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lundi 4 juillet 2022

La mort dans les nuages (Agatha Christie)





Titre original: Death in the Clouds

Nationalité de l’auteur: Anglaise

Editions Le Livre de Poche (2021)

223 pages

ISBN-10:‎ 2253025232

ISBN-13:‎ 978-2253025238

Genre: Policier

Lu le: 29 Mai 2022

Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

        Dans un avion en plein vol, Mme Giselle est assassinée, apparemment à l'aide d'une fléchette empoisonnée lancée depuis une sarbacane sud-américaine. C'est un coup très difficile pour le tueur, car tous les passagers pouvaient le voir, y compris Hercule Poirot, qui était présent à quelques mètres de la victime. Et pourtant, l'assassin a réussi. Cependant, son aplomb et sa ruse ne feront pas le poids face aux qualités de déduction du détective belge…  

Mon avis:

        Après une intrigue en huis-clos dans une maison (Dix petits nègres), sur un bateau (Mort sur le Nil) et dans un train (le crime de l'Orient-Express), il ne manquait plus que le train comme lieu de transport pour placer une nouvelle enquête. Le meurtre est un brin rocambolesque et l'intrigue est très complexe au point parfois de rendre les choses confuses. J'ai été déçue de voir que toute l'histoire ne se cantonnait pas dans l'avion de A à Z. Mais la reine du crime a encore frappé puisque l'on se fait avoir en beauté et avec surprise lors du dénouement et elle nous fait une nouvelle fois passer un bon moment.

Points de vue/Critiques:

         La mise en place de l'intrigue reprend toute la précision et la minutie que l'on retrouve dans d'autres histoires de huis-clos avec des plans précis et une logique implacable. Le roman commence ainsi par planter ce décor particulier qu'est l'avion (en tout cas une partie) avec la découverte du meurtre, lui aussi bien particulier. Entre la promiscuité du lieu, l'arme singulier du crime et le faible nombre de personnes présentes aux alentour et donc suspectes, on se dit qu'il ne peut pas y avoir cinquante possibilités et que le coupable est forcément l'un ou l'autre. Mais même devant cette apparente simplicité, Agatha Christie fait en sorte d'imaginer quelque chose de beaucoup plus complexe de prime abord, tout en restant logique. 

On assiste à un meurtre original et particulier car la victime est assassinée par une fléchette amérindienne empoisonnée... lancée à bord d'un avion. J'ai aimé dés lors que l'enquête d'Hercule Poirot démarre dans l'avion, de façon logique, en soupçonnant chaque personne à bord, en détaillant leurs bagages et leur voyage, comme cela a pu être le cas dans "Le crime de l'Orient-Express". Mais assez rapidement, l'enquête se poursuit en dehors de l'avion et j'en est été assez déçue sur moment. Est-ce que changement de décor moins "cadré" ou la manière de distiller les informations, mais à plusieurs reprises j'ai été perdue par un trop-plein d'indications ou un défaut d'explications détaillées dans la logique des évènements. Contrairement à d'autres histoires, celle-ci a ce côté plus alambiqué et moins plausible. J'ai été parfois perdue, mais au final, la révélation du coupable reste surprenante et l'on se fait avoir. 

En bref:

         "La mort dans les nuages" s'inscrit dans la lignée des histoires de huis-clos, puisqu'après la maison, le bateau et le train, il ne manquait plus que l'avion pour placer une nouvelle enquête d'Hercule Poirot. Toujours aussi agréable à lire, l'intrigue sort son épingle du jeu par la singularité du crime commis à bord de l'avion. Et même si le meurtrier est difficile à trouver par soi-même et que l'on se retrouve toujours aussi surpris lors du dénouement, force est de constater que l'on est en présence d'un trop-plein d'informations et d'indications ou un défaut d'explications détaillées dans la logique des évènements qui empêchent parfois d'y voir clair et de suivre la logique voulue par l'autrice. Contrairement à d'autres histoires, celle-ci a ce côté plus alambiqué et moins plausible mais qui reste agréable et déroutant!

