouver la force de faire son deuil et de survivre dans une France occupée.

Il aura fallu plus de six ans à Mathias Malzieu pour écrire ce Guerrier de porcelaine, son roman le plus intime, où, alliant humour et poésie, il retrace l'enfance de son père et s'interroge sur les liens puissants de la filiation. 

Mon avis:

            Sans savoir de quoi relaterait ce nouvel opus de Mathias Malzieu, je fonce à la découverte les yeux fermés tant la plume de cet auteur est magique, poétique et entraînante. Dans ce livre, on a quelque chose de différent de ce à quoi nous a habitué l'auteur, puisqu'il y raconte l'histoire de sa famille dans un contexte historique. C'est un beau roman très intime écrit avec pudeur et authenticité. 

Merci aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

             Dans ce livre, Mathias Malzieu rend un très bel hommage à son père. C'est ce dernier, enfant, que l'on va suivre dans ce récit. On découvre ainsi le petit Mainou qui va devoir vivre son enfance en pleine Seconde Guerre Mondiale chez sa grand-mère et son oncle, où il devra vivre plus ou moins caché. Si son quotidien n'est pas facile entre les bombardements, les incertitudes, les peurs, l'absence de son père et le fait de rester discret et caché, on devine tout l'amour, parfois brusque, que lui donne sa grand-mère, et surtout son oncle. Ils sont partagés entre le fait de s'inquiéter pour lui, de devoir le cacher et donc de le priver de certaines choses et le fait qu'il soit un petit garçon avec des envies et une certaine candeur et liberté propres à lui. J'ai beaucoup aimé les attentions et tout l'amour de cet oncle, qui a une certaine âme d'enfant, puisqu'il arrive à se mettre à la place de Mainou et à comprendre et à ressentir ce que souhaite le petit garçon. Tout le récit est ainsi doux, tendre et assez touchant, puisque l'on perçoit aisément toute la pudeur et l'authenticité qui se dégage de cette histoire vraie, de ces souvenirs qui découlent du père de l'auteur.

            La plume de Mathias Malzieu très poétique arrive à retranscrire dans l'histoire de sa famille, même si l'exercice est plus difficile car plus personnel. On retrouve de belles phrases et idées poétiques, des choses délicates, sensibles et émouvante. Cela donne ainsi une vraie petite bulle de douceur et rend encore plus intimiste le récit, comme si l'on passait un moment très privilégié. Ce livre et cette histoire n'est d'ailleurs pas sans rappeler le livre d'Amélie Nothomb "Premier sang" où l'autrice rendait aussi hommage à son papa en racontant son enfance durant la guerre. 

En bref:

         Toujours avec sa plume délicate et poétique, Mathias Malzieu nous propose un livre un peu différent des autres, puisque dans "Le guerrier de porcelaine", il rend un très bel hommage à son père. Il va ainsi raconter l'enfance de ce dernier, le petit Mainou, obligé d'aller vivre caché chez sa grand-mère et son oncle durant le Seconde Guerre Mondiale. Face à la liberté et à toute la candeur de petit garçon, malgré ses peurs et ses blessures, toute la famille est aussi inquiète qu'aimante envers Mainou. L'histoire est donc très sensible et touchante et l'on perçoit aisément toute la pudeur et l'authenticité qui se dégage de cette histoire vraie, de ces souvenirs qui découlent du père de l'auteur. Et même si l'exercice est plus difficile car plus personnel, la plume de Mathias Malzieu très poétique arrive à jaillir dans le récit, ce qui renforce le côté intimiste du roman.

vendredi 4 février 2022

Le plongeon




Scénario: Séverine Vidal

Illustrations: Victor L.Pinel

Nationalité des auteurs: Française

Editions Bamboo (13 janvier 2021)

Collection Grand Angle

80 pages

ISBN-10: 2818978998

ISBN-13:‎ 978-2818978993

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 13 Janvier 2022

Ma note: 18/20 


Résumé/4ème de couverture:

En fermant une dernière fois les volets de sa maison, Yvonne, 80 ans, abandonne 40 ans de vie pour intégrer un EHPAD. Le changement est rude pour cette femme indépendante, d'autant qu'elle a encore toute sa tête. Elle a du mal à s'acclimater à cette nouvelle vie, qui la rapproche douloureusement de la mort. 

