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lundi 18 novembre 2024

Les soleils mouillés (Françoise Bourdin)





Nationalité de auteur: Française

Éditions Récamier (3 octobre 2024)

160 pages

ISBN-10:2385770857

ISBN-13:978-2385770853

Genre: Contemporain

Lu le: 14 Octobre 2024

Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture:

" À force d'écrire des nouvelles, je me suis lancée dans la rédaction d'un roman. Le premier est toujours un peu autobiographique. " Françoise Bourdin

Une histoire personnelle et authentique, d'une jeune femme dont la précocité littéraire laissait présager l'auteur à venir.

Frédérique est une jeune fille pleine de fougue et passionnée de course hippique. À dix-sept ans, elle décide de fuir la relation fusionnelle mais compliquée qu'elle vit avec son premier amour, Joël. En voyage à Londres, elle tombe sous le charme d'un jeune lord, brillant, au caractère rassurant, qui lui ouvre les portes de l'aristocratie anglaise.

Quatre ans s'écoulent, Frédérique mène avec le bel anglais une vie certes agréable, mais sans saveur, sans frisson, sans passion. La France, l'aventure et les champs de courses lui manquent. De retour à Paris, elle revoit Joël, devenu jockey. Alors qu'elle pensait l'avoir oublié, Frédérique retrouve à son contact la flamme qui l'animait autrefois.

On peut sacrifier son passé, le renier ou le détester, mais on ne peut pas l'effacer.

Mon avis:

        "Les soleils mouillés" est le tout premier roman écrit par Françoise Bourdin alors qu'elle n'avait que 17 ans, qui était introuvable et qui a été republié chez les éditions Récamier, avec l'accord des filles de l'autrice et en n'étant aucunement retravaillé. Avec moins de 150 pages, cette histoire est complète mais pas vraiment aboutie. Il faut avoir en tête que l'autrice était très jeune et que finalement elle mettait beaucoup d'elle dans ce roman à travers cette héroïne, qui est très jeune et qui est passionnée par les chevaux et les courses hippiques. Frédérique n'est pas particulièrement une jeune femme attachante avec son côté égocentrée et petite fille gâtée, mais on comprend très bien à travers elle ce désir de fougue et de liberté et ces questions de choix de vie parfois difficiles à prendre. J'ai plutôt bien aimé toutes ces interrogations mais j'ai moins bien aimé le style d'écriture qui est est très incisif, trop parfois, conférant de temps en temps un manque de compréhension notamment dans les dialogues et les réactions, déconcertantes, des personnages. Il est intéressant de découvrir le premier livre de Françoise Bourdin, dans lequel il y a beaucoup d'elle et de voir l'immense parcours plein de talents et de succès qui s'en ont suivis.

Merci aux éditions Récamier pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Devenu introuvable, "Les soleils mouillés" est le premier roman écrit par Françoise Bourdin alors qu'elle n'avait que 17 ans, que les éditions Récamier ont décidé de republié, en concertation et en accord avec les deux filles de l'autrice et avec cette volonté de republié ce texte dans sa version originale, sans le retoucher d'une seule virgule. On peut déceler beaucoup de similitudes entre cette histoire et la vie de l'autrice. On retrouve ainsi une jeune héroïne de 20 ans, Frédérique (qui sera le prénom d'une de ses filles) qui est passionnée de chevaux et de courses hippiques, dont le premier amour est jockey et qui sera marqué par un drame. Lorsque l'on connaît et que l'on se renseigne sur la vie de Françoise Bourdin, on peut très vite associer les points communs. 

