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jeudi 15 octobre 2020

N.E.O, tome 1: la chute du soleil de fer (Michel Bussi)





Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Pocket Jeunesse (1er Octobre 2020) 
512 pages
ISBN-10: 2266306219 
ISBN-13: 978-2266306218
Genre: Jeunesse
Lu le: 21 Septembre 2020
Ma note: 17/20 


 

Résumé/4ème de couverture:

 

Dans un monde où les adultes ont disparu, il existe deux refuges pour les deux bandes rivales qui ont survécu au cataclysme : le tipi et le château. Les uns chassent pour se nourrir, les autres vivent reclus et protégés. Bientôt, une étrange maladie fait peser un risque de famine sur le clan du tipi, le privant de ses proies. Et si ceux du château étaient à l’origine de cet empoisonnement ? L’heure de la confrontation est venue : la guerre entre les deux tribus peut-elle encore être évitée, alors que la nature est plus menacée que jamais ? Zyzo, l’espion au grand cœur du tipi, et Alixe, la reine du château, sauront-ils unir leurs forces pour déjouer les mystères, les intrigues et les trahisons ?

 

Mon avis:

Après les romans thrillers/policiers et les albums jeunesse, l’auteur s’intéresse maintenant aux romans jeunesse pour les adolescents. J’entends déjà les ouï-dire sur le fait que cet auteur à succès n’en a pas assez et qu’il s’essaye encore à un nouveau genre et je réponds et pourquoi pas si cela est une volonté personnelle et si en plus, c’est très bien fait et qu’on passe un bon moment, comme c’est parfaitement le cas avec ce premier tome de N.E.O ? On plonge dans un univers totalement inventé et inédit, qui foisonne de paysages tout aussi variés dans lesquels j’ai adoré naviguer et voyager. Les personnages sont très nombreux et tous très bien imaginés puisqu’ils sont tous différents et charismatiques. Enfin, la « morale » que l’on peut retirer d’une telle histoire est super intéressante, porté sur l’écologie et le futur, et tout ceci n’est que e début d’une série qui peut réserver de belles choses.

Points de vue/Critiques:

Pour ce premier tome, Michel Bussi nous entraine dans un Paris du futur (mais pas si éloigné), totalement chamboulé et différent de notre monde actuel : il n’existe plus aucun adulte, seuls deux clans d’enfants subsistent et survivent de deux manières différentes. Alors que ceux qui vivent dans le grand Tipi se nourrissent de chasses, de pêches et sont plus livrés aux affres de la nature, ceux qui vivent dans le château sont exclusivement autonomes en nourriture qu’ils font pousser en autarcie et se calent plus sur un modèle d’érudition et de culture. En commençant cette lecture, nous découvrons tout ce nouveau monde étrange, mais l’auteur ne nous livre pas tous les éléments de prime abord. On s’interroge donc sur bien des choses et nous devons être un peu patient pour avoir les réponses qui permettent de bâtir le cadre du récit. Cela apporte un petit côté mystère et réflexion et quand nous savons de quoi il s’agit, je trouve que ces informations sont alors plus pertinentes et donc plus ancrables en mémoire. Et une fois que l’on a bien compris les bases du récit, c’est le moment où l’on mordu et absorbé par l’histoire !

Les personnages de cette histoire sont très nombreux mais on ne s’y perd à aucun moment. En effet, nous avons tout de même les personnages principaux dans chaque clan et les personnages secondaires, voire tertiaires, ne sont qu’évoqués à travers leurs prénoms, leurs présences et non par leurs actions. J’ai été extrêmement étonné de voir à quel point l’auteur avait imaginé autant d’enfants et autant de prénoms (originaux) puisque, étant donné que pour certains ils ne sont juste qu’évoquer, on pourra être à même de se dire qu’il n’était pas nécessaire de les inventer, mettre d’autres personnages que l’on a déjà rencontrés pour « meubler ». Mais non, Michel Bussi prouve qu’il a imaginé très loin et très contentieusement dans les détails sa saga pour en faire quelque chose de tout à fait consistant et bien imaginé. Ainsi, puisqu’il y a une centaine d’enfants dans chaque clan, on a vraiment l’impression de les avoir tous rencontrés (ou au moins mentionnés) à un moment donné ! Et ce qui fait que l’on n’a pas de risque également de se mélanger les pinceaux dans les personnages, c’est qu’ils ont tous un trait de caractère bien distinctif, une caractéristique physique particulière ou une fonction spéciale. A travers leur comportement, leurs idéaux, leurs réflexions, il y en a certains pour lesquels on sera d’accord et qui nous paraîtrons agréable à suivre, quand d’autres nous paraîtrons plus détestables car plus immatures ou stupides.