Prise dans le tourbillon inéluctable de la vie, l'octogénaire décidé de s'offrir une dernière parenthèse enchantée.

Mon avis:

        Quel gros coup de cœur pour cette bande-dessinée! Je ne m'attendais pas à cela et est même hésité à l’emprunter car c'était encore une énième histoire de personne âgée, malade, vieillissant et que l'on place en EHPAD. Mais cette histoire a su me charmer par ses petites particularités. On retrouve Yvonne qui est en pleine possession de ses moyens, qui n'est pas malade et qui a toute sa tête. Elle se résout juste à aller en EHPAD afin de ne pas être un fardeau pour ses enfants et petits-enfants. De plus, graphiquement, on le découvre, comme d'autres pensionnaires, avec des formes généreuses (car oui, les personnes âgés ne sont pas forcément petites et replètes!). Enfin, Yvonne va nous toucher car dans cette nouvelle vie où il faut qu'elle s'acclimate, il sera aussi question de la vision, découverte et acceptation de son corps nu et vieillissant, mais également d'amour clandestin et de sexe. A côté des ses originalités, l’autrice dépeint des choses plus classiques et attendus avec les moments ordinaires en collectivité comme les repas, les ateliers récréatifs, les interventions autoritaires de la directrice ou encore les pensionnaires qui n'ont plus tout leur tête. Mais on n'oublie pas non plus de rire, car avec la bande de joyeux petits vieux que l'on suit, ils ne sont pas les derniers pour faire des bêtises!

        Le scénario est vraiment emprunt de sincérité, de justesse et d'émotions car le regard porté et posé sur ces personnes âgées est bienveillant et saupoudré de pudeur.

Le jardin, Paris




Scénario et Illustrations: Gaëlle Geniller

Nationalité de l’auteur: Française

Editions Delcourt (6 janvier 2021)

Collection Mirages

211 pages

ISBN-10:‎ 2413022538

ISBN-13:‎ 978-2413022534

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 12 Janvier 2022

Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Années 1920. Rose est un garçon, et comme toutes les filles qu'il fréquente depuis sa naissance au cabaret dirigé par sa maman, il veut danser. Avec ce second livre, l'autrice de 24 ans, Gaëlle Geniller, frappe fort.

"Le Jardin" est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l'ambiance y est familiale. Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. Il va rapidement en devenir l'attraction principale. 

Mon avis:

        Quelque chose dans cette bande-dessinée m'a tout de suite attirée et quand je voyais les jolis retours dessus, sans compter le fait de découvrir qu'il s'agissait de l'autrice de "Fleurs de grand frère", il me fallait la découvrir. 

        Le thème abordé dans cette histoire est du genre courant actuellement et "à la mode" à savoir l’affranchissement des genres avec la quête d'identité qui va de soi. Malgré cela, on se prend d’affection pour Rose qui veut seulement vivre de ses passions, en l’occurrence la danse et le travestissement. Car dans tout le récit, il se dégage beaucoup de douceur, grâce aux lieux, aux personnages, au naturel de Rose et au trait de crayon fin mais expressif. Le sujet est donc traité avec naturel, pudeur et justesse et cela fait en sorte que l'on est facilement transporté dans cet univers dans lequel on pourrait retrouver de la facilité, des déconvenues heurtantes ou des aspérités malvenues. 

