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dimanche 14 novembre 2021

Alabama 1963 (Ludovic Manchette & Christian Niemiec)





Nationalité des auteurs: Française

Editions Pocket (7 octobre 2021)

numéro 18266

344 pages

ISBN-10:‎ 2266314742

ISBN-13:‎ 978-2266314749

Genre: Contemporain, Policier

Lu le: 19 Octobre 2021

Ma note: 17/20




Résumé/4ème de couverture:

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d'une fillette noire est retrouvé. La police s'en préoccupe de loin. Mais voilà que d'autres petites filles noires disparaissent... 

Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d'enquêter pour le père de la première victime. 

Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s'interroge : " Les petites filles, ça disparaît pas comme ça... " 

Deux êtres que tout oppose. A priori.

Mon avis:

        Après son très beau succès en grand format et ses retours dithyrambiques, j'attendais la sortie poche de ce roman avec une grande impatience. Et sitôt reçu, ce fut l'occasion d'inaugurer une lecture commune organisée par moi-même. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, qui est prenant et qui se situe entre le roman contemporain, historique et le policier. Il n'est pas sans rappeler "La couleur des sentiments" et la plume très cinématographique des auteurs fait en sorte que l'on visualise le tout très clairement et que cette histoire pourrait faire un très bon scénario pour un excellent film. Certains passages et certains personnages secondaires auraient mérité d'être plus développés, permettant ainsi d'avoir plus de pages pour ce roman et donc plus de plaisir. Je ne m'attendais pas à cette fin qui est juste superbe. 

Points de vue/Critiques:

            A mi-chemin entre le roman policier et le roman historique et contemporain, l'histoire de ce roman nous plonge au cœur de la ségrégation raciale en Alabama, dans les années 60, comme son nom l'indique. C'est toute l'ambiance pesante et propre de l'époque qui en fait toute la caractéristique, car quand une série de meurtres est perpétrée sur des petites filles noires, cette affaire prend une dimension forcément différentes si les victimes étaient blanches. Les chapitres extrêmement courts rend la lecture très fluide. Ajoutez à cela, la plume très addictive des auteurs (dont l'écriture à quatre mains ne se fait pas sentir) et évidement très cinématographique (étant donné qu'ils travaillent dans le cinéma) font en sorte que cette lecture est vraiment addict et rapide, capable d'être lue d'une seule traite.

        L'histoire est portée par deux personnages principaux que tout opposent et qui deviennent tous deux très vite attachants. Adela est une femme de ménage noire, veuve, au service de différents blancs, qui possèdent plusieurs travails afin de pouvoir faire vivre ses enfants. Bud est un ex-flic devenu détective privé après un accident avec son collègue et qui a sombré depuis bien longtemps dans l'alcoolisme. Tout deux sont finalement assez clichés et caricaturaux et n'ont pas vraiment de grandes originalités. L'une est téméraire et n'a pas sa langue dans sa poche, tandis que l'autre est fainéant, raciste avec un lourd et secret passé. Néanmoins, malgré leurs défauts, on s'attache très rapidement à eux et leur duo, qui va s'établir petit à petit afin d'enquêter sur cette affaire de meurtres d'enfants noirs, marche parfaitement bien. Ils complétement totalement, et il est drôle de constater qu'il vont établir un lien particulier l'un envers l'autre, mais que chacun reste un peu hostile et de marbre dans l'attitude qu'il affiche. Et les auteurs ont joué vraiment sur la subtilité puisque leurs préjugés respectifs et l'époque vont faire en sorte qu'ils ne deviendront pas amis, en toute logique. Non, leur relation va tendre vers le respect et l'affection. Ils vont ainsi s'apprivoiser. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé voir ce changement dans la personnalité de Bud, car s'il est au début raciste et presque méchant, on devine rapidement qu'il suit en fait les codes sociaux de l'époque, qu'il veut seulement faire comme tout le monde et adopter les mêmes attitudes. Mais face à Adela et à ce qu'il va apprendre d'elle et qui va le surprendre, ses barrières tombent et il va devenir de plus en plus lui-même avec ses propres convictions. Son changement est juste, touchant et s'explique très nettement.