L’histoire de N.E.O est extrêmement riche et tout le long du récit, l’auteur nous montre qu’il a réfléchit à beaucoup de choses pour créer un tel univers. Sans revenir sur la richesse des personnages, il y a plein d’interrogations au niveau logistique et faisabilité de survie d’enfants de 12 ans. Par exemple, comment peuvent-ils avoir accès à un minimum de culture et de connaissances pour savoir quels animaux manger, comment et quand les chasser, quelles plantes faire pousser et comment, savoir comment s’écoule le temps, comment avoir un minimum d’instructions scolaire, sans parler de tout ce qui a trait à l’accès aux énergies etc, sans qu’il y ait des adultes pour aider et construire un tel monde uniquement pour des enfants… Tout cela trouve réponse et fait partie intégrante de ce nouveau monde futuriste. Le thème global et général de tout ce récit s’inscrit dans une démarche portée sur l’écologie et il y a plein de petites « morales » à retirer de ce récit, des sujets qui nous interrogent quant au futur : accès aux ressources énergétiques, les modes de consommation impactant la nature et les animaux, accès à l’éducation, la place de la défense et de la guerre…

L’histoire est très bien rythmée puisque l’on oscille entre les deux clans, même si m’on aimerai certains parfois dans un clan plutôt que l’autre suivant nos préférences et suivant comment se termine le chapitre ! Les rebondissements et les révélations sont réguliers. Le fait d’avoir une partie de l’histoire qui va se déroulait en dehors des clans permet d’avoir une sorte de sauf-conduit qui sera finalement très pertinent pour l’histoire et l’intrigue et par laquelle de nombreuses interrogations et idées émergent pour la suite de la série.

En bref:

            Pour ce premier tome de la série N.E.O, Michel Bussi nous surprend très agréablement par un récit extrêmement bien ficelé et pensé sur des nombreux aspects et qui se déroule dans un univers incroyable. Par le biais de multiples paysages, on navigue dans un Paris futuriste où seuls deux clans d’enfants subsistent. Les personnages multiples et variés, très différents les uns des autres, apportent une vision assez complexe et complète de ce monde dans lequel les problèmes et les interrogations de vie de base trouvent leurs résolutions dans l’imagination de l’auteur qui a été au bout de ses réflexions pour créer quelque chose de consistant qui tient parfaitement la route. Les révélations dans cet univers post-apocalyptique s’enchaînent et l’on devine une sorte de morale écologique sous-jacente avec tout un pan de réflexions qui se soulève dans le premier tome de cette série, qui promet de belles surprises puisque les interrogations et les chemins possibles à prendre pour la suite sont nombreux, intéressants et intriguants.



mercredi 14 octobre 2020

Bleu de Delft (Simone Van der Vlugt)



Titre original: Nachtblauw 
Traduction: Guillaume Deneufbourg 
Nationalité de l’auteur: Hollandaise 
Editions 10/18 (4 Avril 2019) 
numéro 5433
336 pages
ISBN-10: 2264074051 
ISBN-13: 978-2264074058 
Genre: Historique
Lu le: 17 Septembre 2020
Ma note: 17/20 



Résumé/4ème de couverture:

    Au XVIIe siècle, après la mort mystérieuse de son mari, la jeune Catrijn quitte sa campagne néerlandaise pour tenter sa chance à la ville. Le hasard des rencontres la mène à Amsterdam où elle est engagée comme intendante dans une famille. Passionnée de peinture, Catrijn aide la maîtresse de maison à parfaire son apprentissage. Elle fera même la rencontre de Rembrandt dans son atelier. Mais, poursuivie par son passé, en la personne d'un ancien valet de ferme qui menace de révéler les circonstances de la disparition de son mari, la jeune femme doit fuir à Delft où elle est engagée dans une faïencerie, et formée par un ami de Vermeer. Le grand peintre voit d'un oeil bienveillant le succès fulgurant de Catrijn lorsqu'elle met au point le célèbre bleu de Delft.

