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mardi 21 avril 2020

San Perdido (David Zukerman)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche
480 pages
ISBN-10: 2253240818
ISBN-13: 978-2253240815
Genre: Contemporain
Lu le: 9 Avril 2020
Ma note: 14/20




Résumé/4ème de couverture:

Qu’est-ce qu’un héros, sinon un homme qui réalise un jour les rêves secrets de tout un peuple ? Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

Mon avis:

            J’avais raté l’occasion de découvrir ce premier roman de David Zukerman à sa sortie, mais c’était sans compter sans sortie poche et sa sélection pour le Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 dans la catégorie Littérature. Alors que j’avais pu voir de très bons retours sur « San Perdido », autant j’avais vu des avis mitigés. Et je serais plutôt du côté des lectures moyennes. En effet, si l’histoire en elle-même fut assez plaisante, en ayant refermé le livre, je ne vois toujours pas où l’auteur voulait nous emmener avec cette histoire, dont de multiples choses et personnages sont vus de long en large alors qu’ils n’apportent rien. 

Points de vue/Critiques:

            Le début de l’histoire nous pose les personnages principaux et nous immerge immédiatement dans le décor pauvre de San Perdido, cette petite ville côtière du Panama, dans les années 1940-1950. Nous faisons donc la connaissance de Félicia, une vieille dame qui a élu domicile dans une décharge publique où bon nombre de personnes, femmes et enfants, viennent y dénicher de quoi vivre et survivre. Puis un jour, un jeune garçon, muet, noir, aux yeux bleus perçants, débarque dans la décharge et va en imposer du fait de son charisme et de ses mains à la taille et la force gigantesque. Suivre l’enfance de ce garçon surnommé La Langosta, puis le suivre pour devenir un adulte et se révéler être l’insaisissable Yerbo Kwinton fut très intéressant. En effet, ce personnage va jouer le rôle du Justicier mutique. Peu à peu, en silence et sans vague, il va rendre justice aux plus faibles, aux plus pauvres, rééquilibrant les inégalités entre ceux qui vivent en bas et ceux du haut. Il est tellement insaisissable et mystérieux que de nombreuses questions se posent et l’on se prend au jeu des mystères, voulant à tout prix lever le voile sur lui et sur tout ce qui l’entoure. 

            Face à cette histoire dans les bas fonds de la ville, l’auteur nous parle également de l’autre côté, c’est-à-dire la politique actuelle de la ville de San Perdido avec le gouverneur et sa vie lubrique faite de luxures et de corruptions. Le fait de suivre ces deux faces antagonistes de la ville est non seulement très intéressante mais en plus, elle permet de nous poser les bases d’une certaine tension car l’on se doute que ces deux côtés, entre le gouverneur et Yerbo, vont forcement se retrouver dans une certaine confrontation houleuse, quelqu’elle soit. 
Malheureusement, on perd assez suivant ce fil conducteur. En effet, l’auteur porte assez régulièrement l’attention sur certaines actions ou en suivant certains personnages plus annexes. Et si au début, nous suivons avec avidité ces éléments, pensant qu’ils finiront par avoir un lien avec l’intrigue générale, peu à peu, ils deviennent très prépondérants sans que l’on établisse un lien quelconque. Je pense notamment à Madame, la directrice de la maison close, le médecin et même la servante du médecin que l’on va détailler et que l’on ne rencontrera jamais. Il vont même parfois prendre tant d’importance que l’on va suivre de moins en moins la vie de Yerbo qu’il va finir par être presque secondaire. A contrario, les origines de Yerbo avec l’histoire du Panama et les légendes surnaturelles des peuples des forêts ne sont pas assez approfondis. Dommage qu’ils ne soient que partiellement explorés pour ne rester qu’en surface.
Le roman aurait donc gagné en qualité et en intérêt si l’on en retirait 200 pages afin de ne garder que l’essentiel de l’histoire entre les hauts et les bas fonds de San Perdido. De ce fait, avec cet élargissement massif de l’histoire, je ressors de cette lecture mitigée en me demandant réellement ce qu’a voulu créer l’auteur.

En bref:

            Pour ce premier roman de David Zukerman, « San Perdido », on pourrait conclure comme sur certains bulletins de notes: intéressant mais peut mieux faire. En effet, l’histoire qui nous entraine des bas-fonds de San Perdido, avec la découverte d’une décharge publique, véritable centre névralgique pour les plus pauvres et de l’insaisissable Yerbo Kwinton, jusqu’aux endroits les plus privilégiés, maisons closes et gouverneur compris, est très intéressante. On découvre et on vit dans deux mondes antagonistes mais si proches que la confrontation est indéniable, créant une certaine tension. Néanmoins, pour arriver à cette finalité, l’auteur passe par beaucoup trop de disgrétions d’actions ou de personnages qui nous fait perdre le fil et qui n’apportent finalement rien à l’intrigue générale qui perd de son souffle et de son intérêt. 