dimanche 3 juillet 2022

Bilan de Juin 2022

Bilan de JUIN:  12 romans (4 466 pages) + 7 BD + 7 Mangas + 3 Autres


Romans:

            Les égarés de Zoé Brisby

            Après l’océan de Laurence Peyrin

            Le plus beau lundi de ma vie tomba un mardi de Camille Andréa

            Lucia de Bernard Minier

            L’envol des amazones de Reine Andrieu

            Méfiez-vous des anges de Olivier Bal

            Si maman si de Collectif

            Il était deux fois de Franck Thilliez

            Rendez-vous avec la mort de Agatha Christie

            Le macaron meurtrier de Ana T.Drew

            Les secrets de Fleat House de Lucinda Riley

 

Sagas:

 

            Blackwater, tome 1 : la crue


Bandes dessinées:

            Le patient

            Amélia Woods, tome 1 : le manoir de Lady Heme

            Héliotrope, tome 1 : les voleurs de magie

            Le grimoire d’Elfie, tome 1 : l’île presque

            Le grimoire d’Elfie, tome 2 : le dit des cigales

            Les sœurs Grémillet, tome 3 : le trésor de Lucille

            Wild West, tome 3 : scalps en série


Mangas:

            Les fées, le roi-dragon et moi (en chat), tome 1

            Les sorcières de la fin du monde, tome 2

            Les sorcières de la fin du monde, tome 3

            Les carnets de l’apothicaire, tome 7

            The promised neverland, tome 18

            The promised neverland, tome 19

            The promised neverland, tome 20

Autres:

            Karasu kids, tome 1

            Karasu kids, tome 2

            Karasu kids, tome 3


Challenges:

Lisons des mangas : 689 points

Challenge XYZ : 14/26

Challenge des 12 thèmes : 5/12

Challenge 120 mots pour 120 livres : 52/120

Défi Lecture 2022 : 62/100

vendredi 1 juillet 2022

Loveday et Ryder, tome 1 : Le corbeau d'Oxford (Faith Martin)




Titre original: Ryder and Loveday, book 1: A Fatal Obsession

Traduction: Alexandra Herscovici-Schiller

Nationalité de l’auteur: Anglaise

Editions Harper Collins (6 octobre 2021)

Collection Poche

280 pages

ISBN-13:‎ 979-1033909941

Genre: Policier

Lu le: 28 Mai 2022

Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Oxford, 1960. Lorsque Sir Marcus Deering, un riche industriel de la région, reçoit plusieurs lettres de menace anonymes, il prend le parti de ne pas s’en inquiéter.

Mais bientôt, un meurtre est commis, et les meilleurs éléments de la police d’Oxford sont mobilisés.

La toute jeune policière Trudy Loveday rêverait de participer à une affaire aussi importante, mais ses supérieurs coupent rapidement court à ses ambitions. Écartée de l’enquête et chargée d’assister le brillant mais peu amène Dr Clement Ryder, médecin légiste, sur une affaire classée, elle se retrouve pourtant très vite au cœur d’une énigme qui pourrait bien la mener sur la piste du mystérieux corbeau d’Oxford…

Mon avis:

        Dans le genre Cosy Mystery, la série "Loveday et Ryder" n'est peut-être pas la plus connue, mais heureusement que la sortie poche chez Harper Collins a redonné un coup de fouet à cette saga avec ses magnifiques couvertures, car c'est une série qui mérite d'être plus découverte. En effet, j'ai adoré ce premier tome et elle se classe comme ma série de cosy mystery préféré pour le moment. L'intrigue est très bonne, avec plein de rebondissements, d'hypothèses et de découvertes, avec une surprise finale, donc digne d'un roman d'Agatha Christie. Le duo d'enquêteurs est en plus atypique et original et fonctionne très bien. On en redemande et il me tarde de découvrir la suite!