Mon avis:

        J’avais tellement aimé et adoré « La jeune fille à la perle » de Tracy Chevalier, qui a d’ailleurs été l’élément déclencheur au fait de créer mon blog, que je ne pouvais pas passer à côté de « Bleu de Delft » qui s’inscrit dans la même lignée. En effet, dans ce livre, on retrouve l’univers des peintres Hollandais du 17ème siècle, avec notamment Johannes Veemer. Il ne m’en fallait pas plus pour retourner avec grand plaisir dans l’histoire de ce siècle d’or néerlandais. J’ai été happé par les premières pages de ce livre puisque je retrouvais tout ce que j’avais adoré dans « La jeune fille à la perle ». Puis, non pas que mon engouement a été freiné mais ma surprise par l’angle pris par l’histoire m’a un poil (un chouia) désappointé. Quoiqu’il en soi, « Bleu de Delft » a été une formidable lecture, un petit coup de cœur.

Points de vue/Critiques:

        Les premières pages de « Bleu de Delft » reprennent les éléments majeurs de « La jeune fille à la perle ». On retrouve ainsi une jeune femme venant de sa campagne néerlandaise natale, qui va tenter de sa chance en ville. Et parce qu’à cette époque, c’est l’apogée de l’art de la peinture, c’est chez de grands maîtres que les emplois de domestique sont monnaie courante. Notre jeune Catrijn va ainsi devenir intendante chez une noble famille où elle va pouvoir commencer à développer son talent artistique. Mais cela, va la mener dans une autre contrée. Dés lors, l’angle pris par l’histoire m’a surprise, je ne m’attendais pas à cela. En effet, en commençant ce livre, et en découvrant les premières pages qui ont confirmé mon a priori, je pensais que notre héroïne se découvrira une passion, un talent et un métier dans la peinture à travers ses différentes rencontres avec les grands maitres. Mais hormis ces premières pages, à partir du moment où Catrijn rejoint la ville de Delft, on retrouve une histoire plus romanesque avec un virement de cap dans la dimension artistique, puisqu’il ne sera plus question de tableaux, mais plutôt de peinture sur faïencerie. Ce qui est logique quand il est question de « bleu de Delft », mais personnellement je ne connaissais pas cette référence, donc ceci explique cela... !

        On va donc suivre la vie de Catrijn qui est une vraie épopée historique. Car cette jeune femme talentueuse va devoir continuellement se faire une place dans ce monde d’hommes. Entre amis et ennemis, elle va devoir faire face aux ragots, aux manigances, aux préjugés et aux codes sociaux en vigueur qui s’abattront sur elle. Mais chaque fois, elle va y faire face et surmontera tous ces obstacles. Catrijn est donc une femme inspirante, travailleuse et déterminée que j’ai adoré suivre. Les péripéties de sa vie, professionnelle ou amoureuse, font en sorte que l’on a une histoire très romanesque dans les faits et qui fait que l’on a par moment, l’impression de s’éloigne des faits historiques. C’est l’élément qui fait s’écarter ce livre de la comparaison avec « La jeune fille à la perle ».

        La force d’un tel roman c’est tout de même l’aspect historique. On retrouve bien évidemment cette thématique dans l’art de la peinture puisque l’on y croisera notamment Rembrandt et Veermer. Et par rapport à ce dernier et à la découverte de sa vie dans « La jeune fille à la perle », « Bleu de Deft » se place en amont comme un préquel, puisque Veermer vient de finir son apprentissage et qu’il travaille encore dans l’auberge de sa mère, n’ayant pas encore commencer sa grande destinée d’artiste peintre. J’ai adoré ce clin d’œil. Et puis la thématique historique va se retrouver dans les faits et évènements généraux comme les créations peintes avec le célèbre de Delft sur la faïencerie, l’explosion de la poudrière qui ravagea la ville de Delft en 1654 ou encore l’épidémie de peste.