Autour du livre:

Fait parti de la sélection Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 catégorie Littérature

vendredi 17 avril 2020

Retour d'Afrique (Corinne Hofmann)





Titre original: Zurück aus Afrika
Traduction: Gemma d’ Urso
Nationalité de l’auteur: Suisse
Editions Presses du Belvédère (2 Mars 2007)
200 pages
ISBN-10: 2884190988
ISBN-13: 978-2884190985
Genre: Autobiographie
Lu le: 6 Avril 2020
Ma note: 17/20



Résumé/4ème de couverture:

" Retour d'Afrique " est la suite du best-seller mondial " La Massaï blanche ". Il a été écrit, comme l'explique Corinne Hofmann elle-même, sur les insistances des lecteurs du premier livre qui souhaitaient savoir ce que cette ex-épouse d'un guerrier Samburu était devenue après son retour à la " civilisation ". Corinne et sa fille Napiraï, alors âgée de 15 mois, arrivent en Europe. C'est le 6 octobre 1990, une " froide " journée d'automne. Corinne pèse moins de 50 kilos pour 1.80 mètre. Elle est malade, désemparée et n'ose pas dire à sa mère qu'elle est rentrée pour ne plus repartir. Après sa vie chez les Massaïs, le retour en Suisse n'est pas exempt de difficultés. Grâce à la volonté, au courage et à l'optimisme qui l'ont aidée à survivre au Kenya, Corinne et Napiraï doivent apprendre ou réapprendre à vivre au rythme frénétique d'un Occident stressé et peu tolérant face à qui a osé être différent.

Mon avis:

            Il y a plusieurs années, je découvrais le témoignage et la vie incroyable de Corinne Hofmann, cette femme qui a tout plaqué pour vivre auprès des massaïs, après être tombée amoureuse de l’un d’entre eux. Seule blanche au milieu d’une culture africaine très particulière, Corinne y a décrit sa vie hors norme et courageuse, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus supporter les difficultés et la jalousie de son mari. C’est en emmenant sa fille qu’elle a quitté définitivement le Kenya. Mais après cette vie et ce retour, nous n’avions plus de nouvelles de Corinne Hofmann pour savoir comment s’était passé ce retour d’Afrique. Dans cette suite, elle raconte comment elle a retrouvé une vie normale avec sa fille auprès des siens, tout en ayant le coeur et l’esprit en Afrique.

Points de vue/Critiques:

            Dans « Retour d’Afrique », Corinne Hofmann nous raconte sa vie d’après, avec sa fille Napirai, depuis le moment à l’aéroport en Afrique où elle présente son passeport et l’autorisation de sortie de son mari, jusqu’au jour où elle a bouclé la boucle avec sa vie Africaine.
La sortie du continent Africain n’a pas été simple comme première étape. A la fois savamment préparé et réfléchi, en ayant sa fille et le papier d’autorisation signé de son mari, Corinne se présente à l’aéroport en ayant laissé toutes ses affaires, son magasin et son argent sur place pour ne pas faire croise à un départ définitif. Mais dans sa tête, elle est certaine de ne jamais retourner auprès de la famille de son mari, pour son bien moral et physique mais aussi pour Napirai, à qui elle veut offrir une éducation et une vie loin de l’excision et du mariage à l’adolescence. 
C’est donc sans ressources, faible, extrêmement amaigrie et malade qu’elle peut compter sur ses parents qui l’attende en Suisse et qui seront là pour subvenir à ses besoins. En effet, elle se retrouve non seulement sans ressources, mais également sans identité nationale puisque son droit avait été déchu lors de son installation au Kenya. Heureusement que Corinne a pu compter sur le soutien de sa famille, car sans toits ni ressources élémentaires elle n’aurait pas eu de base pour retrouver une identité et des papiers, afin ensuite de vivre une vie normale. Et ce retour à la réalité s’est déroulé de manière progressive puisque les premiers temps, il a fallu que Corinne « réapprenne » à manger, psychiquement et physiquement, et à se réhabituer à toutes les commodités et technologies modernes comme l’accès à l’eau potable…

            Il faut avouer que Corinne a eu énormément de chance dans toutes les étapes qui ont accompagnés son retour. En effet, ses démarches administratives n’ont déjà pas été entravé pour retrouver sa nationalité. Ensuite, parce qu’elle est une personne qualifiée et du fait que l’on se situe dans les années 90, elle a pu rapidement trouver un emploi, et même successivement plusieurs, chacun étant meilleur que le précédent. Une fois le pied mis a l’étrier, tout peut alors se dérouler avec une relative simplicité et logique: Corinne a pu bien gagner sa vie en grimpant les échelons, trouver un appartement, et faire vivre sa fille dans les meilleures conditions comme elle l’espérait.