Points de vue/Critiques:

         Contrairement aux autres séries de Cosy Mystery que j'ai pu découvrir, j'ai trouvé que ce premier tome n'était pas si introductif. Hormis la mise en place du duo d'enquêteurs, l'intrigue démarre rapidement. Avec ses mystères, ses fausses-pistes, ses rebondissements et ses hypothèses successives, l'enquête est vraiment prenante et parfaitement dynamique. Et c'est au milieu de cette résolution, qui reste vraiment le cœur du récit, que les petits éléments caractéristiques du cosy mystery sont décrits et placés, sans pour autant prendre le temps de se focaliser dessus. La résolution est en plus pas si évidente et c'est vraiment agréable d'avoir un final assez complexe, à l'image de toute l'histoire, comme si l'on avait un véritable Agatha Christie sous les yeux. Ainsi, lorsque l'identité du corbeau est dévoilé, on est loin d'avoir perçu tout ce que cela impliquait et l'on se retrouve surpris jusqu'à la toute fin. Sans véritablement révolutionner la littérature policière, l'intrigue est au delà des espérances pour un premier tome et inaugure une série très accrocheuse et divertissante. 

       Le duo d'enquêteur à qui l'on doit le titre de la série, est atypique et est incontestablement la touche singulière de cette saga, lui permettant de se démarquer des autres. Réussir un duo d'enquêteurs n'est pas toujours aisé, surtout lorsqu'il s'agit d'un duo homme/femme, afin que l'on ne s'attache ou préfère pas l'un plutôt que l'autre. Mais ici, le binôme fonctionne à merveille et Loveday comme Ryder sont aussi charismatique et intéressant l'un que l'autre. Tout cela est sûrement dû au fait qu'ils sont radicalement opposés mais que finalement ils se complètent. La fraîcheur et le dynamisme de Loveday n'entre ainsi jamais en compétition avec l'expérience et la sagesse de Ryder. Malgré son jeune âge, Loveday est une jeune femme forte, au caractère bien tranché et fait figure de pionnière dans ces années 60. Car si sa mère la tanne pour qu'elle trouve un mari et devienne une parfaite femme de maison à élever ses enfants, elle s'engage dans la police et va même faire fi du rôle protecteur ou condescendant de son supérieur qui ne veut que lui confier de petites affaires. Heureusement, le coroner Ryder va voir son intelligence, son dynamisme et sa vivacité d'esprit. Même s'il semble bourru, peu avenant et casse pied pour les policiers, il va trouver en Loveday une jeune alliée, perspicace qui plus est, car elle découvrira et lui assurera une vitrine contre sa maladie de Parkinson qu'il souhaite garder secrète. On a ainsi un tout petit temps d'adaptation au début de l'histoire afin que ce binôme trouve leurs marques et leur équilibre pour bien avancer ensemble, mais une fois la vitesse de croisière atteinte, la bonne humeur et l'efficacité du duo est en marche.

        L'écriture de cette histoire est également très plaisante puisque l'on a une plume très fluide, une efficacité dans les mots choisit. Tout cela fait en sorte que le livre se dévore très vite. 

En bref:

         Parmi les nombreuses séries de cosy mystery, la série de "Loveday et Ryder" se place en première position dans mes préférences, tant j'ai adoré ce premier tome. En plus de ne pas être si introductif, il a le mérite de proposer une intrigue très bonne, avec plein de rebondissements, d'hypothèses et de découvertes et avec une surprise finale. Un schéma et une atmosphère qui n'est pas sans rappeler les très bons romans d'Agatha Christie. L'enquête est bien ficelée car elle implique les différences de classes sociales, les fausses pistes, les rebondissements, les hypothèses successives, les mensonges et les secrets de famille. Les révélations finales assez complexes, et l'on est loin d'avoir tout perçu quand le fil commence à se démêler. Cette intrigue prenante est aussi dynamiser avec un duo d'enquêteurs atypique et qui fait toute la singularité de cette série. Après un tout petit temps afin de trouver leur point d'équilibre, la jeune policière Loveday et le vieux coroner Ryder, que tout oppose, se complètent à merveille. La fraîcheur et le dynamisme de Loveday n'entre ainsi jamais en compétition avec l'expérience et la sagesse de Ryder. On a ainsi un binôme extra fonctionnant dans la bonne humeur et l'efficacité. Avec une plume très agréable et fluide, cette histoire très plaisante à souhait se dévore. C'est donc un premier tome très réussi qui inaugure une série très accrocheuse et divertissante et que l'on referme avec l'envie irrépressible de retrouver ce binôme de choc!