        La psychologie de Rose est bien développée. Car c'est un jeune homme solaire, enjouée et spontané. Mais lorsqu'il est confronté aux préjugés et au regard du monde extérieur au cercle restreint des pensionnaires du cabaret dans laquelle il a toujours vécus, Rose est déstabilisé et s'interroge. Le remède scénaristique a été trouvé en changeant de décor et en élargissant le champ des possible. Le voyage à la campagne sera une vraie bouffée d'air pour Rose comme pour le lecteur. Il n’y a pas d’action, pas de suspense, mais jusque un doux plaisir de profiter de chaque instant et une joie de vivre incroyable. Et la fin de l'histoire reste sur cette note, tournée vers l'avenir. Et j'ai aimé que l'on ne vienne pas parler, ni même terminer l'histoire, par la question de l'orientation sexuelle, qui aurait été trop facile, convenu et attendue alors que c'est un tout autre sujet, qui n'est pas forcément en lien et logique lorsque l'on parle d'affranchissement des genres

Maïana



 TOME 1: LE CALENDRIER DE L’AVENT

Scénario: Carbone

Illustrations: Pauline Berdal

Nationalité des auteurs: Française

Editions Jungle! (30 octobre 2019)

Collection Miss Jungle!

48 pages

ISBN-10:‎ 2822228418

ISBN-13:‎ 978-2822228411

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 9 Janvier 2022

Ma note: 16/20 

Résumé/4ème de couverture:

Maïana découvre un calendrier de l'avent spécialement conçu à son attention. Des messages intrigants sont glissés dans les papillotes. Elle mène l'enquête pour trouver qui se cache derrière ce cadeau et se replonge dans ses souvenirs d'enfance.

Mon avis:

        Le nom de Carbone me suffit pour avoir envie de découvrir cette bande-dessinée jeunesse, en plus d'être tout de suite attirée par les illustrations. Dans cette toute mignonne histoire emprunte de beaucoup de tendresse et de nostalgie, l'intrigue repose sur une énigme. Qui est derrière l'envoi de ce calendrier de l'Avent fait de papillotes en chocolat? Le récit suit ainsi le rythme de la découverte journalière des pensées contenues dans chacune des papillotes, qui correspondent étrangement bien au quotidien de Maïana. On notera que quelques dates sautent afin de ne pas faire languir inutilement le lecteur, qui a compris le fonctionnement, et qu'elles ont judicieusement été zappé dues à la gourmandise et à la curiosité de Maïana et de sa meilleure amie. En découvrant un peu l'histoire de famille de Maïana, il n'y a pas de grandes surprises pour les plus grands lecteurs. Mais pour les plus jeunes, l'idée est bonne et c'est une thématique pas évidente, courant et qui est habillement menée pour donner quelque chose de très doux, de bienveillant et de tendre.

Elles (BD)


 TOME 1: LA NOUVELLE(S)


Scénario: Kid Toussaint

Illustrations: Aveline Stokart

Nationalité des auteurs: Belge et Française

Editions Le Lombard (26 mars 2021)

Collection Jeunesse

96 pages

ISBN-10: ‎2803678241

ISBN-13:‎ 978-2803678242

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 8 Janvier 2022

Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture:

Elle, c'est une fille un peu comme tout le monde mais pas tout à fait comme les autres.

Jeune fille pétillante et équilibrée, c'est tout naturellement qu'elle est intégrée dans une joyeuse bande d'amis dès son arrivée au collège Mercury.

Mais se doutent-ils qu'Elle n'est pas seule ? Elle serait même plutôt cinq…

Cinq personnalités hautes en couleurs et pas toujours amicales.

Qui est Elle, réellement ?

Mon avis:

            Avec ses allures de teenager américain, j'avais repéré cette bande-dessinée avec Kid Toussaint au scénario que j'aime beaucoup et avec des illustrations très modernes et assistées par ordinateur comme peuvent l'être celles d'Arthur de Pins dans Zombillénium. L'histoire est assez originale puisque l'on découvre Elle, une jeune fille aux cheveux roses, qui vient d'intégrer un nouveau collège. Mais Elle détient un secret qu'elle n'est pas vraiment capable de maîtriser et qui lui attire des ennuis: elle a en fait cinq personnalités qui se cachent en elle et des entités aussi différentes l'une que l'autre, donc difficile à gérer! Elle va ainsi se laisser envahir par une de ses identités au gré des évènements qu'elle affronte et suivant les émotions ressenties. Chacune de ses personnalités sera facilement repérable grâce au jeu de couleur des cheveux qui permet de les distinguer: aucun soucis pour le (jeune) lecteur qui n'est absolument pas perdu. On s'amuse même à deviner quelle personnalité va jaillir dans telle situation et à identifier leur trait de caractère propre. On découvre Blondie, une fille combattante et compétitive, Brune, une fille très timide, Verte, une fille totalement mutique, Violette, une fille totalement joyeuse et extravertie et Rose, une fille calme et mesurée.

