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mardi 5 mai 2020

Bleu Calypso (Charles Aubert)






Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (9 janvier 2020)
numéro 17724
336 pages
ISBN-10: 2266300016
ISBN-13: 978-2266300018
Genre: Thriller
Lu le: 19 Avril 2020
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

Il a pêché le saumon en Alaska, le brochet dans les lacs du Connemara. De sa passion, Niels a fait son métier. Et fui la ville pour une cabane sur l'étang des Moures, près de Sète. 
Le kayak file en silence. Comme il étrenne son nouveau leurre – baptisé Bleu Calypso – le fil se tend... Un poisson, mais pas que. Au milieu des algues : un visage d'homme à la peau verte. C'est le troisième cadavre qu'on extrait de l'étang ces temps-ci, après l'ornithologue allemand et le pêcheur de dorades. Lignes posées. Mystère ferré. Il n'y a plus qu'à attendre...

Mon avis:

            Dans le domaine du polar et du thriller, on pense avoir lu dans les sous-genres et vu toutes les originalités possibles, mais « Bleu Calypso » nous prouve le contraire. En effet, dans ce livre, nous sommes plutôt plongés dans un polar écologique, où la pêche et la nature ont un rôle prépondérant. Même face à un tueur en série, on navigue avec plénitude dans ce thriller presque apaisant. Avec une intrigue et un dénouement assez classique, le ravissement et le dépaysement sont au rendez-vous, offrant une chouette lecture.

Points de vue/Critiques:

            Comment allier le frisson du thriller avec un sentiment d’apaisement et de recueillement? Demandez à Charles Aubert, puisqu’il a parfaitement réussi à créer cette alchimie dans « Bleu Calypso ». En effet, l’histoire se déroule dans un coin reculé de France (j’ai eu beaucoup de mal à imaginer et à situer l’histoire en France, sans savoir réellement pourquoi) où Niels vit presque en ermite, dans sa cabane prés d’un étang. Sans être coupé du monde, c’est véritablement la nature sa plus proche voisine. Et parce qu’il est fabricant de leurre de pêche, cette dernière sera l’activité majeure et récurrente du récit. Ainsi, entre les descriptions lumineuses et colorées de l’étang avec sa flore environnante, sa faune intérieure et extérieure et son activité de pêche, qu’elle soit à la mouche ou en bateau, c’est un vrai ravissement de lire toutes ces descriptions de la nature qui a véritablement une place majeure dans cette histoire. Et pas besoin que le domaine de la pêche fasse parti de ses préoccupations personnelles, on est pourtant tout autant captivé par ce décor. Pas étonnant qu’une certaine douceur se dégage tout au long de cette lecture.

            Mais n’oublions pas qu’il s’agit aussi d’une histoire de serial-killer et que le calme des eaux du lacs sera fendu par différents cadavres retrouvés au sein de ses eaux. Et comme une partie de pêche où la patience est de mise et sera récompensée, l’auteur nous emmène dans son histoire à son rythme jusqu’au final frétillant et pétillant. Si le dénouement ne m’a pas étonné puisque j’avais deviné qui était le serial-killer et que l’on se situe plutôt dans un style classique, on ne peut pas dire qu’il y ait d’éclaboussures désagréables qui viennent déranger la lecture puisque tout est maîtrisé et réussi. 

En bref:

            Sans jamais nous mener en bateau, Charles Aubert nous fait passer un agréable moment dans « Bleu Calypso », prés de l’étang des Moures. Avec Niels, un personnage simple et humain, l’auteur nous montre que l’on n’a pas encore tout vu dans le domaine du polar puisqu’il nous fait plonger dans un polar écologique et nature. En effet, même avec un tueur en série, l’alchimie prend et on navigue avec plaisir et plénitude dans ce thriller presque apaisant. Pêche et nature offrent un vrai dépaysement jusqu’à ce que notre patience et notre plénitude s’ébranlent avec l’accélération de l’histoire et du final frétillant, assez facilement devinable, mais efficace. Un beau plongeon dans ce chouette univers!

dimanche 3 mai 2020

Le parfum de l'hellébore (Cathy Bonidan)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Points (10 janvier 2019)
numéro P4921
297 pages
ISBN-10: 2757877275
ISBN-13: 978-2757877272
Genre: Contemporain
Lu le: 18 Avril 2020
Ma note: 20/20




Résumé/4ème de couverture:

Au centre psychiatrique Falret, seul Serge, le jardinier taciturne, calme les crises de Gilles, petit autiste de 11 ans et l'ouvre un peu au monde. Deux jeunes filles observent leur tendre manège : Anne, la si sérieuse nièce du directeur, et Béatrice, la malicieuse, qui toise son anorexie d'un œil moqueur. Dans ce roman plein d'espérance, leurs destins vont se croiser, entre légèreté et mélancolie. La vie réserve heureusement bien des surprises.