mercredi 29 juin 2022

Désenchantées (Marie Vareille)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Charleston (17 mai 2022)

303 pages

ISBN-10:‎ 2368128034

ISBN-13:‎ 978-2368128039

Genre: Contemporain

Lu le: 28 Mai 2022

Ma note: 18/20





Résumé/4ème de couverture:

        « Nous étions quatre. Angélique, qui, Dieu sait, n’avait rien d’un ange, Morgane, qu’on qualifierait aujourd’hui de “haut potentiel”, Jasmine, charitablement renommée “la fille de la femme de ménage” dans les journaux et le rapport de police, et Sarah Leroy. À moins que vous n’ayez passé les vingt dernières années à hiberner dans un igloo au Groenland, il est de toute évidence inutile de présenter Sarah Leroy. »

La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la vie de la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on avait ses convictions, on faisait des hypothèses sur ce qui lui était vraiment arrivé. Mais celles qui savaient se sont tues. Vingt ans plus tard, quelqu’un révèle enfin la vérité. Car ce n’est pas seulement l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi celle d’Angélique, Jasmine et Morgane ; c’est l’histoire des « désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes, des serments d’amitié, du chlore de la piscine municipale, des premières boums, des premières fois, et des plus lourds secrets.

Mon avis:

            Jusqu'ici je n'arrivais pas à trouver quel était mon livre préféré de l'autrice mais je l'ai dorénavant trouvé avec "Désenchantées". A la façon d'un cold case, cette histoire nous plonge dans un joli suspense et la plume travaillée mais extrêmement agréable de Marie Vareille fait en sorte que les pages tournent toutes seules. Autant nostalgique qu'émouvante, cette histoire palpitante à la construction intelligemment pensée permet de mettre à l'honneur l'amitié féminine.

Points de vue/Critiques:

         Avec "Désenchantées", beaucoup de choses sont réunies afin de faire en sorte que l'on est véritablement plongé au cœur de cette histoire palpitante dont on veut connaître tous les tenants et aboutissants. Tout d'abord, la construction du récit est intelligemment faite puisque l'on alterne deux processus différents. D'un côté, on retrouve un sorte de recueil, de journal intime dont on ne connaît pas véritablement l'identité de l'auteur mais qui va nous raconter l'enfance et l'adolescence des protagonistes et qui va planter le décor de la disparition de Sarah. De l'autre, on retrouve le récit à l'époque actuelle, soit quinze ans après la disparition inexpliquée de Sarah. On va ainsi suivre les points de vue de toutes ses amies, lesquelles constituaient une sororité amicale. Chacune va plus ou moins revenir sur ce qui c'est passé à l'époque, sur leur vérité et sur ce qu'elles sont devenues. Ensuite, les personnages sont forts et attachants car on les découvre adolescentes puis adultes. Angélique, Jasmine, Morgane et Sarah sont des gamines au début du roman mais elles vont montrer à quel point les liens d'amitié peuvent être fort. A celles-ci s'ajoutent d'autres personnages secondaires qui gravitaient autour de cette sororité et qui seront aussi mystérieux et suspicieux par rapport à la disparition de Sarah. Enfin, le sujet de cette histoire a tout pour nous happer. C'est en effet suite à la disparition de Sarah, totalement inexpliquée et qui soulève pas mal de questions, que le récit va se construire. On a donc une sorte de cold case, un fait divers fictif mais irrésolu que l'on va tenté de percé bien des années après. 