            Le fond de l'histoire va reposer sur les préoccupations des collégiens, partagés entre l'amitié, les amours et les devoirs, sans compter les parents... Le tout est agréable à lire et est divertissant mais l'on est véritablement curieux du devenir de Elle et impatient de connaître plus d'éléments sur le pourquoi du comment.

Wandering souls



TOME 1


Scénario et Illustrations: Zelihan

Nationalité de l’auteur: Française

Editions H2T(6 mai 2020)

212 pages

ISBN-10:‎ 2377772234

ISBN-13:‎ 978-2377772230

Genre: Manga

Lu le: 28 Décembre 2021

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

Ayten est une jeune orpheline qui vit dans un village de chasseurs au cœur des montagnes. A cause de sa capacité à communiquer avec les dépouilles d’animaux, elle mène une vie isolée des autres membres de sa tribu. Mais alors qu’elle fait une chute mortelle du haut d’une falaise, Ayten se régénère sous les yeux des villageois qui, terrorisés, décident de la bannir.

Pour la jeune exilée, ce jour marquera le début d’un voyage extraordinaire à travers les terres des dieux oubliés, les Shagaï. Et c’est dans un temple abandonné qu’Ayten fera une rencontre inattendue qui bouleversera sa vie à jamais.

Mon avis:

        C'est avec ses couleurs et son aspect fantasy sur la couverture, que ce manga m'a attiré, et puis une série en 2 tomes, c'est assez sympa de temps en temps. Il se passe beaucoup de choses avec pas mal d'actions dans ce premier tome et je ne suis pas sûre d'être certaine d'avoir compris tout les tenants et aboutissants. On découvre bien qu'Ayten est une petite file hors norme qui sera vite rejetée par sa tribu lorsqu'ils découvrent qu'elle se relève après une chute mortelle. Commence alors pour elle un voyage initiatique qui va se révéler peu à peu de plus en plus intriguant aux côté de Zed, un petit garçon. Le duo va vivre pas mal d'épreuves et de péripéties, ce qui fait que l'histoire de ce premier tome est très dynamique, qu'elle avance bien et vite, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Zed va apprendre à Ayten la joie, le bonheur, l'amitié et l'entraide, et il va aussi lui permettre de lever progressivement le voile sur ses pouvoirs et sur son origine grâce aux aventures vécues. 

        Et c'est à partir de là que les choses se sont un peu embrouillées pour moi, car les choses sont soit complexes, soit pas assez expliquées. On retrouve pas mal d'onirisme liée à la nature et avec les dessins qui dégagent beaucoup de beauté et de poésie, il est facile et agréable d'embarquer dans l'univers. Mais plus d'explications "rationnelles" n'auraient pas été de trop.

mercredi 2 février 2022

Respire (Niko Tackian)




Nationalité de l’auteur: Française

Editions Calmann-Lévy (5 janvier 2022)

Collection Noir

294 pages

ISBN-10:‎ 2702166261

ISBN-13:‎ 978-2702166260

Genre: Thriller

Lu le: 8 Janvier 2022

Ma note: 14/20 




Résumé/4ème de couverture:

Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé.

Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée. Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne. L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ?

Yohan veut comprendre. Mais jamais il n’aurait dû chercher à voir l’envers du décor. Car c’est bien connu, la connaissance fait voler en éclats le Paradis...