        Frédérique n'est clairement pas un personnage attachant, que l'on apprécie. C'est en effet une très jeune femme dont le caractère est de vouloir vivre avec plein de fougue et de liberté et qui a ce côté très enfant gâté et autocentré. C'est une sorte d'immaturité lié à son âge qui est tout à fait compréhensible, mais même si elle n'est pas attachante, elle n'en reste pas moins intéressante. En effet, à travers elle, on comprend à quoi correspond le prisme de la jeunesse des années 60 et qu'elles sont leurs attentes par rapport à ce que la société attends d'elle. Frédérique est un véritable tourbillon d'énergie mais qui trouve un certain apaisement, mais aussi une certaine réussite, en épousant un jeune lord séduisant et cultivé, plus âgé qu'elle, qui fait rêver toutes les femmes et qui lui permet d'avoir une confortable et paisible vie de jeune épouse anglaise. Mais lorsque Frédérique revoit son amour de jeunesse, c'est toute la fougue et la liberté de Frédérique qui rejaillissent et qui ne demandaient qu'à être libéré. C'est avec Joël que Frédérique peut révéler sa véritable nature, qui se retranscrit dans ces dialogues pleins de tempérament et d'opposition, qui ne sont d'ailleurs pas évident à suivre... L'héroïne de ce récit permet donc d'illustrer le fait qu'il n'est pas évident de réfréner ces vrais désirs et sa vraie personnalité, tout comme le fait de vouloir effacer son passé, et que l'on peut être très tôt confronté à certaines interrogations majeures de la vie.

En bref:

         Ce tout premier roman de Françoise Bourdin, écrit alors qu'elle n'avait que 17 ans, met en scène une héroïne qui possède beaucoup de similitudes avec l'autrice, de part sa jeunesse, sa passion et ses amours. Mais Frédérique n'est pas une héroïne particulièrement attachante, avec son côté très enfant gâté et autocentré. Une sorte d'immaturité liée à son âge tout à fait compréhensible, mais qui fait quand même d'elle quelqu'un d'intéressant. En effet, à travers elle, on comprend à quoi correspond le prisme de la jeunesse des années 60, quelles sont leurs attentes par rapport à ce que la société attends d'elle. Entre son début réussi dans sa vie de jeune femme et ses retrouvailles avec son amour de jeunesse qui vont raviver toute sa fougue et son besoin de liberté, Frédérique permet donc d'illustrer le fait qu'il n'est pas évident de réfréner ces vrais désirs et sa vraie personnalité, tout comme le fait de vouloir effacer son passé, et que l'on peut être très tôt confronté à certaines interrogations majeures de la vie. J'ai plutôt bien aimé le fond de cette histoire mais j'ai moins bien aimé le style d'écriture qui est est très incisif, trop parfois, conférant de temps en temps un manque de compréhension notamment dans les dialogues et les réactions, déconcertantes, des personnages. Il est intéressant de découvrir le premier livre de Françoise Bourdin, dans lequel il y a beaucoup d'elle et de voir l'immense parcours plein de talents et de succès qui s'en ont suivis.

mardi 12 novembre 2024

Où vont les larmes quand elles sèchent (Baptiste Beaulieu)




Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Collection Proche (3 octobre 2024)

280 pages

ISBN-10:2493909763

ISBN-13:978-2493909763

Genre: Contemporain

Lu le: 9 Octobre 2024

Ma note: 16/20 





Résumé/4ème de couverture:


Jean a trente-six ans. Il fume trop, mâche des chewing-gums à la menthe et fait ses visites de médecin de famille à vélo. Il a supprimé son numéro de portable sur ses ordonnances. Son cabinet médical n'a plus de site Internet. Il a trop de patients : jusqu'au soir, ils débordent de la salle d'attente, dans le couloir, sur le patio.

Tous les jours, Jean entend des histoires. Parfois il les lit directement sur le corps des malades. Il lui arrive de se mettre en colère. Mais il ne pleure jamais. Ses larmes sont coincées dans sa gorge. Il ne sait plus comment pleurer depuis cette nuit où il lui a manqué six minutes.

Mon avis:

        Ce livre est presque comme un petit ovni littéraire puisque sans que cela soit clairement stipulé, c'est clairement l'auteur, Baptiste Beaulieu qui se met en scène dans ce roman de fiction à travers le personnage de Jean. Celui-ci est un médecin qui devient généraliste après avoir assisté impuissant à un drame à l'hôpital qui va le conduire vers une nouvelle voie mais aussi vers cet état physiologique d'être dans l'incapacité à pleurer. Et c'est sous la forme d'un journal intime ou journal de bord que l'on va suivre les états d'âmes de ce médecin à travers ses anecdotes médicales quotidiennes liées aux patients, qui sont tantôt drôles et tendres, tantôt émouvantes et tristes. L'auteur dépeint ainsi une réalité médicale en pointant du doigt toutes les difficultés du métier auxquelles on ne pense parfois pas. Situations complexes, respect du patient, implication et protection personnelle et moyens en baisse sont autant d'exemples qui permettent d'illustrer toute l'ambivalence de ce métier, dans lequel il y a le médecin et il y a l'homme. C'est un très beau roman, aux multiples facettes, rempli d'humanité et d'émotions.