        La ségrégation raciale est donc au cœur de cette histoire et par sa thématique, ses personnages et même par certains points de détails dans les actions et les évènements, cette histoire n'est pas sans rappeler clairement "La couleur des sentiments", et je pense même qu'il y a volontairement un clin d'œil fait en particulier. Les auteurs n'oublient pas de situer leur histoire dans le contexte historique puisque l'on va aborder le Ku Klux Klan ou encore l'assassinat de Kennedy. Avec les nombreux personnages, on a ainsi la vision et le point de vue des deux côtés de la barrière, qui donne des situations ubuesques, drôles, bêtes mais qui apportent toujours une certaine réflexion.         

            L'enquête sur la série de meurtres de petites filles noires est rondement bien menée. En effet, l'histoire regorge de personnages secondaires, que l'on va brièvement nous présenter mais qui sera suffisant pour que l'on doute de chacun d'entre eux à un moment donné ou un autre. Je me suis posée beaucoup de questions, j'ai échafaudé plusieurs hypothèses et pourtant, les auteurs ont réussi à me surprendre et à m'avoir. On est tellement pris par cette histoire qui devient passionnante, par les personnages principaux auxquels on s'attache que l'on n'a finalement pas envie de refermer ce livre même si l'on veut connaitre l'identité du meurtrier. Ainsi, il est vrai que si ce livre avait fait 400 pages de plus, cela n'aurait pas été fortuit. Cela aurait ainsi permis de développer certaines situations, certains faits, de même que certains personnages secondaires. Et la fin... ah quelle fin...! Elle aussi est surprenante, leurs auteurs ont joué gros, ils ont pris un risque et cela s'avère payant! Cette fin émouvante conclue à merveille ce superbe livre!

En bref:

         A mi-chemin entre le roman policier et le roman historique et contemporain, ce roman nous plonge au cœur de la ségrégation raciale dans l'Amérique profonde et c'est une vraie belle réussite. La lecture est extrêmement fluide grâce à la plume très cinématographique des auteurs et les chapitres courts rendent la lecture totalement addictive. L'ambiance pesante et propre de l'époque fait toute la caractéristique de ce roman, mais les deux personnages principaux Adela et Bud également. Aux antipodes l'un de l'autre, ils vont former un duo très attachant et voir leur relation évoluer vers le respect et l'affection, comme s'ils s'apprivoisaient, ce qui leur permet de dévoiler leur véritable personnalité, est vraiment très beau et touchant. Les nombreux personnages secondaires permettent d'obtenir une vision des deux côtés de la barrière quant à la ségrégation raciale qui donne des situations tantôt drôles et ubuesques tantôt affligeantes et bêtes, mais toujours empruntent de réflexions. L'enquête afin d'identité ce meurtrier en série de petites filles noires est prenante et s'avère être surprenante. Et que dire que ce final... Une fin émouvante qui conclue à merveille ce superbe livre!

samedi 13 novembre 2021

Harmony, tome 7: in fine






Scénario et Illustrations: Mathieu Reynès

Nationalité de l’auteur: Française

Editions Dupuis (1er octobre 2021)

64 pages

ISBN-13:‎ 979-1034754380

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 16 Octobre 2021

Ma note: 16/20



 

Résumé/4ème de couverture:

Alors qu'Harmony et ses amis prennent ce repos particulier que seul autorise le prélude aux grandes batailles, la terrible divinité Azhel se constitue une armée en éveillant à leurs dangereux pouvoirs de nombreux adolescents... Conscients que l'apocalypse approche, Harmony, Payne et Karl partent pour la Jordanie, à la recherche du tombeau de Nememtoth, frère et ennemi d'Azhel. Mais les stupéfiants pouvoirs d'Harmony seront-ils suffisants pour surmonter les dangers de la Cité sous le sable et vaincre Azhel ? 


La Jordanie sera le théâtre de l'ultime affrontement. Qui, du dieu Azhel ou de la jeune Harmony, l'emportera ? Impossible de le deviner, tant traîtrises et retournements de situation semblent tapis dans l'ombre... Le grand final d'Harmony, une lecture inoubliable !

