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  Mes derniers avis BD et MANGAS:  

 

dimanche 14 février 2021

Les vieux fourneaux, tome 6: l'oreille bouchée



Scénario: Wilfried Lupano
 
Illustrations: Paul Cauuet 
Nationalité des auteurs: Française 
Editions Dargaud (6 Novembre 2020) 
57 pages
ISBN-10: 2505083363 
ISBN-13: 978-2505083368 
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 6 Février 2021
Ma note: 16/20 



Résumé/4ème de couverture:

Mimile a eu l'idée du siècle : inviter ses vieux amis à le rejoindre en Guyane pour un séjour mystérieux. Antoine, qui n'a jamais voyagé, est aux anges. Pierrot, qui n'a jamais voyagé non plus, n'a pas l'intention de laisser l'exotisme et l'aventure saper sa proverbiale mauvaise humeur.  Les voyages forment la jeunesse, pas les vieux, pense-t-il. Il se trompe pourtant, car c'est bien l'enfance qui les attend au détour du fleuve Maroni. La jeunesse de Guyane, mais aussi la leur, celle des vertes années dans le Sud-Ouest, lorsque les trois amis jouaient aux pirates et rêvaient à des coffres remplis d'or ! Douchés par les pluies tropicales, menacés par les bestioles hostiles de la jungle et enivrés par leurs souvenirs, voilà les trois amis embarqués dans un voyage initiatique qui leur fera découvrir que la fièvre, en Amazonie, n'est pas transmise que par les moustiques. Entre une ex-prétendante de Pierrot, une pièce de théâtre improvisée et la sacrée surprise de Mimile... ce voyage est une pépite ! Avec l'humour et l'engagement qui les caractérisent, Lupano et Cauuet rempilent pour un sixième tome des Vieux Fourneaux. Une aventure aux accents écologiques dans le berceau de l'or jaune..

Mon avis:

        Quel plaisir de retrouver nos trois octogénaires contestataires et militants! Et pour cette nouvelle aventure, le fait de société qui est en trame de fond, à savoir la dévastation des écosystèmes, va entraîner tout ce petit monde sous le climat vivifiant et inhabituel de la Guyane. On retrouve des jeux de mots, des situations dépeintes avec gaité et humour, des running gags, des instants plus introspectifs avec des considérations d'actualité, voire militantes mais traitées toujours avec légèreté pour éviter la prise de tête, donc que demander de plus? A cœur de la franche camaraderie ambiante, on retrouve toujours les personnalités et le caractère de chacun: la belle mauvaise foi et l'humeur bougonne de Pierrot, l'espièglerie de Mimile, et la joie et l'entrain constant de Antoine. 

        Cette ambiance joyeuse sert d'appui pour aborder des sujets de fonds d'actualité et beaucoup plus sérieux. Il est ici question d'écologie: pollution et déforestation servent à montrer la toute puissante des sociétés riches et capitalistes. Et par le biais de jolis piques dénonciatrices, on va retrouver des critiques concernant le pillage des riches ressources au détriment de la vie (faune, flore et humaines), des écosystèmes et des cultures locales. 

Sorcières, sorcières, tome 4: le mystère des fleurs de tempête



Scénario
: Joris Chamblain
Illustrations: Lucile Thibaudier 
Nationalité des auteurs: Française 
Editions Kennes (8 Novembre 2017) 
48 pages
ISBN-10: 2875804413 
ISBN-13: 978-2875804419 
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 6 Février 2021
Ma note: 15/20 



Résumé/4ème de couverture:

Durant l'hiver, Harmonie semble bien triste et disparaît mystérieusement chaque jour. Miette tente de savoir pourquoi elle agit de la sorte et, à travers son enquête, elle remonte aux origines des fleurs de tempête.

Mon avis:

        Pour ce quatrième tome des aventures de sorcières de Harmonie, le récit se concentre davantage sur les deux sœurs: Harmonie et Miette et sur leur relation, en sachant qu'Harmonie se retrouve au cœur de l'adolescence. Et même en étant sorcières, il y a quelques interrogations qui arrivent ou une certaine mélancolie qui s'installe chez la jeune fille. Le côté enquête des tomes précédentes avec les différentes actions est moins important dans cette quatrième histoire, pour se concentrer davantage sur les sentiments, les ressentis et sur la question de l'identité familiale. En se retrouvant dans un univers parallèle, on va en apprendre beaucoup plus sur Harmonie (alors qu'il n'y avait pas forcément de mystères autour de sa personne). Les dernières pages sont particulièrement touchantes puisqu'elles permettent de conclure en beauté les thématiques de la filiation et de l'héritage qui sont véhiculés dans cette histoire. 

samedi 13 février 2021

A coeur ouvert





Scénario et Illustrations
: Nicolas Keramidas
Nationalité de l’auteur: Française 
Editions Dupuis (29 janvier 2021) 
208 pages
ISBN-13: 979-1034733033 
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 31 Janvier 2021
Ma note: 14/20 



Résumé/4ème de couverture:

Nicolas Keramidas est atteint d'une malformation cardiaque à la naissance, la tétralogie de Fallot, ce qui l'oblige à subir une opération délicate et surtout inexpérimentée en 1973 : il devient ainsi le premier bébé en France à être opéré à coeur ouvert. 43 ans plus tard, son coeur s'emballe à nouveau. Il doit subir une nouvelle opération.