            Sa vie de retour d’Afrique a été rendu moins compliquée que ce que l’on aurait pu imaginer, pour la simple et bonne raison, qu’elle a toujours entretenu une belle et saine relation avec sa famille restée en Afrique. En effet, le courrier entre Corinne et l’Afrique n’a jamais cessé. C’est par le biais de son beau-frère, lettré et enseignant que Corinne a pu avoir toujours des nouvelles de son mari, de sa famille Africaine et aussi leur donner à eux des nouvelles. Que se soit son mari ou toute la famille, attachée aux valeurs Massaï, on se rend vite compte que Corinne était largement appréciée et faisant partie intégrante de la famille puisque aucun d’entre eux n’a eu de rancoeur ou de griefs envers elle. La compréhension et l’acceptation ont étaient de mise. C’est grâce à leur soutien qu’elle a pu maintenir le lien pour sa fille et surtout avoir toutes les informations et papiers nécessaires pour obtenir son identité et le divorce d’avec son mari. Dans l’autre sens, Corinne a été un énorme soutien financier pour toute la famille Africaine: en ouvrant un compte bancaire spécialement pour eux, elle alimentait régulièrement ce compte afin de faire vivre et sortir de la misère, suivant les différentes crises, l’ensemble de la famille de son ex-mari. 

En bref:

            On avait découvert Corinne Hofmann il y a quelques années, durant sa nouvelle vie au coeur de la savane Africaine du Kenya, parmi les guerriers massaïs, après avoir épouser l’un d’entre eux. Mais face à l’adversité et pour la protection de sa fille, le retour en Europe sonnait le glas de cette vie Africaine. C’est donc dans cette suite qu’elle revient sur son retour difficile, entre réadaptation au confort moderne, que se soit au niveau psychologique ou physique, et réinsertion dans la société avec la quête d’une identité nationale et la recherche de travail et de logement. Mais face à ce retour d’Afrique, Corinne et sa fille n’ont jamais coupé les liens avec leur famille africaine, avec qui les échanges ont été constants. Encore un joli témoignage et une belle suite après « La Massaï blanche » qui permet de boucler la boucle. 

jeudi 16 avril 2020

Raymond






Scénario: Jeff Legrand et Raymond Poulidor
Illustrations: Christophe Girard
Nationalité des auteurs: Française
Editions Mareuil (14 Juin 2018)
143 pages
ISBN-10: 2372540831
ISBN-13: 978-2372540834
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 9 Avril 2020
Ma note: 16/20


Résumé/4ème de couverture :

Comment devient-on un champion alors que rien ne nous y prédestine ? Un don, la chance, l’entraînement ? Fan de Marcel Cerdan, 2e meilleur élève de son canton, incapable de se payer ni vélo ni étude secondaire, comment un jeune paysan devient-il une icône du cyclisme mondial ? De la Seconde Guerre mondiale à la guerre d’Algérie, RAYMOND vous invite à découvrir la jeunesse de Raymond Poulidor, le métayer qui deviendra l’une des légendes du cyclisme. Avant de devenir le héros national que l’on connait, découvrez l’histoire intime et touchante de Raymond Poulidor. Une histoire de famille, d’abnégation, de rêve, de déceptions, d’ascension sociale. De guerres. Et une touche de sport.

Mon avis:

            Evidement lorsque l’on est fan de cyclisme, cette bande-dessinée retraçant a vie, ou plutôt la jeunesse et les débuts de Raymond Poulidor ne peut que plaire. Mais même si l’on est pas forcément un adepte de ce sport et que l’on veut en savoir un peu plus sur Poulidor, sans partir dans une longue biographie, cet ouvrage est parfait! Quoiqu’il en soit, on apprend et on découvre de nombreuses choses sur cet homme qui deviendra un mythe.
Si les illustrations sans couleurs, seulement en noir et blanc, peuvent décevoir de prime abord, on fait très bien abstraction. De plus, puisque l’histoire se concentre sur l’enfance et les débuts de Poulidor, le noir et blanc est plutôt raccord et logique. J’ai beaucoup apprécié justement le fait de retrouver et de découvrir l’enfance et les premières années de Raymond au sein de sa famille, avec ses parents et surtout avec ses grands frères, qui ont été décisifs quand à sa future et grande carrière, jusqu’à ce qu’il signe un contrat et qu’il devienne un professionnel du vélo. Il est vrai que si cette bande-dessinée serait revenue sur toutes les années en tant que cycliste professionnel de Raymond, cela aurait eu un goût de déjà-vu et n’aurait pas été aussi intéressante et novatrice. Et la fin de la bande-dessinée est juste parfaite puisqu’elle nous fait refermer le livre avec humour.