Mon avis:

            Le dernier tome de "Harmony" est enfin arrivé pour mettre un point final à cette série. A chaque tome lu, je dois avouer que j'ai eu du mal à me replonger sur les tenants et les aboutissants, sur ce qu'il s'était passé auparavant, sur qui étaient les personnages et quels étaient leurs pouvoirs et leurs rôles. Cette série mérite clairement d'être lue en une seule fois et gagnerait clairement à être éditée sous une intégrale. Avec mon impression de lecture hachée et pas complétement ordonnée dans ma tête, il est difficile de ressentir et de comprendre toute l'ampleur de ce septième et dernier volume. 

Le final est somme tout assez classique, et n'aura pas vraiment de quoi surprendre. On retrouve ainsi un affrontement inévitable entre le dieu Azhel, le représentant du mal et Harmony, la représentante du bien. Explosions, situations extrêmes, morts, destruction et anéantissement sont donc au rendez-vous. Sans oublier la venue d'une aide providentielle et mystique survenue lors de cet affrontement final qui permettra de faire basculer la balance du côté gagnant et vous aurez tous les ingrédients classiques et déjà-vu des sagas jeunesse. J'ai beaucoup retrouvé le terrain de la Jordanie comme lieu de l'ultime affrontement et les auteurs ont choisi de ne pas clôturer le tout jusque après, puisque l'on retrouve quelques planches sur le devenir de chacun pour notre plus grand plaisir, une façon de dire adieu à chacun d'entre eux.

mercredi 10 novembre 2021

Le fracas et le silence (Cory Andersen)





Titre original: What Beauty There Is

Traduction: Claire-Marie Clévy

Nationalité de l’auteur: Américaine

Editions Fleuve (7 octobre 2021)

396 pages

ISBN-10:‎ 2265155446

ISBN-13:‎ 978-2265155442

Genre: Contemporain

Lu le: 15 Octobre 2021

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

C'est l'hiver, quelque part dans l'Idaho. Le ciel est noir et il fait un froid à fendre les os.

Jack Dahl, dix-sept ans, n'a plus d'espoir, plus d'avenir, personne sur qui compter. Hormis sont petit frère Matty, pour lequel il serait prêt à se sacrifier. Depuis la mort de leur mère, leurs ressources sont de plus en plus réduites. Jack n'a plus le choix : pour éviter de devoir confier son frère a un orphelinat, il doit trouver l'argent du braquage qui a envoyé son père en prison.

Ava a le même âge. Sa vie n'est que solitude, secret, silence. Son père, qui lui a appris à n'aimer personne, à ne faire confiance à personne, est sur les traces du même butin que Jack. Quand le chemin des deux familles se croise, Ava doit faire face à un dilemme : garder les secrets de son père ou aider les deux frères à survivre...

Mon avis:

        La lecture du club Fleuve pour le mois d'octobre avait cette particularité de sortir chez Fleuve dans la collection adulte contemporain et en même temps chez PKJ dans la collection jeunesse. La couverture de cette histoire nous met clairement dans l'ambiance hivernale puisque l'histoire est tout aussi glaçante et frissonnante. La construction et la plume de ce livre est également assez froide, voire distante, ce qui serait le point gênant de cette lecture, mais elle fut un bon divertissement, qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

Merci les éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Si ce livre coche extérieurement toutes les cases pour cibler un public jeunesse, il n'est tout de même pas à mettre dans les mains d'un trop jeune public. Il s'agirait plutôt d'un roman pour grands adolescents, de l'âge de notre héros de 17 ans. En effet, cette histoire aborde tout de même de nombreux sujets difficiles, et ce, dés les premières pages, où il sera question de précarité, de fuite, de course-poursuite, de suicide, de violence et de survie. De plus, on retrouve parfois des scènes très dures, très choquantes et très violentes, qui m'ont vraiment beaucoup surprise, et qui nécessite un petit temps de pause et de répit. 

