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mardi 18 février 2020

De la part d'Hannah (Laurent Malot)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche (8 janvier 2020)
numéro 35610
216 pages
ISBN-10: 2253934550
ISBN-13: 978-2253934554
Genre: Contemporain
Lu le: 9 Février 2020
Ma note: 16/20




Résumé/4ème de couverture:

« Tu es en train de grandir, Hannah, ça n'est jamais facile.
Ça fait bientôt onze ans que je grandis ! Je vois pas pourquoi ce serait plus difficile aujourd'hui.
Ça l'est parce que tu arrives à un tournant.
Je voyais pas ou elle voulait en venir, mais du coup ça m'intéressait. Je me suis allongée dans l'eau et j'ai attendu.
Et parce que tu n'as pas une vie normale.
Une vie normale, c'est si maman était pas morte ?
C'est ça. Si tu avais vécu avec ta mère et si ton père avait su l'aider.
Elle a un peu pâli et je me suis demandé si elle regrettait pas d'en avoir trop dit. Comme elle disait plus rien, j'ai repassé dans ma tête ce qu'elle venait de dire.
L'aider à quoi ? »

Hannah a dix ans et un caractère bien trempé. Elle vient de passer trois ans dans un sanatorium, lorsque, du jour au lendemain, on décrète qu'elle n'est plus malade et doit rejoindre son petit village de Dordogne. À La Chapelle-Meyniac, les cancans des mégères vont bon train. Hannah s'en méfie. En 1961, en pleine guerre d'Algérie, les blessures de la Seconde Guerre mondiale ne sont pas cicatrisées. Rien de pire que les rumeurs, surtout lorsqu'elles concernent votre mère...

Mon avis:

            Deuxième lecture pour le mois de février dans le cadre du Prix des Lecteurs Livre de Poche, je ne connaissais pas du tout ce titre et cet auteur, je partais donc sans idée, sans a priori. Et dans ces cas là, c’est souvent la bonne surprise et la bonne lecture et ce fut totalement le cas avec « De la part d’Hanna » qui m’a offert une belle parenthèse enchantée que ce soit pas son histoire ou par la manière d’écrire de l’auteur. 

Points de vue/Critiques:

            Grâce à l’histoire d’Hannah dont nous suivons le point de vue, nous plongeons dans une histoire où le seul maître mot constant, c’est: positif. En effet, Hannah nous conte toute son enfance, en plein coeur d’un petit village campagnard. Elle nous conte des événements qui ne sont pas toujours gais, c’est vrai mais c’est ce qui fait que le roman est crédible et qu’il échappe à la mièvrerie. Ainsi, entre ragots et a priori qui se propagent rapidement dans une aussi petite communauté que peut être un village, la non-acceptation de la nouveauté ou encore la notion de parentalité, la vie de la jeune Hannah est bien riche en évènements mais tout se déroule à travers ses yeux d’optimiste. 

            Hannah est une petite fille terriblement attachante. Elle est espiègle, elle balaie les non-dits et les malentendus puisqu’elle est en quête perpétuelle de la vérité en criant son besoin de dire et de savoir les choses. De ce fait, elle est loin d’avoir sa langue dans sa poche. Et d’ailleurs, l’auteur a parfaitement su retranscrire ce langage d’enfant, sans que ce dernier soit trop enfantin avec des mots trop simples ou châtiés (ce qui ne correspond déjà pas à la personnalité de Hannah). Il n’y a pas de vulgarité, pas de miéveries mais pour autant, Hannah ne se prive pas d’utiliser tantôt des mots d’argot, tantôt quelques grossièreté. Ses petites touches nous rappellent parfaitement et à juste dose que nous sommes en présence d’un discours d’un enfant que l’on imagine très bien à côté de soi en train de raconter son histoire  L’exercice est donc très bien maîtrisé par l’auteur.

            Tout au long du récit d’Hannah, on retrouve de multiples petites interrogations et réflexions de la part de la petite fille. Par tout ce qu’elle a vécu et surement de part son caractère, elle est assez mûre pour son âge et elle peut parfaitement comprendre et affirmer des choses que les grandes personnes semblent penser réserver à elles. C’est donc à travers l’esprit vif et percutant d’Hannah que l’auteur aborde l’ostracisme, le respect et la tolérance. 