En bref:

            Pour les adeptes du genre du roman historique (et particulièrement pour ceux qui ont fortement apprécié comme moi « La jeune fille et la perle » de Tracy Chevalier), il faut absolument lire et découvrir ce livre, qui se passe en amont et qui est tout aussi formidable. Dans un récit parfaitement rythmé, Simone van der Vlugt raconte avec brio l'histoire du Siècle d'or néerlandais en suivant la vie de la jeune Catrijn. On découvre le magnifique portrait d'une femme artiste, travailleuse, déterminée et ambitieuse, qui cherche à se faire une place dans un monde d'hommes en dépit des préjugés et des codes sociaux de l’époque. L’histoire prend à un moment donné une dimension plutôt romanesque, mais l’aspect historique est prédominant et continu dans ce récit, que ce soit à travers la dimension artistique ou à travers les faits et évènements d’époque. Un roman captivant et magnifique que je vous recommande !


mardi 13 octobre 2020

Une certaine idée du paradis (Elisabeth Segard)




Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Calmann-Lévy (16 Septembre 2020) 
Collection Territoires
352 pages
ISBN-10: 2702180698 
ISBN-13: 978-2702180693 
Genre: Policier
Lu le: 15 Septembre 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Chacun a son idée du paradis dans la charmante bourgade de Mouy-sur-Loire en Touraine. Madame le maire, d’abord, qui se bat pour faire de sa commune un territoire attractif. L’abbé Marcel, qui parvient à remplir son église, quitte à user d’astuces peu orthodoxes. Violette Laguille, vieille dame très discrète - pour faire oublier, peut-être, un passé trop flamboyant. Et aussi sa voisine, Nathalie, une citadine venue s’installer dans ce beau village pour y ouvrir un gîte alternatif et offrir des stages de pleine conscience.Très vite cependant, la « Parisienne » tape sur les nerfs des habitants. Au point que quelqu'un finit par lui taper un bon coup sur la tête. Mêlée malgré à elle à cette affaire qui met la gendarmerie sur les dents, Violette va devoir, à ses risques et périls, prendre l’enquête en main…

Mon avis:

Avec sa couverture façon illustration, ce nouveau roman de la collection « territoires » des éditions Calmann-Lévy appelle à la fraîcheur printanière et au roman feel-good. Mais on prétend attention aux détails de la couverture, on se rend compte qu’il ne s’agira pas vraiment une lecture feel-good puisque ce livre peut rentrer dans le nouveau genre qu’est le cosy mystery, à la façon Agatha Raisin. Une série de meurtre dans un tout petit village campagnard et une vieille dame qui mène l’enquête et qui met son nez partout et vous avez un roman policier très agréable à lire, très drôle et finalement et paradoxalement très « léger ». 

Points de vue/Critiques:

Quand le genre « cosy mystery » a débarqué sur le devant de la scène, on était plutôt habitué à retrouver ce style à la mode britannique. Mais avec « Une certaine idée du paradis », Elisabeth Ségard prouve que l’on peut aussi retrouver ce genre d’histoire en plein cœur de la campagne en Tourraine et que cet exercice de style peut être parfaitement maîtrisé aussi en France. L’autrice nous entraîne donc dans un petit village, Mouy-sur-Loire, le genre d’endroit où la vie s’écoule bine paisiblement, où tous les habitants connaissent tout le monde et où l’arrivée de nouvelles personnes (surtout venant des grandes villes comme Paris) sont vus d’un mauvais œil dans les premiers temps, le temps de faire ses preuves comme on dit. Alors quand on découvre l’existence d’un véritable meurtre, qui va en entraîner un autre, c’est le branle-bas de combat dans tout le village !

J’ai adoré navigué dans ce petit village de campagne avec son café-restaurant, son petit marché, son église avec le curé, une des figures emblématiques comme le maire. Tout ceci peut paraître au premier abord, très cliché, mais il faut avouer que c’est la stricte vérité et que j’ai aimé retrouver cette ambiance familière, chaleureuse et cosy. Dans ce type d’endroit, même si l’on considère que c’est un petit village, il y a bon nombre d’habitant et donc de personnages, tous haut en couleur. Alors, quand plusieurs meurtres sont découverts, tous les habitants sont suspects. On se prend au jeu de vouloir savoir qui est le criminel et pourquoi. Ainsi, l’histoire se lit très bien et très rapidement, pris par l’engouement des péripéties et de la volonté de savoir.