Keramidas se livre à coeur ouvert : le témoignage poignant et sincère d'un homme face à l'hospitalisation.

Mon avis:

        Si le sujet et le fait que se soit un témoignage de l'auteur lui-même ont fait que cette bande-dessinée m'a tout de suite intéressée et pour laquelle je m'attendais à avoir, évidemment, quelque chose de touchant, voire de poignant, ce livre m'a finalement assez déçu. Je ressors de cette lecture en ayant l'impression d'être passée à côté, de n'avoir pas réussit à créer un lien avec l'auteur et ce qu'il a vécu à travers le maintien d'une certaine distance, due à certaines maladresses que j'ai pu relever. Je n'ai donc pas été du tout touchée par cette histoire, ce qui est bien dommage et assez horrible à dire. 

        Régulièrement dans ce récit intimiste, j'ai ressenti un manque de linéarité et de fluidité entre certaines planches ou scènes. Ce n'est pas un manque de repères temporels mais c'est au niveau des informations distillées que j'avais l'impression d'être passée à coté de certaines choses. J'ai dû parfois revoir les pages précédentes pour être certaines de ne pas avoir loupé une infirmation mais non… Je pense tout simplement au moment où l'auteur a dû subir cette deuxième opération: après les examens de routine qui ne se sont pas révélés bons, à aucun moment il n'est stipulé le diagnostic avec plus ou moins de détails (même si l'on sait que c'est une "rechute", il n'en ait jamais mention). Ainsi, l'auteur se retrouve une nouvelle fois sur la table d'opération et on a l'impression d'être arrivé à ce moment en ayant été entraîné par une suite logique d'évènements sans connaître la base et le pourquoi de tout ceci. 

        De plus, j'ai ressenti un certain égoïsme tout le long de ce témoignage. Il s'agit certes, bien évidemment d'une retranscription de ce qu'à vécu l'auteur lui-même, mais il y avait quelque chose que faisait que tout revenait vers sa personne même lorsque l'on évoquait d'autres personnes. Ainsi, sa femme et ses enfants sont bien présents pour connaître leur ressenti, mais il s'agissait bien souvent de ce qu'ils traversaient à travers les yeux de l'auteur. Cet effet autocentré a été renforcé dans les rares fois où le personnel médical est évoqué: médecins, infirmières et aide-soignant sont largement survolés et quand il y ait mention, c'est plus les dévalorisés et les critiquer et c'est quelque chose que je n'ai pas apprécié. 

En bref:

        Si ce témoignage se révélait au premier abord quelque chose de forcément touchant et poignant, je ressors de cette lecture totalement hermétique à ce récit de vie. Je n'ai pas réussi à ressentir un lien ou un attachement particulier avec l'auteur et avec ce qu'il a subit, due à une certaine distance. Le récit manque pour moi de linéarité et de fluidité entre les scènes ainsi qu'un manque de clarté. De plus, même si c'est un témoignage autobiographique j'ai ressenti de l'autocentrisme, auquel s'ajoute une faible évocation et un dénigrement du personnel soignant, difficilement acceptable dans un tel contexte. 

Entre deux

TOME 1

Titre original :
Sakura-chan to Nozomi-kun, book 1
Traduction: Anais Koechlin
Scénario et Illustrations: Kujira 
Nationalité de l'auteur: Japonaise 
Editions Akata (12 Septembre 2019) 
Collection M
162 pages
ISBN-10: 2369742771 
ISBN-13: 978-2369742777 
Genre: Manga
Lu le: 30 Janvier 2021
Ma note: 16/20 


Résumé/4ème de couverture:

Lui s'appelle Nozomi. Elle s'appelle Saku. Ils se connaissent depuis l'enfance et ont construit une amitié basée sur le soutien tacite qu'ils se sont apportés mutuellement dans les épreuves que leur imposait le quotidien. Mais à l'adolescence, tandis que Saku sent ses sentiments évoluer en même temps que son corps change, la relation entre eux deux semble devoir se complexifier…


