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vendredi 19 mars 2021

L'embarras du choix (Laure Manel)




Nationalité de l’auteur:
Française 
Editions Le Livre de Poche (13 Janvier 2021) 
numéro 35963
384 pages
ISBN-10: 225326220X 
ISBN-13: 978-2253262206 
Genre: Romance
Lu le: 5 Mars 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

« Emma, voulez-vous prendre Julien comme époux et promettez-vous de lui rester fidèle, dans le bonheur ou dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour l’aimer tous les jours de votre vie ? »

Tandis qu’elle est sur le point de répondre à la question cruciale qui va déterminer son avenir, Emma se trouve saisie d’un terrible doute : comment être sûre qu’elle aimera toujours Julien ? Et peut-elle vraiment s’engager à rester fidèle à son futur mari, elle, l’ex-croqueuse d’hommes ?... Tandis que toute l’assemblée retient son souffle, la jeune femme voit se projeter dans son esprit trois scénarios possibles dès lors qu’elle aura dit « oui ». Ces films intérieurs, d’une réalité troublante, l’aideront-ils à prendre la bonne décision ?

Mon avis:

        Une grande lecture commune sur ce livre m'a permis de le sortir de ma PAL et de le faire rentrer dans le challenge Mars au Féminin. Pour ce nouveau titre de Laure Manel, la construction est particulière et ne laisse aucune place au doute ou à la surprise, quoique le mot de la fin est surprenant et conclut parfaitement ce livre. L'autrice y dépeint une vision peu glorieuse du mariage mais c'est surtout, comme son titre l'indique, le fait être confronté aux choix de la vie qui est mis en avant. Une bonne lecture!

Points de vue/Critiques:

        Etre confronté à certains choix arrive régulièrement dans la vie et ils impactent cruellement toute une vie. C'est ce que Laure Manel a mis en scène dans ce nouveau roman et quel choix plus déterminant que celui qui doit s'effectuer lorsque l'on se retrouve devant le maire et la fameuse question: "voulez-vous prendre pour époux/épouse...?". A partir de là, l'autrice va imaginer trois scénarios différents pour Emma suivant l'annonce du grand OUI tant attendu le jour de son mariage. L'histoire va ainsi se découper en trois parties dans lesquelles on retrouve la couple dans le futur, 4 ans après leur mariage puis 13 ans et enfin 24 ans après. On va découvrir la destinée du couple, savoir ce qu'ils sont devenus, quelles sont leurs attentes, leur vision du couple. Seront-ils fidèles? Seront-ils toujours aussi amoureux? Que leur réserve l'avenir selon les différents choix qui vont déterminer leur vie? Nous suivons donc Emma dans ses pensées dans chacune des différentes parties de l'histoire au travers de ses espoirs, ses soupçons et ses questionnements.

        Si la première partie est entraînante et mystérieuse car l'on ne sait pas ce que nous réserve ce premier avenir pour le couple, la deuxième partie a quelque chose de moins passionnant car assez redondant. Enfin la troisième partie possède un petit piquant très intéressant, mais force est de constater, qu'une fois découvert la finalité du premier scénario, les suivants ont une saveur moins attrayante car ils sont similaires et redondants. En revanche, dans chacune des différentes parties, l'autrice met en avant une discipline particulière: la musique, puis la littérature et enfin la peinture. Cet aspects permettent d'apporter un point d'accroche singulier au scénario envisagé. 

            Entre chaque chapitre, on retrouve un tout petit texte de la part de tous les invité du mariage d'Emma qui nous feront part de petites anecdotes concernant un choix à faire. Ce choix peut toucher tellement de domaines pour tellement de sujets et pour n'importe qui, adulte ou enfants, jeune ou vieux, que tous ces petits intermédiaires ne sont en rien redondants et apportent un intérêt certain et un vent de fraîcheur bienvenu. 

            Après avoir découvert les trois avenirs probables du couples, on revient sur le moment fatidique du mariage. Il est difficile d'envisager quelle sera la réponse d'Emma mais l'autrice a su trouver la fin qui non seulement surprend, mais qui fournit en plus, une jolie conclusion, trop évidente à trouver, pour cette histoire.