            Jack et son petit frère Matty sont extrêmement touchants car la vie ne leur a jamais fait de cadeau et même en partant de très bas, page après page, on a la sensation qu'ils s'enfoncent toujours un peu plus et qu'ils ne pourront jamais sortir la tête de l'eau. Ils sont pris dans un véritable gouffre, sans aide de personne et cela est d'autant plus touchant que Jack fait tout pour rassurer et cacher la vérité à son petit frère, mais on découvre que ce dernier n'est pas bête et qu'il a bien tout analysé et compris la situation. On retient notre respiration au fil des pépins et des embûches qu'est leur vie, on est régulièrement horrifié et révolté, mais l'arrivée de Ava dans ce duo va leur apporter une vraie aide et une vraie bouffée d'air pour le lecteur qui commence à souffler et à respirer. 

         Cette histoire n'est donc pas franchement une vraie partie de rigolade avec des adolescents. Dés le début, l'autrice nous plonge dans une ambiance très lourde, glaçante dans les faits qui se déroulent. On navigue dans une histoire sombre, pleine de violence avec une certaine tension qui s'accroit au fil des pages. Et comme à chaque début de chapitre, on a quelques lignes du point de vue de Ava, la Ava du futur qui revient avec sa vision sur les dudit évènements, cela amène des frissons supplémentaires et annonce clairement la froideur qui va suivre. On remarque également que cette histoire met clairement en avant les valeurs et le courage que peuvent avoir certains adolescents, puisque tous les adultes de ce roman n'ont pas de beaux rôles. 

                Malgré cette tension initiale et continue sur tout le roman, j'ai eu un peu de mal à me plonger dans cette histoire et finalement à m'y accrocher pleinement. En effet, même si les actions, les rebondissements et le stress étaient présents, je ressentais en définitive, cette même ambiance froide et glaçante dans la plume de l'autrice. On retrouve ainsi des phrases très courtes, hachées, parfaites pour instaurer ce climat de malaise mais quand cet outil est utilisé trop souvent, voire continuellement, cela créer un détachement continu. Mais on veut connaitre la suite des aventures de Jack et de Matty pour savoir comment ils vont s'en sortir. Cette histoire est donc un très bon divertissement. Dommage que la fin soit assez précipitée, expéditive et pas très claire pour moi...!

En bref:

            L'histoire de Jack et de son petit frère Matty n'est pas à mettre dans les mains des plus jeunes tant leur vie est très durs et difficiles à l'image des nombreux thèmes abordés que sont la précarité, la fuite, la course-poursuite, la suicide, la violence ou la survie. Avec ces deux personnages très touchants, on navigue dans une ambiance lourde et glaçante car l'histoire de ces deux jeunes est très dure et éprouvante, parfois révoltante et on est sans cesse en apnée au fil des pages tant ils semblent au fond du gouffre, seuls et sans aide, noyés chaque jour par une épreuve supplémentaire. Leur vie est sombre, mais aussi pleine de violence, et ce qu'ils vivent est de l'ordre de l'inacceptable et de l'injustice. Ava sera leur bouée de sauvetage et apporte une lueur d'espoir. Ce roman met donc en avant une dichotomie entre le courage et les valeurs de certains adolescents et la lâcheté et la méchanceté des adultes. Il est difficile de se plonger immédiatement dans cette historie et de s'y accrocher pleinement du fait de la plume très hachée de l'autrice pour servir au mieux l'ambiance froide et glaçante du récit, néanmoins, il reste un bon divertissement malgré une fin un peu expéditive et précipitée, et pas très claire. 

lundi 8 novembre 2021

Code 612. Qui a tué le Petit Prince? (Michel Bussi)





Nationalité de l’auteur:
Française
Editions Presses de la Cité (14 Octobre 2021)

230 pages

ISBN-10:‎ 2258197902

ISBN-13:‎ 978-2258197909

Genre: Contemporain

Lu le: 12 Octobre 2021

Ma note: 16/20





Résumé/4ème de couverture:

Il est le livre le plus traduit au monde, après la Bible, et l'un des plus vendus, conte étrange et fascinant.

Il est l'incarnation universelle de l'enfance, petit garçon blond, mordu mortellement par un serpent...

Mais la vérité est-elle aussi simple ? S'est-on vraiment déjà posé la question : " Qui a tué le Petit Prince ? " Saint-Exupéry n'aurait-il pas dissimulé l'identité de l'assassin dans son roman, lui dont la mort, quelques mois après la parution de son livre, reste tout aussi mystérieuse ?

