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vendredi 8 mai 2020

Je peux très bien me passer de toi (Marie Vareille)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Charleston (13 Janvier 2017)
Collection Poche
339 pages
ISBN-10: 2368121218
ISBN-13: 978-2368121214
Genre: Chick-Lit
Lu le: 23 Avril 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

Chloé et Constance sont bonnes copines, bien qu’elles n’aient en commun que leurs vies sentimentales catastrophiques. Un soir, les deux jeunes femmes décident de prendre leur vie en main en concluant un pacte. Chloé, séductrice dans l’âme et Parisienne jusqu’au bout des ongles, devra s’exiler en pleine campagne avec l'interdiction d’approcher un homme pendant six mois. Constance, incorrigible romantique, s’engagera à coucher le premier soir avec un parfait inconnu. Des vignobles du Sauternais à Londres en passant par Paris, cet étrange pacte entraînera les deux amies bien plus loin que prévu…

Mon avis:

            Pour une lecture fraiche, pétillante et girly sous un beau soleil printanier, « Je peux très bien me passer de toi » est le candidat idéal. Deux jeunes femmes très différentes mais tout aussi loufoques l’une que l’autre nous font passer d’agréables moments pleins d’humour! Une lecture légère et divertissante, sans accrocs, qui remplit parfaitement son rôle!

Points de vue/Critiques:

            Par une passion commune qu’est celle de la lecture, Constance et Chloé vont se lier d’amitié alors que tout les oppose de prime abord, sauf leur vie sentimentale commune, c’est-à-dire compliquée, chaotique et en bordel. Si l’une est radicalement une grande romantique qui rêve de rencontrer son Mr Darcy et qui s’installe dans un « no sex land », l’autre est au contraire quelqu’un qui ne doute pas de ses charmes et qui rentre rarement seule quand elle veut. En faisant un pacte pour changer les choses, elles vont échanger leur mode de vie et tenter de respecter ces promesses. 

            Aussi différente l’une que l’autre, Chloé et Constante sont pourtant toutes les deux aussi attachantes, drôles et intéressantes l’une que l’autre. N’ayant pas du tout le même caractère, on s’identifie forcément plus à l’une, mais l’autre n’est pas pour autant détestable ou fade. On en apprend petit à petit plus sur leur personnalité et leur passé ne faisant pas d’elles des personnages sans profondeur et collant au cliché de la fille légère sans cervelle qui n’est pas que pour divertir. Si l’on alterne dans le récit entre les deux filles, il est vrai que les parties concernant Constance, à travers son journal intime, sont beaucoup plus brèves et c’est dommage d’avoir un tel déséquilibre entre les deux points de vue. Chloé que l’on suit donc majoritairement, connaît tellement de déboires et commet tellement de gaffes qu’il est vrai qu’elle fait davantage rire, du début à la fin. Sa spontanéité et ses répliques qui font mouches sont assez tordantes!

            L’histoire en elle-même est assez prévisible mais elle remplit parfaitement, de manière satisfaisante son rôle puisque l’on n’attend pas non plus des choses abracadabrantes, qui n’auraient ni queue ni tête. L’intérêt d’une telle histoire de check-list réside donc dans ses personnages et dans son cheminement. Si le premier point est rempli avec des filles drôles et sympathiques, le deuxième point est lui aussi réussi car Chloé et Constance cheminent progressivement vers une nouvelle vie avec ses quelques péripéties et rebondissements qui ne sont pas extraordinaires mais au moins, qui ne perdent pas de crédibilité.  

En bref:

            « Je peux très bien me passer de toi » est un roman frais, pétillant et drôle qui remplit parfaitement son rôle divertissant et agréable de livre chick-lit, idéal en période de beau temps. Avec deux héroïnes, Chloé et Constance, que tout opposent mais qui sont toutes deux très intéressantes et attachantes, on rigole littéralement du début à la fin en suivant et en alternant leur point de vue respectifs, à travers leurs péripéties qui rythment leur changement de vie après le pacte qu’elles ont scellées ensemble. Avec une histoire assez prévisible mais qui remplit parfaitement son rôle, un agréable moment de lecture est assuré! 

Autour du livre:

   Premier prix des lectrices Confidentielles 2015

jeudi 7 mai 2020

L'aile des vierges (Laurence Peyrin)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (7 Mars 2019)
numéro 17405
480 pages
ISBN-10: 2266289799
ISBN-13: 978-2266289795
Genre: Historique
Lu le: 27 Avril 2020
Ma note: 15/20




Résumé/4ème de couverture:

" L'aile des vierges ", c'est ainsi que l'on surnomme les chambres réservées aux domestiques à Sheperd House, illustre manoir du Kent où est engagée Maggie Fuller au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Petite-fille de suffragette, fille d'une sage-femme féministe, Maggie aurait pu prétendre à mieux que cette place de femme de chambre. Mais, en ces temps difficiles, la jeune femme cultivée et émancipée n'a d'autre choix que d'intégrer la petite armée d'intendants semblant vivre au siècle précédent. Elle aspire pourtant à un autre destin. Et elle n'est pas la seule au sein de Sheperd House... Contre toute attente, ce pourrait être le début de son long chemin vers l'amour et la liberté.