En bref:
           
            Faire parler un enfant de 10 ans pour en faire tout un livre est assez hasardeux et audacieux mais Laurent Malot s’en sort parfaitement dans cet exercice de style dans « De la part d’Hannah ». C’est écrit d’une telle manière que ce que vit et pense Hannah sonne de manière totalement juste.
Avec une écriture fluide et vivante, l’histoire d’Hannah est très prenante car il s’agit d’une petit fille attachante, espiègle, mature et intelligente, qui garde toujours l’esprit positif en toutes circonstances. Sans aucunes fausses notes et avec une crédibilité constante, on baigne dans l’optimisme avec ce livre et c’est un vrai régal de lecture.

Autour du livre:
  • Fait parti de la sélection du mois de Février pour le Prix des Lecteurs Livre de Poche Littérature 2020


lundi 17 février 2020

Les os des filles (Line Papin)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Le Livre de Poche
numéro 35651
184 pages
ISBN-10: 225393447X
ISBN-13: 978-2253934479
Genre: Autobiographie, Contemporain
Lu le: 31 Janvier 2020
Ma note: 8/20




Résumé/4ème de couverture:

« Tu avais dix-sept ans alors, à peine, et tu as pris l’avion, seule, pour retourner à Hanoï. Tu vois, j’en ai vingt-trois aujourd’hui, et je retourne, seule, une nouvelle fois, sur les lieux de ton enfance. Tu es revenue et je reviens encore, chaque fois derrière toi. Je reviendrai peut-être toujours te trouver, trouver celle qui naissait, celle qui mourait, celle qui se cherchait, celle qui écrivait, celle qui revenait. Je reviendrai peut-être toujours vers celle qui revenait, vers les différents coffrets d’os, vers les couches de passé qui passent toutes ici. »

Mon avis:

            Première lecture dans le cadre du Prix des Lecteurs Livre de Poche 2020 et premier livre de la sélection du mois de Février car j’avais déjà entendu parler de l’autrice et j’avais déjà vu passer ce titre (le seul à vrai dire que je connaissais dans la sélection mensuelle) … et sûrement une des premières fois où j’ai détesté un livre!!! Il est déjà rare lorsque je n’apprécie pas beaucoup un livre mais en général, on arrive toujours à faire ressortir un point positif ou deux, mais là…. 

Points de vue/Critiques:

            Que se soit par l’histoire ou par la plume, je n’ai pas du tout été conquise. Ce n’est même pas une certaine linéarité ou neutralité, au contraire, il y a de vrais points négatifs et critiques à faire ressortir.

            Entre Hanoï et la France, l’autrice nous raconte son enfance, sa maladie, sa vie et surtout toute sa détresse, sa déprime et son désespoir. Je n’ai pas réellement su ce que voulait nous raconter l’autrice à travers ce livre, quel en était le but. Car un des gros problèmes est que rien n’est dit clairement. On apprend qu’elle est malade, qu’elle ne se sent pas bien, qu’elle effectue des séjours à l’hôpital, mais jamais, à aucun moment, on met un mot sur cette maladie!!! Pourquoi ne pas appeler un chat, un chat au lieu d’essayer de faire des ronds de jambes et d’essayer de se donner un style!? Du coup, j’ai refermé ce livre, en me posant la question (et en posant la question sur un forum): quelle était cette fameuse maladie? Et comme rien n’est clair, tout part en digression ou on reste dans un style faussement poétique presque mystérieux, j’avais émis plein d’hypothèses. 
En revanche, ce qui est parfaitement clair dans ce récit et ce que l’on se prend en pleine figure à chaque page, c’est tout son désespoir, sa noirceur, son mal-être, son malheur… On est continuellement plongé dans le pathos et le malheur: cela donne un récit tellement plombant, qu’il ne faut pas lire ce livre lorsque l’on est pas dans une bonne phase! Cela est peut-être justifié me direz-vous? Je vous direz oui mais… pour Line Papin son malheur vient du fait qu’elle n’était pas une enfant désirée, qu’elle ne s’est jamais bien sentie dans sa peau, qu’elle n’arrivait pas à trouver sa place en France… place qu’elle n’a pas non plus trouvé à Hanoï…
J’ai plutôt envie de dire à Line Papin, qui a sa tête, deux bras, deux jambes et toute la vie devant elle, d’ouvrir les yeux et elle verrait ce qu’est vraiment le malheur…! Car comparé au « sien », certaines personnes sont nettement plus à plaindre et elles, elles ne le font pas, et encore moins au travers d’un livre!