Code 612. Qui a tué le Petit Prince ? passe en revue hypothèses, coupables et mobiles, pour enfin révéler la vérité stupéfiante sur le secret de Saint-Exupéry, et de son double de papier.

Si vous décidez de la croire... 

Mon avis:

            Passionné depuis toujours par le Petit Prince, Michel Bussi nous fait la surprise, pour ses 10 ans de parutions chez Presses de la Cité, de nous offrir ce très joli texte, qui m'a transporté, m'a emporté et qui m'a totalement ravie! C'est un petit coup de cœur et même si on ne retrouve pas le twist final caractéristique de l'auteur dans cette histoire qui ne s'y prête pas vraiment, j'ai été une nouvelle fois bluffé par l'imagination de Michel Bussi et par la façon dont il manie si habillement la réalité de la fiction. C'est un très chouette livre qui rend parfaitement hommage à Antoine de Saint-Exupéry et à son Petit Prince.

Merci aux éditions Presses de la Cité pour l'envoi de ce livre et pour l'invitation à la soirée!

N.B: Michel Bussi a choisi de reverser tous ses droits d’auteur à la “Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse” qui soutient et cofinance des projets pour la jeunesse en France et dans les domaines de l’éducation et de l’environnement.

Points de vue/Critiques:

        "Le Petit Prince" c'est le livre le plus traduit au monde (318 langues) et pour lequel, il existe des versions dans des dialectes presque inconnus, et qui parfois constitue le seul livre traduit dans cette langue très limitée. J'avoue de jamais avoir lu ce célèbre livre, mais qui peut se vanter d'avoir compris toutes les subtilités et les métaphores de ce conte mi-enfantin mi-onirique? Qui a compris les messages plus ou moins cachés de Saint-Exupéry? Qui a été plus loin que la simple lecture littérale de cette œuvre? Et quels parallèle peut-on faire entre cette histoire et la vie et le destin de son auteur? Rappelons que Antoine de Saint-Exupéry disparaît lors d'une mission de reconnaissance dans la Méditerranée, après la Seconde Guerre Mondiale, et que même si des débris de son bimoteur ont été retrouvés à la fin des années 90, son corps n'a jamais été retrouvé et que bon nombre de mystères et d'interrogations restent en suspens. 

                C'est en partant de toutes ces interrogations que Michel Bussi a imaginé "Code 612. Qui a tué le Petit Prince", lui-même passionné de tout cet univers. Cette histoire est donc construite comme une sorte d'enquête policière hors du commun qui fait voyager le lecteur à travers le monde. Avec les deux personnages principaux, on va mener l'enquête afin de savoir ce qu'il est vraiment advenu du Petit Prince... et par extension d'Antoine de Saint-Exupéry, puisque le lien entre héros et auteur est sans cesse établi. S'est-il suicidé? Est-ce un meurtre? Une disparition volontaire? Pour tenter de répondre à ces questions, l'enquête s'effectue au sein d'un mystérieux club d'adorateurs du conte qui va mener notre duo d'enquêteurs de personnes en personnes, au quatre coins du monde, afin de découvrir la théorie de chacun. Au niveau de la construction, chacun de ces voyages et ces personnages rencontrés correspondent aux 6-9 personnages et étapes clé vécus par le Petit Prince dans son histoire. Le parallèle entre le conte  et cette histoire est une nouvelle fois renforcé par ce schéma narratif.