Car ce qui maintient aussi cette frénésie, c’est l’humour omniprésent dans l’histoire, distillée régulièrement par petites touches. Entre madame la Maire qui se retrouve débordée et assommée par tout ce qui se passe sans être vraiment soutenue par son entourage ou ses administrés (bien au contraire !), le curé qui partage ses tâches d’homme d’église tout en faisant de la menuiserie par chantage à côté, et bien sûr notre héroïne en la personne de Violette Laguille, une discrète vieille dame qui a décidé de sortir de son morne quotidien pour se transformer en Miss Marple et enquêter elle-même afin de découvrir le tueur, le récit donne bien souvent le sourire aux lèvres. Violette est très attachante puisqu’elle conserve des caractéristiques de personne âgé, avec parfois un caractère bien affirmé, des idées très arrêtées et c’est sans compter sur le fait qu’elle nous intrigue également puisqu’elle semble cacher bien des choses concernant son passé ! C’est tout cela qui va faire qu’elle va prendre le taureau par les cornes pour notre plus grand divertissement 

En bref:

Avec « Une certaine idée du paradis », Elisabeth Ségard montre que l’on peut très bien réussir à créer un cosy mystery à la française. En effet, ne vous fiez pas à la couverture, ou alors prêtez-y très attention, puisque l’histoire nous entraîne dans un petit village en plein cœur de la campagne en Tourraine où plusieurs meurtres constatés ont cassé le rythme de vie tranquille et paisible de ses habitants. Et c’est Violette, une vieille dame, qui va se transforme en Miss Marple et prendre le taureau par les cornes pour enquêter sur ces meurtres. On passe un excellent moment dans ce récit qui nous entraine avec avidité pour savoir qui est le coupable et surtout l’humour omniprésent est un formidable carburant. L’autrice a produit un très bon cosy mystery à la française, une histoire qui vaut autant pour l’ambiance que pour l’intrigue, qui se déroule dans un petit village authentique dans lequel on se sent bien (malgré ses nouvelles péripéties) et qui présente une galerie de personnages aussi attachants qu’haut en couleur.


lundi 12 octobre 2020

Le musée des monstres, tome 1: la tête réduite (Lauren Oliver & H.C Chester)



Scénario: Lauren Oliver, H.C Chestrer

Illustrations: Benjamin Lacombe

Traduction: Alice Delarbre

Nationalité des auteurs: Américaine et Française

Editions Hachette (5 Octobre 2016)

350 pages

ISBN-10: 2012044646

ISBN-13: 978-2012044647

Genre: Jeunesse

Lu le: 13 Septembre 2020

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

« Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey, venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses ! » Laissez-nous vous présenter Sam, le garçon le plus fort du monde, Philippa, la médium, Thomas, l’acrobate et assistant du magicien… Tous trois sont de jeunes orphelins qui ont grandi ensemble, heureux à l’abri des murs d’un étrange musée. Mais quand Max, lanceuse de couteaux, rejoint le groupe, une série de terribles évènements s’enchaînent. Suite à la mort d’une spectatrice lors d’une de leurs représentations, la ville accuse la tête réduite qui fait la fierté de Dumfrey d’être à l’origine d’une malédiction. Lorsque celle-ci disparaît, et que le musée se retrouve menacé de fermer, la bande des quatre orphelins extraordinaires décide de mener l’enquête… Leurs recherches vont les amener à croiser de dangereux individus et les entraîner au cœur de secrets sur leur propre passé…

Mon avis

C’est uniquement en sachant que ce livre a été illustré par Benjamin Lacombe que je me suis intéressée à cette petite lecture qui m’a été prêtée par ma copine Flo (du compte Floandbooks) et qui tombait assez puisque j’avais envie d’une petite lecture rapide et légère donc un livre jeunesse sous la main était parfait. Les illustrations de Benjamin Lacombe apporte bien évidement de la beauté à l’objet livre, mais il est vrai que cela n’apporte rien à l’histoire. Bien heureusement, le récit est très agréable à lire, on se prend au jeu des mystères et de l’enquête dans cette ambiance de cabinet de curiosités et le livre cible parfaitement un public de pré-ados.

Points de vue/Critiques:


 « Le musée des monstres » nous plonge dans un univers façon cabinet de curiosité, ou cirque dans lequel on retrouve des « monstres » comme un géant, un nain, une femme à barbe, des jumelles albinos, une mentaliste et tout plein d’autres personnes haute en couleurs et « hors-norme ». Il y a donc cette dimension divertissement, bêtes de foires et exposition d’êtres humains qui pourrait déranger, mais cet aspect n’est pas au centre de l’histoire et n’est pas là pour apporter un côté débat ou morale : il s’agit juste d’un contexte, d’une ambiance pour le récit. 