En bref:

           "L'embarras du choix" est une lecture tout à fait plaisante qui charme par son originalité. En effet, face à la question fatidique du grand OUI lors du mariage, Laure Manel va imaginer la vie maritale d'Emma à divers stades. Trois hypothèses de vie de couple avec toujours un dénominateur commun: la tentation. Entre amour et trahison, ces différents scénarios permettent de mettre toujours en avant les différents choix qui s'imposent régulièrement et qui déterminent toute une vie. Ces trois parties sont assez redondantes dans leur finalité ce qui créer parfois un sentiment de lassitude mais les différents domaines exposés dans chacune d'entre elles sont accrocheurs et intéressants. Les diverses situations envisagées dépeignent une vision peu glorieuse du mariage et de la fidélité mais l'épilogue inattendu a de quoi surprendre et conclure parfaitement cette histoire. C'est avant tout le choix, le sujet principal de ce livre, dont les nombreuses anecdotes très divertissantes des invités qui s'interposent entre chaque chapitre sont là pour nous le rappeler.

mercredi 17 mars 2021

Les voleurs de curiosités (Jess Kid)



Titre original:
Things in Jars 
 
Traduction: Laurent Philibert-Caillat 
Nationalité de l’auteur: Anglaise 
Editions Presses de la Cité (11 Février 2021) 
474 pages
ISBN-10: 2258163463 
ISBN-13: 978-2258163461 
Genre: Fantastique, Policier
Lu le: 2 Mars 2021
Ma note: 12/20 




Résumé/4ème de couverture:

Londres, 1863. Bridie Devine, détective spécialisée dans les cas délicats, fait face à l’affaire la plus complexe et la plus insolite de toute sa carrière. Christabel Berwick, l’héritière d’un baronet, a été kidnappée. Mais Christabel n’est pas une enfant ordinaire. Son existence a été cachée aux yeux de tous et ses étranges talents semblent effrayer son entourage autant qu’ils attirent l’attention des collectionneurs de curiosités.

Ne ménageant pas ses efforts pour retrouver l’enfant, Bridie entre dans un monde de chirurgiens déments et de saltimbanques mercenaires. Aidée dans sa quête par le fantôme tatoué d’un boxeur mélancolique qu’elle seule peut voir et par une femme de chambre à la carrure impressionnante, la jeune femme suit pas à pas les traces laissées par les ravisseurs, s’exposant ainsi à un passé qu’elle a tenté d’oublier. Résurrectionniste, chimiste excentrique, créature aquatique légendaire : autant de personnages qui hantent les pages de ce roman lyrique et gothique où le spectacle est roi, mais qui fait la part belle à une enquête digne des plus grandes énigmes policières.

Mon avis:

        Merci beaucoup aux éditions Presses de la Cité de m'avoir envoyé ce livre et pour m'avoir permise de découvrir cette histoire qui m'intriguait beaucoup, de part sa couverture et que je n'ai finalement pas eu l'occasion de voir beaucoup défilé. D'après son résumé de couverture, je pensais qu'on partirait dans une sorte d'enquête historique sur un élément fantastique que sont les sirènes parmi tant d'autre curiosités. Alors oui on retrouve cela mais... je n'ai pas du tout adhéré à cette histoire que j'ai trouvé très fade, avec un côté fantastique trop peu exploité et une plume, ou une traduction, assez étrange et peu agréable.

Points de vue/Critiques:

        Quand on découvre le résumé de 4ème de couverture, on est ravie de découvrir une enquête policière qui vous plongera dans l'ambiance du Londres de la fin du 19ème siècle, le tout avec une petite dimension fantastique, avec peut-être l'intervention de sirène et d'autres créatures faisant probablement parties d'un cabinet de curiosités. Tous les ingrédients étaient donc présents pour promettre une belle aventure. Et oui, ces ingrédients sont bien retrouvés, mais peut-être pas comme on peut l'imaginer et l'espérer. J'ai beaucoup aimé l'ambiance Londonnienne d'autrefois, qui est toujours agréable à ressentir, à imaginer et qui est donc une bonne base pour mieux apprécier l'histoire. Mais de nombreuses petites choses m'ont gênée durant ma lecture, ce qui fait que je n'ai pas pris plaisir à lire ce récit que j'ai finalement lu de façon rapide, assez survolée...