Merci aux éditions Collection Proche pour l'envoi de ce roman!

Points de vue/Critiques:

        Un peu comme un seul-en-scène, le personnage de Jean va s'adresser directement au lecteur afin de raconter sa vie de médecin, mais également sous la forme de journal intime ou journal de bord. Si l'on connaît un tant soir peu l'auteur, il est évident que Baptiste Beaulieu incarne son propre rôle... Après avoir assisté au décès d'un enfant à l'hôpital qui le hantera chaque jour et qui fera en sorte que Jean n'est plus capable de verser une seule larme quelque soir les circonstances, il décide de devenir médecin généraliste. C'est ainsi que le tableau du quotidien d'un professionnel de santé va progressivement se dessiner et se révéler. A travers des scènes finalement plutôt banales, c'est tout l'envers du métier et ses coulisses qui nous sont dévoiler. On assiste alors à des scènes drôles, des anecdotes cocasses, des évènements dramatiques, des situations complexes : bref, tout un panel d'émotions aussi variées les unes que les autres, que le médecin éprouve au cours de sa journée et qui switche très rapidement au fil des patients qui se succèdent.  

        Mais sous ces airs de nonchalance, ce texte permet de prendre conscience de toutes les difficultés du métier et de dénoncer certaines failles et abus du système. Entre l'investissement personnel à donner, volontairement ou non par faute de moyens et la nécessité de se protéger individuellement du point de vue physique et psychologique, la solitude du métier face aux confrères parfois con-frères, les violences médicales et l'irrespect des corps et des personnes qui vont trop souvent de mises et la beauté et la dévotion pour ce métier, c'est véritablement toute l'ambivalence de cette profession qui est illustrée. Et à travers un langage franc, naturel, parfois cru et proche d'un langage parlé, Baptiste Beaulieu nous montre l'homme derrière l'humain. Ce texte est donc plein d'humanité et cette plongée dans le quotidien de cette profession permet d'apprendre beaucoup de choses sur l'envers du décor de cette vocation. 

En bref:

        Ce petit ovni littéraire, c'est finalement Baptiste Beaulieu qui se met en scène à travers le personnage de Jean. C'est sous la forme d'un journal intime ou journal de bord que l'on va suivre les états d'âmes de ce médecin devenu généraliste et incapable de pleurer quelque soit les circonstances, après avoir assisté impuissant à un drame à l'hôpital qui le hante. A travers un langage franc, naturel, parfois cru et proche d'un langage parlé, on va suivre les états d'âmes de ce médecin à travers ses anecdotes médicales quotidiennes liées aux patients, qui sont tantôt drôles et tendres, tantôt émouvantes et tristes, tantôt complexes et cocasses. C'est tout un panel d'émotions qui ressort dans cet envers du métier et ces coulisses qui nous sont dévoiler. L'auteur dépeint également une réalité médicale en pointant du doigt toutes les difficultés du métier auxquelles on ne pense parfois pas. Cette plongée dans le quotidien de cette profession permet d'apprendre beaucoup de choses et permet d'illustrer toute l'ambivalence de ce métier, dans lequel il y a le médecin et il y a l'homme. C'est un très beau roman, aux multiples facettes, rempli d'humanité et d'émotions.

Le renard du Père-Lachaise




Scénario & Illustrations : Nicolas Gilsoul

Nationalité de l’auteur: Française

Éditions Robert Laffont (3 octobre 2024)

48 pages

ISBN-10:2221267990

ISBN-13:978-2221267998

Genre: Album

Lu le: 7 Octobre 2024

Ma note: 18/20 




Résumé/4ème de couverture:


Benjamin a fait le pari de passer la nuit tout seul dans le cimetière du Père-Lachaise. Tout seul ? Vraiment ?

Dans les hautes herbes, ça grince, ça siffle, ça griffe et ça murmure...