            A chaque personnage rencontré, une théorie sur la disparition du Petit Prince et de Saint-Exupéry est ainsi étayée et développée. C'est dans ces instants que l'auteur arrive à nous happer, nous passionner et nous envouter tout en nous documentant, car le travail de recherches est tout simplement incroyable. Et arriver à rendre et à inclure ces aspects historiques et réels dans cette histoire fictive est juste bluffant. En effet, Michel Bussi va reprendre tous les aspects de la vie de Saint-Exupéry (ses nombreuses maîtresses, ses parents, sa vie en Amérique, son engagement militaire, ses correspondances, ses voyages, ses rencontres, ses autres textes etc...) et il va décortiquer la moins phrase qui sème le doute, la moindre incohérence dans sa disparition pour en faire une hypothèse et pour éveiller notre curiosité. Et bien évidemment, tous ces doutes et ces questionnements s'appliquent par extension au Petit Prince. On a donc une sorte de décorticage de l'œuvre pour nous interroger sur les moments clé et décrypter leurs significations, comme si l'on faisait une analyse de texte comme à l'école, mais de façon plus passionnante! J'ai donc été passionnée d'apprendre de façon condensée, narrée et inclue dans une fiction, tout en ayant les explications nécessaires, la vie de Antoine de Saint-Exupéry. Et logiquement, cela m'a fait grandement envie de découvrir l'œuvre du Petit Prince.

            Le mélange entre réalité et fiction sur le destin de Antoine de Saint-Exupéry est si bien fait que l'on ne sait plus vraiment à quel moment la fiction prend le pas sur ce qu'il est vraiment arrivé à l'auteur. C'est pourquoi, avec le final imaginé par l'auteur, on se prend l'envie d'y croire complétement. On ne va donc pas retrouver son célèbre switch, néanmoins, cette fin m'a quand même totalement surprise! 

En bref:

            Passionné par cette œuvre mythique la plus traduite au monde qu'est "Le Petit Prince", Michel Bussi s'attaque à ce conte mi-enfantin mi-onirique en s'interrogeant sur qui a tué le Petit Prince et par extension, qu'est-t-il vraiment arrivé à Antoine de Saint-Exupéry. Car si la disparition de l'auteur reste toujours mystérieuse aujourd'hui, les différentes lectures possibles du conte ne cessent d'alimenter la légende. Avec un nébuleux club d'adorateurs du conte, l'histoire est construite comme une sorte d'enquête policière hors du commun qui fait voyager le lecteur à travers le monde et à travers les personnages rencontrés, tous porteurs d'une théorie. Michel Bussi va ainsi va reprendre et décortiquer tous les aspects de la vie de Saint-Exupéry et, par extension, l'œuvre sera également épluchée pour nous interroger sur les moments clé et décrypter leurs significations. Le mélange entre réalité et fiction est donc tout simplement incroyable et le travail de documentation de l'auteur est bluffant tant il arrive à nous happer, nous passionner et nous envouter. Le final m'a surprise. Je ressors bluffée et totalement convaincue par cette histoire magique qui nous enchante et qui donne complétement envie de lire/relire ou découvrir/redécouvrir l'œuvre du Petit Prince. 

vendredi 5 novembre 2021

Bilan de Octobre 2021

Bilan de OCTOBRE: 10 romans (3 904 pages) + 8 BD + 6  Mangas 


Romans:


L’ange de Marchmont Hall de Lucinda Riley

Evergreen Island de Heidi Perks

Le crime du golf de Agatha Christie

Douce, douce vengeance de Jonas Jonasson

Code 612 Qui a tué le Petit Prince ? de Michel Bussi

Le fracas et le silence de Cory Anderson

Alabama 1963 de Nicolas Manchette et Christian Niemiec

Les durs à cuire de Charlye Ménétrier McGrath

Germinal, abrégé de Emile Zola

Le porte-bonheur de Nicholas Sparks

Bandes dessinées:


L’île des oubliés

Ne m’oublie pas

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Entre neige et loup

Le loup m’a dit, tome 2

La guerre des Lulus, tome 7 : Luigi

Harmony, tome 7 : in fine

Les profs, tome 24 : oral de rattrapage


Mangas:


Golden sheep, tome 1

Soupinou, tome 1

L’atelier des sorciers, tome 6

Le bateau de Thésée, tome 6

Le bateau de Thésée, tome 7

Reine d’Egypte, tome 8


Challenges:


Challenge des 12 thèmes : 9/12

Challenge Voix d’autrices 2021 : 29/40

Challenge 120 mots pour 120 livres : 42/120

Défi Lecture 2021 : 79/100


Entre neige et loup




Scénario: Agnès Domergue
Illustrations: Hélène Canac

Nationalité des auteurs: Française

Editions Jungle! (16 octobre 2019)

96 pages

ISBN-10:‎ 2822226873

ISBN-13:‎ 978-2822226875

Genre: Bande-dessinée

Lu le: 14 Octobre 2021

Ma note: 14/20




Résumé/4ème de couverture:

Lila vit recluse avec son père sur une île enneigée où elle est protégée d’une mystérieuse malédiction. Un jour, alors qu'il s’absente longuement, Lila brave les interdits et part à sa recherche. Sous la neige, elle découvre une forêt endormie où vivent des jizos énigmatiques et un loup blanc.