TOME 2

Titre original :
Sakura-chan to Nozomi-kun, book 2
Traduction: Anais Koechlin
Scénario et Illustrations: Kujira 
Nationalité de l'auteur: Japonaise 
Editions Akata (21 Novembre 2019) 
Collection M
192 pages
ISBN-10: 2369747234 
ISBN-13: 978-2369747239 
Genre: Manga
Lu le: 2 Février 2021
Ma note: 16/20 


Résumé/4ème de couverture:

Depuis la fin de l'école primaire, Saku sent bien que ce qu'elle éprouve pour Nozomi n'est plus seulement de l'amitié. Mais parce qu'elle a laissé passer sa chance, ce dernier enchaîne les conquêtes et les ruptures avec des filles pour lesquelles il n'a aucun sentiment. Aussi, au début du lycée, l'adolescente décide de prendre les choses en main et de mettre fin à son silence. Mais n’est-il pas trop tard ?

Mon avis:

        Dans cette petite série de mangas en seulement 2 tomes, on va suivre la relation entre Saku et Nazumi depuis leur plus tendre enfance jusqu'à la fin de leur adolescence, tout le long de leur parcours scolaire. Même en étant pas tous les ans dans la même classe, ils vont sans cesse se croiser au fil des années et leur relation va ainsi connaître des hauts et des bas. Quoiqu'il en soit, parce qu'une scène banale les a profondément marqués et rapprochés à tout jamais, ils vont se soutenir mutuellement dans les différentes épreuves qu'ils vont chacun rencontrer au fil des années. 

        Cette histoire est pleine de sensibilité, de tendresse et de douceur. J'en a été agréablement surprise pour plusieurs raisons. D'après les premiers chapitres, je pensais que l'on irait vers d'autres directions concernant l'identité de genre, qui m'aurait déçu car trop vu et attendu. Certes, l'identité sexuelle est abordée mais la manière dont la mangaka traite ce sujet est faite avec justesse, sans exagération et sans en faire l'unique thématique. Ensuite, parce que l'adolescence arrive, on se doute qu'il va être question de sentiments liés à la puberté et donc de romance. Néanmoins, le récit ne va pas mettre en scène une romance prévisible, qui coule de sentiments mielleux et qui pourrait faire lever les yeux au ciel. En effet, la romance va plutôt être un moyen pour montrer et décortiquer toute la complexité des sentiments à cette période fatidique qu'est l'adolescence. A côté de ces thématique majeures, la mangaka développe encore davantage son récit en abordant le sujet des relations familiales (et surtout la relation mère-enfant), l'avenir ou encore l'amitié avec le personnage de Arikawa qui apporte tout l'humour du dyptique à lui seul. En seulement deux tomes, on va donc voir défiler pas mal d'années et ce semblant de rapidité est très bien trouvé car cela apporte davantage de justesse et évite la psychologie qui traine en longueur et qui lasserait un tant soit peu… 

        "Entre deux" est donc une très bonne petite série qui met en lumière, de façon juste et emprunt de tendresse, toute la psychologie des enfants passant à l'adolescence qui doivent gérer et comprendre à décortiquer toute la complexité des sentiments, entre amour et amitié. La mangaka accentue la complexité de son récit en abordant d'autres thèmes comme l'identité sexuelle, l'amitié ou encore les relations familiales. 

Heart gear


TOME 1

Titre original: Heart gear, book 1  
Scénario et Illustrations: Takaki Tsuyoshi
Traduction: Sébastien Ludmann
Nationalité de l’auteur: Japonaise 
Editions Ki-oon (3 Octobre 2019) 
Collection Shônen
192 pages 
ISBN-13: 979-1032705469 
Genre: Manga
Lu le: 22 Janvier 2021
Ma note: 13/20 

Résumé/4ème de couverture:

Il y a 200 ans, une guerre planétaire a quasiment anéanti l'espèce humaine. La terre n'est plus peuplée que de machines livrées à elles-mêmes... La jeune Roue est élevée par Zett, un robot pacifique, véritable père de substitution, qui la couvre d'attentions. Leur quotidien est bouleversé par l'arrivée d'un nouveau venu, Chrome. Tout juste activé, il prend le rôle du petit frère naïf et maladroit dans leur étrange famille. Zett tente tant bien que mal de lui faire intégrer la notion d'autonomie... Pas évident pour un robot !

Tout s'accélère quand un "insane', un androïde fou, détruit Zett avant d'attaquer Roue. Pour Chrome, l'heure du choix est venue : il devient le protecteur de la fillette ! Il se révèle être un combattant surpuissant et écrase son adversaire. Heureusement, l'unité centrale de leur père adoptif est intacte : il ne reste plus qu'à lui trouver un corps compatible... Mais vers qui se tourner dans ce monde vaste et plein de dangers ? Le périple de la joyeuse Roue et du taciturne Chrome ne fait que commencer...