D'abord effrayé, Benjamin va rapidement découvrir, au détour des tombes envahies par la végétation, une vie inattendue et d'adorables habitants.


Mon avis:

        Je ne m'attendais pas à découvrir un album très "jeunesse" en craquant sur ce titre, mais ce n'est absolument pas un regret tant j'ai eu un coup de coeur pour cette magnifique et émouvante histoire qui a su me surprendre pleinement et que l'on peut interpréter de différentes manières. Si les enfants pourront découvrir de très belles choses, c'est le genre d'albums à relire au fil des ans, jusqu'à l'page adulte afin de l'interpréter de diverses façons. 

        Si l'histoire se déroule en plein coeur du cimetière du Père Lachaise, ce n'est pas pour autant un livre triste ou morbide, bien au contraire. On suit les différents animaux connus pour peupler et vivre au coeur du cimetière. Ils nous entraîne dans leur quotidien et pendant la nuit, dans une histoire pleine de poésie qui célèbre la vie, la vie qui est partout autour de nous et qui se déroule au fil de différents cycles, tout en abordant le deuil de manière différente et apaisée. Cet album regorge de joie, de respect, de bienveillance, de douceur et de poésie. Le dénouement m'a totalement décontenancée et étonnée, je ne l'avais pas vu venir et il confirme que cette magnifique fable est à découvrir pour les petits comme pour les plus grands et qu'elle véhicule plein de magie et d'émotions. A découvrir et à redécouvrir sans modération! 

Merci aux éditions Robert Laffont pour l'envoi de ce livre!

Angor (BD)



Scénario : Sylvain Runberg d’après l’œuvre de Franck Thilliez

Illustrations : Luc Brahy

Nationalité des auteurs: Française et Belge

Éditions Phileas (19 septembre 2024)

112 pages

ISBN-10:2385020246

ISBN-13:978-2385020248

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 7 Octobre 2024

Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:


Lucie Henebelle et Franck Sharko reprennent du service avec une affaire encore plus éprouvante que leurs enquêtes précédentes : il sera cette fois question d'ADN, de vol d'enfants, de famille, de l'Amérique du Sud, de trafic d'organes, d'amour, de greffes et de cadavres !

Quatrième volet des enquêtes conjointes de Henebelle et Sharko.

Franck Thilliez, Sylvain Runberg et Luc Brahy nous embarquent cette fois dans les traces de Camille qui a reçu une greffe du cœur après une crise cardiaque un an plus tôt. Elle apprend alors que son organisme rejette son cœur et qu'il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Elle reçoit pourtant des messages de ce nouveau cœur : des visions d'une femme séquestrée, une envie de fumer... Elle part à la recherche de son donneur.

Parallèlement, Sharko enquête sur une femme retrouvée dans une galerie souterraine où elle erre dans le noir depuis plusieurs mois. Lucie, en congé maternité, s'occupe de ses jumeaux, mais ne peut pas s'empêcher de s'intéresser à l'affaire de son compagnon et décide de reprendre son travail plus tôt pour l'épauler dans une nouvelle aventure qui éprouvera encore leur couple, au travail comme à la ville.

Mon avis:

        Après avoir récemment lu "La trilogie de la Violence" en bande-dessinée, je suis ravie de continuer la série de Franck Sharko et Lucie Hennebelle en version graphique, d'autant plus que je n'ai pas encore lu "Angor" en roman. C'est un plaisir de retrouver les mêmes auteurs au scénario et aux dessins puisque l'on conserve ces pattes caractéristiques de cette série illustrée. Ne connaissant pas l'histoire, c'est donc une découverte en tant que novice, et j'ai beaucoup aimé comment l'histoire était mise en scène. On retrouve des encarts spécifiant le lieu et la date afin de se situer parfaitement dans l'intrigue et ses différents angles et personnages. On ne se perd jamais et passer entre les divers pans de l'intrigue dynamise parfaitement l'histoire. Les auteurs ont fait en sorte que l'on prend parfois le temps d'exposer les choses, sans être dans l'urgence et en maintenant en place cette tension croissante. L'équilibre trouvé est parfait puisque l'on n'a pas cette sensation que tout va trop vite. J'ai donc passé un excellent moment de lecture et j'ai tout de même hâte en envie de découvrir le roman!