Mon avis:

        J'avais très envie de découvrir et d'être touchée par cet ouvrage qui dégage de jolies émotions, avec beaucoup de tendresse et de très belles couleurs. Cette douceur se retrouve à chaque page, pleine de poésie et dans lesquelles, les mots sont plutôt rares, choisis avec parcimonie, afin de mieux mettre en avant et faire parler les illustrations, toutes magnifiques, avec notamment cette palette de couleurs tournant autour du violet. J'ai été totalement conquise par le côté graphique du livre. Mais pour ce qui est de l'histoire, je dois avouée être passée à coté. On retrouve effectivement un conte initiatique marqué par la poésie et inspiré par le Japon. Ce sont des éléments, à mon sens, trop poussés, avec pas assez d'ancrage dans la réalité, pour que je réussisse à m'en imprégner pleinement. L'aspect poétique trop présent rend l'histoire quelque peu insaisissable et je ne suis pas sûre finalement d'avoir bien tout compris. Mais si l'on réussit à être captivé par cette magie tendre et douce dés le début, il suffit de se laisser porter par cette poésie enchanteresse. 

        L'histoire est tournée autour des promesses, des mensonges mais il est surtout question d'amour. La petite héroïne, en quête d'elle-même, est attachante. Le cycle de la vie et le passage des saisons est également mis en valeur et en lien direct avec les thématiques de l'histoire puisque le passage de l'hiver au printemps sera synonyme du passage de la froideur du mensonge à la chaleur de la vérité du printemps. 

mardi 2 novembre 2021

Douce, douce vengeance (Jonas Jonasson)





Traduction: Laurence Mennerich

Nationalité de l’auteur: Suédoise

Editions Presses de la Cité (7 octobre 2021)

456 pages

ISBN-10:‎ 2258193478

ISBN-13:‎ 978-2258193475

Genre: Contemporain

Lu le: 10 Octobre 2021

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

« Vous souhaitez venger un affront sans vous salir les mains ? Nous avons la solution ! Des milliers de clients satisfaits dans le monde entier. »

Tout le monde a ses petites rancunes, rien de plus humain. Mais pour passer à l’acte sans prendre de risques inconsidérés, mieux vaut faire appel à un professionnel expérimenté et discret.

Hugo Hamelin a une idée visionnaire : créer une société de vengeance à la carte, un service sur mesure destiné à laver affronts, camouflets, coups bas et autres vexations. Rien ne prédestinait pourtant Hugo à croiser la route d’un marchand d’art cynique et sans scrupule, d’une jeune ingénue moins oie blanche qu’il n’y paraît, d’un orphelin jeté en pâture aux lions, ou d’un homme-médecine kenyan qui se double d’un guerrier massaï. Sans compter la peintre expressionniste Irma Stern !

Si le business s’annonce lucratif, il risque aussi d’être plus délicat que prévu…


Entre appât du gain, choc des cultures, amour de l’art et haine de son prochain, une comédie facétieuse et déjantée, comme le truculent Jonas Jonasson en a le secret !  

Mon avis:

    Depuis que j’ai découvert Jonas Jonasson avec son célèbre « vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » je prend plaisir à découvert ses histoires, qui me sortent de l’ordinaire tant l’auteur imagine des scénarios tous plus loufoques les uns que les autres. Il n’est pas forcément habile saborder la loufoquerie de l’auteur, on n’y adhère ou pas à ce style d’humour. Après trois ans d’attente « Douce, douce vengeance » nous fait voyager entre la Suède et le Kenya autour du thème de la vengeance. J’ai passé un agréable moment avec ces quelques personnages aussi différents les uns que les autres. Les histoires de vengeances amènent plein de piquants et l’auteur joue à fond sur l’expression qui dit que le monde est petit. C’est divertissant et c’est drôle!