Mon avis:

            Avec « L’aile des vierges », Laurence Peyrin nous entraine une fois de plus dans une histoire romanesque historique avec une figure féminine forte en tête de proue. Avec une plume assez caractéristique car parfois assez soutenue, l’autrice nous fait voyager entre l’Angleterre et les Etats-Unis dans une histoire où se mêle le destin et l’importance des choix que l’on peut donner à sa vie. Une bonne lecture et un bon moment passé avec Maggie Fuller.

Points de vue/Critiques:

            La première partie du roman nous fait plonger au coeur de la campagne Anglaise, à Sherperd House, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Pour servir et entretenir la maison de ce riche couple de propriétaire, de multiples personnages composent le personnel. A la découverte de tout ce petit monde et de leur mode de vie, cela fait littéralement pensé à Dowtown Abbey.

Nous faisons la connaissance de Maggie, une jeune femme de caractère et de convictions. En effet, contrairement aux femmes et aux moeurs de son époque, Maggie avance à contre-courant, comme si elle était en avance sur son temps. C’est une femme profondément sensible à la lutte pour les droits des femmes (lui venant de sa mère et grand-mère, féministes et combattantes bien avant l’heure) et son caractère est en accord avec ses convictions et combats. C’est ainsi qu’elle accepte ce travail de femme de chambre à la mort de son mari, son indépendance prévaut sur sa condition de domestique. J’ai beaucoup aimé Maggie dans toute cette première partie, droite en toute circonstance, dans son travail, ses idées et ses paroles. Elle montre même qu’elle n’a pas froid aux yeux et que ses combats ne sont pas une façade puisqu’elle n’hésite pas à répondre au maître de maison. Associé à son aplomb, elle a un humour qui est plus que le bienvenu. Et toujours pour le bien de toutes les femmes en générale, elle n’hésite pas à tendre la main et à prendre sous son aile celles qui ont besoin d’un coup de pouce, et Maggie ne les oubliera jamais.

            La deuxième partie du roman nous fait faire un bon de quelques années plus tard, en 1950, et se situe aux Etats-Unis. Maggie est alors devenue une jeune femme plus mûre, toujours aux mêmes convictions mais encore plus indépendantes. Dans cette partie, j’ai perdu la Maggie forte, drôle et affirmée que j’aimais au tout début. Je dirais que malheureusement, elle est presque devenue une femme ordinaire de son époque, elle a perdu non seulement tout son charme mais en plus, elle devient parfois incompréhensible par rapport à celle qu’elle était avant. 

            On se laisse très facilement porté par l’histoire qui nous entraîne avec plaisir. Néanmoins, je trouve que toute l’histoire de Maggie est assez prévisible et que finalement aucune surprise n’est présente. Il n’y a donc pas vraiment de révolution et de révélations dans cette histoire romanesque historique qui reste classique dans ses codes. On met l’accent sur la destinée et surtout sur le fait de l’importance des choix à prendre, parfois assez rapidement, qui seront décisifs et déterminants sur le chemin que peut alors prendre une vie.
Heureusement, la plume de Laurence Peyrin, que je trouve particulière avec un langage un minimum soutenu qui fait que la lecture n’est pas entièrement facile et rapide, fait en sorte d’apporter un poids et une crédibilité supplémentaire, et qui est tout à fait raccord avec la temporalité du récit. 

En bref:

            Dans « L’aile des vierges », dans une société d’après-guerre qui s’achemine vers des changements majeurs, Laurence Peyrin nous fait découvrir Maggie Fuller, son héroïne, une femme indépendante, téméraire et avant-gardiste dans son combat et ses convictions pour les droits des femmes. Avec un fort caractère qu’elle n’hésite pas à dévoiler, son humour fait également mouche. C’est une plaisir de la découvrir et de la suivre dans son chemin de vie dans lequel se mêle son destin et où parfois les décisions à prendre ouvre différentes voies. Une histoire agréable et tout à fait plaisante, même si on reste clairement dans une sorte de classicisme. Dommage que l’évolution de Maggie dans la deuxième partie du roman est déconcertante au point de ne pas retrouver la femme décisive du début. 