Merci aux éditions Phileas pour l'envoi de ce livre!

L'éducation des papillons (Donato Carrisi)


Titre original : L'educazione delle farfalle

Traduction :  Anaïs Bouteille-Bokobza

Nationalité de l’auteur: Italienne

Éditions Calmann-Lévy (2 octobre 2024)

Collection Noir

487 pages

ISBN-10:2702191401

ISBN-13:978-2810207695

Genre: Thriller

Lu le: 7 Octobre 2024

Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Grâce à sa détermination et son sang-froid, Serena, une redoutable femme d'affaires, va de réussite en réussite. Elle vit de manière opulente à Milan sous le règne de l'ordre et du contrôle. Mais lorsqu'elle tombe accidentellement enceinte d'Aurora, Serena doit endosser une responsabilité qu'elle n'avait jamais imaginée : celle de mère.

Six ans plus tard, dans une colonie de vacances nichée au coeur des montagnes suisses, un incendie ravageur menace la vie des douze petites pensionnaires. Pendant un instant, les équipes de secours croient avoir retrouvé toutes les enfants - mais il en manque une : Aurora. Aucune trace de son corps n'est trouvée dans les décombres.

Tandis que Serena cherche à faire son deuil, une personne anonyme la contacte et affirme que sa fille est toujours vivante. Pire encore, elle serait en danger... C'est alors que commence la plus grande mission de la vie de Serena : retrouver Aurora et la délivrer du mal.


Mon avis:

        Pour ce nouveau livre qui est un one-shot dans la bibliographie de l'auteur italien de thrillers, on est plutôt dans un registre de thriller psychologique, auquel ne nous avait pas vraiment habitué jusqu'ici l'auteur. Si "L'éducation des papillons" n'est peut-être pas du grand Carrisi parce que l'histoire est beaucoup moins sombre et glauque, ce roman reste très bon. Avec un personnage principal antipathique, au antipodes de la mère de famille à laquelle on l'imagine, l'auteur réussit à axer son histoire à la fois sur la tension palpable de l'intrigue mais également sur l'évolution grandissante et psychologique de ce personnage. L'auteur joue sur la temporalité pour créer notamment cette tension croissante mais il arrive aussi parfaitement à semer le doute sur les véritables évènements, chez ses personnages comme chez ses lecteurs. L'atmosphère de suspicion, de doutes et d'incertitudes est ainsi maintenue jusqu'à la fin et même si les révélations finales ne sont pas de l'ordre du sensationnel, l'intrigue ne tombe jamais dans la facilité. L'immersion dans cette histoire est pleinement réussie puisque son caractère addictif est indéniable. 

Merci aux éditions Calman-Lévy pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

    Les thèmes de cette histoire vont tourner autour de la maternité avec un personnage principal féminin, Serena, qui est une mère de famille comme on ne se l'imagine pas vraiment. En effet, cette femme carriériste n'a jamais voulu être mère et a dû élever sa fille Aurora un peu malgré elle. Il s'agit d'un personnage froid, qui donne une éducation lambda à sa fille et pour laquelle elle n'a pas vraiment d'amour maternel. Mais quand la petite fille meurt dans les flammes d'un incendie lors d'un camp de vacances, c'est le point de bascule pour Serena. Cet évènement tragique devient l'élément déclencheur d'une quête existentielle, d'une vraie prise de conscience et surtout de la prise en main d'une enquête afin de connaître la vérité sur le déroulement et les aboutissants de cet incendie. Serena n'est donc pas un personnage attachant et ne le devient jamais mais le but est avant tout de constater son évolution psychologique au fil de ses recherches. Car si le but est de trouver la vérité sur cet incendie, c'est aussi et surtout une véritable quête personnelle et identitaire qu'elle entreprend. Face à la perte d'un enfant et au deuil impossible même si l'être perdu n'était pas désiré au départ, l'auteur montre parfaitement tout l'ambivalence des sentiments maternels chez Serena qui est en proie à un dilemme constant.  