        Le personnage principal de Birdie est une femme mûre, célibataire et indépendante qui prend des airs de Sherlock Holmes afin d'enquêter sur certaines choses. Elle n'est pas sans rappeler une certaine Agathe Raisin. Néanmoins, je ne me suis pas du tout attachée à ce personnage, sans qu'elle ait des caractéristiques déplaisantes. Elle est rester assez neutre pour moi. Pour ce qui est de l'enquête, je l'ai trouvé très prévisible, sans aucune surprise tout en étant parfois brouillonne. En effet, le kidnapping de Christabel ne laisse place à aucun doute puisque nous savons quelles en sont les personnes responsables étant donné que nous suivons sans filtre ces personnages. L'enquête repose ainsi plutôt sur les commanditaires et sur les liens, qui se veulent nébuleux, entre les différents personnages car les ficelles sont nombreuses. Il s'agit donc de seulement démêler les fils, mais force est de constater que 500 pages pour cela, c'est beaucoup surtout quand les noeuds sont peu nombreux et grossiers au point que l'on on peut facilement tout deviner. Pour la dimension fantastique, cela repose sur les épaules de Christabel, une jeune fille qui présente quelques particularités. Celles-ci nous sont clairement spécifiées mais j'ai trouvé que ce personnage avec ses facultés sont trop peu exploités! Ils surviennent de manière factuel et épisodique et n'apportent surtout aucun dynamisme ou mystères qui éveilleraient notre intérêt et curiosité. De la même manière, le fantôme qui accompagne Birdie n'apporte absolument rien au récit et l'on se questionne sur son utilité au récit. L'univers du cabinet de curiosités est également beaucoup trop peu exploité. Ces pièces de collectionneur qui révèlent bon nombre de spécimens rares et fascinants dont on imagine des descriptions avec une certaine passion scientifique et mythologique derrière tout cela ne sont pas retrouvés dans le récit. On se cantonne à décrire où se trouve tel bocal et ce qu'il contient grossièrement. Fantastique, sirène et autres curiosités ne sont donc que des ornements à cette histoire peu détaillés et creusés.

        Je n'ai pas adhéré non plus à la plume de l'autrice. En effet, Jess Kid a une écriture très très imagée au point parfois de ne pas comprendre le sens de la phrase ou de l'expression. Les descriptions sont également très (trop) poussées et prennent parfois cet effet de liste interminable (quand on a 1 page, une page et demie de descriptions sur la météo ou sur une attitude ou ressenti d'un personnage...), c'est long et pesant!

En bref:

        Avec son résumé (et sa couverture), "Les voleurs de curiosités" nous promet une histoire historique, au confins de l'enquête policière agrémentée d'une bonne touche de fantastique où il est question de sirène, de fantôme et d'autres créatures pouvant peupler des cabinets de curiosités. Si tous ces ingrédients promis se retrouvent bien dans cette histoire, le tout est finalement très mal exploité ce qui donne une intrigue bien fade. Seule l'ambiance Londonnienne de la fin du 19 ème siècle est appréciable. La dimension fantastique est factuelle, parfois inutile, et trop peu mise en avant, faisant de ces quelques caractéristiques des choses qui ne sont là que pour ornementer l'enquête. Cette dernière reste prévisible, sans surprise et parfois brouillonne. Avec en plus un personnage principal féminin neutre et une plume de l'autrice extrêmement imagée aux longues et interminables descriptions, on a donc un roman long et pesant, qui ne présente aucune surprise et peu d'intérêt. Dommage, on passe!

lundi 15 mars 2021

La divine comédie de nos vies (Gavin's Clemente Ruiz)




Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Albin Michel (3 Mars 2021) 
224 pages
ISBN-10: 222644436X 
ISBN-13: 978-2226444363 
Genre: Contemporain
Lu le: 25 Février 2021
Ma note: 15/20 




Résumé/4ème de couverture:

« Une seule chose est sure : j'aurais dû dire stop avant. Avoir le courage de parler. Sans le savoir, ma femme et son amant m'ont fait le plus beau cadeau du monde. »

Mon avis:

        Quelle bonne nouvelle que de retrouver un livre de Gavin's Clemente Ruiz! Et pour ce nouveau titre, assez court, il laisse place au mystère car pour une fois, le résumé de 4ème de couverture ne révèle rien, étant donné qu'il n'y a qu'une seule phrase issue du roman. Je me suis donc plongé dans cette histoire qui semble nous entrainer vers les thématiques de la famille, des amis auquel se mêle peut-être un drame. Si l'on se laisse très facilement emmener en barque dans ce récit, il a surtout le mérite de nous cueillir et de nous estomaquer dans les dernières phrases. Cette cerise sur le gâteau amène bon nombre de réflexions et d'interrogations. Je ne sais donc pas trop quoi penser de ce livre, si ce n'est que 'l'histoire est bonne mais que la chute l'est beaucoup moins.

Points de vue/Critiques:

    Dés le début du récit, on fait la connaissance du personnage principal de Jérôme qui ne laisse place à aucun doute, puisqu'il nous montre clairement le chemin que va prendre cette histoire. Ce fait va ainsi être une sorte de point de départ afin de savoir ce qui l'a amené à cela et de mieux comprendre sa vie. Pour cela, on va surtout faire connaissance avec sa femme (leurs enfants) et sa bande d'amis. A la façon d'un roman chorale, les différents personnages apporteront leur vision de la personnalité et du caractère de Jérôme, tout en nous racontant toutes les histoires du passé qui ont façonné leur amitié. Car entre affinités, couple qui se forment et qui se séparent, aléas de la vie, c'est véritablement toute l'histoire d'une amitié de quarantenaires que nous découvrons. Suivre cette bande de potes est un vrai régal et les pages défilent très rapidement. On découvre de temps en temps quelques petites et très subtiles allusions à la personnalité de Jérôme, mais pris par la frénésie de leurs relations à tous, on en fait presque abstraction.

        Avec ce que nous révèle d'emblée Jérôme, on se doute instinctivement du pourquoi du comment et l'on pense logiquement le découvrir au fur et à mesure du récit, par le biais de la découverte de sa bande d'amis. Mais force est de constater que cette quasi certitude n'arrive pas. Mais par contre, cette dernière phrase...!!! Elle a de quoi surprendre, car je pense que l'auteur ne nous mettait pas forcément sur cette voie là. C'est donc une belle cerise sur le gâteau, mais cette cerise serait plus digeste et réellement belle, s'il y avait des explications derrière et si elle ne soulevait pas bon nombre d'interrogations (qui ne trouvent pas vraiment réponse) et de réflexions qui finalement m'ont agacé. En effet, après ce coup de grâce final, l'histoire s'arrête: presque comme une fin ouverte, libre au lecteur de faire son propre avis et de réfléchir. Heureusement que j'ai pu en débattre avec Marie (@leslecturesdeknut) car cette révélation a eu l'audace de nous faire cogiter. Il s'est avéré que cette révélation montre une sorte de renaissance pour Jérôme. Mais le problème ne vient pas du fond mais de la forme, de la manière dont il en est arrivé là. Je trouve sa démarche tellement égoïste et malsaine pour sa famille, ses enfants et ses amis. Il ne faut pas oublier que l'histoire portée sur l'amitié a montré avant tout que Jérôme est une personne très entourée. Alors pourquoi cette manière de faire...? Ce roman me laisse donc très perplexe avec un sentiment mi-figue mi-raisin.

En bref:

        Quelle belle surprise que de retrouver un livre de Gavin's Clemente Ruiz et de renouer avec plaisir avec sa plume! Dans cette histoire dont on ne connaît rien au départ d'après sa 4ème de couverture, on plonge dans la découverte d'une bande de potes avec Jérôme comme personnage principal qui nous annonce d'emblée une certaine directive à son histoire. Ce roman choral va permettre de découvrir tous les liens qui unissent chacun des personnages constituant cette bande d'amis, ainsi que la personnalité de chacun. Cet entrain amical et cet esprit bon enfant nous font passer de jolis moments de lecture. Mais arrive cette phrase finale qui remet tout en question. Cette véritable révélation que l'on ne voit pas venir vous explose à la figure et a le mérite de vous désarçonner. Car puisque rien ne suit après, elle va soulever bon nombre de questions et de réflexions. Outre l'image que j'ai pu comprendre, je n'ai pas du tout aimé la manière que Jérôme a employé, qui est, à mon sens, très égoïste et terriblement malsain pour son entourage, alors que l'histoire nous a bien montré préalablement que c'était une personne très bien entourée. Ce roman me laisse donc grandement perplexe avec un sentiment mi-figue mi-raisin.