Best Love, Rosie (Nuala O'Faolain)






Titre original: Best Love, Rosie
Nationalité de l’auteur: Irlandaise
Editions Le Livre de Poche (26 Février 2020)
528 pages
ISBN-13: 9782253934349
Genre: Contemporain
Lu le: 22 Avril 2020
Ma note: 13/20




Résumé/4ème de couverture:

Après avoir vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu'il est temps de rentrer à Dublin, pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Mais " il faut du temps pour revenir quelque part... " et les retrouvailles tournent vite au vinaigre. Bientôt, Rosie voit se creuser le fossé qui la sépare de l'infatigable Min, galvanisée par sa découverte de l'Amérique. Et tandis que l'une se réveille de sa torpeur, l'autre se voit rattrapée par la mélancolie..

Mon avis:

            Je ne connaissais pas du tout ce livre et cette autrice. Cette dernière étant décédée en 2008, « Best Love Rosie » est son dernier roman et même si cette histoire a douze ans, la remettre au goût du jour n’est pas une mauvaise idée puisqu’elle n’a pas pris une seule ride et peut être d’actualité. En effet, cette histoire raconte la vie, très tranquille et paisible de deux femmes, au fin fond d’une campagne irlandaise. Et c’est le sujet de la vieillesse et du temps qui passe qui est la toile de fond. Sans aucun autre sujet majeur et sans vitalité, cette histoire de vie banale fut donc assez ennuyante.

Points de vue/Critiques:

            Nous faisons la connaissance de Rosie, une femme d’une cinquantaine d’années qui a décidé de revenir sur ses terres d’origine, en Irlande, chez sa tante Min. Car après avoir vécu essentiellement de vadrouilles aux quatre coins du monde en visitant de nombreux pays tout au long de sa vie, elle décide enfin de se poser et de revenir s’occuper de sa tante Min. Cette dernière, son ainée de seulement une dizaine d’année, l’a élevé lorsque son père est mort durant son adolescence. Et parce que sa tante Min se trouve être une personne assez dépressive, qui ne sort de son lit que pour aller au bar du coin, Rosie décide d’écrire un livre bien-être dédié aux plus de cinquante. Nous suivrons donc ses réflexions issues de sa vie quotidienne présente ou passée, sur différents sujets qui alimenteront son roman qui sera une sorte de guide et de mantra afin de mieux vivre cet âge fatidique et transitoire de 50 ans. Malgré quelques sujets abordés tels que les animaux ou l’amitié, on se rend vite compte que les réflexions de Rosie tournent très souvent autour de l’amour et du sexe (une de ses amie lui dit d’ailleurs elle-même qu’elle ramène toujours tout au sexe). En prenant ce sujet comme référence car c’est sûrement de là qu’est la plus grande frustration, Rosie est le genre de personne qui pense qu’à cinquante ans, la vie décline et que l’on a plus le droit ou la possibilité de faire de multiples choses. Rosie n’est donc pas un personnage très optimiste et le fait de suivre sa nouvelle vie très tranquille, sans qu’il y ait la moindre action permettant d’apporter une certaine vitalité et vivacité dans ce récit de vie, fait en sorte que l’on se trouve en présence d’un récit très ennuyeux, que j’ai personnellement lu rapidement en diagonale. 

            A l’opposé de Rosie qui revient au bercail vivre tranquillement, la tante Min va elle, quitter sa petite vie pépère, pour enfin vivre sa vie pleinement et follement. Elle va ainsi quitter sa campagne irlandaise pour aller vivre aux états-unis, travailler au noir et vivre de squat en squat. Les deux femmes vont donc échanger leur vie: alors que Min attendait sagement Rosie qui ne venait jamais, lorsque cette dernière s’est enfin rangée, c’est au tour de la vieille tante de vivre sa vie. Et cette sorte d’échange était très intéressant à suivre du point de vue psychologique pour chacune des deux femmes, entre leurs reproches, leurs regrets et leurs espoirs qui finalement étaient plus ou moins les mêmes, mais qui n’ont malheureusement pas eu le même timing. 

En bref:

            L’histoire de Rosie et de sa tante Min au fin fond de la campagne Irlandaise permet de mettre en lumière la vie de femmes vieillissantes, faisant un bilan de leur vie. Les deux femmes vont avoir deux visions et deux actions antagonistes face à cela: si l’une rivent sur ses terres natales pour y vivre enfin de manière tranquille, l’autre prend l’avion pour s’installer de l’autre côté de l’Atlantique afin de vivre enfin pleinement sa vie. Si cette dualité entre les deux femmes qui n’ont pas trouvé le même timing dans leur vie était intéressant, le roman est globalement ennuyeux. Il ne s’agit que d’un récit de vie très tranquille, une réflexion sur le temps qui passe, sur le vieillissement et les regrets, tout ceci sans aucune action ou petite péripétie qui auraient pu éclairer et dynamiser l’histoire. Sans compter que finalement Rosie a une visions assez pessimiste et restreinte autour du sexe de la vie d’une femme de cinquante ans.

Autour du livre:

Fait parti de la sélection du Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 pour le mois d’avril