        On va retrouver beaucoup de sujets divers dans cette histoire qui reste centrée sur la disparition de Sarah et sur cette amitié indéfectible qu'unit les quatre adolescentes. L'adolescence est ainsi parfaitement retranscrite: les fréquentations pas toujours bonnes, les charmes des garçons, les mensonges, les trahisons, le soutien parental et bien entendu les amitiés. Les liens amicaux sera le fil conducteur de cette histoire qui nous fait osciller à travers diverses étapes. Malgré le drame ayant touché Sarah, on ne peut qu'être admiratif et touché par la persistance des liens malgré les années et la vie écoulée. Et c'est ainsi que l'on vibre, rit, pleure et espère en voyant chacune d'entre elles essayer de comprendre la vérité et découvrir tous les secrets liés à la disparition de Sarah. On apprécie de vivre chacun de ces instants avec elles, même si certains sont plus difficiles à vivre. 

            Autour de la disparition de Sarah, je dois avouer que j'ai été sans cesse surprise et même si le final peut être aisément trouvé, je me suis tellement laissée embarquer par l'histoire, par ses mystères et par les liens unissant les personnages, que je n'ai rien deviné. Le passé va rattraper le présent car chacune des filles va remettre en question ce qu'elle pensait savoir et ce qu'elle prenait pour acquis. On se rend compte que chaque fait ou évènement peut prendre un sens différent suivant l'interprétation que va en faire une personne. Chaque personnage va aussi avoir son importance et c'est assez bluffant de voir à quel point l'autrice à merveilleusement bien ficelé tout cela. Tout va ainsi finir par se dénouer me laissant de plus en plus étonnée.

En bref:

            Un récit brillant, une histoire palpitant et une construction parfaite, c'est la recette du livre brillant et qui fait incontestablement de "désenchantées" mon livre préféré de Marie Vareille. A la façon d'un cold case, cette histoire nous plonge dans un joli suspense puisque l'on va tenter de découvrir ce qui se cache, quinze ans après les faits, derrière la disparition inexpliquée de Sarah, grâce au récit de ses amies de l'époque. En oscillant entre ces points de vue et les extraits d'un journal intime nous plantant le décor au moment du drame, la construction du récit est intelligemment conçue. Avec la plume travaillée mais extrêmement agréable de l'autrice, le suspense est palpitant et les pages tournent toutes seules. En abordant des sujets divers, l'adolescence est parfaitement retranscrite et c'est la sororité implacable qui est vraiment au cœur de l'histoire. Aussi nostalgique qu'émouvant, le récit permet de mettre à l'honneur l'amitié féminine avec des personnages forts et attachantes que l'on découvre adolescentes puis adultes. On se laisse tellement embarquer par l'histoire, par ses mystères et par les liens unissant les personnages, que l'on se retrouve étonné par le final et bluffé de voir à quel point l'autrice à merveilleusement bien ficelé tout cela. Ce super roman est enchanteur et n'a de désenchanté que le nom.

lundi 27 juin 2022

Il nous restera ça (Virginie Grimaldi)





Nationalité de l’auteur: Française

Editions Fayard (4 mai 2022)

396 pages

ISBN-10:‎ 2213717087

ISBN-13:‎ 978-2213717081

Genre: Contemporain

Lu le: 27 Mai 2022

Ma note: 15/20





Résumé/4ème de couverture:

À 33 ans, Iris trimballe sa vie dans une valise.

Théo, 18 ans, a peu de rêves, car ils en foutent partout quand ils se brisent. 

À 74 ans, Jeanne regarde son existence dans le rétroviseur. 

Rien ne les destinait à se rencontrer. 

Quand le hasard les réunit sous le même toit, ces trois êtres abîmés vont devoir apprendre à vivre ensemble. La jeune femme mystérieuse, le garçon gouailleur et la dame discrète se retrouvent malgré eux dans une colocation qui leur réserve bien des surprises.

C’est l’histoire de trois solitudes qui se percutent, de ces rencontres inattendues qui sonnent comme des évidences.  

Mon avis:

            J'ai vu énormément d'avis ultra positifs sur le dernier live de Virginie Grimaldi, avec des retours vraiment unanimes et dithyrambiques. Ne l'ayant pas lu immédiatement, je dois avouer que j'avais de plus en plus peur avant de le commencer, plaçant involontairement la barre haute... Et force est de constater que, malgré le bon moment passer à la lecture, je ressors déçue par cette histoire. Je suis restée totalement hermétique aux émotions et en retrait face à l'humour que je n'ai pas vraiment retrouvé. Le récit a clairement un côté attendu et déjà vu un nombre indéniable de fois. Si l'on cachait le nom de l'autrice, y aurait-il autant de coups de cœur et de retours magistraux?