Mon avis:

            J’avais découvert Cathy Bonidan l’année dernière avec son dernier livre « Chambre 128 » que j’avais beaucoup aimé, tant par son histoire que sa construction épistolaire. Je me suis donc intéressée à son premier ouvrage « Le parfum de l’hellébore » dont l’histoire me tentait beaucoup. Et sa lecture s’est révélée être un gros coup de coeur, j’ai dévoré ce roman quasiment d’une seule traite. Toujours avec une construction particulière, ce petit bijou mêle avec justesse, douceur, compassion et compréhension, l’histoire des maladies psychologiques chez les jeunes personnes, tout en mettant en avant la professionnalisation des femmes qui ont du se battre à l’époque pour s’imposer dans ce milieu. Beau et puissant!

Points de vue/Critiques:

            L’histoire nous plonge dans l’univers d’un centre psychiatrique dans les années 50 qui a la particularité de regrouper comme pensionnaires des adolescents aux multiples pathologies comme la phobie, l’anorexie ou encore l’autisme. Mais nous sommes dans les années 50…. au début de la psychologie et psychiatrie telle que nous les connaissons. Ainsi, l’anorexie est mal comprise et l’autisme est même un concept quasiment inconnu. 

            Dans la première partie du roman (qui correspond à un peu moins de la moitié du livre), la construction du récit est particulière. En effet, nous suivons en parallèle deux femmes, suivant deux types de retranscriptions différentes. Il y a tout d’abord Anne, la nièce du directeur du centre, qui vient effectuer quelques heures de travail et qui sera très observatrice avec les personnes qui l’entourent et donc très perspicace et novatrice dans le domaine. C’est exclusivement à travers les lettres qu’elle envoie à sa meilleure amie que nous suivrons son quotidien. A côté de cela, nous suivrons également, une patiente anorexique du centre, Béatrice, à travers son journal intime. C’est uniquement à travers ces deux supports que nous commençons à appréhender tout ce qui se déroule au centre, avec parfois des choses qui peuvent se répéter ou se recouper, mais ces supports étant exclusifs et atypiques, cela permet au lecteur de se situer correctement et de ne pas être perdu.
Grâce à ces lettres et ce journal intime, nous découvrons comment le domaine de soins dans de telles maladies et centre médicaux ont évolués. Et cela ne vient pas des personnes faisant parties du centre et du domaine, mais cela vient plutôt tout simplement du champ d’expertise en matière de psychologie et des traitements associés qui ont fait un bon gigantesque en avant. Ainsi, un phobique de l’extérieur sera presque forcé à sortir, sans que sa thérapie passe par le fait de tenter de comprendre l’origine de cette peur. L’anorexie sera forcément attribué à des jeunes filles et elle trouvera sa cause uniquement dans la relation qu’entretien la jeune fille avec sa mère. Pour soigner cette maladie, la solution est d’obliger la personne à prendre du poids chaque jour, grâce à une pesée, et lui faire du chantage et la privée de plaisirs personnels si le poids n’augmente pas. Enfin, pour un autiste, maladie quasiment inconnue à cette époque là, il est totalement mis à l’écart, personne ne s’occupe de lui par peur et par incompréhension jusqu’à l’appeler l’idiot ou le débile. Tout cela est évidemment effrayant connaissant le système de santé actuel dans ce domaine, mais justement, tout ceci est à remettre dans le contexte des années 50 et cet aspect est très intéressant. 
L’autre aspect très intéressant dans ce domaine de la psychologie, c’est la place des femmes. Exclusivement réservé aux hommes, non seulement les femmes n’avaient pas leur place, mais en plus l’accès aux études pour y tenter d’y faire sa place n’était pas courant. Entre Anne qui se formera de manière autodidacte au sein du centre psychiatrique et sa meilleure amie qui suivra des études de psychologie, l’une et l’autre deviendront, à l’âge adultes les premières femmes professionnelles et reconnues dans le domaine. 