Mon avis:

        Je ne me serais jamais intéressée à ce manga par son histoire purement ancrée dans la science-fiction, où il est question de futur et de robots. Mais c'était sans compter sur le prix des "mordus du mangas" organisé par les bibliothèques de Paris et pour lequel je me suis inscrite. L'histoire ne m'a pas déplu en soi, et je suis même contente d'y retrouver une certaine beauté et poésie dans un tel genre, mais l'ambiance et le côté futur avec la terre remplie de robots ne m'a pas happé, c'est une affaire de goûts. 

        Pour un premier tome, on ne retrouve pas le côté introductif car il y a finalement beaucoup d'actions et l'intrigue principale commence déjà pleinement. Roue est une petite fille attachante, joyeuse et courageuse. Beaucoup de questions entoure sa présence sur Terre. Il y a ensuite le côté robots, machines, intelligence artificielle qui ont remplacé les hommes après la Troisième Guerre Mondiale. Je suis totalement hermétique à cet aspect futuriste de science-fiction. Tout ceci manque de réalisme pour mon esprit rationnel, je garde donc une certaine distance et ressens une froideur avec de tels personnages. Tout ceci n'est donc qu'une question de goûts personnels, mais d'après les retours que j'ai pu voir et ne serait-ce que pour sa sélection dans le prix des "mordus du mangas" ce titre doit plaire pour les amateurs du genre.

Reine d'Egypte, tome 7


Titre original :
Aoi Horus no Hitomi - Dansou no Joou no Monogatari, book 7
Traduction: Fédoua Lamodière
Scénario et Illustrations: Chie Inudoh
Nationalité de l’auteur: Japonaise
Editions Ki-oon (5 Mars 2020)
Collection Kizuna
178 pages
ISBN-13: 979-1032705858
Genre: Manga
Lu le: 22 Janvier 2021
Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture :

Grâce à l’ingénieux Panéhésy, devenu l’un des fonctionnaires les plus influents du palais, le commerce a enfin commencé à se développer selon les désirs d’Hatchepsout. Mieux encore, pour renforcer davantage la position de sa nation, la reine a lancé une expédition de grande envergure vers le pays de Pount !

Mais avec tous ces échanges, des tensions apparaissent entre les Égyptiens et leurs voisins… Très vite, l’autorité du premier pharaon féminin est remise en cause : et si Thoutmosis III était en fait le seul à pouvoir rendre sa gloire d’antan à l’Égypte?

Mon avis:

        Ce septième tome est peut-être un peu moins flamboyant en terme d’actions par rapport aux tomes précédents, mais on arrive à un tournant du règne d’Hatchepsout qui atteint une sorte de vitesse de croisière. L’autrice évoque ainsi, assez rapidement, des aspects militaires, architecturaux et familiaux. 

        On comprend parfaitement que Hatchepsout est pleinement pharaon dans le sud de l’Egypte. On la voit devenir pleinement la femme qu’elle rêvait d’être en étant jeune, en assumant totalement son rôle, d’ordinaire réservé aux hommes. C’est une pionnière dans son domaine et elle ne se contente pas de se satisfaire des attributs de pharaon. Elle entreprend pour son pays que se soit sur le plan commercial ou architectural. Mais le revers de la médaille, c’est que la jeune femme s’enferme peu à peu dans sa solitude, au vue des sacrifices qu’elle fait pour sa nation. 

        De l’autre côté, les enfants sont synonymes de passion et de fougue… mais également de menaces. J’aime beaucoup la personnalité de Djéhouty, qui est vraiment touchante: c’est encore un petit garçon mais qui veut grandir plus vite que prévu et qui doit presque être obligé de porter une sorte de masque afin que les gens le voit plutôt comme un futur souverain que comme un petit garçon. Mais le plus remarquable, et ce qui m’a étonné et que j’ai beaucoup apprécié, c’est que malgré le fort terrain d’influences néfastes qui l’entoure, prêt à le corrompre par tous les moyens, Djéhouty reste droit et lucide. Ainsi, aussi dévoué pour le peuple et intelligent que sa tante, il possède également la fougue de son père. Il semble être un mélange parfait et prometteur pour régner comme il se doit sur l’Egypte. 

        Face à lui, on retrouve la princesse Néférouré qui commence à poindre et qu’à l’opposé de Djéhouty, je n’arrive pas à la cerner et à l’apprécier. Je me méfie beaucoup d’elle car il semblerait qu’à force d’être blessée par sa mère, elle commence à se rebeller. Je pense qu’on la retrouvera comme un grain de poussière indésirable pour former un triangle anguleux pour la souveraineté de l’Egypte.