Merci aux éditions Fayard pour l'envoi de ce livre!

Points de vue/Critiques:

        Iris, Théo et Jeanne sont les trois personnages principaux que l'on va suivre successivement dans ce récit. Il y a la jeune trentenaire qui est en plein revirement au milieu de sa vie, le jeune homme seul et perdu dans la société qui essaie de s'en sortir comme il peut et la vieille femme qui finit ses jours dans une profonde solitude après la mort de son mari. Tous les trois sont des écorchés vifs, des personnes brisées par la vie. Et comme attendu, c'est le destin qui va les faire se rencontrer et tout les trois deviendront colocataire. Cette nouvelle vie à trois est plutôt intéressante à suivre, car au début, par pudeur et par le fait qu'ils sont des inconnues les uns pour les autres, chacun cache ses blessures. Ils essaient de faire bonne figure et de créer un minimum d'entente cordiale afin que tout se passe bien face à cette situation de colocation. Mais ces trois solitaires vont se voir rattraper par la réalité et vont progressivement apprendre à non seulement vivre ensemble mais en plus y trouver du plaisir et du réconfort. Cet aspect d'entraide et global du vivre ensemble est quelque chose que j'ai apprécié et que j'ai aimé retrouvé. 

            De façon individuelle, chacun de ces personnages vont permettre d'aborder différents thèmes, liés à leurs problèmes respectifs. Il sera ainsi question de deuil, d'isolement, de précarité et de violence conjugale. Néanmoins, je dois avouer que je n'ai pas ressenti grande émotions. Est-ce parce qu'il reflètent des thèmes vus et revus? Et pourquoi doit-on toujours avoir des personnages détruits et écorchés de la vie pour en faire une histoire dans laquelle on sait pertinemment qu'il sera question de réparation et de reconstruction? J'ai peut-être été davantage touchée par Théo qui m'a en plus apporté un semblant de surprise. Car si j'attendais avidement une grosse surprise, quelque chose de flamboyant à la fin de ce récit, mon engouement s'est vite retrouvé à néant quand j'ai pu constater qu'il n'en était rien. 

        Si les émotions ne m'ont absolument pas atteinte, l'humour de l'autrice ne m'a pas forcément non plus percuté. On retrouve bien cette plume fluide et agréable, avec des chapitres ultra courts qui font que la lecture est agréable et qu'elle s'enchaine très rapidement. Mais... un peu plus de complexité et de travail dans la plume ne serait pas superflu donnant plus de poids au récit. Et pour une fois, je dois avouer que je n'y ai pas vu beaucoup de touches d'humour dans cette histoire.

En bref:

            De "Il nous restera ça", il ne me restera pas grand chose... En effet, même si cette lecture restera agréable de façon générale, force est de constater qu'elle ne casse pas trois pattes à un canard et qu'elle est loin d'être magistrale. A travers Iris, Théo et Jeanne, on a une histoire de vie, de résilience de trois personnes qui n'étaient pas faites pour se rencontrer. Mais le destin en a décidé autrement et leurs chemins croisées va faire des étincelles. Chacun va ainsi permettre d'aborder les questions du deuil, de l'isolement, de la précarité et de la violence conjugale. Des personnages écorchés par la vie qui vont s'entraider les uns les autres à aller mieux et à remonter la pente, c'est un sujet déjà vu mainte et mainte fois. Malgré ce côté attendu du récit, j'ai aimé le côté fédérateur de la cohabitation de ces trois solitaires qui vont se voir rattraper par la réalité et qui vont progressivement apprendre à non seulement vivre ensemble mais en plus y trouver du plaisir et du réconfort. Comme je suis restée totalement hermétique aux émotions et en retrait face à l'humour que je n'ai pas vraiment retrouvé, cette histoire qui reste plaisante à lire ne restera pas gravée dans le marbre.