dimanche 14 mars 2021

Un jour de plus de ton absence (Mélusine Huguet)




Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Charleston (23 Février 2021) 
351 pages
ISBN-10: 2368126139 
ISBN-13: 978-2368126134 
Genre: Contemporain
Lu le: 24 Février 2021
Ma note: 16/20 




Résumé/4ème de couverture:

Félicitations, madame Loiseau. Vous allez être maman ! 

Fonder une famille avec Antoine, c'est le rêve de Jade depuis le tout premier jour de leur amour. Elle devrait nager en plein conte de fées : Antoine est fou de joie, ils ont la trentaine, des situations professionnelles stables, un appartement avec une chambre supplémentaire et des familles aimantes, toutes prêtes à accueillir cette nouvelle vie. Une seule ombre plane sur ce tableau idyllique : celle du mensonge qui dévore progressivement Jade…

Un roman qui aborde avec finesse et force certaines des questions les plus sombres de notre société à travers le parcours d’une héroïne bouleversante, modèle de résilience et d’espoir.

Mon avis:

        Cela fait très plaisir de recevoir un tel livre puisque lorsque l’on connaît l’autrice pour avoir partagé des soirées bookstagram, cela donne une petite saveur particulière à cette lecture. Ce n’est pas une raison pour ne pas être impartiale et honnête dans son avis, mais force est de constater que Mélusine nous livre ici une histoire forte de femmes et de résilience, qui m’a de plus en plus surprise et bouleversée au fil de ma lecture. 

Points de vue/Critiques:

        A la lecture du résumé de couverture, on peut s’imaginer découvrir une histoire d’amour avec peut-être quelques rebondissements qui dynamiserait un peu l’histoire, mais il est vrai qu’il laisse place à pas mal d’hypothèses, car il y a peu de choses dévoilées. On peut ainsi imaginer et réfléchir à plein de sujets possibles qui seraient traités et pourtant… difficile d’imaginer à quel point cette histoire sera dure et vous surprendra au fur et à mesure de l’avancement! 

        Pour garder la surprise et être prise dans cette brutalité narrative, je ne dévoilerais pas les sujets abordés, mais sachez que l’autrice aborde plein de thématiques qui touchent malheureusement les femmes dans notre société actuellement. Et même si tous ces sujets sont douloureux et difficiles à aborder et à suivre, cela en fait un livre criant de vérité et mettant en lumière ce que vivent, souvent dans l’ombre, tellement de femmes. 

        Lorsque l’on découvre Jade, elle peut devenir rapidement un personnage auquel on n’arrive pas à s’attacher, voire antipathique, tant sa réaction à l’annonce de sa grossesse est hors norme et assez violente. Et surtout, incompréhensible, car elle ne nous donne pas encore d’explications à cette réaction et à son comportement. Elle devient donc un personnage surtout très mystérieux. Mais pour ma part, Jade ne m’a pas du tout déplu. En effet, sa réaction totalement inattendue face à sa grossesse va à l’opposé de ce que toutes les femmes affichent mais cela n’en ai pas moins crédible et « anormal »: toutes les femmes doivent-elles toujours se réjouir d’une grossesse? n’y-a-t-il pas d’autres réactions possible tout aussi socialement acceptables et synonymes de liberté? Même si le comportement de Jade est lié à quelque chose qu’elle ne nous a pas encore dévoilé, qu’il y une explication derrière son attitude, le fait d’aborder cet aspect est quelque chose d’original que j’ai beaucoup aimé. 