Points de vue/Critiques:

             Hugo Hamelin va être le premier personnage que l’on va suivre et qui va construire toute l’histoire par la suite. En effet, c’est un homme très riche à qui tout réussi, qui sait anticiper tout ce qui marche dans le futur, qui a des idées visionnaires et qui veut se lancer le défi de créer sa propre entreprise et d’être son propre chef. Son imagination l’amène à créer une entreprise de vengeance à la carte. En s’accordant quelques règles tacites afin de ne pas aller dans l’extrême et devenir un criminel, Hugo va ainsi imaginer des scénarios totalement loufoques pour venger des voisins, de la famille ou un patron contre de très grosses compensations financières. Les quelques exemples donnés par l’auteur sont très drôles, totalement absurdes dans les faits et dans ce que sont prêts à mettre et à faire les « vengeurs ». L’auteur montre ainsi parfaitement du doigt à quel point l’Homme aujourd’hui veut se venger pour n’importe quoi, à n’importe quel prix, alors que bien souvent, un défaut communication et de compréhension est à l’origine et la solution à tout. 

            Hugo et son entreprise vont donc être le socle commun à quatre autres personnages, Victor, le marchand d’art cynique, Jenny, Kévin et l’homme-médecine, qui vont représenter une sorte de famille, totalement atypique. Mais face à un Victor totalement méchant, égocentrique, imbu et patibulaire, les trois autres vont personnellement vouloir se venger de lui et faire appel à Hugo et à son entreprise. Victor est typiquement un personnage antipathique, qui n’a rien d’attachant et dont ses caractéristiques déplaisantes sont évidemment poussées à l’extrême par l’auteur. Ainsi, tous ses défauts, y compris toutes ses remarques hautement racistes retranscrites par l’auteur ne sont pas à prendre au premier degré! Le cynisme de Victor est là aussi à prendre comme une dénonciation d’un caractère humain. 

            L’art va se mêler à cette histoire de vengeance. Et tout cet embroglio va nous emmener en voyage entre la Suède et le Kenya. Il y a donc un caractère dynamique indéniable à cette histoire qui est vraiment agréable à lire puisque l’embroglio n’est pas difficile à suivre étant donné que bien souvent, c’est le hasard qui fait bien les choses. En effet, on peut constater que le monde est très petit dans ce récit et que tout se résout assez facilement. Néanmoins, dans cette loufoquerie, on peut aussi y déceler des choses qui s'avèrent finalement assez logiques et pourquoi pas crédibles. Quoiqu’il en soit, les aventures de ces personnages sont assez drôles, leurs personnalités sont amusantes et l’on notera que l’auteur a fait preuve d’une réelle imagination au niveau des aventures qu’ils subissent. Pour une fois, on ne retrouve pas ce côté répétitif qu’il y avait dans ces autres livres, qui lassaient et qui étaient trop absurdes et qui perdaient en crédibilité.

En bref:

            Dans « Douce, douce vengeance », Jonas Jonasson va dénoncer les vicissitudes humaines à travers cette thématique de la vengeance. En imaginant un personnage prêt à tout pour être visionnaire et s’enrichir sur le dos des travers des hommes et qui va concevoir une société de prestation de services de vengeance, l’auteur va imaginer un récit d’aventures qui nous entraine entre la Suéde et le Kenya. Tous les autres personnages vont constituer une sorte de famille atypique et leurs personnalités aussi différentes les unes que les autres nous amusent et nous apportent des sentiments tout aussi contradictoires. Mais en poussant certaines de leurs caractéristiques, l’auteur dénonce là aussi quelques caractères humains. Quoiqu’il en soit, leurs péripéties sont drôles, pas répétitives, et illustrent parfaitement l’adage selon lequel le monde est petit. Malgré cela et quelques facilités presque absurdes, on frôle parfois la logique et le crédible. On passe donc un bon moment farfelu, dans tout ce qu’il y a de meilleur dans la loufoquerie.