    L'intrigue tient en haleine de bout en bout. L'auteur réussit à maintenir une tension permanente et croissante, basée sur le fait de jouer sur les temporalités en alternant les souvenirs et le présent et de jouer sur la psychologie de Serena, tiraillée entre ses sentiments et sa culpabilité, sans compter sur les différents éléments de vérité qu'elle trouve au fur et à mesure et qui font en sorte que ne sait plus à quels saints se vouer. Un processus de remise en question permanent et une atmosphère de suspicion et d'incertitudes qui sont savamment bien entretenus par l'auteur. Le suspense est maintenu à son comble jusqu'à ce que chaque petite révélation qui entretenait le mystère se dévoile. Je ne peux pas dire que le dénouement est spectaculaire et inattendue puisque se faisant progressivement, il n'est pas question de final explosif et percutant. Le caractère addictif et la singularité du roman proviennent de son côté psychologique et dans la capacité de Donato Carrisi à brouiller les pistes et à manipuler ses personnages comme ses lecteurs pour qu'ils ne sachent plus vers où et qui se tourner pour trouver la vérité. 

En bref:

        Avec "L'éducation des papillons", Donato Carrisi s'éloigne quelque peu de son genre de prédilection pour s'engouffrer dans la sphère du thriller psychologique. Serena, son personnage principal est une mère de famille auquel on ne s'attache pas puisqu'elle est très froide et qu'elle n'a pas cet instinct maternel envers sa fille. Mais elle est très intéressante à suivre puisque l'intrigue repose essentiellement sur l'évolution psychologique de Serena, lorsqu'elle cherche la vérité sur la mort de sa fille. Une vraie quête existentielle déclenchée par une prise de conscience dramatique. Face à la perte d'un enfant et au deuil impossible même si l'être perdu n'était pas désiré au départ, l'auteur montre ainsi parfaitement tout l'ambivalence des sentiments maternels. En jouant sur les temporalités, Donato Carrisi réussit à maintenir une tension permanente et croissante au niveau de l'intrigue car il arrive parfaitement à semer le doute sur les véritables évènements, chez ses personnages comme chez ses lecteurs qui ne savent plus à quels saints se vouer. L'atmosphère de suspicion, de doutes et d'incertitudes est ainsi maintenue jusqu'à la fin et même si les révélations finales ne sont pas de l'ordre du sensationnel, l'intrigue ne tombe jamais dans la facilité. L'immersion dans cette histoire est pleinement réussie puisque son caractère addictif est indéniable. 

lundi 4 novembre 2024

L'ultime avertissement (Nicolas Beuglet)





Nationalité de l’auteur: Française

Éditions XO (19 septembre 2024 )

297 pages

ISBN-10:2374486796

ISBN-13:978-2374486796

Genre: Thriller

Lu le: 1er Octobre 2024

Ma note: 15/20 





Résumé/4ème de couverture:


Dans le véhicule qui la conduit vers les Appalaches, Felicia sourit en observant les sommets enneigés. La jeune experte en art a été invitée à étudier trois objets de la fabuleuse collection des Castelmore.


Mais quand elle arrive au manoir de la célèbre famille, son sang se glace : Felicia doit en réalité enquêter sur d’inexplicables disparitions humaines.


Épaulée par Armand, un ancien flic devenu prêtre, elle se lance alors dans une course haletante sur la piste d’un mystérieux groupe se faisant appeler les Sentinelles.


Traqué à mort par des ennemis aussi intelligents que puissants, le duo n’a pas le choix : pour échapper au pire, Felicia et Armand devront entendre l’ultime avertissement lancé par ceux qui ont vu l’impensable.


Mon avis:

        J'étais vraiment ravie et excitée de retrouver Nicolas Beuglet dans un nouveau roman, deux ans après son dernier livre. J'adore ce que fait l'auteur qui a une plume très prenante et immersive mais dont la caractéristique est de toujours creuser ses histoires, de manière bibliographique, avec des sujets véridiques. On a l'impression d'avoir appris énormément de choses, le tout se déroulant dans une ambiance de thriller, et il nous donne ainsi l'envie d'en savoir davantage. "L'ultime avertissement" démarre sur les chapeaux de roues et nous plonge immédiatement dans une intrigue ficelée aux petits oignons. Si la lecture de ce roman s'est faite rapidement, c'est non seulement parce que le livre n'est pas très épais mais aussi et surtout parce que les évènements s'enchaînent vite. Tout va vite. Trop vite. Et avec une tournure et un angle auquel je ne m'attendais pas et qui ne me passionne pas du tout, mon intérêt à progressivement diminué et mon impression d'avoir écrit ce livre dans l'urgence s'est renforcé. Dans le fond, j'aime toujours ce que fait l'auteur, j'ai passé un bon moment de lecture tout de même, mais je suis restée sur ma faim. 