        Grâce à un carnet, une sorte de journal intime, Jade va peu à peu se dévoiler et lever le voile sur sa personnalité et sur son vécu. A travers son histoire et toutes les personnes qu’elle rencontre, on va  progressivement être surpris par toutes les thématiques qui arrivent, comme autant de portes que l’on se prend dans la figure. C’est donc une histoire qui met surtout en avant les femmes d’aujourd’hui et leurs résiliences face à différentes situations. Le tout est empreint d’une grande sensibilité et entre ces émotions et la surprise de découvrir les évènements de façon presque inattendue car bien tenus bien secrets font que l’on prit dans cette sphère qu’il est difficile de quitter.  

En bref:

        « Un jour de plus de ton absence » est une histoire qui met en avant les femmes d’aujourd’hui et leurs résiliences face à différents sujets. Le personnage de Jade va amener plein de questionnements tout le long de la lecture et remet en question les jugements qu’autrui peut faire sur l’intimité d’une personne. L’autrice aborde superbement bien de nombreuses thématiques d’aujourd’hui car non seulement ils arrivent progressivement dans l’histoire de telle façon que cela m’a continuellement surpris mais elle arrive en plus à les aborder avec une grande sensibilité. Ce roman prend donc aux tripes avec ses différents sujets abordés qui sont si forts, bouleversants et poignants qu’ils ne laissent pas tout à fait indemne. 

Ces jours qui disparaissent



Scénario et Illustrations:
Timothé Le Boucher
Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Glénat (13 Septembre 2017) 
Collection 1000 feuilles
192 pages
ISBN-10: 2344013326 
ISBN-13: 978-2344013328
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 4 Mars 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

Mon avis:

        Il me tardait de découvrir cette histoire de Timothé Le Boucher dans laquelle se mêle un côté fantastique à la vie du personnage principal, Lubin. En effet, en se réveillant un jour sur deux sans avoir de souvenirs et sans savoir ce qu’il a fait la veille, on se demande continuellement si cet étrange aspect de la vie de Lubin vient de quelque chose qui apporterait une dimension fantastique ou de science-fiction, s’il a trait à une dimension psychologique ou si cela est la conséquence d’un problème neurologique. Si la première explication n’est jamais vraiment envisager sans que cela soit dérangèrent, les sphères psychologique et médicale sont abordées en surface sans résoudre ce « problème » et découvrir son origine. 

        Mais connaître les causes du désordre dans la vie de Lubin n’est finalement pas la finalité de cette histoire. Et même pour moi qui a un esprit rationnel et qui chercher er espère toujours une explication rationnelle et logique à des choses qui ne semblent pas l’être, cela ne m’a absolument pas gêné. En effet, ce récit se concentre sur cette nouvelle et étrange vie de Lubin. On le suit ainsi au fil des années, sans réels rebondissements. Et face à cette histoire presque contemplative, on ne voit pas les pages défiler et on se prend au jeu. Il faut dire que l’on constate de façon quasi incrédule que le phénomène que subit Lubin s’éternise dans le temps et surtout qu’il s’aggrave! Peu à peu, on découvre alors un jeune homme résigné… qui nous touche au coeur. Sa véritable vie semble de plus en plus volée et il n’a aucun contrôle sur cela. C’est aussi touchant que révoltant. D’autant plus, que sa famille, ses amis et sa chérie l’attendent toujours avec de plus en plus d’espoir et de peur de ne jamais le revoir. 

        Au delà du fait que l’on se demande quand même constamment à quoi ce phénomène est dû (manipulation? schizophrénie? double personnalité? phénomène paranormal?), se sont aussi des questions de vie qui accompagnent le lecteur: les proches de Lubin doivent-ils continuer leur vie sans l’attendre et à partir de quand doivent-il le faire? doivent-il lui raconter tout ce qu’il passer durant son absence? que doit faire Lubin pour profiter de sa journée?

        Difficile d’imaginer une fin satisfaisante, mais l’auteur a su trouver quelque chose de tout à fait convenable qui ne casse pas le côté douloureux et magnifique de l’histoire ou qui ne parte pas dans quelque chose de trop ubuesque. 