            La deuxième partie du livre est plus conventionnelle et classique dans sa construction, puisque l’on va suivre le récit de Sophie, à notre époque actuelle, qui va partir sur les traces de Anne et de Béatrice. Nous partirons donc dans une sorte d’enquête pour savoir ce que sont devenus ces femmes, le centre et ses pensionnaires. C’est partie permet de mettre encore plus en avant les bienfaits du temps sur l’évolution de notre société, car en plus des lents progrès de la médecine en matière de psychologie, l’autrice aborde aussi d’autres sujets très variés et importants du siècle dernier : le couvent pour les jeunes filles, l’avortement et les moeurs très strictes.

En bref:

            « Le parfum de l’hellébore » de Cathy Bonidan est un véritable gros coup de coeur que j’ai lu d’une traite et qui mérite d’être beaucoup plus visible et connu, car je suis certaine que beaucoup d’autres personnes succomberaient à sa douceur, sa beauté et sa puissance! La construction du livre est particulière, très intéressante et elle tient en haleine: on commence dans les années 50 avec des lettres et un journal intime pour appréhender les personnages et le contexte et on termine le livre à notre époque au travers d’un récit auquel se mélange une petite enquête pour remonter dans le passé. A travers de multiples sujets d’époque, l’autrice met surtout en avant le domaine de la psychologie et de la psychiatrie et ses méthodes de soins, qui paraissent très rudes et archaïques pour l’époque, tant le temps à permis d’engranger des connaissances afin de faire évoluer ce domaine de santé tel que nous le connaissons actuellement. Et c’est aussi une manière de mettre en avant les femmes et leur travail dans ce domaine: de véritables pionnières qui ont dues se battre. Entre sciences, romance, féminisme, histoire, l’autrice réussit cet exercice de style de manière flamboyante pour nous offrir un superbe roman lumineux, passionnant et émouvant!

Autour du livre:

De la même autrice:
   Chambre 128 (<— chronique à retrouver ici)

vendredi 1 mai 2020

Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020


Pendant 7 mois, en tant que Juré du Prix des Lecteurs Livre de Poche, la maison d'édition nous envoie 3 titres et notre vote doit porter sur un livre parmi les 3 que nous aurons eu en lecture. Le titre qui aura obtenu le plus de voix sera le lauréat du mois et fera partie de la sélection finale fin août/début septembre. 130 jurés composent la section "Littérature".

  • Mars
    • "Un petit carnet rouge" de Sofia Lundberg (vainqueur du mois)
    • "Furie" de Grazyna Plebanek
    • "LaRose" de Louise Erdrich


Lauréat du Prix des Lecteurs Livre de Poche catégorie "Littérature":

"Tout le bleu du ciel" de Mélissa Da Costa

Bilan d'Avril 2020


 Bilan de AVRIL: 14 romans ( 5 497 pages) + 8 BD

Romans:

            Le tricycle rouge de Vincent Hauuy
            Retour d’Afrique de Corinne Hofmann
            San Perdido de David Zukerman
            Regarde de Hervé Commère
            Surtensions de Olivier Norek
            Le parfum de l’hellébore de Cathy Bonidan
            Bleu Calypso de Charles Aubert
            Best Love Rosie de Nuala O’Faolain
            Je peux très bien me passer de toi de Marie Vareille
            Surface de Olivier Norek
            L’aile des vierges de Laurence Peyrin

Sagas:

            Charley Davidson, tome 4 : quatrième tombe au fond de Darynda Jones
            Le pays des contes, tome 3 : l’éveil du dragon de Chris Colfer
            Les brumes de Cendrelune, tome 1 : le jardin des âmes de Georgia Caldera

Bandes dessinées:

            Un homme qui passe
            Raymond
            Mythical beast investigator, tome 2
            Magus of the library, tome 3
            L’atelier des sorciers, tome 5
            Minuscule, tome 6
            Perfect World, tome 7
            Perfect World, tome 8
           

Challenges:

Big Challenge Livraddict 2020: 2/5
Challenge des 12 thèmes : 4/12
Challenge 120 mots : 13/120
Défi Lecture 2020 : 38/100
Disneyland Romans : 9/15 ; 9/15 ; 9/15 ; 7/15 ; 6/15
Disneyland Mangas : 16/25 ; 18/25 ; 5/25 ; 3/25 ; 2/25