Dans cet étrange musée où tout le monde vit en communauté, on va retrouver 4 adolescents, ayant chacun une particularité et l’arrivée d’une nouvelle « œuvre » dans le musée, à savoir une véritable tête réduite d’Amazonie, va déclencher une série de catastrophes qui s’enchaînent et va donc faire en sorte que les 4 protagonistes vont partir enquêter pour sauver leur musée. Car oui, ce musée est surtout dépeint dans cette histoire comme bien plus qu’un musée qui expose de multiples choses pour seulement faire du profit. Ce musée est donc avant tout un lieu de vie, une vraie maison, un endroit refuge pour bon nombre de personnes (adultes et enfants) qui sont en marge de la société et qui y sont rejetés. C’est donc une véritable petite famille qui compose ce musée et c’est la raison pour laquelle nos jeunes héros Sam, Thomas, Max et Pippa vont tout faire pour sauver le musée et donc éviter de se retrouver à la rue, sans rien.

Au niveau de l’enquête et des péripéties dans lesquels nous entraîne les adolescents, on plonge dans quelque chose d’assez classique en terme d’histoire jeunesse, mais qui reste très rythmé, très dynamique puisque les choses s’enchainent les unes après les autres et donc très divertissant. Dans ce roman d’aventure, les péripéties et les découvertes des jeunes héros vont prendre une dimension très personnelle puisqu’elles vont les rapprocher de leurs origines et cet élément va bien évidemment constituer l’élément mystère continu à la série. Quoiqu’il en soit, Sam, Thomas, Max et Pippa sont tous très agréables et malgré leurs personnalités bien distinctes, leur quatuor fonctionne à merveille. Ils sont intrépides et courageux et sont vraiment dévoué à sauver Dumfrey et son musée.


En bref:

Avec ses très jolies illustrations qui égayent l’objet-livre, « Le musée des monstres » est un bon roman d’aventure jeunesse, bien rythmé et bien divertissant, qui colle parfaitement à un public de pré-adolescent. Dans cet univers à la façon cirque ou cabinet de curiosités où toute sorte d’objets et d’humains hors-normes se croisent, les quatre jeunes héros vont devoir mener l’enquête afin de sauver ce musée, qui est considéré comme une véritable maison et une famille à part entière. Les péripéties s’enchaînent bien même si l’histoire reste dans les codes classiques jeunesse et que les surprises ne sont pas forcément présentes. Le fait que les aventures des adolescents va leur permettre de commencer à dévoiler leurs origines constitue le mystère de la série à suivre…





dimanche 11 octobre 2020

Les dédicaces (Cyril Massarotto)





Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Flammarion (9 Septembre 2020) 
262 pages
ISBN-10: 2281519615 
ISBN-13: 978-2081519619
Genre: Contemporain
Lu le: 11 Septembre 2020
Ma note: 13/20 



Résumé/4ème de couverture:

De Claire, on ne sait pas grand-chose, sinon qu'elle vit à Paris et collectionne les livres dédicacés. Son plus grand plaisir est d'écumer les librairies à la recherche de ces trésors qui font de chaque livre un objet unique et précieux, « parce que la dédicace ajoute une histoire à l'histoire ». Chez un bouquiniste, elle tombe sur un livre dont la dédicace lui laisse une désagréable impression de vulgarité. L'auteur, Frédéric Hermelage, laisse son numéro de téléphone à une certaine Salomé, assorti d'un compliment outrancier. Seulement, à la lecture, le roman est à l'opposé de la dédicace. Subtil, élégant. Comment expliquer un tel contraste ? De librairies en Salons du livre, Claire va alors se lancer sur les traces de cet écrivain discret, jusqu'à franchir les règles de la fiction.

Mon avis:

            Recevoir le dernier livre de Cyril Massarotto fut une très belle surprise puisque j’aime beaucoup lire de temps en temps les livres de cet auteur, qui sont toujours de sympathiques histoires, pleinement ancrées dans le registre contemporain, mais qui ont bien souvent une (fausse) petite touche de fantastique/mysticisme. Pour ce nouvel ouvrage où il est question de livres dédicacés, de collections, de bouquinistes et d’auteur, on plonge donc dans l’univers du livre qui n’est pas pour déplaire les lecteurs les plus fervents. Mais la petite touche de l’auteur dans ce nouveau livre, c’est le second degré. Et il est vrai que sur le moment et parce que l’histoire reste crédible, j’ai eu du mal à ne pas prendre certaines choses au premier degré et donc à être soit choqué, soit à grincer des dents…