Mon avis:

        Je n'avais encore jusque là jamais eu l'occasion de lire un roman de Niko Tackian, j'étais donc assez curieuse de découvrir l'univers, l'imagination et la plume de l'auteur. Je ne sais donc pas si "Respire" peut être une vision représentative de ce qu'a l'habitude de faire Niko Tackian, mais je ressors assez déçue de cette lecture. En effet, l'histoire de base que l'on découvre dans le résumé de 4ème de couverture nous offre quelque chose d'assez classique et de déjà vu mais j'espérais quelque chose de plus étoffé et complexe. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. On est clairement en présence d'une histoire peu élaborée, très classique et de l'ordre du déjà vu il y a de nombreuses années avec Shutter Island, La Plage ou Lost par exemple.

Merci les éditions Calmann-Lévy pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

             Dés le début du roman, on part sur des bases assez classiques en ce qui concerne le personnage principal, Yohan, et sur les faits concernant sa vie. Suite à une déception amoureuse (qui nous est cachée pour essayer de créer une sorte de suspense mais qui ne prend pas, puisqu'au final il n'y a pas grand chose d'exceptionnel à découvrir de ce côté là aussi), il n'a plus de travail, son appartement est un vrai chaos et il n 'est plus que l'ombre de lui-même, vivant totalement reclut et sans entrain pour la vie. Dés lors, on commence à basculer dans ces choses qui appartiennent à l'ordre du déjà-vu: une étrange société secrète qui offre la possibilité d'offrir une nouvelle vie, le débarquement sur un île quasiment inhabitée et inconnue, des choses étranges qui se déroulent et des questionnements qui vont faire en sorte que Yohan aura pour but de trouver des réponses et s'enfuir de cette île. Ajoutons à cela de forts clichés comme l'apparition d'un brouillard soudain, un étrange cimetière, un vieil homme secret et acariâtre qui vit à l'écart, la femme charmeuse et secrète... Tout cela n'est pas sans rappeler des films et séries d'il y a minimum 15 ans comme Lost, La Plage ou Shutter Island...

            Malgré cet atmosphère non novateur, on est quand même pris dans l'histoire puisque l'on se demande s'il y aura quelque chose de surprenant ou d'intense. Et puis la plume de l'auteur est tout à fait plaisante et agréable et la lecture fluide permet de progresser rapidement sans s'ennuyer. L'auteur accorde même un soin tout particulier aux descriptions des décors et paysages permettant de parfaitement imaginer le tout. Mais cet accent accordé est peut-être trop intense puisque l'on retrouve un certain déséquilibre entre descriptions de l'atmosphère et de l'ambiance face aux fait et à l'intrigue même. Ainsi, après un court paragraphe faisant avance l'histoire avec un fait qui retient notre attention, l'auteur nous coupe l'herbe sous le pied et notre engouement en repartant sur des portions plus longues de descriptions. Le rythme est donc coupé. Dans l'ensemble du récit, plus on avance dans ce dernier, force est de constater que l'on se retrouve aucune surprise qui permettrait de démarquer cette histoire classique du déjà-vu...

En bref:

             Malheureusement, "Respire" ne m'a pas tenu en haleine et est loin de m'avoir coupé le souffle. Son histoire est de l'ordre du huis-clos insulaire classique et déjà-vu, d'il y a plusieurs années, tel que Shutter Island, Lost ou La Plage. On ne retrouve aucune originalité dans son contenu, qui est plutôt truffé de clichés en tout genre (brouillard, cimetière, personnages caricaturaux) ni même dans son dénouement, qui n'a rien d'étonnant. La plume agréable et fluide de l'auteur, malgré un léger déséquilibre entre faits percutants et descriptions des lieux et de l'ambiance, fait en sorte que l'on se plonge quand même bien dans l'histoire sans réel ennui. On a véritablement envie de savoir où ces secrets et ces mystères vont nous amener, mais sortir la tête de l'eau de ce roman n'est finalement pas bien palpitant.

mardi 1 février 2022

La patience du diable (Maxime Chattam)




Nationalité de l’auteur: Française

Editions Pocket (10 novembre 2015)

Collection Thriller

numéro 14555

572 pages

ISBN-10:‎ 2266207075

ISBN-13:‎ 978-2266207072

Genre: Thriller

Lu le: 6 Janvier 2022

Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ? 