Instants d'après



Titre original:
Setsuna Flick 
 
Scénario et Illustrations: Daisuke Imai 
Nationalité de l’auteur: Japonaise 
Editions Komikku (13 Juin 2019) 
192 pages
ISBN-10: 2372874306 
ISBN-13: 978-2372874304 
Genre: Manga
Lu le: 3 Mars 2021
Ma note: 15/20 



Résumé/4ème de couverture:

La technologie a fait une entrée fracassante dans notre société et s'est répandue comme une traînée de poudre. Tablettes, ordinateurs, portables, applications en tous genres, à la maison, au travail, dans les transports en commun... Les nouvelles technologies sont désormais partout, entre toutes les mains. Une multitude de programmesexiste pour répondre à de nombreux besoins, et ceux-ci sont exploités pardes utilisateurs de plus en plus jeunes. Dans ce recueil d'histoires courtes, Daisuke Imai met en scène des protagonistes de tout âge, pensant avoir désespérément besoin de l'aide de la technologie.

Mon avis:

        Toujours dans le cadre des Mordus du Manga 2021 organisé par les bibliothèques de Pairs, ce one-shot permet de découvrir et de s’interroger ce que les futures technologies pourraient apporter dans la vie quotidienne de l’homme. Ce manga comporte ainsi plusieurs nouvelles qui peuvent se lire indépendamment. Les futures et probables technologies futures imaginées sont étonnement assez crédibles et pas si fantaisistes que cela. Elles sont ainsi tout à fait plausibles et elles permettent d’interroger sur leurs bénéfices et/ou leurs désavantages et conséquences. Réseaux sociaux, quête de l’amour, assistance aux personnes âgées sont autant de domaine concernés par ces technologies et l’on se rend compte que ce sont des domaines déjà en recherche de nouveautés de nos jours. On se rend ainsi compte qu’elles montrent du doigt la solitude de nos vies modernes et la recherche de la perfection. Le format court des nouvelles permet de trancher dans le vif: on peut ouvrir rapidement notre réflexion en apportant une chute bien pensée. 

Spirits Seekers

TOME 1

Titre original: Mononogatari, book 1 
Traduction: Hana Kanehisa
Scénario et Illustrations: Onigunsô
Nationalité de l’auteur: Japonaise 
Editions Pika (18 Septembre 2019) 
Collection Seinen
192 pages
ISBN-10: 2811631259 
ISBN-13: 978-2811631253 
Genre: Manga
Lu le: 2 Mars 2021
Ma note: 16/20 

Résumé/4ème de couverture:

Hyôma Kunato haît les Tsukumogami. Ce jeune homme a vu son frère et sa sœur se faire tuer par l’un d’eux, alors qu'il était enfant. Botan Nagatsuki les aime. Cette jeune fille cohabite avec des Tsukumogami qui sont, pour elle, comme une famille. À Kyôto, capitale millénaire, Hyôma et Botan se rencontrent et se voient obligés de vivre sous le même toit. Tous deux, à travers les combats qu’ils mèneront ensemble, confronteront leurs visions de ces esprits capables de posséder les objets antiques…

Mon avis:

        C’est avec l’évènement des Mordus du Manga organisé par les bibliothèques de Paris qui m’a permis de découvrir ce titre, auquel je n’aurais pas prêté attention sans cela. Et ce fut une bonne occasion car j’ai adoré découvrir cette histoire et il me tarde de continuer à découvrir cette série. 

        Ce premier tome qui mêle ésotérisme et action est une excellente mise en bouche car les personnages principaux sont variés et sont des créatures fascinantes tout en contraste et surtout l’auteur prend le temps de nous présenter l’intrigue avec tout ses tenants et aboutissants de manière claire ce qui fait que l’on comprend tous les enjeux et que l’on a tout bien en tête. En effet, des univers fantastiques aussi riches avec pas mal de personnages peuvent rapidement nous perdre, mais ici tout se met en place de façon limpide. La mythologie autour des tsukumogami est vraiment très intéressante. J’ai beaucoup aimé découvrir ces créatures, voir comment ils s’ancrent à un objet spécifique ce qui détermine les caractéristiques de leur forme humaine. Hyôma est un personnage tout à fait crédible suivant ses ressentiments face aux tsukumogami mais c’est surtout Botan qui suscite vraiment notre intérêt tant elle semble mystérieuse. Je pense qu’elle va nous réserver de grandes surprises!