Points de vue/Critiques:

            Pour les amoureux des livres et de la lecture, l’histoire de ce livres résonnera forcément à leurs oreilles. En effet, nous découvrons une jeune parisienne qui collectionne les livres dédicacés. Mais pas n’importe lesquelles: les « vraies » dédicaces, celles qui sont particulières, qui racontent quelque chose et qui vont plus loin que « agréable lecture » ou « amitiés ». Et elle ne s’intéresse aussi à pas n’importe quels livres: ne lui parlez pas des livres commerciaux et bons publics, Claire cherche les livres de la « vraie littérature ». 

            En tombant sur une dédicace, elle va rencontrer un auteur et découvrir ce que racontait vraiment cette étrange dédicace. Il est intéressant de découvrir en même temps que Claire les choses et l’on s’interroge également avec tendresse sur les raisons et les motivations de la jeune femme à faire une telle collection. Quoiqu’il en soit, avec Frédéric Hermelga, Claire trouve son alter ego en terme de littérature. Et c’est là que le second degré apparaît puisque toute la littérature en prend pour son grade: les auteurs, les éditeurs, les prix littéraires, les bloggeurs, les lecteurs et les libraires. Et tout le monde est assommé par les clichés: la vraie et grande littérature contre la littérature familière et bon public des ménagères, les éditeurs pompeux, les bloggeurs qui donnent (et crachent) leurs avis personnels dont les auteurs s’en foutent, etc… Ainsi, Lévy, Musso, Grimaldi, Valognes ou encore Despentes et Gavalda en prennent plein les mirettes!! (J’espère que l’auteur assume bien son humour et qu’il entretient en fait de bonnes relations avec ces auteurs, car cela risque d’être un peu tendu non…?lol). Mais évidemment, Cyril Massarotto retranscrit tout ceci dans son histoire selon le second degré. Je pense qu’au contraire, c’est plutôt un moyen de dénoncer ce milieu parfois et encore pompeux, avec toujours certains de ses clichés assumés et redits par certains auteurs et éditeurs. L’auteur met donc un coup de pied dans cette fourmilière.

    En revanche, du point de vue personnel, puisque l’histoire reste contemporaine et tout à fait crédible, lorsque je lisais ces passages coup de poing et second degré, je les ai pris au premier degré: ahurissement, colère et choc ont d’abord été mes réactions. J’ai donc été régulièrement ébranlé durant ma lecture et cela est dommage car si l’histoire était totalement loufoque dés le début, je serais restée tout le long de ma lecture sur ce second degré, je l’aurais su dés le départ et je n’aurais pas eu besoin de switcher mon cerveau.


En bref:

            Le nouveau roman de Cyril Massarotto parlera forcément à tous les amoureux de la lecture et des livres puisqu’il est question de livres dédicacés (comme son nom l’indique), d’auteur et de littérature. Mais sachez que l’auteur nous offre là un roman vraiment caustique et ironique et vaut mieux le savoir avant de commencer cette lecture. En effet, l’auteur donne un coup de pied dans la grande et foisonnante fourmilière qu’est la littérature au sens large, avec tous les clichés et idées qu’elle peut encore véhiculés à propos des auteurs, des lecteurs, des éditeurs, des bloggeurs et des libraires. Chacun va alors en prendre (parfois durement) pour son grade. C’est donc un roman qui va dénoncer, par l’intermédiaire du second degré, certaines choses dans ce milieu. J’ai personnellement été régulièrement ébranlée par certains aspects que j’ai pris au premier degré puisque nous sommes dans une histoire contemporaines et crédible, donc vous êtes prévenu de l’angle avec lequel attaquer ce livre!



mercredi 7 octobre 2020

L'ivresse des libellules (Laure Manel)




Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Le Livre de Poche (3 Juin 2020) 
numéro 35743
384 pages
ISBN-10: 22532934607
ISBN-13: 978-2253934608 
Genre: Contemporain
Lu le: 10 Septembre 2020
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

Quatre couples d'amis décident de s'octroyer des vacances sans enfants dans une luxueuse bastide. Mais l'ambiance qui promettait d’être insouciante et idyllique ne tarde pas à se charger d'électricité. La faute aux caractères (et petites névroses) de chacun et chacune, aux modes de vie différents, à l'usure et à la routine qui guettent les amoureux quand s'invite le quotidien, et à des parents qui ont oublié ce qu'était leur existence lorsqu'ils ne l'étaient pas encore...