Des gens ordinaires découverts morts... de terreur. 
Un go-fast qui transporte bien pire que de la drogue... 
Et dans ce qui semble être l'antichambre de l'enfer : un homme retrouvé sauvagement égorgé. 
Lieutenant à la section de recherches de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu'un fil sanglant relie ces faits divers. Le mal qui ronge le monde, elle le connaît. Elle le côtoie depuis trop longtemps. Alors elle plonge, prête à nager dans l'horreur pour en retrouver la source. 
Là-bas, le diable l'attend, patiemment.  

Mon avis:

            Après avoir beaucoup aimé le premier tome de la trilogie de Ludivine Vanckler, dot il me reste des souvenirs bien précis, j'avais hâte de continuer la saga et de retrouver son héroïne au fort caractère. J'ai passé un bon moment de lecture de façon globale avec ce deuxième tome mais il m'aura moins happé que le premier et me laisse beaucoup moins de souvenirs impérissables! Les faits lugubres sont marquants et glauques à souhait, mais la thématique du diable, longtemps décrite de façon historique et métaphorique durant la première partie ne m'a pas beaucoup intéressé. L'enquête est par contre très riche et assez complexe, elle demande parfois d'un temps pour se remémorer le jeu de pistes et les différents recoupements.

Points de vue/Critiques:

             Avec les différents faits divers qui sont tout de suite de vraies horreurs qui vont glace le sang (un en particulier m'a vraiment mis mal à l'aise), Maxime Chattam met une nouvelle fois, tout de suite son lecteur dans le bain. On plonge immédiatement dans le véritable Mal et l'objectif est de trouver quel est le dénominateur commun. La première partie du roman va donc principalement s'intéresser au Mal, à l'homme face à la violence, à l'implication de la religion et au Diable en lui-même. Il va donc y avoir beaucoup de références, beaucoup d'aspects historiques, philosophiques et religieux et même un raccordement avec l'univers de H.P Loovecraft. Je dois avouer que toute cette partie assez "théorique" avant d'enclencher réellement l'enquête m'a un peu ennuyée car ce sont des thématiques qui ne m'intéressent pas plus que cela. D'autant plus que j'ai eu l'impression de retrouver le même univers et le même thème que "in tenebris" et la Trilogie du Mal de façon générale. Celle-ci étant terminé, j'aimerais retrouver Ludivine Vanckler dans des histoires, certes glauques et prenantes, mais pas forcément liée au Mal avec un grand M car c'est quelque chose que l'on a déjà vu et qui a déjà été traité par l'auteur.

            Une fois ces bases établies, l'enquête entreprise par Ludivine démarre au quart de tour et ne trouve aucun répit. Une fois happé, l'auteur ne nous mâche pas grâce à cette tension permanente et aux nombreuses rebondissements qui n'arrêtent pas de survenir. De plus cette plongée dans l'univers du Mal, parfois dur à encaisser, va jusqu'aux découvertes très macabres, avec des détails très sanglants et glauques à souhait. Dans cette histoire, cet aspect bien dégueulasse est poussé donc attention aux âmes très sensibles! 

            Afin de savoir quel est de dénominateur commun aux terribles faits qui initient ce récit, Ludivine Vanckler mène l’enquête et c'est un véritable jeu de pistes qui s'enclenche. Car un indice va l'emmener sur une nouvelle piste donc une nouvelle idée et tout est ainsi prétexte à rebondir de pistes en idées. Et comme les indices vont découler des plusieurs faits qui sont traités initialement comme n'ayant aucun point commun, il faut quand même être assez concentré pour avoir en tête tout le cheminement. Je me suis parfois arrêtée durant ma lecture pour tenter de me rappeler comment, par qui ou quel indice on en été arrivé là. Il n'en reste que tout est palpitant et prenant et l'on a hâte de savoir qu'est-ce qui est à l'origine de toute cette horreur, pour aussi, s'en retirer!