            Concernant sa plume, elle alterne constamment entre le « je », le « tu » et le « elle » pour parler d’elle. Cela créer quelque chose de très instable, difficile à lire et surtout cela à tendance à faire décrocher le lecteur qui s’interroge brièvement. La lecture n’est donc pas fluide et l’histoire semble fait de nombreux décrochages. De plus, les phrases sont soit construite le plus simplement du monde c’est-à-dire avec sujet, verbe, complément donnant des phrases courtes et très scolaires; soit des phrases à rallonge avec une succession de mots séparés par une simple virgule. Au delà du fait que ces différences d’écriture sont désagréables, j’ai plutôt eu l’impression qu’elle étaient utilisées afin de ce donner un style soit disant poétique, et mystérieux façon grand écrivain. Mais quand on a une écriture aussi instable et divergente, je n’appelle pas ça être auteur.

En bref:

            Plus qu’être déçue, moi, contrairement à l’autrice, je mets les mots sur les mots et je dis: j’ai détesté « Les os des filles ». Non seulement on reste continuellement dans le vague afin de se donner sans doute un style très poétique et mystérieux, mais en plus, Line Papin ne fait que se plaindre tout le long de son récit. Je n’ai donc ressenti que le désespoir, le malheur et la noirceur de l’autrice, donnant lieu à une histoire clairement tournée vers le patho, à ne pas lire en cas de coup de mou. De plus, la plume n’est pas celle d’un auteur pour moi: des alternances constantes de pronoms et des phrases tantôt courtes et scolaires, tantôt à rallonge avec une succession de mots entrecoupés de simples virgules. Bref, sûrement une de mes premières chroniques très négative et critique, mais j’ai détesté ce livre!

Autour du livre:

  • Fait parti de la sélection du mois de Février pour le Prix des Lecteurs Livre de Poche Littérature 2020


La flamme





Scénario et Illustrations: Jorge Gonzalez
Traduction: Thomas Dassance
Nationalité de l’auteur: Argentine
Editions Dupuis (7 Février 2020)
Collection Aire Libre
276 pages
ISBN-13: 979-1034737222
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 9 Février 2020
Ma note: 14/20



Résumé/4ème de couverture :

En 1904, à Buenos Aires, dans le quartier d'Avellaneda, au moment où se négociait la construction du premier stade de football du club du Racing, naissait José Maria González, un futur grand joueur de ce club surnommé "llamarada", la flamme, à cause de sa chevelure qui lui donnait une allure de fusée quand il courait derrière le ballon. Il était aussi le grand-père du dessinateur argentin Jorge González qui se sert de cette trajectoire comme point de départ pour retracer une généalogie intime liée à la passion du football et transmise de pères en fils sur quatre générations.

Mon avis:

            J’étais très curieuse de découvrir cette histoire familiale Argentine entre le football et l’art de dessin. Malheureusement, je n’y ai pas du tout été sensible, du fait d’un défaut de compréhension et d’un déséquilibre dans le contenu de l’ouvrage. En effet, on retrouve peu de texte au profit de nombreuses planches graphiques, sans texte et dans de très nombreux styles: des planches qui ressemblent à des tableaux, des dichomies sur 4 ou 6 pages, des dessins crayonnés au noir. D’ailleurs, tout l’ouvrage reste dans des tons très sombres, avec peu de contraste rendant parfois difficile la distinction de certaines petites choses au milieu d’immensités. 
L'artiste ouvre sa palette picturale pour raconter les répercussions des vocations au fil des générations en ancrant son récit dans l'histoire de son pays natal. La démarche autobiographique le conduit à explorer sa mémoire familiale, fouillant dans les souvenirs racontés, transmis et vécus. La démarche est belle, mais peut-être pas suffisamment dirigée vers un public non ancré dans cette famille.