jeudi 11 mars 2021

Les lendemains (Mélissa Da Costa)




Nationalité de l’auteur:
 Française 
Editions Le Livre de Poche (3 Février 2021) 
numéro 36001
379 pages
ISBN-10: 2253079901 
ISBN-13: 978-2253079903 
Genre: Contemporain
Lu le: 21 Février 2021
Ma note: 17/20 



Résumé/4ème de couverture:

Réfugiée dans une maison isolée en Auvergne pour y vivre pleinement son chagrin, Amande ne pensait pas que l'on pouvait avoir si mal. Les jours se suivent et dehors le soleil brille, mais, recluse, elle refuse de le voir. Lorsqu’elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l'ancienne propriétaire des lieux, elle décide pourtant, guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, d’essayer de redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s'ouvrir à des rencontres uniques. Jusqu’à ce que chaque lendemain redevienne, enfin, une promesse d'avenir.

Un roman subtil et plein d’émotion qui nous invite à ouvrir grand nos yeux, nos sens et notre cœur, et un formidable hymne à la nature qui nous réconcilie avec la vie.

Mon avis:

        Après le beau coup de cœur qu’avait été « Tout le bleu du ciel » je ne pouvais ne pas continuer à découvrir l’autrice. « Les lendemains » est un poil différent mais il reste tout aussi beau. Ce récit, plutôt contemplatif mais pas ennuyeux, nous plonge dans une bulle de douceur et de douleur dans le but d’une reconstruction. Si le sujet principal est lourd et douloureux, Mélissa Da Costa réussit tellement bien à doser les émotions, qu’aucun sentiment malaisant ou de pitié larmoyante n’est à déplorer.

Points de vue/Critiques:

        Dés le début du récit, nous découvrons Amande et toutes les casseroles qu’elle traine derrière elle. Sa vie est désormais synonyme de deuils. Il est difficile de constater tout ce qu’elle a vécu tant tout cela est terrible. Elle est totalement au fond de l’eau, complètement abattue, dans l’abandon de vivre. Le deuil est donc le sujet principal et la porte d’entrée de cette histoire. Néanmoins, malgré ce sujet très lourd, difficile et cette atmosphère très sombre, à aucun moment on ne ressent une certaine noirceur. L’abattement d’Amande ne se retranscrit pas sur la plume ou sur l’histoire, sans pour autant avoir un détachement du lecteur vis-à-vis d’Amande et de sa situation. On reste en communion avec elle. Et c’est là tout le talent de l’autrice qui arrive à faire de cette histoire, dure au départ, une histoire dans laquelle c’est finalement l’espoir et la luminosité qui jaillissent. 

        La reconstruction d’Amande va se faire lentement mais sûrement. C’est dans une maison isolée, seule et dans le silence que la jeune femme va peu à peu retrouver le chemin de la vie. Cette reconquête de soi va passer par des petites choses: planter des fleurs et entretenir un potager suivant un planning fixe, faire rentrer de nouvelles personnes dans sa vie et conserver piano piano le lien avec sa famille. Tous ces éléments arrivent sur le chemin de la construction d’Amande suivant son propre rythme. C’est vraiment elle qui s’écoute et qui prend son temps. On se retrouve donc plutôt dans un récit contemplatif, mais avec les petites victoires au quotidien d’Amande qui progresse chaque jour, on ne s’ennuie pas une seule seconde.

En bref:

        Pour ce deuxième roman, Mélissa Da Costa confirme son style de nous fournir de véritables belles histoires. Dans « Les lendemains », elle nous entraine dans une bulle de douceur et de douleur. En effet, le sujet douloureux du deuil puis que la reconquête de soi sont au coeur de ce récit. Et même si l’origine de cette histoire est dramatique et vraiment émouvante, on est loin du larmoiement et de l’apitoiement: tout s’effectue en douceur, avec une plume magnifique porteuse d’émotions qui fait plutôt rejaillir de l’espoir et de la luminosité. En mettant en avant le pouvoir de la nature, Amande est une héroïne abîmée que l’on voit progressivement revenir à la vie suivant son propre rythme. On est peut-être ainsi davantage dans un roman contemplatif mais pas ennuyant, bouleversant et fort en émotions.