En bref:

        Avec ce deuxième tome des aventures de Ludivine Vanckler, c'est une nouvelle fois une véritable plongée dans le Mal que nous offre Maxime Chattam, un point aussi positif que négatif. Dés le début, avec des faits divers qui semblent n'avoir aucun lien, on est tout de suite immergé dans l'horreur, l'occasion d'avoir une première partie assez théorique, philosophique et religieuse sur le Mal, le rapport de l'homme avec la violence, la religion et le Diable. Ce début ne m'a pas vraiment transporté et l'on trouve une certaine redondance avec la Trilogie du Mal... Mais une fois l'enquête commencée, on va  baigner régulièrement dans un univers fait de découvertes très macabres et très sanglantes, bref, glauque à souhait. Pour trouver le dénominateur commun, on va aller de découvertes en découvertes et chaque nouvel indice va permettre de faire rebondir l'histoire dans un nouveau jeu de pistes fait de nouvelles idées et de nouveau rebondissements. Un peu de concentration est ainsi nécessaire pour avoir en tête tout le cheminement et aller progressivement vers le centre de  toile tissée par des évènements isolés au premier abord. L'histoire reste palpitante et prenante et l'on a hâte de savoir qu'est-ce qui est ou qui est à l'origine de toute cette horreur, pour aussi, s'en retirer!

Elle et son chat (manga)



Titre original:
Kanojo to Kanojo no neko
Nationalité des auteurs: Japonaise 
Editions Pika (22 Septembre 2021) 
Collection Seinen
164 pages
ISBN-10: 2811657789
ISBN-13: 978-2811657789
Genre: Manga
Lu le: 3 Janvier 2022
Ma note: 15/20 



Résumé/4ème de couverture:

Chobi savoure sa vie de chat auprès de la maîtresse qui l'a recueilli, une jeune femme connaissant à la fois les avantages de l'indépendance et les affres de la solitude. Les yeux du félin assistent à ce quotidien qui s'écoule lentement, oscillant entre moments chaleureux et moments teintés d'amertume, entre jours de soleil et jours de pluie. 

Mon avis:

            Quelque temps après avoir découvert le roman, je découvre "Elle et son chat" en version manga. Contrairement au roman où l'on découvre presque cinq histoires différentes (mais intimement liées entre elles tout de même), le manga va uniquement s'intéresser à l'histoire de base, c'est-à-dire la vie de chat de Chobi avec sa maitresse. 

            C'est un récit tranche de vie où il ne se passe pas grand chose et où il n'y a pas beaucoup de texte. Car c'est davantage dans la contemplation que l'on découvre cette histoire, emprunte de beaucoup de tendresse et de nostalgie. Les émotions traversent alors très facilement vers le lecteur. Le récit se fait à travers le regard du chat que notre héroïne va recueillir. On perçoit alors les choses différemment et c'est vraiment intéressant. Car chat et humain se sont véritablement trouvées et s'apportent mutuellement. Chobi trouve en sa maîtresse un foyer chaleureux et protecteur et la jeune femme trouve dans son chat beaucoup de réconfort et une présence certaine pour quelqu'un de très sensible comme elle, qui a dû mal à vivre en société. Ses difficultés relationnelles sont d'ailleurs très bien retranscrites avec beaucoup de pudeur et de sobriété, faisant en sorte que l'on peut facilement se retrouver et comprendre la jeune femme plutôt que de la prendre en pitié et de ne pas déchiffrer son mal-être.

            Si certains moments sont véritablement emprunts de poésie, d'autres sont plus inquiétant et nous fait interroger sur la personnalité de la jeune femme. Et même si le point de vue est animal, on s'identifie pleinement à ces inquiétudes. Finalement, l'histoire tend à montrer à quel point une relation homme-animal peut-être importante et touchante et à quel point l'un peut apporter à l'autre. C'est un manga one-shot très touchant, avec des sentiments très profonds et où les émotions passent sans avoir besoin de mots.