Quand débarque une jeune et jolie célibataire, le groupe est plus que jamais au bord de l'implosion.

Mon avis:

            Amour et amitié sont au coeur de ce roman feel-good mais la force et la beauté de cette histoire, relativement simple dans les faits, résonne dans les personnages. En effet, la bande d’amis sont à l’aube de leur quarantaine: les remises en question, les moments difficiles, les épreuves de couple et le temps qui passe avec l’arrivée de cette fameuse « crise de la quarantaine » font en sorte que cette histoire aborde avec justesse et bienveillance ces aléas de la vie, donc beaucoup de personnes pourront s’y retrouver

Points de vue/Critiques:

            Pour cette nouvelle histoire, on part sur les bases de l’amitié puisque l’on retrouve 4 couples d’amis, chacun étant soit récemment en couple, soit mariés depuis de nombreuses années ou encore (beaux)-parents ou non d’enfants et/ou d’adolescents, pour 15 jours de vacances, loin des enfants, du travail et des tracas du quotidien. On ne va pas retrouver énormément d’actions et de péripéties même si le groupe d’amis profite de leurs vacances pour se balader ou faire un peu de sport. On va surtout suivre tout ce petit monde à travers leur relations personnelles. Et si c’est l’amitié qui est le point de départ et fil rouge de toute l’histoire, cela va peu à peu progresser vers les relations amoureuses et plus particulièrement sur les relations de couple. Car une seule petite étincelle en la venue de Valentine dans le groupe va faire voler en éclats tous les acquis de chacun et remettre ainsi en question ainsi beaucoup de choses!

            Dans tout ce petit groupe, on va retrouver une certaine hétérogénéité des relations amoureuses. On va donc retrouver l’éternelle célibataire qui trouve enfin chaussure à son pied jusqu’à ce que tout le monde se rende compte du pot-aux-roses; le couple qui forme une famille recomposée; le couple marié et amoureux comme au premier jour et le couple au bord de la crise qui est englué dans leur morne et routidien quotidien. Grâce à chacun d’entre eux, on va pouvoir ainsi mettre en lumière différents thèmes qui sont extrêmement matures, qui changent des romans feel-good assez classiques, qui donnent un poids certain à ce roman et qui montrent toute l’intelligence de l’autrice qui a su mettre sur le devant de la scène des choses basiques du quotidien qui arrivent chaque jour à bon nombre de personnes. Ces aléas de la vie (la « crise de la quarantaine », les remises en question, les moments difficiles, les épreuves de couple et le temps qui passe) sont donc abordés avec justesse et bienveillance.

            On retrouve également une certaine hétérogénéité dans les caractères de chacun des membres du groupe d’amis. En effet, l’autrice montre qu’il n’est pas nécessaire d’être plus ou moins pareils pour être amis. Les différences sont aussi là pour souder tout un groupe. A l’image de X qui s’avère volcanique et toujours tranchante dans le vif ce qui pourrait dérouter plus d’un mais dont on découvre finalement qu’elle est amicale et sympathique. On déplora tout de même dans cette histoire, le sexisme exacerbé et cliché qui m’a franchement agacé: les hommes se prélassent et ne font rien du tout dans les tâches domestiques et l’assument pendant que les femmes s’occupent de tout et tardent à hausser (finalement inutilement) le ton…!!

En bref:

            Sous ses apparences de roman feel-good, « L’ivresse des libellules » va traiter des relations humaines, qu’elles soient amicales ou amoureuses. Laure Manel réussit une fois de plus à aborder avec justesse et bienveillance les aléas de la vie, dont beaucoup de personnes pourront s’y retrouver grâce à des personnages touchants auxquels on peut aisément s’identifier. Le fait de retrouver des quarantenaires permet d’apporter beaucoup de poids à cette histoire qui va donc parler, sous fond d’amour et d’amitié, de remises en question, de moments difficiles, d’épreuves de couple et de temps qui passe avec l’arrivée de cette fameuse « crise de la quarantaine ». Un roman humainement profond et touchant, qui peut sembler léger et pourtant, il y a derrière chaque personnage et chaque situation, matière à réfléchir et s’interroger sur la vie, le couple, l’amitié, la famille.