Merci aux éditions XO pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

         J'ai beaucoup aimé le commencement de cette histoire avec cet imposant manoir habité par une illustre et richissime famille, dans lequel, 4 personnes vont subitement disparaître sans laisser de traces. Une belle entrée en matière d'autant que les deux personnages principaux qui vont enquêter arrive également assez rapidement et ont des profils assez atypique. Un ancien flic qui est devenu prête (et qui cache forcément derrière lui une histoire et quelques casseroles) et une experte en histoire de l'art vont s'associer. J'ai beaucoup aimé ce duo qui est loin d'être commun. Ce début de roman m'a donc totalement happée et convaincu même si j'ai immédiatement perçu le fait que l'auteur allait à l'essentiel et qu'il ne développait pas énormément les choses. Les déductions, certaines actions, et quelques trouvailles se font très rapidement et il n'y a pas d'approfondissement ni de tergiversations. Si j'aurais aimé parfois qu'il prenne plus de temps pour développer comment telle chose avait été trouvé, quelle avait été la démarche etc, je me suis dit que cette méthode faisait en sorte que l'on n'avait pas le temps pour ces détails car l'enquête allait nous emmener bien plus loin.

        Et si effectivement, l'intrigue nous emmène sur des chemins insoupçonnés, la quête dépasse les héros mais aussi un peu le lecteur. Une fois l'intrigue sortie du contexte du manoir et que l'on sait vers quelles pistes on se dirige, je dois avouer que mon intérêt à quelque peu diminué car je ne m'attendais pas aux angles et aux tournures pris par l'auteur après un tel démarrage. Et les thèmes finalement abordés par l'auteur ne me passionnent pas du tout et j'étais assez déçue de les retrouver dans une telle histoire, surtout quand on s'y attend pas après un début prometteur et accrocheur. Malgré cela, je dit que j'ai passé un bon moment de lecture puisque le tout fonctionne parfaitement. L'auteur nous entraine dans une véritable machination bien construite qui se transforme en rouleau compresseur. Le danger est partout et surtout immédiat en étant juste derrière les protagonistes qui sont constamment sur le qui vive et où la paranoïa s'installe. On se laisse ainsi très facilement prendre au piège de ce jeu haletant, faisant en sorte que les pages défilent vite. Et finalement, tout au long du roman, l'impression que tout va vite, beaucoup trop vite, sans que certaines choses soient approfondies et développées perdure... Dommage car cela donne une impression d'avoir écrit ce livre dans une certaine urgence alors que le talent de l'auteur est bien présent. 

En bref:

        Quel plaisir de retrouver Nicolas Beuglet dans un nouveau roman, lui qui nous a habitué a toujours creuser ses histoires, de manière bibliographique, avec des sujets véridiques dans une véritable intrigue haletante. "L'ultime avertissement" démarre sur les chapeaux de roues et nous plonge immédiatement dans une intrigue ficelée aux petits oignons. Ce début de roman m'a donc totalement happée et convaincu avec deux personnages principaux qui ont des profils assez atypiques et qui forment un duo qui est loin d'être commun. Mais une fois lancée, l'intrigue nous emmène sur des chemins insoupçonnés avec une tournure et un angle auquel je ne m'attendais pas et qui ne me passionne pas du tout, ce qui a fait que mon intérêt a progressivement diminué. Mais l'auteur réussit à nous entrainer dans une véritable machination bien construite qui se transforme en rouleau compresseur avec un danger immédiat et omniprésent. On se laisse ainsi très facilement prendre au piège de ce jeu haletant, faisant en sorte que les pages défilent vite. Il faut aussi dire qu'un petit sentiment de frustration est présent puisque les évènements s'enchaînent vite. Tout va vite, beaucoup trop vite, sans que certaines choses soient approfondies et développées. J'ai donc passé un bon moment de lecture même si je reste un peu sur ma faim, c'était agréable de retrouver l'auteur.